Ibid. , 1890, p. 97 sq
356 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
Remarquer dans la première l’exhortation : « Vivons en Jésus-Christ (IX0TC) Dieu ; » dans la seconde la formule : « Prie pour nous avec les Saints (GYXOY YIIGP HMtUN MGTA TüJN AFIDN) ; » dans la troisième, le double monogramme du nom IHCOYC XPICTOC.
Quelques pas plus loin, on arrive à une chapelle [I] qui a été très visitée, car la paroi est couverte de « graffiti » dont plusieurs sont des noms grecs et latins. L’un de ces « graffiti » parle des « limina sanctorum ». Deux autres ont un intérêt spécial, ce sont des invocations à Ste Priscille, « domnae Priscille », et à S. Crescention, tracées dans l’arcosole,à droite :
"ivHiÎKAPnOC AOY AOC • ©Ÿ
Et au-dessus :
SALBA ME DOMNE
CRESCENTION E MEAM LVCE
Ce Crescention fait penser au Crescentianus de l’époque de Dioclétien, dont le corps fut transporté de la Via Salaria
à la Via Ostiensis. Les mots MEAM LVCE, « mea lux », sont peut-être un jeu de mots rappelant Crescention, l’aveugle guéri par S. Laurent.
Un autre « graffito » a été tracé, en l’an 373, sur la paroi d’un autre escalier moins important qui unissait le second étage au premier. Il est ainsi conçu :
GRAFFITO » au-dessus de l’escalier.
////// IDVS FEBR
lll CONS GRATIANI III ET EQVITI /Il FLORENTIN VS FORTVNATVS ET III LIX AD CALICE BENIMVS
Qu’il s’agisse ici du calice eucharistique ou simplement des agapes, c’est au moins une preuve que ce lieu était un centre de pèlerinages (!).
Le Liber pontificalis nous apprend que le pape S. Marcellin fut enterré, au cimetière de Priscille, près du tombeau du martyr S. Crescention, « in cubiculo claro ». Le « cubiculum clarum » est en effet tout près de la chapelle où se lit la prière à S. Crescention. Les peintures dont il est orné sont du IVe siècle. Celle de gauche, un miracle du Sauveur, est à peu près complètement effacée. Celle de droite représente les jeunes Hébreux refusant d’adorer la statue de
Nabuchodonosor : ne serait-ce pas un témoignage en faveur de l’orthodoxie de Marcellin et une réponse aux calomnies qui cherchaient à la rendre suspecte ? Au fond est une grande niche destinée à recevoir un sarcophage; à la voûte, un lucernaire aujourd’hui fermé, qui autrefois devait donner beaucoup de lumière à la chapelle. De nombreux « graffiti » attestent