A])ollon citharède (statue en bronze
struire à Rome, lors de l'époque d'Auguste, un amphithéâtre stable, que le Colisée, bâti au temps des Flaviens, surpassa depuis en grandeur et en magnificence ; et par suite bien avant que les municipes et les colonies eussent suivi l'exemple donné par la capitale. Cela résulte clairement de l'inscription en deux exemplaires qui nous apprend que ces deux duumvirs, à l'occasion de leur élection à quinquennales {honoris causa), avaient fait construire à leurs propres frais le bâtiment {spectacula de sua pequnia faciunda coerarunt) et en avaient fait donation à leurs concitoyens {coloneis locum in perpeiuom dederunt). Cependant la construction de l'amphithéâtre ne put être achevée par les deux généreux quinquennales qui l'avaient initiée. Les inscriptions gravées dans le podium, en corrélation des six premiers cunei à l'E. de l'entrée septentrionale, nous apprennent que les magistri du pagus (bourg) Augustus Félix et six duumvirs avaient destiné à la construction de ces cunei, c'est-à-dire des gradins dont ceux-ci étaient formés, l'argent qu'ils auraient dû dépenser pour les jeux {pro ludis) ou même pour les jeux et les illuminations {pro ludis et luminibus) en prenant possession de leurs charges. Il paraît que pendant quelque temps les spectateurs se soient servis de sièges mobiles et que même à l'époque d'Auguste (l'organisation du pagus Augustus Félix ayant eu lieu l'an 7 avant J.-C.) la construction des gradins en pierre n'était pas complète.
Quoi qu'il en soit, l'amphithéâtre avait ses gradins en pierre à l'époque de la catastrophe. Il s'élevait simple et modeste près des remparts de la ville, entouré d'arbres à l'ombre desquels les marchands ambulants venaient s'installer dans les jours de fête, comme ils le font de nos jours.
C'était l'an 59 de noti'e ère, lorsque le malheur des Pompéiens voulut que le sénateur romain Livinéius Régulus, qu'on avait expulsé du Sénat à cause de sa mauvaise conduite, allât fixer sa résidence à Pompéi. Dans la seconde moitié de l'année il donna des ludi gladiatorii. Comme il était à prévoir, non seulement les Pompéiens, mais aussi les habitants des villes voisines, parmi lesquels force gens de Nuceria, accoururent au spectacle. Au milieu des jeux s'alluma entre ces Nucerini
et les Pompéiens une querelle sanglante, dont la cause première nous reste encore inconnue, car Tacite se borne à écrire levi contentione atrox caedes orla. Ce qu'il y a de sûr, c'est que la rixe s'echauffant, des injures on en vint aux coups de pierre et même aux armes. Il y eut de part et d'autre un grand nombre de blessés et de morts; cependant, les Pompéiens eurent le dessus sur leurs rivaux, et il fallait s'y attendre parce que le spectacle se donnait chez eux.
Les Nucerini ayant fait parvenir leurs plaintes à Rome, Néron renvoya la chose au Sénat. Par suite de l'enquête qu"on avait confiée aux consuls, le Sénat romain décréta l'interdiction des jeux publics à Pompéi pendant dix ans, la dissolution des collèges qui se trouvaient constitués illégalement, et la condamnation à l'exil de Livinéius Régulus et des autres qui avaient donné motif à l'émeute. Les duumvirs iure dicundo de l'année furent destitués, et un commissaire extraordinaire {praefectus iure dicundo) avec pleins pouvoirs fut chargé de remettre l'ordre et de procéder à l'élection des nouveaux duumvirs.
Un si funeste événement, qui causa des mesures d'une portée si grave, ne pouvait que produire une impression profonde dans l'esprit des Pompéiens; il ne faut donc pas s'étonner des manifestations qui en retracent le souvenir, et qu'on a trouvées sur place. Les inscriptions gravées à la pointe sur les murs font bien souvent allusion à ce démêlé sanglant, qu'on voit représenté par une peinture découverte en 1869 (maintenant au Musée de Naples).
L'amphithéâtre, genre d'édifice inconnu aux Grecs, et par cela absolument romain, était le lieu destiné aux combats des gladiateurs, qu'on avait introduits à Rome sur l'exemple de l'Etrurie. Comme le nom même l'indique, ce n'est que la réunion de deux théâtres, qui sont placés vis-à-vis de façon que l'arène, ou lieu des combats, n'est que l'ensemble des deux orchestres réunis.
L'entrée principale de l'arène dans l'amphithéâtre de Pompéi est au N. et fait pendant à celle qui est au S. et qui tourne en angle droit à cause de son adossement aux remparts de la ville. Dans le passage couvert de l'entrée septentrionale, qui autrefois était orné des statues des deux Pansa, père et fils, on voit dans le pavé, le long de la paroi
de gauche, des trous pour y fixer des poutres, on ne connaît pas dans quel but.
Au milieu du côté occidental s'ouvre une troisième issue, plus petite, par laquelle on faisait disparaître les corps des victimes des jeux {porta Libitinensis). Latéralement à chacune de ces entrées, il y avait, du côté de l'arène, les cages des bêtes sauvages.
Le parapet {'podium) de l'arène était jadis orné de peintures qui représentaient des scènes d'amphithéâtres, savoir des chasses {venationes) et des combats de gladiateurs.
On pouvait arriver à l'espace réservé aux spectateurs et qui en contenait environ 20,000, ou par le passage extérieur assez large de la partie supérieure, ou par le corridor voûté de la partie inférieure, auquel on accédait par les entrées de l'arène ou par deux entrées spéciales qui donnent sur le côté occidental. Ce couloir circulaire passe au-dessous des gradins inférieurs du second ordre, et il est entrecoupé seulement au milieu de ses côtés longs, dans le but d'obliger les spectateurs à se servir aussi de l'entrée située au S., quoique moins commode que l'autre du N.
Les sièges en pierre se partagent en trois rangs : le premier {ima caved) de cinq gradins, le deuxième {média cavea) de douze, et le troisième {summa cavea) de dix-huit gradins. Les petits escaliers, auxquels on arrive par le corridor voûté, aboutissent aux gradins inférieurs du second rang ou alternativement aux gradins supérieurs du premier. Ce dernier présente au milieu de ses côtés longs une loge assez ample avec des gradins larges et peu élevés, pour y placer les sièges {biseUia) des magistrats. Au centre du côté oriental il y avait un emplacement qui occupe la largeur de deux gradins, et qui était destiné sans doute au personnage qui présidait au spectacle. On parvenait aux tribunes supérieures qui étaient destinées aux femmes et aux enfants, par un corridor qui avait ses issues siu* des escaliers extérieurs; il s'y conserve encore quelques pierres ayant des trous pour les soutiens du vélum.
L'emploi du vélum qui devait garantir du soleil les spectateurs, constituait une condition indispensable pour le succès du spectacle. Les annonces des jeux des gladiateurs ne manquaient jamais de la
formule : « et il y aura la banne » [et vêla erunt). A Rome
surtout, le métier de gladiateur, on le sait, avait bien ses appas pour gagner les faveurs des femmes, fussent-elles de la famille impériale; il en était de même dans la petite Pompéi, dont les jeunes filles ne rêvaient que l'amour de ces robustes gladiateurs. C'est dans l'arène de cet amphithéâtre que firent l'étalage de leur beauté et de leur vaillance le thrax Céladus, qu'on avait proclamé suspirium puellarum, et le réliarius Crescens, qui se vantait d'être puparum dominus.
En retournant dans la partie déjà déblayée de la ville, au carrefour formé par la rencontre de la rue de l'Abondance avec la rue Stabienne, on trouve une ouverture des égouts, un réservoir pour la distribution des eaux (voir à pag. 50) et quatre gros pilastres de briques, à chacun desquels est adossée la base d'une statue. Celle qui est revêtue de marbre soutenait la statue de Marcus Holconius Rufus, l'un des deux restaurateurs du grand théâtre, et qui, d'après l'inscription qu'on y apposa, était tribun militaire, après avoir été élu cinq fois duumvir et deux fois quinquennalis ; il était aussi prêtre d'Auguste et patron de la colonie. Un peu plus en haut on entre aux Thermes qu'on a appelées Stabiens (fig. 5, A). Le bain était le besoin le plus pressant des peuples méridionaux ; mais il n'a jamais été pour aucun peuple ancien ou moderne l'objet d'une passion si vive et effrénée comme chez les Romains de l'époque de l'empire C'est dans le but de satisfaire à un besoin si pressant qu' ils bâtirent ces édifices magnifiques, dont la splendeur de l'ornementation nous est attestée par le Laocoon et le torse de Belvédère au Vatican, par le Taureau Faruèse et la « Flore » du Musée de Naples. Dans la petite Pompéi on a découvert jusqu' à présent trois établissements thermaux à l'usage du public, trois autres plus petits qui étaient fréquentés par l'élite de la colonie, sans compter un nombre considérable de bains privés. C'est le plus vaste et le mieux conservé de tous ces édifices que nous allons décrire maintenant.
On lavait bâti à l'époque des Samnites. Il avait été reconstruit et agrandi dans les premiers temps de la colonie, et mieux encore à
l'époque de l'empire. L'entrée a conduit i\ une palestre spacieuse h qui était entourée d'un portique, dont les simples colonnes de tuf avaient
METRI 9 ^ ^,Q y^