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AVERTISSEMENT

Malgré les recherches les plus diligentes, nous n'avons pu préparer un résumé complet sur les indications agricoles et commerciales de la Vallée d' Aoste parce que les statistiques n'ont jamais pu être compilées avec une exactitude assez impartiale dans ces dernières années ; la défiance des propriétaires et des administrations comunales craignant de fournir des renseignements pour servir de base à V assiette de V impôt, en est la cause principale. On espère recueillir pour une nouvelle édition de ce Guide des informations plus précises et plus détaillées.

1. La superficie complexive de la Vallée d'Aoste est de 3,343,861 hectares. — La superficie cultivée de 23,080 hectares, proportion d'un sur quatorze. On subdivise la partie cultivée en 3 compartiments : plaine, colline, montagne. La plaine ne représente pas 1/100 de tout le territoire.

2. Petite culture — morcellement de la propriété. La plupart des ventes représentent une valeur de 100 à 500 francs ; un grand nombre de 10 à 100 fr. Les pâturages des montagnes sont parcourus par de grands troupeaux de 50 à 100 vaches.

3. Les assolements ne sont pas pratiqués. Dans la plaine seulement on alterne pour les champs les différents ensemencements saiïs règle fixe. A 500 mètres au-dessus de la plaine, commence la jachère de 2 ans — plus haut la récolte ne se fait que chaque 3 ans.

4. L'irrigation a une grande importance. Il résulte de l'observation faite pendant un grand nombre d'années que la pluie est plus rare à Aoste qu'à Ivrée et à Gênes. À Aoste on a en moyenne 71 jours pluvieux et 590,50 millimètres de pluie par ac. Pour suffire aux besoins de l'agriculture il en faudrait dans la Vallée 900 millimètres.

Pour obvier à cet inconvénient on a construit déjà sous les Romains et au moyen-âge des acquedùcs remarquables. Leur construction et leur entretien absorbent una grande partie de la rente du fonds.

o. Il n'y a que des prés naturels. Les foins se fauchent trois fois dans la plaine, deux fois dans la colline basse, une fois plus haut.

Les bestiaux paissent trois mois et demi sur la montagne (15 juin au 30 septembre) et pendant un mois ou deux dans les prés.

6. Le froment rend 28 hectolitres chaque hectare ; Le maïs 28 » »

L'orge 32 » »

L'avoine 34 » »

7. Pas de graines oléagineuses. On fait de l'huile avec les noix qui sont très-abondantes. Pommes de terre et châtaignes excellentes. Fruits abondants et exquis.

Si les propriétaires donnaient plus de soins à la culture des arbres à fruit, ils créeraient une source d'exportation très-importante et très-lucrative pour la vallée. Le Comice agricole de l'arrondissement s'est déjà occupé des moyens les plus propices pour propager et assurer la bonne culture des arbres fruitiers.

8. Des plantes fertiles il n'y a que le chanvre en petite quantité donnant un revenu de 720 kilogrammes par hectare.

9. Les cocons du pays sont très-recherchés: la graine l'est encore davantage.

10. Les vignes sont tenues en partie à treilles et en partie à espalier. Le vin est insuffisant pour la consommation locale. Les qualités en sont bonnes ; elles seraient meilleures si les méthodes de viticulture et de vinification étaient connues et appliquées. Il y a des vins de choix, les plus connus sont le muscat et la malvoisie de Chambave, la malvoisie de Nus , le torrette de Saint- Pierre et le vin de PEnfer d'Arvier.

11. Les forêts sont vastes et importantes: mais on les détruit brutalement. Le sapin et le mélèze sont les espèces dominantes. Ces forêts fournissent le charbon nécessaire aux fonderies de fer et de cuivre, etc. Il se fait aussi un commerce de quelque importance de bois de construction avec le Piémont.

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