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LA VIA SALARIA NOVA. — CIMETIÈRE DE THRASON

APRES le cimetière de Félicité, Y Index coemeferiorum mentionne, sur la Via Salaria Nova, trois autres groupes : « Coemeterium Priscillae ad S. Sylvestrum, coemeterium Jordanorum ad S. Alexandrum, coemeterium Thrasonis ad S. Saturninum ». Le premier Itinéraire de Salzbourg parle aussi de deux églises, dédiées, l’une à S. Saturnin, l’autre aux SS. Chrysanthe et Darie. Les mêmes indications se retrouvent dans le second Itinéraire de Salzbourg, mêlées à une erreur historique, car on y confond S. Alexandre fils de Ste Félicité, enterré dans le voisinage, avec S. Alexandre de la voie Nomentane, et on lui donne pour compagnons les SS. Eventius et Théodule. Le même Itinéraire et celui de Malmesbury nomment encore en cet endroit sept vierges, Saturnina, Hilaria,Dominanda, Serotina, Paulina, Donata, Rogantina. La place précise du cimetière de Saturnin est marquée par le manuscrit d’Einsiedeln : « In sinistra S. Saturnini, in dextera S. Felicitatis. » Enfin le Liber pontificalis , dans la biographie d’Hadrien Ier, indique dans le cimetière des « Jordani » les tombeaux des Saints Alexandre, Vital et Martial.

Il y a en effet, entre Ste-Félicité et Priscille, un groupe important de galeries. Une grande découverte y fut faite au temps de Baronius, en 1578, dans une vigne appartenant à un Espagnol nommé Sanchez, laquelle passa ensuite aux Délia Rovere (1 2), puis au collège Irlandais. Bosio a vu des galeries très bien conservées, qui depuis ont été très dévastées, et les ruines d’une église de St-Saturnin, appelée alors de Ste-Citronine. Ces galeries correspondent évidemment au

1. Cf. De Rossi, Bullettino, 1873, p. 5-25, 49-83 (édit, franç. ),

2. Le blason de cette famille est sculpté sur la porte d’entrée, qui est restée isolée à droite de la voie.

cimetière de Thrason ou de Saturnin. D’autres galeries de la même voie, désignées ordinairement sous ce nom, appartiennent plutôt au «Coemeterium Jordanorum ».

Thrason était un riche citoyen romain, dont on lit le nom dans les Actes de Ste Suzanne et dans plusieurs autres documents. Il ensevelit dans sa propriété plusieurs martyrs, notamment S. Saturnin, un vieillard condamné à travailler dans les carrières pour la construction des Thermes de Dioclétien. Ce martyr fut honoré à Rome, le calendrier Libérien le nomme au 29 novembre : « III Kal. Dec. Saturnini in Thrasonis » ; et S. Damase lui consacra une longue inscription, d’ailleurs très obscure (r) :

INCOLA NVNC CHRISTI FVERAT CARTHAGINIS ANTE TEMPORE QVO GLADIVS SECVIT PIA VISCERA MATRIS SANGV1NE MVTAVIT PATR1AM NOMENQVE GENVSQVE ROMANVM CIVEM SANCTORVM FECIT OR1GO MIRA FIDES RERVM DOCVIT POST EXITVS INGENS CVM LACERAT PIA MEMBRA FREMIT GRATIANVS VT HOSTIS POSTEAQVAM FELLIS VOMVIT CONCEPTA VENENA COGERE NON POTVIT CHRISTVM TE SANCTE NEGARE IPSE TVIS PRECIBVS MERVIT CONFESSVS ABIRE SVPPLICIS HAEC DAMASI VOX EST VENERARE SEPVLCRVM SOLVERE VOTA LICET CASTASQVE EFFVNDERE PRECES SANCTI SATVRNINI TVMVLVS QVIA MARTYRIS HIC EST SATVRNINE TIBI MARTYR MEA VOTA REPENDO.

L’oratoire dans lequel était placée cette inscription fut restauré au VIe siècle par Félix IV (526) et subsista jusqu’au temps de Nicolas IV (1288-1294), comme on le voit par une bulle de ce pape. Les reliques furent, on ne sait à quelle époque, transportées à Sts-Jean et Paul, où on les vénère encore.

L’entrée du premier hypogée que l’on rencontre se trouve dans la villa Odescalchi.

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