LES TOMBEAUX DES MARTYRS DANS LES CATACOMBES ROMAINES
LE culte des martyrs, la vénération envers leurs tombeaux et leurs reliques apparaissent, déjà universels, dès les premiers siècles de l’Église. Si les <L Actes » rédigés avec un soin jaloux pendant leur supplice ou peu après, les calendriers antiques, les martyrologes, ne suffisaient pas à l’attester, nous en aurions une preuve concluante dans deux pièces absolument authentiques, les lettres de l’Église de Smyrne sur le martyre de S. Polycarpe, et celles de l’Église de Lyon sur les grandes tragédies de l’an 177. Mais les cimetières primitifs, et spécialement ceux de Rome, nous montrent d’une manière plus éclatante encore la piété des premiers chrétiens envers les restes sacrés des témoins du Christ. Là, nous trouvons à chaque pas, sur les « loculi », sur les « arcosoles », les traces indubitables de la sollicitude dont ces glorieux tombeaux étaient l’objet. Aujourd’hui, ils sont vides de leurs reliques : elles en ont presque toutes émigré, dans les translations solennelles du VIIIe et du IXe siècle, pour aller sanctifier les cryptes de nos grandes basiliques ; et quand nous parcourons ces solitudes, nous n’y pouvons plus contempler que les sépulcres dévastés dans lesquels les triomphantes dépouilles ont reposé autrefois, et les marbres mutilés qui furent baignés de leur sang.
Pourtant les catacombes peuvent nous rendre encore quelques tombeaux oubliés de martyrs, quelques glorieuses fosses communes dans lesquelles, pendant les grandes persécutions, on cachait par groupes et sans signes distinctifs ces innombrables victimes ignorées dont Prudence (*) a écrit :