PLAN DU FORUM ET Dï
3DIFIGES QUI L'ENTOURENT
couverture aux nefs latérales et au tribunal (fig. 2, B, a). Le tribunal, auquel on accédait par un escalier de bois, se composait aussi de deux étages, qui étaient soutenus par des colonnes corinthiennes, et atteignaient la même hauteur de la nef centrale. L'imagination populaire reconnaît une prison dans la localité qui est au-dessous du tribunal; mais rien ne nous empêche de penser que si elle n'était pas une prison dans la pleine acception du mot, elle n'ait pu être réellement destinée à l'usage de chambre de sûreté, comme on dirait de nos jours.
Le piédestal qu'on voit devant le tribunal peut bien avoir appartenu à une statue équestre ; cependant aucun fragment de celle-ci n'a été retrouvé.
La basilique avait un beau pavé en oj)us signinum et une décoration de stuc aux parois, qui par ses rectangles peints et en saillie imitait les revêtements de marbres colorés, dont la mode venait de s'introduire chez les riches romains dans les dernières années de la république. Voilà le premier style de la décoration pompéienne et qui date de l'époque antérieure à la domination romaine. Cette basilique était donc l'édifice le plus imposant que Pompéi pût vanter; et, à n'en pas douter, ses restes seraient arrivés jusqu'à nous dans un meilleur état de conservation, sans le tremblement de terre de l'année 63 après J.-C, qui fut la première cause de la destruction de la ville.
En sortant de la porte au N. de la basilique on aperçoit, presque vis-à-vis, le temple d'Apollon (fig. 2, C), bâti avant l'époque romaine. Ce temple avait été restauré après le tremblement de terre de l'an 63. Il s'élève au milieu d'une enceinte sacrée, autour de laquelle s'étendait un portique de deux étages, qui était soutenu par des colonnes ioniques avec épistyle dorique (mélange audacieux de deux diiférents styles, mais qui n'est pas désagréable) ; ce portique était décoré dans l'origine par des tableaux peints, où l'on voyait des scènes de l'Iliade. Sur le premier pilier de l'aile orientale est peint un grand trépied, symbole d'Apollon. Au milieu de la cour s'élève un grand autel de travertin, avec les noms de ses fondateurs, les quattuorviri (c'est-à-dire les duumvirs
et les édiles). Cet autel remonte probablement à l'époque de la république (fig. 2, C, a). Deux autres duumvirs firent élever à gauche de l'escalier du temple une colonne ionique qui était surmontée par un cadran solaire, allusion à Apollon-Hélios, On voyait jadis différentes statues de divinités, adossées aux colonnes du portique. Sur les deux bases devant les colonnes de l'aile antérieure du portique étaient placées les statues en marbre d'Hermaphrodite à droite et de Vénus à gauche; celle-ci avait son autel. Tout autour des portiques latéraux, sur la base qui se trouve devant la troisième colonne à droite, on voyait la statue en bronze d'Apollon sagittaire, qui faisait pendant à celle d'Artémis (Diane); il paraît que les images des deux divinités représentaient le moment où elles frappaient de leurs flèches les enfants de la malheureuse Niobé. Un autel s'élevait devant Artémis de la même manière qu'il s'élevait devant Vénus. Plus avant, à droite, on aperçoit à son ancienne place un hermès assez caractéristique de Mercure en marbre. On a cru qu'à cet hermès devait servir de pendant un autre hermès représentant Maia, mais cette conjecture ne saurait trouver aucun appui dans la présence d'un hermès féminin parmi les statues du Musée de Naples, vu que ce dernier appartenait à la maison Farnèse et fut trouvé à Rome.
Le temple s'élève sur un soubassement assez haut, et on y monte seulement du côté antérieiu- par un escalier de travertin, par lequel on accède d'abord au pronaos (fig. 2, C, b).
Ce temple avait un portique d'ordre corinthien, qui se prolongeait probablement tout autour de la cella (fig. 2, C, c), où se trouvaient l'idole d'Apollon et Vomphalos en pierre, qui garde encore sa place.
Le pavé de cette cella n'est pas sans valeur; le questeur Oppius Campanius l'avait fait avec l'argent du trésor d'Apollon, d'après ce que nous apprenons par l'inscription osque qu'on y lit.
Enfin, tout près de l'issue secondaire de l'enceinte sacrée, on trouve la chambre du gardien du temple {aedituus).
La rue qui commence à Idiporta marina aboutit au Forum (fig. 2, D). Le Forum était la place principale et, pour ainsi dire, le cœur de la Tille; les édifices publics les plus importants l'entouraient, ou se trou-
valent dans sa proximité. L'entrée en était défendue aux véhicules, et était pourvue de barrières ; le pavé était formé de dalles de travertin, que les Pompéiens mêmes venaient d'arracher presque en totalité au moment de la catastrophe.
Un porche dorique en tuf, avec une galerie supérieure, longeait dans l'origine ses côtés, excepté celui du N. ; les colonnes avaient leur enduit de stuc.
Le questeui- Vibius Popidius, dans les derniers temps de l'autonomie de Pompéi, l'avait fait construire. La galerie supérieure était d'ordre ionique, et on y montait par de petits escaliers en maçonnerie (fig. 2, D, a).
Cette galerie visait aussi à offrir une place plus aisée et plus sûre pour assister aux fêtes et aux jeux, surtout aux exercices des gladiateurs qu'on y exécutait dans l'époque précédente à la construction de l'amphithéâtre. Au temps de l'empire on travaillait à remplacer le beau portique en tuf par un porche en travertin, qui était moins beau; les travaux de la nouvelle construction n'étaient pas encore achevés lors du tremblement de terre du 63. Le portique n'était pas uniforme du côté E., parce que tous les édifices environnants avaient leur propre porche.
Le Forum était couronné sur son quatrième côté, celui du N., par le temple de Jupiter {Ca2ntolmm,ûg.2,3); adroite et à gauche de ce temple s'élevaient deux arcs de triomphe, dont les surfaces étaient revêtues de marbre. L'arc du côté droit avait été démoli anciennement pour rendre visible l'autre arc qui s'élevait plus loin (fig. 2, D, b) et qui formait l'une des entrées du Forum. On y remarquait la statue équestre de Tibère dans la partie supérieure, tandis que les niches du côté du Forum contenaient celles de Néron et de Drusus, les deux fila de Germanicus.
Il y avait dans le Forum de nombreuses statues qui ne sont pas parvenues jusqu'à nous. Au bas des colonnes du portique, sur sa marche de travertin, étaient placées des statues de grandeur naturelle. À l'une des extrémités (N.) du côté occidental on voit quatre bases avec des inscriptions (fig. 2, D, 6') dont deux portent le nom de Marcus Lucrèce Décidien Rufus, la troisième celui de C. Cuspius Pansa père, et la
quatrième celui de C. Cuspius Pansa fils. Devant les bases qui sont adossées aux colonnes, on en remarque plusieurs autres pour statues équestres ; il ne faut pas oublier celle qui se trouve au S.-E. (fig. 2, D, d), la seule qui conserve encore son revêtissement de marbre et l'inscription en honneur de Q. Salluste patron de la colonie.
Les trois statues équestres qui s'élevaient du beau milieu du côté occidental, sur un même grand soubassement (fig. 2, D, e) représentaient sans doute d'illustres personnages municipaux. La grande base en arc du côté méridional (fig. 2, D, f) était destinée vraisemblablement à la statue d'Auguste ; celle de gauche à Claude, celle de droite à Agrippine, tandis que la plus petite, qui est la première, était réservée à Néron, qui était le prince héritier (princeps iuventutis).
Que le visiteur s'imagine de voir ce Forum (fig. 2b) avec son portique à double rangée de colonnes, avec son pavé éblouissant par ses blanches dalles de travertin, et ses innombrables statues, son Capitolium au sommet dominant la place; qu'il s'imagine encore les façades des édifices, tous revêtus de marbre, qui l'entouraient au S. et à l'E. Quel effet ne devait donc produire, il y a dix-huit siècles, ce Forum dont les arcs de triomphe laissaient apercevoir à travers leurs passages les flancs du Vésuve animés par la végétation!
En commençant le tour des bâtiments voisins par ceux du côté occidental, on rencontre une niche à l'extrémité septentrionale du côté E. du temple d'Apollon (fig. 2, D, g). Cette niche renferme une copie grossière de la table des poids et mesures {mensa ponderaria) en travertin, qu'on conserve au Musée de Naples. Cette table contenait les modèles des mesures de capacité pour contrôler celles des marchands du Forum.
On voit encore un portique qui probablement servait de halle pour les vendeurs des légumes et des herbes (fig. 2, F), et qu'on avait construit, peut-être, après le tremblement de terre du 63; avant d'y arriver on laisse à gauche une cour qui se trouve adossée à l'enceinte d'Apollon (fig. 2, E). Le portique sert aujourd'hui de dépôt pour les fragments d'architecture du Forum.
Sur le même côté il y a les latrines publiques (fig. 2, G) et une
localité composée de deux pièces obscures (fig. 2, H), dont nous ne connaissons pas la destination. Au milieu du côté septentrional dominant le Forum, s'élève le plus grand temple de Pompéi, celui de Jupiter (fig. 2, J) qui gardait sa dénomination de Capitolium même dans les municipes et les colonies. Un escalier flanqué jadis de statues équestres, entrecoupé par une plateforme où était situé un autel, aboutit au pronaos (fig. 2, J, a) qui est d'ordre corinthien ; on passe ensuite par une grande ouverture dans la cella b, décorée de colonnes ioniques et assez ample. Ces colonnes devaient soutenir sans doute une autre rangée de colonnes, probablement corinthiennes, où pouvaient trouver place les ex-voto et même de petites statues. Le pavé de la cella était de dalles de marbre dans le milieu, et en mosaïque tout autour. Il ne reste que quelques débris des décorations des parois.
Les ouvertm-es du pavé de la cella et du pronaos éclairent le souterrain, qui avait son entrée du côté du Forum, et servait peut-être de trésor public (aerarium), ou même pour y conserver les objets et les bardes sacrées du temple.
On montait sur la grande base adossée au mur postérieur de la cella par un petit escalier situé par derrière; cette base, de forme allongée, était propre à soutenir les simulacres des trois divinités, tandis que les petites pièces qui se trouvent au fond (fig. 2, J, c) 'servaient de dépôt pour tout ce qu'il fallait pour parer les idoles dans les jours de fête. Il est assez probable que dans ce temple on adorât Jupiter, "Vénus (la déesse protectrice de la ville) et Cérès. Les exigences du culte local modifiaient de la sorte la triade capitoline de Jupiter, Junon et Minerve ; ce qui avait un exemple dans quelques autres Municipes. On ne saurait descendre du soubassement assez élevé de ce temple sans être frappé par le plus admirable point de vue.
Le Forum de Pompéi semble couronné par la longue chaîne de montagnes, qui s'ouvre à l'O. pour faire place à l'admirable sein de Stables avec son ilôt de Revigliano ; tandis qu'on entrevoit au loin à travers le brouillard l'île de Caprée, qui était la demeure préférée de Tibère. Au N. on aperçoit le Vésuve, à l'E. les montagnes hirpines, et au S. les monts Lactarii avec Castellammare, qui pose en reine au milieu
des villages et des bourgs, les uns bâtis le long de la marine, les autres perchés sur la montagne.
Dans l'angle N.-E. du côté oriental du Forum on voit la halle {macellum, fig. 2, K). Elle était précédée par un portique assez élégant aux colonnes de marbre, sous lequel s'ouvraient des boutiques (fig. 2, K, a), probablement les comptoirs des argentarii (changeurs). Entre les deux ouvertures de l'entrée principale, côtoyées par ces boutiques, une niche ornée de colonnes devait contenir une statue. Aux colonnes du portique, l'une desquelles existe presque dans son intégrité, et aux piliers entre les portes des boutiques, sont adossées des bases qui soutenaient des statues. A l'intérieur le marché était entouré par un portique, qui s'écroula lors du tremblement de terre. Sa décoration devait être superbe, à ce qu'on peut en juger par les restes des peintures de la paroi occidentale. On y voit d'amples encadrures au fond noir avec des bandes rouges aux côtés, et au milieu, tantôt une peinture dont le sujet est tiré de la mythologie, tantôt de petites figures ailées, entrecoupées de jolis dessins d'architecture. Il existe encore deux tableaux dont l'un représente lo gardé par Argus, et l'autre Ulysse avant d'être reconnu par Pénélope. La décoration de la partie supérieure de la paroi n'est pas dépourvue d'importance par rapport à la destination du bâtiment, et en eifet on y aperçoit des dessins qui réprésentent des poissons, de la volaille, d'autres comestibles, et des amphores pour le vin. Sur le côté méridional on voit des boutiques ayant des entresols (fig. 2, K, è); au milieu de la cour s'élevait probablement un dôme (tholus) qui était soutenu par douze colonnes appuyées sur leurs bases, qu'on aperçoit encore sur une petite éminence dodécagonale, entourée d'une bordure en marbre (fig. 2, K, c). Ce dôme était construit pour protéger un vivier de poissons, dont les arêtes ont été trouvées en grande quantité dans le conduit souterrain qui s'écarte du centre de l'aire polygonale dans la direction de S.-E., et se décharge dans la ruelle du côté méridional. Au moment de la catastrophe l'aire polygonale allait subir quelque changement que nous ne saurions déterminer.
Sur le côté oriental ou postérieur du macellum il y a trois pièces (fig. 2, K, d, e, /■). Celle du milieu e, à laquelle on monte par cinq
marches, contenait les statues de la famille impériale; vraisemblablement la statue de Claude, le globe à la main, sur la grande base adossée au mur postérieur, celles d'Octavie et de Marcellus (les originaux se trouvent au Musée de Naples; sur place il n'y a que des reproductions en plâtre) dans les deux niches à droite, et les statues d'Agrippine et de Néron dans les niches à gauche. A l'entrée des deux pièces latérales d et /", on voyait deux colonnes. La destination de la pièce de gauche {d) est incertaine; celle de droite (/") était destinée à la vente du poisson, ce qui est prouvé par le massif maçonné incliné en avant pour l'écoulement de l'eau.
Dans la petite cloison adossée à l'extrémité E. du mur septentrional du portique on retrouva des os de petits animaux, tels que brebis et chèvres.
Ce marché avait deux autres issues indépendemment de son entrée principale du côté du Forum; en proximité de l'issue septentrionale on retrouva une caisse renfermant des monnaies d'or et de bronze.
Les boutiques qui avaient leurs entrées à l'extérieur, sur la ruelle septentrionale, appartenaient aussi au macellum.
En revenant sur le Forum, et en prenant la direction du S., on entre dans un vaste édifice, dont l'ancienne magnificence a entièrement disparu (fig. 2, L). Il était orné par une rangée de colonnes de marbre, qui s'élevaient sur le trottoir du Forum après le porche du macellum. Les parois et le pavé étaient revêtus de marbre. L'abside du côte postérieur, ricliement ornée de colonnes, possédait une édicule avec sa base qui pouvait soutenir plusieurs statues (fig. 2, L, a) ; il y avait à droite et à gauche une localité avec un piédestal et deux colonnes sur l'entrée (fig. 2, L, b, c) et on voit, le long des parois, huit niches destinées à autant de statues.
L'autel qu'on voit au centre (rf), dont il n'existe que la partie inférieure, ne laisse aucun doute sur la destination sacrée de cet édifice. L'hypothèse qu'on y adorât les Lares publici n'est pas hasardée; les idoles de ces dieux tutélaires de la ville, avec le simulacre qui représentaint le génie de 1' empereur, devaient se trouver exposés au culte dans l' édicule placée au fond de l'abside ; tandis que lus sta-
tues des dieux pénates trouvaient leur place dans les deux sacella latéraux, et dans les niches des parois.
Le temple de Vespasien (fig. 2, M) est attaché au sacrarium des Lares avec lequel il est en communication"; il avait été édifié après le tremblement de terre, et n'était pas encore achevé dans l'année de l'ensevelissement. La partie antérieure de l'enceinte sacrée était couverte par un portique à colonnes, et les parois en étaient revêtues de marbre. Au milieu de la cour on trouve encore à sa place un autel de marbre (fig. 2, M, a) bien décoré, dont le côté antérieur représente le sacrifice d'un taureau au génie de l'empereur, tandis qu'on voit sur le côté postérieur la couronne civique entre deux lauriers, emblème de la maison impériale, et latéralement les ustensiles nécessaires pour le sacrifice.
On passe à un vaste et magnifique bâtiment (fig. 2, N); une inscription nous renseigne parfaitement sur la construction de cet édifice; elle a été répétée deux fois, d'abord sur les blocs de la frise du vestibule qui sont alignés sur le trottoir du Forum, et ensuite sur la dalle de marbre qui surmonte l'entrée secondaire sur la rue dite de TAbondance. Cette inscription nous apprend que la prêtresse publique Eumachie avait fait bâtir à ses frais pour son propre compte, et pour celui de son fils M. Numistrius Fronton, le vestibule devant l'entrée du Forum {chalcidicum), le corridor couvert et éclairé par des fenêtres, qui fait le tour des trois côtés de la cour {cryptant), et la cour intérieure avec ses porches (porticus). La prêtresse avait donc soutenu la dépense pour la construction entière de cet édifice, et avait fini par le vouer à la Concordia Augusta et à la Pietas ; ce qui démontre que la dédicace avait été faite en honneur du César régnant et de sa mère, c'est à dire de Tibère et de Livie, que dans les monnaies l'on voit précisément à l'effigie de la Pietas. Mais cette inscription tout en nous donnant des renseignements exacts à l'égard de la riche fondatrice, dos parties de l'édifice et de l'époque de sa construction, ne nous en apprend pas la destination.
La reconnaissance des individus à l' avantage desquels 1' édifice avait été construit a suppléé à cette lacune. Dans l'aile orientale du
corridor couvert {crypta) on voit la statue de la généreuse prêtresse (l'original au Musée de Naples), statue que lui avaient élevée les fuLlo/ies, c'est-à-dire les blanchisseurs de draps de laine. C'était un métier assez important et étendu dans l'antiquité, parce que la toge blanche de laine étant l'habillement officiel du citoyen romain, il fallait la blanchir souvent; d'où la nécessité d'avoir des ouvriers adonnés au blanchissage et au ravaudage des étoffes de laine. Il ne faut pas s'étonner qu'un édifice si magnifique ait été construit dans la petite ville de Pompéi à l' usage exclusif des fuLlones, lorsqu' on pense au nombre considérable de fouleries qu'on y a découvert.
Le vestibule {chalcidicum) avait un portique à deux rangées comme celui du Forum, dont il formait partie, et devant chacune de ses colonnes était une statue. Aux deux extrémités de la façade, qui était autrefois revêtue de marbre, se trouvent deux tribunes auxquelles on accédait par de petits escaliers en maçonnerie. Entre les deux tribunes il y avait quatre niches pour les statues d'Enée (fig. 2, N, a), de Romulus (ô), d'Auguste {c) et de Tibère {d). On conserve dans le Musée de Naples seulement les inscriptions honorifiques {elogia) qui étaient apposées aux statues d'Enée et de Romulus; on lit sur place une copie de celle de Romulus.
On laisse à droite de l'entrée une petite pièce (fig. 2, N, e) où se trouve un escalier et dont la destination est peu claire.
La localité de gauche (/*) avait une issue dans la ruelle qui autrefois débouchait au Forum, un petit escalier par lequel on montait au passage existant sur la crypta, et des latrines.
Le portique, dépourvu de plancher entre ses deux étages, s'étendait sur les quatre côtés de la cour intérieure avec ses rangées de colonnes au bas et en haut ; les colonnes de l'aile antérieure surpassaient en hauteur celles des porches des côtés.
Le portique postérieur présentait dans son milieu, du côté de la cour, une toiture plate et saillante, qui s'appuyait par devant sur quatre colonnes. La grande abside {g) avec ses trois entrées surmontées d'un fronton de marbre contenait la statue de la Concordia Augusta placée sur la base qui était adossée au mur du fond, et probablement celles de
Tibère et de son fils Driisus dans les niches latérales. Cette abside était flanquée de deux puits (h) pour donner de la lumière à la partie postérieure de la cryjJta, où l'on trouve le plâtre de la statue d'Eumachie, dont nous venons de faire mention.
A l'angle S.-E. du Forum se trouvait le comitium (édifice destiné aux votations pour l'élection des magistrats, fig. 2, 0), qui devait être assez beau lorsqu'il conservait son revêtement de marbre, tandis qu'on trouvait sur le côté du midi trois grandes salles (fig. 2, P, Q, R) superbement décorées de marbre, et destinées vraisemblablement à l'administration de la colonie. La salle du milieu Q peut bien avoir été le lieu de réunion de Yordo decurionum (conseil municipal), tandis que les deux salles latérales (P, R) pouvaient bien être le siège des duumvirs iuî^e dicundo et des édiles.
En descendant par la rue dite de l'Abondance, et en tournant à droite par la troisième traverse, on arrive à la place, qu'à cause de sa forme on a appelée Forum triangulaire (fig. 3, A). Un beau vestibule ionique (fig. 3, A, a) à deux ouvertures sert d' entrée à la place, qui a un porche dorique tout autour, sauf du côté de la plaine. Dans la même place, et à une petite distance du portique antérieur, on voit la base {b) qui soutenait la statue de Marcus Claudius Marcellus, le neveu chéri d'Auguste et le ijatron de Pompéi. Comme on a déjà remarqué, une autre statue lui avait été élevée au macellum.
Le visiteur se trouve dans cette place devant le plus ancien témoignage de l'existence de Pompéi, c'est-à-dire devant les débris vénérables du temple grec, le plus antique de ses monuments (fig. 3, B), qui par le style de son architecture remonte certainement au sixième siècle avant J.-C. La petite Pompéi italique disparaît entièrement, et la fantaisie excitée n'entrevoit que Pyestum et Sélinunte avec leurs antiques et majestueuses constructions qui planent dans la solitude que le mauvais air leur a fait, tandis que tout près des troupeaux de bœufs paissent tranquillement au milieu des broussailles et du céleri sauvage.
Le temple dorique de Pompéi avait son front tourné au S.-E. et était exastyle, c'est-à-dire avec six colonnes sur le front; il était eu
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