Rom. sott., t. I, p
INTRODUCTION
étaient remplies appartenaient toutes à des martyrs. Ces erreurs étaient inévitables au début des travaux archéologiques ; elles furent promptement dissipées par l’exploration successive de quelques cimetières et surtout par l’œuvre d’un autre contemporain de saint Philippe, Antoine Bosio, qui consacra près de quarante années à l’étude des catacombes.
La publication de la Romci sotterranea de Bosio fixa les premières théories sur l’histoire et l’interprétation de leurs monuments; les exagérations dues à l’enthousiasme et à l’inexpérience des débuts diminuèrent ; et l’archéologie chrétienne eût fait en peu de temps de merveilleux progrès, si les successeurs du véritable fondateur de cette science eussent suivi sa méthode et ses enseignements. Malheureusement, ceux qui vinrent après lui, quoique très érudits, n’apportèrent pas à cette étude l’application sérieuse et la sévérité d’analyse dont le premier avait donné, eu égard aux temps, un si grand exemple.
Aringhi, Boldetti, Bottari eurent des torts très graves, et si l’on ne peut leur refuser un certain mérite à cause des notions qu’ils nous ont transmises et des monuments qu’ils nous ont conservés, il n’en est pas moins vrai que leurs œuvres, comparées à celle de Bosio, marquent une période de décadence. Durant cette période, les catacombes furent explorées dans le but presque exclusif d’en retirer des reliques, mais sans aucun critérium scientifique. Alors se formèrent de fausses opinions sur les monuments des héros de la foi ; et leurs plus mémorables souvenirs, les cryptes historiques dans lesquelles ils avaient reposé, restèrent oubliées, cachées sous les ruines accumulées par le temps et les barbares.
Une nouvelle ère pour les études archéologiques s’ouvrit, dans la première moitié de notre siècle, avec les travaux du P. Marchi : n’eût-il fait autre chose, ce savant jésuite aurait toujours la très grande gloire d’avoir été le guide et le maître du nouveau Bosio, J. -B. de Rossi. Inspiré, moins par l’amour de la science dont il fut l’honneur, que par une piété enthousiaste envers les martyrs, de Rossi se consacra dès sa jeunesse