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LES GRAMINÉES ALIMENTAIRES

Le RIZ, Ory:{a sativa^ est cultivé dans les plaines irriguées; des variétés désignées sous le nom de riz de montagne ont été introduites au Congo par les Européens et les Arabes et sont cultivées dans les régions à pluies fréquentes.

Produits Alimentaires.

Cette céréale demande certains soins de culture qui l'ont fait né(;liger jusqu'ici par les indigènes indolents. Elle se plante par petites pincées de grains jetés dans des trous peu profonds alignant un terrain bien préparé. Au bout de quatre mois, on fait la récolte produisant d'ordinaire cinquante pour un; celle-ci peut se renouveler trois fois par an avec les mêmes souches.

L'aspect de la plante, qui atteint i'n,35 de hauteur maximum, est celui de notre avoine ; lors de la cueillette on enlève les épis à la main, foulant le chaume qui pourrit sur pied pour servir d'engrais.

Tandis qu'en Chine, au.\ Indes, dans l'Afrique orientale arabisée et déjà au Sénégal jusqu'au Tchad, le riz est en très grand honneur, comme base de la nourriture des habitants, les noirs du Congo l'ont en médiocre estime. « Cela passe trop vite », disent-ils. Nos compatriotes se sont pourtant elibrcés, avec succès, de développer sa culture, cet aliment éminemment sain devant rendre de réels services, non seulement pour créer des approvisionnements, mais aussi pour combattre la dysen-

Le grain privé de son enveloppe renferme q6 p. c. de fécule, ce qui le met à la tète des céréales, mais il partage le défaut de toutes les Graminées alimentaires d'Afrique de ne pouvoir servir à la fabrication de pain ( i ).

C'est du riz que l'on tire une partie de

r.imidon du commerce; chacun connaît la poudre

" : riz et sait que la paille d'Italie n'est autre que

paille du riz, Ory^a saliva, très cultivé dans

vallée du Pô.

Au Japon, on prépare avec le riz une boisson spiritueuse qui est un des articles importants du commerce de la contrée.

Actuellement, on importe encore du riz au Congo, principalement pour la nourriture de la force publique dans le bas fleuve. Dans le haut, plusieurs stations font des récoltes suffisantes pour assurer la ration de leur personnel.

Le MAÏS, Zea Mays, « Indian corn i> des Anglais, bien connu sous le nom de « blé de Turquie ji, répandu dans le monde entier, est cultivé même sous nos climats comme plante fourragère; il est originaire de l'Amérique. Au Congo, de même que dans toute l'Afri-

(i) C'est une matidic gonuueuse qui peimet à la pâte de froment de lever.

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que, le maïs contribue pour une certaine part à l'alimentation des indigènes; exceptionnellement, il est la base de la nourriture; Briart signale ce cas dans certains districts du Congo français, à l'ouest d'Équateurville, et les Bwaka, entre Zongo et Mokoangay, semblent le préférer au manioc. L'avantage de cette Graminée est de produire, sous les tropiques, une abondante récolte au bout de trois mois et de ne demander d'autre soin que d'en éloigner les oiseaux qui en sont très friands.

On le mange rôti, grillé ou bouilli ; à l'état vert, les graines à peine formées sont tendres et contiennent un jus sucré fort agréable; aux Indes il est consommé ainsi, remplaçant les asperges.

La farine de maïs possède les mêmes qualités nutritives que les autres céréales; contenant beaucoup de matières grasses, elle est particulièrement a engraissante » et il paraîtrait même que le maïs donne . une huile limpide et jaunâtre qui brûle bien et est un bon lubréfiant.

Les propriétés de la fécule de maïs en font un succédané de l'a arrow-root » : la « maïzena ».

Le chaume, qui atteint 4 mètres chez certaines variétés, peut fournir des fibres capables d'être filées et tissées comme du lin et produit une pulpe de laquelle on fait du très beau papier.

Le SORGHO, Holcus sorghum, ou « blé cafre », avec plusieurs autres représentants de la famille des Graminées, constitue la plante alimentaire de la région dite des graines. Le sorgho paraît originaire du nord de l'Afrique et a dû être importé partout, sauf dans la grande forêt, par les migrations des Bantu qui n'ont renoncé en partie à sa culture que lorsqu'ils ont pu le remplacer par le manioc.

Les Belges ont répandu actuellement le sorgho dans tout le Congo et en tirent une farine estimée pour faire du pain lorsqu'elle est mélangée avec de la farine de froment.

11 existe plusieurs espèces de sorgho cultivées en Afrique ; Y Holcus sorghum est de très haute taille, 3 à 5 mètres; la tige est forte et l'épi de grande dimension.

Cette plante se plaît dans une sécheresse relative; à la saison des pluies, il faut la semer en terrain élevé, à la saison sèche, en terrain humide; elle donne d'abondantes récoltes.

Partout où se cultivent beaucoup les Graminées : au nord de rUelle, dans la zone arabe, au Katanga, les indigènes font des greniers afin d'enmiagasiner leur récolte et y puisent au fur et à mesure de leurs besoins. Pour le manioc, la terre elle-même constitue le meilleur magasin.

Le sorgho est consonmié en bouillie après qu'il est broyé en farine grossière; il sert beaucoup à la fabrication d'un breuvage et on le mélange souvent alors avec l'éleusine. La bière de sorgho est agréable et nourrissante, mais épaisse.

Produits Alimentaires. SSy

Les tiges et le feuillage séchés et hachés peuvent servir de fourrage; une variété vivace de sorgho, le Sorghum halepense, introduit du Texas, est essentiellement une plante à foin que Ton coupe sans la laisser mûrir. Enfin, Tenveloppe du feuillage a souvent une teinte pourpre employée comme teinture ; le chaume peut être tressé pour faire de la vannerie et les racines sont aptes à être montées en brosses.

Le MILLET, Panicum miliaceum^ assez fréquent entre Luzambo et le Lualaba (Laurent), est plutôt rare au Congo. On le voit exceptionnellement dans la région des graines, mais, en remontant vers le nord, il prend bientôt une importance plus grande que le sorgho et à Sierra- Leone et en d'autres endroits de la côte d'Afrique, où il est connu sous le nom de « riz maigre, » il devient l'élément essentiel de la nourriture indigène. Au Sénégal, le mil est la base de l'alimentation ; l'arachide et le millet sont les principales cultures.

En Europe on connaît bien les épis de certains millets, que l'on donne aux oiseaux en cage. La plante atteint 2 mètres environ; elle est plus légère que celle du sorgho.

Les indigènes broient le grain qui leur donne une farine grossière. Ils en tirent de la bière, soit en l'employant pur, soit mélangé . avec d'autres céréales. On importe du Sénégal une certaine quantité de millet en Europe pour en faire de la farine et de l'alcool,

L'ÉLEUSINE, Eleusine Coracana, a une importance plus grande que le millet, surtout chez les Niam-Niam qui la cultivent sur une grande échelle et l'utilisent à la fabrication de la bière.

Cette Graminée robuste croît aisément dans les sols pauvres d'altitude élevée, elle est de taille moyenne et les grains très petits sont portés par six ou sept épis incérés au sommet de la tige.

Préparée par les Africains, la farine d'éleusine est brunâtre, grossière, croque sous la dent à cause de l'écorce dure et siliceuse qui enveloppe la substance nutritive. On pourrait, par des soins spéciaux, écarter le son et avoir un produit aussi agréable que beaucoup d'autres.

Pour broyer l'éleusine, les femmes nègres se s^ervent de deux pierres, car le grain est trop petit pour être travaillé au mortier et au pilon, comme le maïs, le sorgho, le riz, etc.

Le plus commun usage de l'éleusine est la fabrication de la bière et là où elle est rare, on utilise ses propriétés de fermentation pour activer la fabrication des bières de maïs et de sorgho.

Les parties vertes de la plante peuvent servir de fourrage.

La C\NNE A SUCRE, Saccharum officinarum^ qui a fait et fait

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encore la richesse de tant de colonies, est connue au Congo depuis des siècles. Elle croît de préférence dans les terrains humides et se reproduit par boutures avec grande facilité.

Deux variétés de canne à sucre existent dans la colonie, Tune à tige violette, de Java, l'autre à tige jaune, de Bourbon. Les indigènes la mâchent comme friandise et surtout en font un cidre en laissant fermenter le jus extrait de la tige pressée, mélangé au préalable avec de l'eau.

Dans certaines stations, notamment à Lukungu, les Européens se sont appliqués à en extraire le sucre; le produit, dont nous exposons un échantillon, est brun. C'est ce même « sucre brun » qui, raffiné, donne le sucre de canne importé sous nos climats et auquel fait concurrence le sucre de betterave. De la partie non cristallisée, la mélasse, on distille l'alcool appelé rhum. Enfin, le résidu des tiges fournit une fibre utilisable pour faire du papier.

Justement intéressé par l'importance de la canne à sucre, le gouvernement fit paraître à Bpma, en 1893, une instruction sur la culture de cette Graminée.

Cette notice fut rédigée d'après E. Raoul et donnait de précieuses indications tant sur le choix du terrain, la préparation du sol, etc., que sur la récolte des cannes. Celle-ci peut être de 5o,ooo kilogrammes à l'hectare, si le sol est bon, condition réalisée par celui de la plus grande partie du Congo.

La famille des Graminées trouve encore de nombreux représentants au Congo et parmi eux nous pouvons signaler le Panicum maximum ou « herbe de Guinée », abondante dans la brousse et qui atteint 3 à 4 mètres de hauteur, et le Panicum sanguinaie, aimé par le bétail.

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