KRAAL DANS LL BAS-CONGO
n'en fait pas moins une excellente monture, résistante, vigoureuse, marchant d'un pied sûr et demandant peu de soins. Le dressage n'est ni long ni difficile, mais nécessite l'emploi de gens qui l'ont pratiqué et on le comprendra mieux lorsque nous aurons dit que ce sont les taureaux les plus torts qui sont destinés à ce service.
Les stations de Luzambo et de Luluabourg ont toujours un certain nombre de taureaux dresses qui sont de tous les voyages et reconnaissances. C'est ainsi que le commandant Le Marinel se servit dun taureau de selle lorsqu'il accompagna le major von Wissmann jusqu'à Nyangwe et lorsqu'il lit son voyage d'exploration au Katanga.
Citons aussi le major von Wissmann qui l'employa pour ses deux traversées de l'Afrique, la commission de délimitation de la frontière congé -portugaise dont chaque membre possédait un bceuf de selle et il nous serait aisé d'allonger notre liste. Terminons en disant
Les Animaux Domestiques.
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que tous ceux quionteuloccasiondercmployerlui reconnaissent ces qualités maîtresses : la force, l'endurance, la docilité et la sobrictO.
a CHÈVRE est également très répandue et cesl à peine si deux ou trois peuplades, tels les Niam-Niam du Nord, n'en possèdent pas.
L'espèce commune, que l'on rencontre le plus généralement, est en Afrique ce qu'elle est en Europe, avec cette seule différence qu'elle y donne moins de lait, mais en conservant toutes ses qualités de sobriété, de rusticité et de reproduction,
La chèvre des Mangbetiu est différente : elle a
un camail de poils longs, qui se prolonge sur
toute l'épine dorsale, elle est de couleur
. chamois avec teinte plus foncée pour le
camail. Le front est fortement busqué, les
cornes longues et faiblement recourbées.
Chaque station possède son troupeau de chèvres destiné à contribuer à la fourniture de viande fraîche au personnel blanc.
En Europe, sous l'influence d'un préjugé qu'il serait aussi ditHcile de dcHnir que de justifier, nous ne nous faisons guère à l'idée de voir la chair de chèvre entrer dans la consommation courante ; elle n'est, cependant, ni mauvaise ni dure, et il n'y a guère qu'à un vieux bouc chargé d'ans et de vermine que l'on doive faire grâce en lui reniant, vis-à-vis de ses frères cadets, l'égalité devant la casserole.
L'émasculation se pratique sur les boucs dans la Haute-Mongala et rUbangi-Dua.
laxiste presque dans toute l'étendue de l'État L'i si quelques peuplades du nord, du nord-ouest ; n'en possédaient plus à l'arrivée des agents de I en chercher bien souvent la cause dans les incur- Li;'^ias auxquelles elles furent soumises, il y a peu d'années, de la part des madhistes ou des Arabes.
Ce mouton appartient à une race que l'on rencontre dans toute l'Afrique équatoriale et paraît être une variété de la race soudanaise. Elle est caractérisée par une toison de poils analogue à celle de la chèvre. Chez le mâle, le poil de l'encolure, de la partie antérieure des épaules et du poitrail est long, tandis qu'il est court sur le restant du corps, il forme ainsi un camail complet qui lui donne l'air d'un petit bison.
3io La Faune.
Cette ressemblance s'accentue encore par la présence de cornes spiralces semblables à celles que porte le mérinos.
Dans la zone arabe et le Haut-Nil existe une variété à queue grasse rappelant les moutons à queue trilobée de la Syrie (O. Steatopyga). Chez celui-ci la queue est le siège d'un dépôt adipeux qui lui fait prendre des proportions volumineuses au point de fournir jusqu'à un kilo et plus de graisse.
Le mouton du Congo a la robe blanche et noire ; c'est une grande exception que d'en trouver un qui soit d'une seule couleur.
Il fournit sa chair, qui est de bonne qualité et dans certaines régions l'émasculation du bélier se pratique couramment et donne à la chair une réelle finesse de goût.
Quant au lait de brebis, il est employé au même titre que le lait de chèvre.
e CHIEN du Congo est celui de toute l'Afrique équatoriale, une race propre à cette contrée et ayant beaucoup d'affinités avec celle que Ton rencontre chez les peuples primitifs de l'Asie, l'Amérique et l'Océanie. C'est le chien sauvage réduit à la domesticité par plusieurs siècles de contact avec l'homme, qui a tiré parti de ses qualités spéciales pour la chasse. Ce n'est pas, cependant, que celui du Congo soit bien remarquable à ce point de vue ; beaucoup de peuplades qui ne s'adonnent pas à ce sport ont laissé se perdre cette faculté précieuse, tandis que d'autres l'ont entretenue et se sont fait du chien un puissant auxiliaire dans leurs courses de tous les jours à la recherche de leur nourriture. Chez les premières, que nous trouvons surtout le long des rivières, le chien devient, dès que l'on a franchi l'Inkisi, un animal comestible très recherché, et l'on pourrait facilement dénombrer les peuplades du Haut-Congo pour qui les canidés ne sont pas une denrée très prisée.
L'on serait tenté de croire qu'étant donnés ces deux emplois, l'indigène prodigue ses soins au plus fidèle ami de l'homme; il n'en est rien. Cette bête utile se nourrit comme elle peut, se glisse furtivement la nuit dans les cases où elle dort blottie dans un coin et pour avoir une idée exacte de Tindifférence que lui témoigne le nègre, il suffirait de connaître la besogne révoltante à laquelle les chiens ont dû en venir pour se pourvoir de nourriture.
Le nègre bakongo a, au sujet du chien, deux croyances assez singulières : un chien est-il pris en flagrant délit de vol, il lui coupe les oreilles afin qu'il ne commette plus de nouveaux larcins. Veut-il le faire grandir, il lui coupe la queue.
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Ainsi que nous Tavons dit, le chien du Congo rappelle celui du type primitif à tête conique, à nîâchoire supérieure pointue et fortement proéminente, à oreilles droites ; le corps fortement levrette devient cylindrique chez ceux qui sont gras, la queue est nouée comme chez le bouledogue et le carlin ou portée fortement courbée sur le dos.
Dans le Haut-Mbomu et le Soudan existe une variété de chien rappelant beaucoup le sloughi ou lévrier des Arabes et il n'en diffère que par des proportions moindres et des oreilles attachées trop bas ; il a beaucoup de vitesse et acquiert une certaine valeur lorsqu'il est bien dressé à la chasse.
Signalons en passant que la rage n'a jamais été constatée dans l'Afrique équatoriale.
Le CHAT est d'origine européenne et se rencontre seulement dans certaines stations. On sait qu'il est quelquefois remplacé par la civette.
a POULE du Congo est la poule commune à plumage excessivement varié. Elle est de taille moyenne ; on en fait une telle consommation que le noir ne conserve guère que ce qu'il lui faut de pondeuses pour assurer son commerce. En cela il est prévoyant, mais il ne songe pas à améliorer la race, qui gagnerait beaucoup à avoir plus de taille.
Les Arabes ont importé une poule de taille plus grande, haute surtout sur pattes.
La poule est, dans certaines régions peu riches en vivres frais, la base de l'alimentation du personnel blanc des stations ; aussi l'imagination et l'initiative des Européens ont trouvé à la préparer avec des procédés qui feraient se pâmer nos Vatels en renom. Au surplus, les cuisiniers noirs, pâles émules de Brillât-Savarin, mettent-ils à varier les menus un soin dont on ne les soupçonnerait guère capables.
Les œufs sont assez difficiles à obtenir en général, à l'état frais ; le noir préfère les garder pour les faire couver. Il les mange rarement et ne les aime que fortement avancés.
Le CVNARD ne se rencontre que dans les régions dont les habitants ont un commerce suivi avec la côte, il est d'origine européenne et paraît avoir été importé par les Portugais. La seule race introduite est le canard de Barbarie, gros et volumineux, à tête garnie de caroncules écarlates.
Quant aux races de canards sauvages, elles sont très nombreuses.
e PORC est moins rt-pandu que le mouton et la chèvre; on k- rencontre surtout dans le sud et le centre de l'État, tandis qu'il fait défaul dans le nord et l'est, où la religion musulmantr semble avoir été la cause de sa disparition ou de sa non-introduction.
Il n(ipartient à la race ibérique, dont il constitue
M une variété répandue dans une 'gradde partie de lAtiiL^ae. Généralement, il a la peau et les soii;s noires, parfois tachées de roux ou de blanc. En Afrique, le porc a un rôle tout spécial -•..^./^^^^ ^ remplir : il est charge de la propreté des .^^ ^.-ii I iiM>^^^ alentours des villages et à ces fonctions il doit d'être le plus souvent atteint de ladrerie. Aussi les Européens ne consentent-ils guère à faire entrer dans leur ordinaire que la chair des porcs très jeunes ou dont ils ont surveillé l'engraissement. En revanche, le noir, qui ne s'arrête pas à si peu, est friand à l'excès de la viande de porc. C'est, pour lui, la meilleure et la plus chère, celle qui est de tous les festins. Dans la région des Cataractes, l'importance d'un marché est cotée au nombre de porcs abattus et débités et c'est pour les vendeurs une réelle source de profits, 11 a été. dit ailleurs que les Mangbettu avaient à moitié domestiqué le porc sauvage.
e PIGEON. — Le bizet et le pigeon voyageur que l'on trouve dans beaucoup de stations sont d'origine européenne. On en voit parfois chez les indigènes, mais c'est là une exception. Leur acclimatement s'est fait facilement; ils sont restés très prolifiques, mais ont perdu toute habitude de s'éloigner du pigeonnier. D'aucuns prétendent que la présence de nombreux oiseaux de proie a été la cause efficiente de ce changement dans leurs mccurs et à vrai dire nous n'en voyons guère d'autre qui puisse le justifier. Toujours est-il que leur vie se passe entre le toit des habitations et le pigeonnier ; il est excessivement rare de les voir s'élever et tourner longtemps dans les airs, comme ils le font ici.
Enfin, rappelons les expériences de communication par pigeons voyageurs qui furent faites dans le Bas-Congo en 1888. Elles eurent un résultat satisfaisant, mais elles furent abandonnées comme offrant trop de difficultés pratiques.
P^CH€~LT ÇftfM^L
est pas de population habitant à \imit(. d un lat d un cours d'eau si t qu i! '^oit qui ne l livre à la pèclie. .ut pour être à proximité (.lieriLS qui, se sont élevés les villakusires des [^opulations tout entières ^e déplacent à certaines di ons [our aller vivre au bord i(. 1 eau Lt certains Vuaf^enia ^ont plus loin encore ; ils a)outent un toit à leurs piro- HUes et y passent la plus grande partie de leur existence.
Les nègres riverains sont du reste de véritables ichtjophages ne faisant presque aucune culture et échangeant leur poisson fumé contre le manioc et les bananes et : les produits de l'industrie des gens de l'intérieur et si nous rappelons que îl^ Congo est sillonné par une intînité de rivières, on conçoit que l'art de prendre du poisson y soit arrivé à un haut degré de développement, si élevé que les engins employés par les indigènes du Congo n'ont rien à envier à ceux presque identiques dont se servent nos pêcheurs.
Passons rapidement en revue la plupart des ustensiles de pèche connus par les nègres et dont un grftid nombre figurent dans la galerie réservée à l'ichtyologie ; presque tous sont connus par toutes les peuplades et l'on y voit une preuve nouvelle de leur origine commune. Ce qui est plus remarquable, c'est la ressemblance absolue des engins de pèche au Congo avec ceux qui sont communément employés dans nos contrées.
On divise naturellement les engins de pêche en pièges, c'està-dire ceu.\ n'exigeant ni attention ni travail continu des pêcheurs.
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et en filets, lignes, harpons ou flèches, nécessitant une adresse plus ou moins grande de la part de ceux qui les manient et, en tous cas, les occupant sans interruption.
Le plus conmiun des pièges est la NASSE. Cette nasse est semblable à celle employée chez nous pour prendre les anguilles ; l'osier en est remplacé par des éclats de bambou artistement ajustés. Faut-il rappeler ici ce qu'est une nasse? Un panier conique dont la tête est soigneusement fermée, un cône plus petit, mais ouvert, s'ajuste à rentrée du premier. Le poisson y pénètre volontiers, guidé par l'entonnoir que forme le petit cône, mais, une fois entré il ne retrouve plus le chemin qu'il a suivi.
Il y a également des nasses cylindriques ; elles ont alors deux entrées que l'on a soin de faire obliquer afin qu'elles ne soient pas dans le prolongement l'une de l'autre.
Nous avons dit que la nasse était le piège le plus répandu ; on en reocoatre, en effet, partout au Congo et de dimensions les plus diverses ; certaines ont des longueurs de 5 à 6 mètres, 2 ou 3 mètres de diamètre à l'orifice ; d'autres peuvent se transporter sous le bras d'un enfant.
Les nasses sont employées pour la pèche de diverses façons : dans les rapides, en général aux eaux hautes, les indigènes passent entre les rochers d'immenses nasses dans lesquelles viennent s'engouflfrer le courant et tout ce qu'il entraîne. Ces nasses sont maintenues par un réseau de fortes lianes, attachées à des perches, calées entre des pierres, bref, solidement fixées afin de leur permettre de résister à la violence du torrent. Les pêcheries des Vuagenia, aux Falls, sont célèbres et des établissements analogues se voient dans toutes les rivières un peu tourmentées.
Par Dieu sait quel tour de force, sans cesse renouvelé, deux ou trois fois par jour, les pêcheurs vont en pirogue chercher la récolte accumulée dans le fond de la nasse. Cette récolte est généralement composée de poissons plutôt petits, les gros se laissant moins facilement entraîner par le courant ; en revanche, il y a toujours un tas de débris hétéroclites, quelquefois un serpent maladroit qui, en se baignant, s'est aventuré trop près des rapides.
Les engins ainsi employés sont très rapidement mis hors d'usage; aussi ces pêcheries demandent-elles un travail considérable qui y provoque une perpétuelle animation.
On emploie aussi la nasse en eau calme ; elle a alors un complément indispensable dans des claies légères avec lesquelles on forme de véritables chemins qui conduisent le poisson dans le piège qui lui est tendu. A la descente des eaux, il n'est pas un chenal qui ne soit coupé par une telle disposition ; des rivières entières sont occupées par des colonies de pêcheurs faisant en certaines saisons des moissons abondantes.
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Enfin la nasse est parfois simplement munie de pierres, jetée à Teau en un endroit poissonneux et relevée chaque jour.
Les Bazoko ont imaginé des paniers, véritables souricières, pour prendre le poisson ; ces trappes ingénieuses sont munies d'un couvercle qui se referme brusquement lorsque la victime vient goûter à une amorce placée à l'intérieur. Au lac Léopold II et sur le haut Kwango, De Meuse signale des pièges analogues.
Des engins que nous pouvons encore placer dans la catégorie des pièges, quoique exigeant une surveillance plus immédiate, sont les filets flottants, les lignes flottantes et dormantes.
Les FILETS FLOTTANTS sont composés d'un petit sac filoché à mailles très larges, soutenu par un cercle en bambou qui traverse trois flotteurs en bois léger. Le diamètre de ce cercle n'a pas plus de 40 à 5o centimètres. Une amorce spéciale est mise à l'intérieur du filet et les poissons voraces, en s'élançant peur l'atteindre, se font prendre par les ouies dans le réseau de corde légère.
Les LIGNES FLOTTANTES sont de diverses espèces; il en est qui sont simplement constituées par un morceau de bois auquel pend une corde terminée par un hameçon que l'on amorce par un appât quelconque. Les soubresauts du flotteur annoncent au pêcheur qu'un poisson a mordu.
Les LIGNES A RENVERSEMENT très ingénieuses, se composent d'un flotteur recourbé en forme d'arc qui,4?ar suite de la disposition des cordes, se retourne lorsque le poisson est pris.
Aux lignes flottantes on ajoute parfois une corde maintenue à une pierre servant d'ancre et empêchant le piège d'être entraîné par le courant ; elles deviennent alors des LIGNES DORMANTES.
Ces derniers engins décrits sont employés chez les Bazoko, une des peuplades du Congo les plus expertes dans l'art de pêcher.
Passons maintenant à toute une série d'engins utilisés directement par les pêcheurs.
On ne peut s'empêcher d'admirer les remarquables cordes indigènes et aussi les filets que les filocheurs font à l'aide de ces cordes. Les Congolais connaissent tous nos modèles de filets de pêche et emploient de préférence, le filet traînant; c'est généralement aux eaux basses que la pêche est la plus productive. Les noirs ont des filets de toutes longueurs; quelques-uns atteignent 100 mètres et sont hauts de 2 à 3 mètres. Comme flotteurs on met des blocs de bois léger; comme lest, des pierres, des morceaux de fer (rarement) ou des tubes de poterie fabriqués spécialement pour cet usage.
Lorsqu'on pêche sur les bancs de sable, le poids du lest entraîne le filet afin de drainer le fond. Au moyen de pirogues, les indigènes font un large circuit qu'ils rétrécissent de plus en plus, emprisonnant le poisson qui est bientôt rejeté sur la grève. A certaines époques on fait ainsi des pêches très abondantes.
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Les grands filets sont aussi employés d'une autre façon; les flotteurs sont plus puissants que le lest et soutiennent le filet à la surface de l'eau.
Deux pirogues, une à chaque bout, descendent le courant de la rivière avec ce rideau déployé; des rabatteurs effraient le poisson qui vient s'empêtrer dans les mailles du piège qui leur est tendu.
Il est une pèche qui demande une grande adresse. Les indigènes laissent errer doucement leurs pirogues en des endroits peu profonds ; viennent-ils à apercevoir des poissons, ils déroulent rapidement une longue claie, sautent à l'eau en laissant descendre verticalement celle-ci et emprisonnent le poisson dans un circuit rigide qu'ils rétrécissent progressivement.
Les indigènes du Congo ne connaissant ni treuils ni poulies, n'ont pas imaginé de filets que l'on remonte à l'aide de ceux-ci, mais, par contre, ils ont plusieurs engins pouvant être employés dans les mêmes conditions.
Ce sont d'abord des claies ou de grands rectangles de fibres tressées formant des tamis ayant de lo à 12 mètres carrés de superficie, dont on fixe un côté le long d'une pirogue. Au côté oppose sont attachées de fortes lianes ou cordes que maintiennent deux solides indigènes. Pour se rendre à l'endroit où l'on compte pêcher, la claie ou le treillis, maintenu rigide par une armature en bambou, est tenu verticalement; on laisse alors descendre doucement cette vaste écumoire tant qu'elle plonge légèrement dans l'eau, puis, tranquillement, les pêcheurs se laissent dériver. Un poisson vient-il à se hasarder au-dessus de la claie, rapidement celle-ci est relevée et le captif glisse dans la pirogue. Cette manière de pêcher est en honneur dans le bas Ubangi, et les Bapoto capturent ainsi des multitudes de « bola », petites bêtes pas plus grosses qu'une sardine, dit Van Mons.
On emploie de la même façon, mais manié par un seul indigène, un P^ILET TRIANGULAIRE. Une liane, maintenant deux des bouts du filet, passe autour du cou du pêcheur qui, par un effort des reins, tire le filet hors de l'eau.
Les femmes et les enfants, plutôt par amusement que comme travail, entrent dans la rivière porteurs de longs paniers à clairevoie ; longeant les rives en troublant l'eau, ils promènent leurs paniers et prennent ainsi plus de poissons qu'on ne pourrait le croire.
La PÊCHE A LA LIGNE est peu pratiquée au Congo; c'est pourtant à l'aide d'un petit hameçon, sans barbillons, fixé à une ficelle en apparence trop légère, que certains pêcheurs, tels les Bazoko, capturent dans les rapides des énormes silures (cat-fishes).
Dans certaines régions on fabrique des hameçons primitifs en fer; dans l'Ubangi on emploie, pour le même usage, une épine solidement fixée à une tige de bois par une ligature de caoutchouc; la même ligature sert à maintenir l'hameçon à la ficelle.
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Lorsqu'on pêche le petit jwisson au moyen d'une ligne suspendue au bout d'une gaule, la victime, en frétillant, panient souvent à se dégager l'aute de barbillons à l'hameçon. Afin d'éviter la perte de leur capture, les pêcheurs sango, dès qu'un poisson est pris, le font tournoyer vivement au bout de la ficelle; la bête étourdie cesse de se débattre et ne risque plus de retomber à leau.
Pour tuer le gros poisson, les indigènes emploient le HARPON ou même la FLÈCHE. Dans le Kwango, des flèches à dard de bois, simple, double ou triple, sont spécialement destinées à cet usage. Cette pêche se pratique aussi beaucoup la nuit, à la torche, au Stanley- Pool.
Les indigènes ne sont pas étrangers au procédé sauvage d'empoisonner l'eau pour pêcher. Ils ont pour cela différents sucs de plantes grasses, de feuilles et de fruits ayant la propriété d'étourdir le poisson. Enfin, il existe certaines espèces de poissons, des protoptères, qui, au\ eau.\ basses, se sont enfoncés dans la vase des lagunes dessécht^s et y attendent le retour de la saison des pluies. Les noirs vont les déterrer ; ils détournent aussi parfois le cours d'un ruisseau pour capturer les poissons laissés à sec dans l'ancien lit. Bref, il n'est pas de procédés ingénieux qui. n'aient été imaginés pour s'emparer des poissons, véritable hase de la nourriture animale des indigènes du Congo.
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