HIC BONIFATIA DO HONORATO • MARITO
des orantes peintes et la figure du bon Pasteur ; l’autre, un fragment de marbre avec l’image, tracée à la pointe, de Noé dans l’arche ; et une troisième, des peintures très effacées.
Revenons maintenant sur nos pas, jusqu’à la galerie que nous avons quittée pour entrer dans cette région, et avançons dans cette galerie à gauche. Voici, l’une au-dessus de l’autre, deux inscriptions grecques :
G1PHNH MAKAP6 [IAM>lAOC0ei G©HK€N
KOPNHAIA \ IOYAIANH \
KOPNHAIA V
BHPA • TH Ane AGTTGPA MNH MHC XAPIN
Un peu plus loin se trouve une crypte irrégulière fort célèbre [M]. Elle renfermait un tombeau orné de peintures. Au milieu de la partie droite de la voûte était le bon Pasteur, en bas-relief, maintenant très dégradé ; à gauche, un groupe formé d’un homme, d’une femme et d’un enfant, dans l’attitude de la prière, sans doute les défunts enterrés dans ce tombeau ; à droite, la T. Ste Vierge, voilée, assise, tenant l’Enfant Jésus sur sa poitrine, et un personnage debout qui
doit- être un prophète. L’étoile, dont on aperçoit les traces au-dessus de la Vierge, fait penser à Isaïe, qui a annoncé la lumière divine (I). On ne peut supposer que cette scène représente une mère quelconque. Outre que les scènes domestiques sont très rares dans l’ancien art chrétien, il est sûr
que dans ce tombeau toute la décoration est symbolique. Le style classique, pompéien, de la peinture permet de la faire remonter au commencement du IIe siècle. Du reste, après les dernières fouilles, on reconnaît au-dessous du niveau actuel de la chapelle des tombeaux très anciens, car ils portent des inscriptions rouges, et néanmoins postérieurs à
i. /s., IX, 2 ; X L 1 1 , 6.
cette peinture : il faut donc qu’elle soit elle-même d’une haute antiquité. Cette peinture, la plus ancienne image de Marie trouvée jusqu’à présent dans les catacombes, est de la plus haute importance pour établir l’antiquité du culte de la T. Ste Vierge.
Il y a dans la même chapelle une belle inscription grecque à la fin de laquelle se lisent les mots : 6ICO0GION AOPHMA. <E>EP(oua-a), « qui porte le don divin ».
La galerie qui passe sous le pont établi pour permettre de mieux voir la peinture de la Madone est remplie d’inscriptions rouges fermant encore les tombeaux.
A droite :
CAECILIA SILVINA
PAX TECVM VALERIA
A gauche, dans la chaux d’un loculus : VIRGO.
On peut ensuite revenir sur ses pas jusqu’à la crypte de la Madone.
Dans la petite chapelle voisine on remarque sur la paroi le nom du P. Partenio ; et dans une autre chapelle peu éloignée, à gauche, la belle inscription
LVCRETIA • PAX TECVM IN • DO *
où la formule IN DO peut signifier soit « in Deo » soit « in Domino ».
En sortant, prenons une galerie, à côté de l’escalier en fer. Dans une chapelle de cette galerie, Marangoni et ses amis ont tracé, en 1717, une inscription dans laquelle ils prennent le titre d’« inclyti lustratores totius coemeterii ». Cette chapelle est à gauche de la galerie. Une autre chapelle, à droite,
renferme des peintures représentant le cycle de Jonas. Enfin la galerie se termine à un arénaire. Près de cette extrémité, dans un fond de galerie, au bas de quelques marches, il y a une belle inscription grecque encore à sa place, qui se termine par cette formule : « Le Seigneur avec toi. »
Il est bon d’achever la visite de cette région primitive à inscriptions rouges peintes sur briques, avant de pénétrer dans une autre région du cimetière. Qu’on reprenne donc la galerie [G] qui a été visitée la première. A l’extrémité de cette galerie [N] on voit à gauche l’inscription