‹ Guide des etrangers a Milan et dans les environs de cette villeChapitre 10 sur 67 · Au delà de l'église on voit un arc bâti en · texte numérisé non relu

Au delà de l'église on voit un arc bâti en

Ù& POHTE

marbre d'une architecture très régulière , qui fut érigé sur la fin du XIV siècle, ou plutôt au commencement du XV, en honneur de Laurent Mozzanica. On le croit dessiné par Bramante i il sert à présent de porte d'entrée au palais SerbeUonu

6 O'i croit, que les deux grandes rues, que Ton trouve en avançant, à droite ed à gauche, dont la première porte le nom de Durini , la seconde celui de rue del Monte , occupent précisément l'endroit des anciens fossés , qui entouraient la ville. Dans ce cas là ce ne serait pas toujours dans ces anciens fossés , que cailleraient les eaux du canale Naviglio , comme il est dit généralement dans les descriptions de la ville. — A peine on a dépassé l'ouverture > ou la croisée de ces rues, on voit une colonne de pierre^ avec un lion au dessus; il est plus probable que ce fut une enseigne de la porte ou du quartier , que de croire que ce monument ait été placé en mémoire d une victoire remportée par les Lombards sur les Vénitiens.

S. Vito al Pasr/uirolo.

I. Une petite rue très anguste s'ouvre à droite de la grande route qui longe l'église des Servi,

OïlIElVTAtE. 01 elle conduit à une petite église de S. Vitus, qui a tiré son adjectif al Pasquiroîo du nom d uî e petite place qui se trouve sur le devant avec un vieil arbre au milieu.

2. Cette église a été rebâtie dans le siècle XVIt sur le plan de Barthelemi Genovesino , ou plutôt Reçerio surnommé Genovesino , assez bon peintre rIe ce sic I /autres donnent pour architecte de c> tt é^ii>e un Pierre Orobono, dont on ne trouve aucune mention ailleurs. La façade est d'assez bon goût ; on y remarque les ordres corinthien et composite. Le martyre du titulaire a été peint dans le m ître aute' avec beaucoup d'expression par JSuiO^one: les peintures latérales sont de Gherardini , la coupole est l'ouvrage de Rossetti, surnommé le F/arpmenghino. S. Zénon a été peint par Antoine Rossi ; Sainte Marguérite , S Frai çois et la Vierge avec 1 enfant Jésus , que Ton voit de suite eu entrant sont des ouvrages de S in on Prctnzzano , ou Prêterczzano 3 vénitien , élève du Titien*

S. Babylas%

I. Voilà une des églises les plus anciennes de Cette ville ; on l'appellait dans les premiers siècles

de l'église le Concile des Saints ; dans une époque plus récente l'église fut confiée à des religieuses , et ensuite desservie par des chanoines , qui subsistent encore , comme dépendants du patronage laie d'une famille O i y transporla aussi la paroisse, qui se trouvait tout près dans l'église de S. Romain à présent supprimée , qui conserve enco e à l'extérieur sou architecture assez régulière»

2. L'ancienne église a été rebâtie à différentes époques. On Ta ornée dans le dernier siècle d'une façade avec des colonnes et des piliers, et on y a joint un vestibule, tjui produit uu effet assez agréable.

Le Séminaire.

i. C'est un bâtiment magnifique , élevé par S. Charles pour 1'instructiou des jeunes ecclésiastiques, sur le plan donné par Joseph Meda, milanais , peintre et architecte très habile Le portail a été dessiné après quelque tems par François JRicMni , on y voit aux deux côtés <rêux caryatides majestueuses , dont l'une est le symbole de la Piété , l'autre est le symbole de la Sagesse.

2. La grande cour de cet édifice est la pièce plus remarquable ; c est peut-être la seule, dont Meda a fourni le plan. Elle a deux grands portiques placés l'un au dessus de l'autre , dont le premier est dorique et le second! Ionique ; ils sont surmontés l'un et l'autre par des architraves , dans lesquels on a réuni le bon goût à la solidité.

3 De l'autre côté du cours de porte Orientale on voit le palais Arese , dont on a arrangé depuis peu la façade. O i y voyait autrefois une galerie de tableaux. — Deux arcs réunis frayent la route au pont qui se trouve tout prés sur les canal. Ils appartenaient à une de ces portes , que les Milanais construisirent dans le siècle XII, lorsqu ils cherchaient, à se mettre à l'abri de la fureur de Barberousse.

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Palais Serbellonu

î. Après le passage du pont sur le canal , on trouve à droite le palais Serbelloni ; palais assez vaste , qui n'est pas achevé , mais dont on a cependant achevé la façade depuis quelque tems. SU mon Canton f en a été l'architecte. Une inscription

ou dessus de la porle nous apprend que celte façade a été bâtie par Jean Galéace fils de Cabrais Serbcllnni. Au dessus de la grande loge , qui en orne le rùheu, el qui semble faite dans le goût de Palladio, on voit trois bas-reliefs en sitic , représentants quelques faits de 1 histoire du pais : ce sont des ouvrages des frères Cara~ belli , sculpteurs

2. Dans une belle salle au premier étage on voit JuriO-i , qui cherche à gagner Eolu* afin qu'il lâche les vents, et qu'il submerge la flotte des Troyens. C'est un bel ouvrage à fresque de Treballesi. — Dans une maison contigue , qui appartenait à la même famille, et quia servi de résidence pour quelque tems au ministre plénipotentiaire impérial, on voit uue très grande salle toute peinte en clair-obscur par Clément Isacchiy élève de Bï^bitna. On trouve tr s bien traitée l'architecture dans les parois, et on loue aussi les compartimens de la voûte L'architecture peinte est accompagnée de quelques statues et de quelques bas-reliefs ; ce sont des premiers ouvrages & André Jppiani, et cependant ce sont des ouvrages très estimables. Tra~ ballesi peignit dans la même maison plusieurs fcaweliefs , représenlans des sujets de I tnr

S. Pierre Célesiin.

i. On croit cette église très ancienne , parce** qu'avant les moines Gélestins elle était desservie par des réligieux surnommés de la pénitence iîe Dieu , dont il reste à peine quelque mémoire. L'église a été rebâtie en 1735 sur un plan d'ordre composite, donné par l'architecte 3larc Bianchl de Rome. Elle est surchargée d'ornemens , et môme de dorures à l i ^terieur.

2. S. Maur a été peint par Christophe Storer de Constance ; Camille et Hercule Procaccini le vieux y employèrent aussi leur pinceau, le premier à la représentation de S. Bénoit, le second à celle de l'Assomption. On apperçoit avec quelque difficulté une Vierge sous un vitrage c'est l'ouvrage du F/ammenghino — Les peintures & Hercule Procacci >i le vieux sont préférables à celles du jeune Hercule pour ce qui concerne la correction: quant à Storer , il passe pour un bon coloriste , mais on le trouve quelquefois tant soit peu maniéré dans ses composition*.

Palais de la Comptabilité.

1 On compte généralement ce palais ent^e les plus beaux édifices de l'Italie. S. Char es avait projette la construction d'un séminaire à l'usage des jeunes ecclésiastiques de la Suisse , dont une partip était comprise dans le diocèse de Milan ; ce projet fut exécuté par le cardinal Frédéric Borromée sur un plan magnifique de 1 architecte Fabius Mangoni; c'est donc mal à propos , que quelqu uns même de nos écrivains Pont attribué à Vellegrini , qui n était déjà plus à cette époque La façade a été exécutée après quelque tems par Richini elle ne répond pas à la majesté du reste de l édifice.

2 L intérieur se compose de deux grandes coûts, entourées de portiques, un de trois côtés seulement, 1 autre de quatre, avec des colonnes d'ordre dorique en bas , et Ionique au dessus avec des architraves ; on loue sur tout la proportion exacte que I on a observée dans les distances entre les colonnes de ces portiques.

3. L'architecte imagina la construction de trois vestibules , dont l'un servait d'entrée au palais ,

lé second réunissait les deux cours , le troisième servait d'entrée à une grande salle , qui se trouvait vis-à-vis de la poite. Ces trois vestibules donnèrent à l'édifice un aspect théâtral avec des points de vue variés par la suite des colonnes et des architraves, qui produisirent surtout de loin l'effet le plus pittoresque.

4- Les colonnes sont de ce granit rouge de Baveno , dont on trouve à Milan une quantité d'ouvrages et surtout de colonnes et de piliers: on l'appelle comunement migliarolo. Le palais contient des logemens très amples en haut aussi bien qu'en bas. Les escaliers sont magnifiques, Il y avait aussi à côté du palais une petite église très bien dessinée , et ornée par l'architecte. A présent elle sert de magasin.

5. Après la suppression du Collège Helvétique ordonnée par ^'empereur Joseph II , ce palais fut destiné à la résidence de plusieurs offices du gouvernement ; il devint ensuite à l'époque de la formation d'une république, le palais du Corps Législatif ; quelque tems après on l'assigna au ministère de la guerre , et enfir; au Sénat , qui a cpssé d'exister avec le royaume d'Ilalie A prése \t on y a placé les bureaux de la comptabilité générale 7 et quelqu'autres offices dépendants du, gouvernement da la Lombardie* On a jetté de-

puis peu un pont sur le canal presque vîs-à-vîs de ce palais ; par ce moyen , et à l'aide de la démolition de quelque partie d'une maison on a établi la comunication de ce palais , et de tous les endroits situes en deçà du canal , avec la belle rue qui portait autrefois le nom de S. André , et qui a pris ensuite le nom de rue du Sénat.

Jardin FubUc.

La grande rue qui porte le nom de Corso Si Porta Orientale , est bordée pour la plus part des deux côtés de palais et de maisons de très bonne apparence. On voit à gauche le palais bâti par la famille Bovara sur un plan assez élégant fourni par l'architecte Félix Soave - à droile un autre palais magnifique , qu'on a construit depuis peu sur remplacement de l'ancienne église et de la place des Capucins. C'est l'ouvrage de l'architecte Paul Emile Giusti

2 En avançant, on trouve à gauche le jardin public, séparé de la grande route par une suite de piliers de granit surmontés par des vases, et par une grande grille de fer , décorée des armoiries de la ville. Le jardin est orne de belles promo

îmâes , d'arbres , de bosquets , de p«ères de gaîon, de belles allées, d'un canal, el on y \o\t aussi un carrousel, un petit orque, ou un amphitêâtre, et un grand bâtiment au milieu, qui était anciennement un couve t de filles, et dont on a changé un cloître entouré de portiques en haut et en bas, dans une grande salle, en le couvrant d'un toit fort ingénieusement appliqué, sous lequel on a laissé un ordre de fenêtres qui éclaire ce local mag itique Cette salle a servi plusieurs fois aux danses à l'occasion de quelqees fêtes publiques. L'architecte a été le chevalier Ca onica.

3. Le premier plan de ce jardin appartient à l'architecte Piermarini. On y a -.jouté ensuite q elque pièce , et par le moyen d'un grand éscalier on la fait comuniquer avec la grande promenade des remparts Cette promenade mag ifiqne , qui a élé dernièrement proto <gée depuis la porte de la Te aille, ou la place du château jusqu'à la porte Romaine, est très commode et très délicieuse ; elle est omb agé«- par un double rang d arbres de chaque côté , uui abrite les piétons , et forme un très bel alignement pour le cours des voilures

4 Tout près de oe jardm est placé un beau palais , bâti par le comte de Belgiojoso , et acheté*

6p ÊORTÊ

ensuite pâr le gouvernement , qui en avait formé une maison de campagne , ou una VWa à Tusage du souverain. Ce palais, fut bâti en 1790 sur le dessein de l'architecte Polak. î 'intérieur ainsi que la façade du côté de lâ rue appellée Strada Marna, et celle du côté du jardin, annoncent la magnificence et le bon goût. Les statues que l'on voit sur les terrasses en haut , sont sculptées par Rusea, Carabelli et Ribossi ; elles sont faites d'une brèche calcaire très commune , qui porte dans le pais le nom de ceppo. Tout autour sont placées des médailles en stuc et en bas-re'ief , dans lesquelles on a représenté des sujets historiques et mythologiques ; ce sont des ouvrages de Donat CarabelV , à'Jnge Pizzi, de Charles Pozzi et d' 4ndré Casarezsçio. Dans une des salles de l'intérieur on admire une belle peinture d' André Jppiani , qui représente le Parnasse . c'est le dernier ouvrage à fresque de ce grand peintre. Le jardin qui se trouve joint à ce palais, est aussi digne de remarque. C'est un beau jardin à 1 anglaise , où l'on voit des jolis bosquets , des parterres, des pièces d'eau, etc. ï! a été agrandi depuis que le gouvernement en a fait l'acquisit.on.

OP*r.:VTALE,

Le Lazaret

1. Le Lazaret,, qu'on voit à gauche en sOr^ tant de la porte Orientale h été bâti du lems de Lodovic Sforza surnommé ïe Moro Quelques Uns prétendent, qu'il ait été déterminé à cette construction par le pieux Antoine Bembo , qui fut honoré après sa mort du t'tre de bienheureux ; d' tufres croient que ce ne fut qu'une sage détermination prise par Sforza lui même , afin de pouvoir traiter plus aisément, et séparer les personnes malades ou suspectes de celles qui jouissaient de la santé. On dit que le cardi^a* Ascariiiis , son frère , lui fournit des sommes assez con* sidérables pour cette grande entreprise Elle ne fu pas pourtant achevée à celte époque : 1 édifice ne fut terminé que sous Louis XII , roi de France.

2. C'est un grand quarré presqu éqnilateral. Son étendue est de 665 bra ses, ou 1219 pieds de Paris de deux cotés , et des deux autres elle est de 65o brasses, ou 1191 pieds de Paris Tcut autour de trois côtés on voit un portique contir-ué avec des arcs q.'i se suivent sans cesse, soutenus par des petites colonnes de pierre, placées sur un socle pareillement continué; ce portique

6« £OîlTÉ

donne l'accès à 20,5 chambres voûtées, destinées à recévoir les malades , et à les garder isolés et sans aucune comunication entreux ni avec le dehors. C'est à cause de cela que chaque chambre est pourvue de toutes les cc;modités nécessaires , et que tout autour on a creusé un canal assez large et assez profond , ou l'eau qui coule , sert en même tems à entretenir la netteté des chambres , et à empêcher toute sorle de comunication avec les malades. L'espace compris dans ce carré est un grand pré , au milieu duquel S. Charles a fait construire une chapelle octogone avec des fenêtres très amples de chaque côté , afin que les malades de leurs cellules pussent voir eî accompagner avec leurs actes de piété le service qu'on y faisait. Cette chapelle fut dessinée par Pellegrini ; on attribue à Bramante le plan original du Lazaret ; cet architecte fut sans doute employé quelquefois par le cardinal Sforza , et probablement il le fut aussi par son frère.

3 Cet édifice depuis quelque temps a été destiné à différens usages ; on y a même logé quelque fois de la cavalerie; on a comblé une partie du fossé qui l'entoure, et on y a pratiqué plu* sieurs ouvertures qui donnent l'accès â des chambres. — La grande route ou plutôt la grande allée qui longe un des côtés du Lazaret, porte

le nom de Stradone di Lore+o , à cause d'une église qui s'y trouvait sous le nom de D. de Lorette; elle est bordée d arbres , et très commode pour la promenade, — A droite de celte route vis-à-vis le Lazaret , on voit une église de S te Françoise, autrefois desservie- par les Minimes dans leur couvent supprimé on a érigé l'Ecole Vétérinaire , où il y a des professeurs établis pour l'enseignement, des logeinens pour les élèves , une espèce d hôpital pour les chevaux malades , et tout ce qui est nécessaire à l'apprentissage et à la pratique de cet ait.

Palais du Gouvernement.

I. Nous avons déjà parlé (XV 3 ) de la pro» nienade des remparts , qui a été prolongée depuis peu jusqu'à la porte Romaine. En rentrant par la porte Orientale, on trouve à gauche ce nouveau prolongement; t-t en le suivant, ou trouve bientôt à droite une descente très commode , et majestueuse , par laquelle on entre dans une belle rue , autrefois nommée di Monforte , du nom d'une église qui existait à l'endrou où I on descend. Au milieu de celte rue on voit à droite le palais du Gouverneaieat.

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2. On entre dans une grande cour carrée, en* tourée de portiques, dont les arcs sont soutenus par des colonnes doriques accouplées ; au dessus on voit encore deux ordres dont un ïonique de piliers, l'autre de caryatides, qui soutiennent le toit II y a aussi deux autres cours latérales, deux escaliers assez bien décorés , et plusieurs appartements très commodes. I ne des salles a été embeliie de quelques peintures à fresque par Clément ïsacchi et par le célèbre André Appiani, qui possédait une maison vis-à-vis de ce palais , où se trouve encore sa famille , et où l'on voit quelques fresques peints de sa ma n.

3. Ce palais fut bâti par M, Jean Baptiste Diottl; il e# fut même l'archilecte. On y a ajouté depuis peu une façade assez régulière avec une grande loge soutenue par des * olonnes : le plan de cette façade est l'ouvrage de l'architecte Pierre Gilardonu

Eglise des SS. Cosmas et Damiert.

I. Au bout de la même rue bordée, de belles, maisons , on trouve celte église , autrefois desservie par des Awgustins déchaussés, et plus an-

ciennement par des moines Arméniens de S. Basile. Cette église fut rebâtie dans le su cle XVII.

2. Le chev. del Cairo peignit le Ubleau de S. Nicolas de Tolentm; André Prta , él ve de Cignani, représenta dans un autre S Augustin et Sainte Monique ; la Mort de S. Joseph est l'ouvrage de Thomas Formenfi. On y voit aussi une très bonne peinture , représentant le Sauveur enchaîné à la colonne , et les Saints ti ulaires de Té^lise elle est très ancienne , et l'auteur en est inconnu*

Sainte Marie de la Passion,

ï. En suivant le canal qui passe devant Té* glise , que nous venons de décrire , on trouve à gauche une espèce d'allée , qui porte tout droit à l'église de Sainte Marie délia Passione , qui appartenait autrefois aux chanoines réguliers de S. Jean de Latran. Le logement magnifique de ces chanoines sert à présent à lusage du Conservatoire I. R. de musique, établissement pré* cieux , et très utile , où des jeunes gens des deux s.exes sont instruits par d excellens professeurs dans la musique vocale, dans la, pratique dç

plusieurs instrumans , et même dans l'art de la composition.

2. Ce temple magnifique fut érigé eu i53o sur le dessin de Christophe Solaris surnommé le Gobbo* C'était au commencement une croix grecque avec une grande coupole très élevée au milieu, et elle était très bien décorée au dedans et au dehors. On en réduisit la forme ensuite à celle d'une croix latine, et pour cela on prolongea de beaucoup le bras , qui e«t à présent terminé par la façade , de la manière à peu près qu'on pratiqua pour l'église de S. Perre de Rome. L'égl'se de la Passion est formé* à présent en trois nefs, auxquelles répondent trois portes

3. Celte église est très riche en peintures. Nuvolone Panfiln orna de ses fresques la coupole ; il y représenta la Cdronattoti fie la Vierge avec quelques prophètes O i doit à Bernardin Luini le tableau du Sauveur avec la Vierge éplorée, que l'on voit à présent dans le chœur. Le maître autel est orné de pierres fines , et de plusieurs ouvrages en bronze. Derrière cet autel il y a une jolie peinture de Camille Procaccini , représentant la Déposition de W S. Les portes . ou les volets des orgues présentent des be^es peintures de Daniel Crespi et de Charles Urbin de Cremçt*

Daniel y peignit J. G. qui lave les pieds aux apôtres , et l'élévation de la croix avec un grand nombre de figures : il peignit aussi deux des tableaux que l'on voit sous les orgues.

4- Dans une chapelle du côté de l'évangile on voit un beau tableau de la Gène, peint par Gaudence Ferrari; J C. dans le jardin de Getsemani dans la même chapelle a été peint par Énée Salmeggia ; du côté de 1 épitre Jules Campi peignit la Crucifixion dans le tableau de l'autel , et le susdit Salm ggia y représenta aussi la Flagellation Antoine Campi frère de Jules peignit dans la voûte les Maries qui visitent le tombeau de J. G. Dans la chapelle , qui suit du côlé de l évangile, la marche de J. G au Calvaire a été peinte par un artiste , dont le nom n'est pas connu , en i579 ; dans une autre on voit l'Assomption de la Vierge peinte par Simon Preterezzano. Dans les deux suivantes Pierre Camille Landriani, surnommé le Duchino t représenta dans la première la Vierge avec d'autres Saints, dans la seconde S. Jean dans le désert. Il apposa son nom à la première , et la date de l'an 1602 à la seconde

5 Quelques autres cSiapelles sont aussi ornées de bo- nés peintures de Camille Procacc'mi et de Frédéric Biavchi , gendre et élève de Jules César frère de Camille* S« François est mi ouvrage du

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premier; l'enfant Jésus, qui se détache de la Vierge afin de courir entre les bras de S. Joseph, appartient au second On dit qu'il suivit les maximes , m;iis n'adopta pas pourtant les formes de soi beau-père et de son maître. Da~ niel Crespi peignit les demi-figures , que l'on voit sur le socle dans la nef du milieu, et que l'on croit repré enter des Saints de l'ordre des chanoines de Lalran ; il peignit aussi sur la porte le souper de S. Charles , composé de pain et d'eau sans autre assaisonnement

6. On admire dans cette église le tombeau de Daniel Birago , évêque de Mitilène , très bel ouvrage & André Fus in a , sculpteur milanais, achevé en i49^ Dans la sacristie on voit une inscription, placée par le célèbre Jean George Trissino à Demttrius Chalcondylas son maître de langue grecque , qui marque la tendresse de l'élève envers son illustre précepteur. On conserve dans la sacristie quelques belles peintures anciennes , qui se dégradent continuellement et dépérissent à cause de l'humidité du local Le tableau de l'autel de la sacristie, qui représente S. te Monique , est l'ouvrage du chev. Vermiglio*

0R1ETVTALB.

S. Pierre in Gessate.

1. Il y a des gens , qui sont d'avis , que cette église tire son nom d'un frère de 1 ordre des Umiliati de Gessate, qui la bâtit pour l'usage de *es confrères \ d'autres prétendent, qu'elle avait été bâtie su: un terrain appartenant à quelqu'un de Gessate, ou à la famille de Gessate,- quoiqu'il en soit, il est hors de doute, que l'église était encore desservie par les Uwïtiafi en i436 , et qu'elle fut assignée par Eugèi.e IV aux Bénédictins de la congrégation de S Maur , qui la gardèrent pendant l'espace de plus de trois siècles Dans leur monastère très vaste, on a établi à présent un conservatoire pour les orphélins, très bien entretenu.

2. L'église est distribuée en trois nefs, et son architec ure est dans le goût de celle, qfj'on appelle comunement gothique. Le cloître est 4' un gout tout différent, il fut bâti par un Pi» gcllo florentin , dont nous parlerons ailleurs • on croit même que les deux cours du monastère , entourés de portiques , aient été dessinées par Bramante. Quelques, parties furent rebâtis en l6 tffy,

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