Acta sanctorum , septemb. vi, p
4. Delehaye, bolland. , Les Saints du cimetière de Commodille, Bruxelles, 1897, et dans les Analecta bollandiana, t. XVI, fasc. I, p. 17 sq.
basilique supérieure, comme à St-Hippolyte, à Ste-Félicité, à Sts-Pierre et Marcellin. Dans cette chapelle, Boldetti vit des peintures qui, d’après sa description, étaient de style byzantin. L’une d’elles représentait le Sauveur entre deux Saints ; la seule figure qui restât était accompagnée de l’inscription verticale SCA MERITA; de l’autre côté était apparemment SteDigna.il y avait aussi l’image de S. Félix (SCS FELIX) habillé en prêtre, et de S. Adauctus (SCS ADIVTVS) en costume de soldat ; et une image de la Vierge. Boldetti raconte (r) que huit jours après sa découverte la voûte de la chapelle s’écroula. Il en a si bien déterminé la position, qu’on pourrait facilement la retrouver, et trancher par des constatations positives la question de la distinction des deux vierges. A priori, on peut dire que si cette distinction reposait uniquement sur la transformation en nom propre d’un qualificatif attribué à Ste Emerita, il n’y aurait pas de raison de ne pas nier également l’existence de Ste Emerita ellemême : on trouve en effet les deux titres « digna, mérita », accolés au nom d’une seule et même vierge, par exemple dans une inscription du Musée de Latran (XI) : ADEODATE DIGNAE ET MERITAE VIRGINI. Or, la découverte de Boldetti ne laisse aucun doute sur l’existence de Ste Emerita.
Nous avons plusieurs inscriptions provenant du cimetière de Commodille. M. de Rossi avait acheté et sa famille possède encore la suivante :
« Accedens ad locum sanctorum » peut signifier : porté dans le lieu consacré par les corps des martyrs, — ou bien : reçu au ciel. — Une autre inscription est au Latran : (VIII,
accefDENS AD SANCTORVM LOCVM IN PAlce
Euse/BIVS INFANS PER AETATEM SENE PECCA^tO
x. Osservazioni sui ci mi ter i, p. 542-543.
CIMETIÈRE DE COMMODÎLLE.
PASCASIVS V I X I T P L V S MINVS A N N V S XX FECIT FATV I I I I IDVS OCTOBRIS q I I ANTE NATALE DOMNI AS TE RI DE P O S I T V S IN
L’expression « fecit fatum (mourut)» est assez remarquable. La date qll ANTE NATALE DOM Ni ASTERI ne se rapporte pas à la mort de Pascasius, mais à sa déposition. En effet le Martyrologe mentionne au mois d’octobre un S. Asterius, dont la fête tombe le 21 : « Apud Ostia Tiberina S. Asterii presbyteri et martyris. » Or le huitième jour avant le 21 n’est pas le 12 (IIII IDVS), mais le 14. De sorte qu’on n’indiquait pas seulement l’octave de la fête des martyrs, comme nous l’avons dit à propos d’une inscription de la voie Aurélienne (r), mais aussi les jours qui précédaient cette fête. Le nom du Saint est ici donné, parce qu’il n’appartenait pas au cimetière même où se faisait la sépulture, mais à la ville d’Ostie.
Le Musée de Latran possède encore (VI, 26) une autre inscription, grossièrement composée, qui provient de la catacombe et qui montre l’importance qu’avaient prise au IVe siècle les fossoyeurs :
CONSTANTIVS ET SOSANNA
SEVIVI LOCVM SIBI EMERVNT PRAESENTIS w OMNIS FOS
SORES té
PRAESENTIS A
Ces deux personnages avaient acheté leur tombeau en présence de tous les fossoyeurs du cimetière, « praesentia omnium fossorum ».
Aujourd’hui la visite de ce cimetière est difficile et pénible, à cause des ruines énormes dont il est rempli. Plus aucune peinture, ni inscription, sauf, près de l’entrée, ce fragment qui rappelle l’achat d’un tombeau :
1EGO TIBERIVS L N VS CONPARABI
PERANTIVM FO MVM DEPOSITAE
ssore
Les « loculi » sont tous ouverts ; sur la chaux de quelquesuns ont été tracés le monogramme du Christ, la croix monogrammatique, la croix simple. Dans la campagne, entre l’entrée actuelle et la petite maison de la vigne, on reconnaît les traces de lucernaires qui devaient éclairer la galerie aboutissant à la crypte historique.
§ III. Tombeau de S. Timothée.
Le livre De locis SS. Martyrum , aussitôt après avoir parlé du tombeau de S. Paul, ajoute : «Et Timotheus episcopus et martyr de quo meminit liber Silvestri (les Actes de S. Sylvestre) ibidem dormit, et ante frontem ejusdem basilicae oratorium est Stephani martyris. » L’Itinéraire de Guillaume de Malmesbury dit aussi : « Ibidemque Timotheus martyr. » Il y a eu plusieurs saints de ce nom. L’un d’eux, dont la fête tombe le 24 janvier, fut disciple de S. Paul et évêque d’Éphèse, où il mourut. Il ne s’agit pas de celui-là. Un autre, qui est fêté le 24 mars, fut martyrisé « sub Antoriino », sans doute sous Marc-Aurèle, puisque Antonin le Pieux n’a pas été persécuteur. Un autre est nommé par le Martyrologe le 22 mai, sans aucune indication topographique ni chronologique. Enfin le 22 août, nous trouvons également dans le
martyrologe cette mention : « Romae via Ostiensi natalis S. Timothei martyris, qui tentus a Tarquinio urbis praefecto, et longa carceris custodia maceratus, cum sacrificare idolis noluisset, tertio caesus, et gravissimis suppliciis attrectatus, ad ultimum decollatus est. » Les Actes de ce martyr disent qu’il était prêtre, qu’il vint d’Antioche à Rome sous Dioclétien, qu’il fut mis à mort, enseveli par une pieuse matrone nommée Théona, — « ejus corpus in suo horto suscepit », — et déposé par elle près du corps de S. Paul, à cause de la ressemblance entre son nom et celui du disciple de l’Apôtre, « ut Paulo apostolo ut quondam Timotheus adhaereret. »
En 1872, M. de Rossi appela l’attention de Mgr de Mérode sur une vigne qui avait autrefois appartenu au monastère de St-Paul et était devenue propriété de la famille Salviucci. Cette vigne était située à gauche de la voie d’Ostie, vis-à-vis de l’abside de St-Paul. M. de Rossi espérait qu’un escalier qu’on y avait découvert conduirait au cimetière de Lucine. La vigne fut achetée. Malheureusement les fouilles ne donnèrent pas tous les résultats qu’on attendait : l’escalier se terminait sur le tuf. Toutefois on remarqua sur les murs quelques noms grecs et latins de pèlerins, et vers le milieu de l’escalier, une chapelle avec arcosole, sans d’ailleurs inscriptions ni peintures. Comme cette chapelle a été manifestement toute la raison d’être de l’escalier et qu’elle a attiré beaucoup de visiteurs, M. de Rossi a cru pouvoir l’identifier .avec le tombeau de S. Timothée (*).
§ IV. Cimetière de Ste-Thècle.
L’Itinéraire de Salzbourg marque clairement la situation du cimetière de Ste-Thècle : « Et sic vadis ad S. Paulum via Ostiensi, et in australi parte cerne ecclesiam S. Theclae supra montem positam in qua corpus ejus quiescit in spelunca in aquilone parte. » Il en est fait aussi mention dans le De .loris SS. Marty rum : « Prope quoque basilicae S. Pauli .ecclesia S. Teclae est ubi ipsa corpore jacet », et, avec une