PORTE PRÉTORIENNE
Il ne reste plus trace aujourd'hui de la porte Décumane ; elle a été détruite ainsi qu'une certaine portion du rempart pour donner passage à une rue assez large qui conduit hors de la ville, vers une fraîche prairie nommée le Plot
A l'est, au contraire, la porte Prétorienne a résisté aux outrages des siècles, à l'instinct destructeur des hommes, et l'on peut encore étudier les beautés de cette majestueuese entrée de la cité romaine. La porte Prétorienne est composée d'une double rangée d'arcades correspondant les unes aux autres. Un intervalle de douze mètres sépare la rangée extérieure de la rangée intérieure ; chacune présente trois arcades d'inégale hauteur.
L'arc du centre, le plus élevé, est large de six mètres quatre-vingt-quinze centimètres, les arcs latéraux n'ont qu'une largeur de deux mètres trente-sept centimètres. Ces arcades livraient passage à la voie consulaire pavée en dalles de grandeur et d'épaisseur différentes, coupées à angles irréguliers, et disposées de façon à donner à la route une certain convexité.
La voie romaine (1), à partir de l'arc de triomphe jusque dans
(1) Le pavé de la rue romaine est à 2m,59 au-dessous de la rue actuelle. On en a découvert un fragment considérable, en 1S42, dans l'ancienne église du couvent de Lorraine , alors qu'on y exécutait certains travaux. On a constaté aussi, au-dessous de la rue romaine, l'existence d'un égout en maçonnerie qui suivait la voie et recevait les eaux par des canaux empierrés. Les mesures de cet égout étaient: hauteur, lm;68; largeur à la base, 0m, 64; largeur à la naissance de la voûte, 0m,S5; épaisseur des murs et de la voûte, 0m,50. Les conclusions tirées de la découverte de ces débris, de leurs dimensions exactement mesurées , ont permis de déterminer très-positivement la largeur de la rue romaine; elle était de 9m,46.
la ville, était bordée de trottoirs aboutissant aux arcades latérales de la porte Prétorienne.
Lors de là construction de cet édifice, la façade extérieure avait été entièrement revêtue de larges dalles en marbre gris ; au-dessus des arcades régnait une frise en marbre blanc, surmontée d'une corniche à consoles sculptées. La frise est conservée dans toute sa longueur : quelques dalles en marbres gris recouvrent encore la maçonnerie, et il reste plusieurs consoles à peu près intactes.
Dans les parties basses du monument les immenses quartiers de poudingue qui composent le gros œuvre sont à découvert. • Certains auteurs supposent qu'au temps des Komains l'espace compris entre les deux rangs d'arcades était couvert, et que cette enceinte contenait des logements pour des soldats chargés de garder les aigles des légions déposées en ce lieu.
On doit croire aussi que la corniche était surmontée d'un attique décoré par des statues. Ce qui reste de cette porte grandiose ouvre un vaste champ aux conjectures et l'imagination, devant de pareils débris, s'efforce d'en recomposer la primitive ordonnance. Aujourd'hui, une des arcades latérales, celle au sud de la façade extérieure, est fermée par une pauvre maison réfugiée sous son abri ; au-dessus de la corniche s'élève une muraille percée de fenêtres. Ces murs sont les vestiges d'une forteresse du moyen âge ; j'en parlerai plus tard.