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De Valtoiirnanclie an Col St-Tliéodule (3333 m

Il faut compter trois heures de marche du Giomein au col. On peut aller à dos de mulet jusqu'à l'entrée du glacier.

On prend au nord-est du Giomein une montée assez roide qui conduit par les pâturages à l'alp supérieur du Giomein , dit le Tramait ; depuis lors on prend à l'est par une pente douce sur le gazon jusqu'à la montée des Fourneaux dessous, d'où appuyant sur la gauche on arrive sur un rocher. De là on attaque par un petit sentier la rude montée des Fourneaux dessus qui conduit à l'entrée du glacier. On y voit encore les restes d'une redoute construite pour repousser les invasions des hauts-vallaisans.

Quoique le trajet sur le glacier ne soit pas bien difficile, si le temps est humide ou nébuleux, il est prudent de faire usage de la corde. Il faut avoir soin de se tenir plutôt sur la gauche jusqu'à ce qu'on ait dépassé la Grande fregne (crevasse fort large, ordinairement en partie recouverte) et depuis là on monte vers la sommité pour se rendre au col qui se trouve sur la droite.

Les guides de Yaltournanche, et surtout le cantinier du col St-Théodule, ont la louable coutume de marquer d'un bout de bâton les endroits où ils ont découvert une crevasse recouverte d'une trop légère couche de neige.

Le col St-Théodule ou Matterjoch forme la limite entre. l'Italie et le Vallais ; c'est un passage fort intéressant fréquenté depuis fort longtemps. Le nombre des passants, guides ou touristes y varie actuellement de 600 à 1000. M. De Saussure y construisit une petite cabane où il passa trois jours à faire des observations météorologiques.

Sur l'emplacement du campement De Saussure, on construisit vers 1852 une hutte en pierre oui un guide tenait quelques provisions pour les passants, on y ajouta quelques années plus tard une chambre en bois avec deux lits et l'on y établit une petite auberge ouverte pendant trois mois de l'année, où l'on tient les provisions requises pour une telle station. Il y a actuellement cinq lits et l'on se propose encore de réunir la cabane en pierre à celle en bois et augmenter le nombre des chambres et des lits et de destiner une salle à manger pour cet usage exclusif sans la faire servir de dortoir.

VALLÉE DE VALTOURNÀNCHE

Les prix y sont à peu près ceux des hôtels suisses, ce qui est bieu modéré pour cette altitude, vu les frais de transport.

En 1865, M. Dollfuss-Ausset, de Mulhouse, fit entourer d'un mur en pierres la cabane en bois et y plaça trois observateurs, Gorret Antoine, de Valtournanche, et les frères Melchior et Jacob Platter, de Meiringen, qui y poursuivirent les observations météorologiques pendant quatorze mois consécutifs. M. Dollfuss-Ausset a consigné ces observations dans ses Matériaux pour servir à V étude des glaciers.

Le col St-Théodule pourrait même être traversé en hiver. L'abbé Gorret et son frère Charles allèrent y rendre visite à leur père le 20 janvier 1856.

La vue du col St-Théodule est très-étendue sur les deux versants; mais, pour jouir d'une vue encore plus satisfaisante, il faut faire l'ascension du Théodulhorn ou Pointe du Pileur, au nord du col, à 3472 mètre3 d'altitude. On suit l'arète du col jusqu'à la base du pic; alors on passe sur le versant suisse et l'on gravit par des clapeys de pierres désagrégées jusque sur la sommité, où l'on arrive en moins d'une heure depuis le col.

Ascension du Petit Cervin (3886 m.) et du Breithorn (4148 m.).

Ces deux pics, qui présentent des flancs si abruptes du côté de Zermatt sont assez facilement accessibles du col St-Théodule. On les a confondus assez longtemps sous le nom unique de Petit Mont-Cervin, et M. De Saussure parait avoir fait plutôt l'ascension du Petit Cervin actuel que celle du Breithorn ou Large Corne.

On part à l'est du col pour remonter une pente assez roide de glacier, et l'on arrive à un premier plateau d'où prenant sur la gauche on peut faire l'ascension du Petit Cervin, en trois heures depuis la cabane.

Pour atteindre le sommet du Breithorn, il faut continuer par le glacier qui ne présente des difficultés qu'à la dernière montée où il faut souvent tailler un grand nombre de marches dans la glace vive. On emploie généralement pour cette ascension quatre heures depuis le col. Il est prudent de faire usage de la corde.

Du haut du Breithorn le panorama est splendide sur l'Italie et sur la Suisse, mais surtout sur les grands plateaux de glace et sur leurs points de division entre la Suisse et l'Italie.

On pourrait probablement traverser le grand plateau et opérer la descente sur Ayas sans redescendre au col St-Théodule.

lO. De Yaltournanche h Zermatt.

lo Par le Col St-Théodule (de neuf à dix heures). — On monte au Col St-Théodule par la route indiquée ci-dessus. Depuis le col , on descend en cinq heures à Zermatt.

On descend du col par quelques rochers près de la croix de fer qui marque la frontière sur un grand plateau de glacier que Ton parcourt en se tenant plutôt sur la gauche. Vers le milieu du plateau en face du Mont-Cervin, le rocher du Théodulhorn produit un magnifique écho, que les guides s'amusent toujours à appeler et qui leur sert de point.de repaire quand le temps est nébuleux. Vers le fond du pian, au lieu de suivre à gauche, on tourne à droite pour atteindre la moraine qui sépare le glacier supérieur de St-Théodule, du glacier inférieur qui se confond avec celui descendant

du Petit-Cervin. On appelle ce tour, souvent très-crevassé, le tour de G-oinba. On continue par la moraine jusqu'aux clapeys où l'on reprend la direction à gauche au pied du glacier par les Blattes. Suivant ainsi le bord du glacier on arrive au pont de G-onrou , d'où le Mont-Cervin paraît posé tout fraîchement sur le glacier. On côtoie la pente pour descendre à VAroley, premier hameau de Zermatt. En dix minutes l'on arrive au Pont de l'Aroley, d'où en demi-heure on atteint Zermatt. Depuis le Pont de Gonrou, on a continuellement une vue magnifique des séracs du glacier de G-orner qui s'avance dans le creux de la vallée. Les noms donnés aux localités par les guides de Zermatt sont différents ; on a cru bien d'adopter les noms^usités chez les guides de Yaltournanche ;

2o A Vhôtél dû Riffeloerg. Même distance que pour Zermatt. On suit la route précédente jusque sur la moraine qui sépare le glacier supérieur du glacier inférieur de St-Théodule; on descend sur ce dernier glacier par une descente fort rapide sur des roches glissantes, on traverse les glaciers de St-Théodule inférieur et du Gorner, pour arriver au pied du rocher du Riffelhorn où il faut monter par une paroi presque verticale. On peut atteindre le sommet de la paroi des deux côtés du Eiffelhorn. Depuis le sommet de la paroi, qui prend trois quarts d'heure pour la grimpade, on atteint en demi-heure le renommé hôtel du Riffelberg, tenu par les frères Seiler qui tiennent aussi les deux hôtels fort connus du Mont-Cervin et du Mont-Eose à Zermatt^ ainsi que l'hôtel du glacier du Rhône, au pied de ce célèbre et grand glacier où le Rhône prend sa source;

3© Par le Col du Breil, de Forka ou du Mont-Cervin. — Ce col abrège de près de deux heures le trajet de Yaltournanche à Zermatt par le Col St-Théodule.

On monte par le chemin du Col St-Théodule jusqu'au plateau d'où ce chemin se dirige à l'est, soit jusqu'au tramo.il ou baraque supérieure de l'Alp du G-iomeiu. Au lieu alors de prendre à droite, on continue en ligne droite pour aller prendre le glacier du Mont-Cervin au sommet d'Anservigne. Après la traversée du glacier, on gravit le rocher fort roide pour atteindre l'arète qui aboutit au pied est du Mont-Cervin. Un couloir rapide conduit sur le glacier de Furyger que l'on traverse pour arriver aux rochers du Hornli et de là à la chapelle d'où l'on descend pour rejoindre le chemin du Col St-Théodule en dessous du Pont de Gonrou.

La tradition porte que ce col était autrefois beaucoup plus facile et que de Yaltournanche on se rendait par là en procession à la chapelle du Hornli. Actuellement il est parfois bien difficile de trouver un passage pour traverser la Bergchsrund du côté de Zermatt et le lieu de la descente varie suivant les années et se trouve quelquefois impraticable. On veut dériver de ce passage étroit le nom valdôtain de Zermatt, Praborne ou Proborno, près du trou, de l'entaille ;

40 Par le Col de Toumanehe. — En 1864 MM. Hudson et Jacomb arrivèrent au Giomern par un nouveau col qu'ils appelèrent Col de Tournanche. De Zermatt ils vinrent gravir le glacier de Zmutt et la branche Est du glacier de Tiefenmatten d'où ils atteignirent l'arête et descendirent à Yaltournanche par le Lion. Cette même route doit avoir été suivie en 1875

VALLÉE DE VALTOURNANCHE

par les touristes italiens Corona et Torri. On n'a pas encore suivi ce chemin de Valtournanche à Zerniatt, à cause de la rapidité du glacier de Tiefenmatten pour atteindre l'arête.

Il faudrait monter du Giomein ou par la route du Ztfont-Cervin jusque vers la tête du Lion et tourner alors à gauche au midi du Lion, ou bien monter par l'arête dite lo keiï du Montabert pour atteindre le même point , et de là effectuer la descente au val Zmutt à force de degrés taillés dans la glace, qui vient former le pied de la Dent d'Herens, la descente par le couloir-ouest du Col du Lion paraissant devoir être impraticable pour la descente à cause de sa roideur.

Ce passage exige des touristes habiles et formés.

tfl. Du Giomein h Fiéry soit Saint-Jacques d'.iyas par le col supérieur des Cimes Blanches (cinq heures).

On prend au sud-est de l'hôtel, la route qui conduit à la Barma, par La Vielle, on traverse le torrent, l'on monte au chalet du Goillet, puis aux -lacs de ce nom, dans un beau plateau. Depuis-là la route passe par le Clapey, et s'élève ensuite par des coteaux entremêlés de pierres, jusqu'à un dernier plateau de neige qui conduit au col, situé au nord de la Grande Cemetta, et de là par le vallon des Cimes Blanches à Fiéry. Les mulets traversent ce col.

(Voir "Vallée d'Ayas).

fiS. Ascension de la Grande Cemetta (3230 m.). — (Trois heures et demie ou quatre heures du Giomein).

Ce pic, qui sépare les deux cols des Cimes Blanches, est à peu près accessible de tous les côtés. En partant du Giomein on se rend au Col supérieur des Cimes Blanches, d'où l'on gravit facilement le point culminant.

*3. De Valtournanche à Fiéry par le Col inférieur des Cimes Blanches (sept heures).

De Valtournanche on monte à Lozanche, d'où l'on tourne sur la droite pour atteindre Bébeuk ; de là on suit le sentier des châlets qui conduit à Euilla et dès lors par de beaux gazons jusqu'au col entre la Grande Cemetta et la Roisetta. On descend à Fiéry, en retrouvant le chemin du Col supérieur des Cimes Blanches. (Voir Ayas).

14. Col de lîana à Fiéry ou h Ayas (sept heures) et Col de Tascoccia II Ayas (trois et demie ou quatre heures).

De Valtournanche on monte aux châlets de Cheneil.

Depuis Cheneil on peut prendre deux chemins également faciles : 1° On monte à Tsamsec, dont on traverse le plan pour monter par les pâturages des Croux au Col des Croux, au sommet de Chamois; 2o On monte par les Fontanettes sur l'arête qui sépare Chamois de Valtournanche, et l'on côtoie la base de la pointe des Fallenères, jusqu'au sommet de Chamois, où les deux chemins se réunissent de nouveau. Pour le Col de Xana, on prend le sauvage vallon à gauche, et on le gravit jusqu'au col marqué par un jalon de chasse.

On descend par un sentier d'abord fort roide aux châlets de Xana. Depuis que l'on rencontre le grand ruisseau qui conduit l'eau à Saint-Vincent, si l'on veut se rendre à Fiéry, on remonte le ruisseau jusqu'à Cortot, où

l'on traverse le torrent des Cimes Blanches, et l'on tourne à droite pour descendre à Fiéry ; niais si l'on veut se rendre à Ayas, on prend à droite la route du chalet qui conduit à Ayas, à travers la forêt d'abord, puis par les hameaux de Palin, Palouetta, Magnéa et Bezou. De Palin on peut en vingt minutes descendre à Champoluc par Champlan.

Pour le Col de Yascoccia, on côtoie à sa droite pour entrer dans un petit vallon que l'on gravit. Yers la sommité du vallon, au lieu de monter à l'échancrure formant une porte étroite, qui a fait donner à ce col le nom de Crenerelîa, on prend à sa droite pour atteindre l'arête, d'où l'on descend à Ayas par les pâturages.

La descente est fort roide jusqu'au chalet de Yascoccia. (Voir Ayas).

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