‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 73 sur 184 · RACINES AERIENNES DUX ARBRE. CONGO MOYEN · texte numérisé non relu

RACINES AERIENNES DUX ARBRE. CONGO MOYEN

vinifera, deux grands palmiers à feuilles pennées, occupent, à peu de chose près, toute l'étendue du bassin.

Un autre type de la forêt équatoriale. les Fougères arborescentes, est relativement rare au Congo. Dans le Mayombe, je n*ai vu que

Forêt Équatoriale. SSg

deux fois YAlsophila cethiopica, une fougère dont les troncs peuvent atteindre 3 mètres de hauteur.

Une autre, le Çyathea angolensis, existe dans la savane occidentale et est assez répandue dans les ravins de la route des caravanes (par Luvituku). M. J. Cornet a rencontré des Fougères arborescentes dans les ravins du haut Luembe et du Sankuru ; c'est probablement le Cyathea caniculata, que j'ai trouvé non loin de là.

Les Fougères en arbre aiment les altitudes assez élevées des versants humides et c'est évidemment au faible développement des montagnes au Congo qu'il faut attribuer la rareté de leurs représentants.

Une particularité des forêts équatoriales est leur grande richesse en espèces arborescentes. Dans nos pays, une même espèce (le Hêtre dans la forêt de Soignes) constitue à elle seule de vastes massifs. Prés de l'équateur, ce fait est accidentel : sur un même hectare on ne peut découvrir que quelques pieds appartenant à la même espèce d arbres. C'est le résultat de la lutte jamais calmée des formes végétales. On en voit une autre manifestation dans les nombreuses lianes qui serpentent à travers les troncs et qui vont étaler leurs feuillages au-dessus des cimes. Elles s'accrochent à Taide d'épines crochues, de racines-crampons ou de vrilles ; ou bien elles s'enroulent autour de tiges plus solides qu'elles finissent par étrangler.

Non moins curieuses sont les plantes épiphytes de la région équatoriale. Celles-ci s'installent sur les branches des arbres et se contentent de l'eau des pluies ; souvent, elles ont à souffrir de la sécheresse et elles y résistent par des procédés divers. Parmi les épiphytes qui én'ont le plus frappé pendant mon voyage autour du bassin du Congo, je citerai les suivants, répandus dans toute la forêt centrale :

Le Poiypodiumquerci/olium ou propinquum jUTiQ espèce de l'Asie tropicale et delà Malaisie;

Les Platycerium angolense et Stemmaria, dont le dimorphisme foliaire est si curieux;

Le Pofypodium Phymatodes et plusieurs Nephrolepis ;

Le Polypodium punctatum ou irioides^ aux longues feuilles en forme de glaive;

Le Rhipsalis Cassytha, une Cactée de l'Amérique tropicale, répandue à travers toute l'Afrique, et que l'on retrouve à Maurice et à Ceylan.

ISAnsellia af ricana^ une Orchidée à longues tiges épaisses, qui vit aussi sur les arbres des ravins humides au milieu des savanes.

La famille des Orchidées, si brillanmient représentée aux Indes orientales et surtout en Amérique, compte au Congo un nombre relativement restreint d'espèces tant épiphytes que terrestres.

Beaucoup des arbres de la forêt ont leurs feuilles groupées au sommet des rameaux et leur cime étalée en parasol; leur feuillage

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est donc peu compact, clairsemé et laisse traverser une partie des rayons solaires. Ainsi s'expliquent ces cimes superposées en deux ou trois étages, sous lesquelles parviennent encore à vivre un certain nombre d'espèces de petite taille. On ne peut se figurer une utilisation plus parfaite de la lumière intense des tropiques.

Citer les espèces qui caractérisent la grande forêt congolaise serait en ce moment un essai forcément incomplet. Elle est encore trop imparfaitement connue, surtout loin * des rives et dans la région orientale (à l'est du Lualaba), qui est particulièrement riche en arbres gigantesques.

J'ai déjà cité VElœis guineensis et le Raphia vini/era, deux Pal miers. On peut signaler aussi le Pandanus candelabrum, les Gardnia, Canarium^ le Tamarindus indica^ le Pentaclethra macrophylla, les Mussaenda, divers Coffea, entre autres le C liberica^ le Spathodea campanulata^ divers Clerodendron et surtout le Musanga Smithii,

Parmi les lianes, les Landolphia, les Strophantus, les Combretum, les Bauhinia, les Lygodium scandens et volubile, le Selaginella scandens.

Dans les sous-bois dominent, comme plantes herbacées, les Amomum^ les Cosius, les Donax et d'autres Scitaminées, ainsi que diverses Commélinacées et, dans les marécages, le Cyperus Papyrus.

Plus nombreuses encore sont les Fougères herbacées, aux endroits humides des forêts, surtout dans les ravins qu'arrosent des ruisseaux. J'ai déjà signalé le bel Alsophila œthiopica^ fougère en arbre rencontrée dans le Mayombe. Elle vivait en compagnie du MaraU tia/raxinea, gigantesque fougère herbacée que j'ai vue lors demor* second voyage près de Luvituku, dans le district des Cataractes, et au delà du Sankuru, à la limite méridionale de la grande forêt. Parmi les espèces dont je me rappelle le mieux les frondes splendides, je citerai : Acrostichum gabonense, Laurentii, punctulatum^ sorbifolium, Asplenium crenato-serratum et sinuatum, Davallia Vogelii et dissecta, Nephrodium pennigrum, Aspidium subquinquefidum, plusieurs Nephrolepis, Polypodium lycopodioidesetPhymatodeSy Pteris atrovirens et surtout le remarquable Pieris Currori.

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