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l'an i549* C'est donc à tort, que l'on a imprimé dans les anciennes Guides, que ce tableau avait été peint par un des frères Campl Le nom de ce Bossi peintre n'a pas été connu, par Lanzi dans son Istoria pittorica d Italia*
Notice de quelques endroits remarquables de Porta Ticinese.
1. Une place de forme irrégulière, qui se trouve à côté de l'église de S. Laurent , porte le nom de Vetra C'est le nom de vêtus, d'où vetere et vetra , c'est- à-dire vieille , qu'on a donné à l'eau qui y passe , et qui ailleurs a été nommée Veiabbia , ou Vecchiabbia , aqua vêtus , qui à motivé le nom de cette place , plutôt que celui d'un ancien forum , qu'on voudrait supposer existant autrefois dans cet endroit. Cette eau sert à l'usage de plusieurs tanneries , qu'on a établi autour de cette place
2. Si de S. Laurent pn passe vers le centre de ïa ville, on voit au bout du cours de Porta Ticinese plusieurs rues qui se croisent ; c'est l'endroit que l'on nomme Carobio , soit que ce nom dérive de quadfwium , ou de ce qu'on y;
vendait la viande, soit qu'il dérive du concours» ou du passage très fréquent des chariots. On y tient à présent tous les jours un marché assez considérable de comestibles. — Une des rues , qui aboutissent au Carobio , porte à l'église de S. Vincent in prato , où l'on voit quelques anciennes peintures à fresque. C'était l'église d'uné vieille abbaye ; à présent on a érigé tout près de là sous le nom de Casa dy industria une maison de travail pour les pauvres; l'église sert à l'usage de cette maison.
3. On a supprimé dans ce voisinage deux couvens de filles sous les titres de Sainte Marie Magdelaine al Cerchio , et de Sainte Marthe. La dénomination de la première , au cirque , donne lieu à croire , qu il y avait autrefois près de cet en* droit un de ces cirques , dont il est fait mention dans l'épigramme à\4usone , que I on adéjà cité plusieurs fois. Près de ce couvent supprimé demeure M. Joseph Monti , possesseur d'une belle collection de tableaux de bons maîtres , entre lesquels on remarque les ouvrages de quelques élèves de Léonard , et sortout différons tableaux de Bernardin Luini.
4« Sur la porte de 1 église de Sainte Marthe Bernardin Lavino avait peint à fresque des Anges et des figures dans différentes niches: ces pein-
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tures ont été enlevées el transférées dans la ga-î lerie du palais des sciences et des arts. Près de la môme galerie on a déposé aussi la statue de Gaston de Foix , tué à la bataille de Ravenne , qu'on voyait da is cetle église ; d'autres pièces de ce monument ont été déposés dans la Bi* biio hèque Àmbroisienne ; on en voit des morceaux sculptés dans lf*s maisons d* campagne des Crivelli et des Biglia , et dans la villa Busca , autre fois Arconati de Castellazzo; dans cette dernière ces fragmens sont la plus part mutilés ; on dit que cela est arrivé par la haine d'une religieuse, qui voidait disposer de ce monument, lorsqu'on 1 ôta de l'église , et échoua dans son projet. Ce monument avait été sculpté par Au* gustin Busti surnommé le Barnbaja^ dont on a parlé ailleurs avec éloge.
5. Dans l'ancienne maison Crivelli , située à côté de Sainte Maithe, qui a été pour quelque tems Thotel des pages du roi d'Italie, on a établi la résidence de l'Institut topo^raphiqne , établissement magnifique et très utile, où l'on admire non seulement une collection précieuse de mappes ou de cartes géographiques , dOr*t une partie a été rédigée et exécuiée dans cet établissement, mais aussi une bibl othèque choisie ? bien pourvue d'ouvrages propres à l in-
Tïciin'ïse. 149 stniction théorétique et pratique de la géodésie et de la topographie.
S. Georges al Palazzo*
1, On prétend que celte église ait tiré cette dénomination d'un ancien palais impérial , bâti par Trajao près de cet endroit, ou d'un palais, que Luchlnn Visconii possédait près de cette église ; ce nom ap diqué au titre de l'église , k ce q u il para t était b. aucoup plus ancien que l'époque de Luchino , et de son palais, puisqu'on croit l'église bâtie dans le siècle VIII» Elle a été rebârie plusieurs fois, et derniére~ ment on l a ornée d'u>.e façade d'après le plan de 1 architecte François Bernardin Ferrari, Dans l'ancienne porte de 1 église, que le P-. Allegranza a fail graver dans son explication de quelques menumeus curé liens de Milan , il y avait de ces vers barbares, qu'on appelle leonini , qui in -itaieiit les fideiles à entrer , et un autre vers écrit eu caractères greco-barbares , dont le sens véritable est encore inconnu.
2. Le chœur , qui n'est situé derrière le maltrg autel, que depuis 1789, a été orné de pejntuv
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res à fresque par Montalto. Le tableau, que l'on voit dans la première chapelle à droite, représentant S. Jérôme et le dévot qui avait ordonné la confection de ce tableau , est un des beaux ouvrages de Gaudence Ferrari; mais la figure du Saint a beaucoup souffert. Dans la dernière chapelle de ce côté Bernardin Luini^ aidé de ses élèves, peignit une partie de l'histoire de la Passion. On trouve cet ouvrage admirable à causa de l'artifice singulier du peintre, qui arrangea toute la chapelle dans une forme théâtrale , dont la partie du milieu est éclairée sans qu'on voie la fenêtre par laquelle la lumière est introduite.
3. On a conservé l'église de S. Sixte , dépendante de la paroisse de S. Georges. C'est une petite église très ancienne , qui fut rebâtie en forme d'une seule nef d ordre corinthien. On prétend qu'elle ait été fondée par Didier roi des Lombards ; elle fut rebâtie sous le cardinal Frédéric Borromée. Il y a des peintures du Pie~ Ira au dessus de la porte ; il peignit aussi dans l'église la Vierge avec le Saint titulaire.
4 Dans la grande rue , qui passe à côté de S. Georges, et qui aboutit d'un côté à la Balla , de l'autre au corso di Porta Ticinese, on voit les maisons Stampa di Soncino et Calderara. Dans la première on peut voir un superbe ta,-
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bleau de Gaudence Ferrari, peint sur bois et très bien conservé ; dans la seconde on voit une galerie de tableaux des meilleurs maîtres. On y admire sur tout un tableau du Pouss n, représentant Moïse près du puits de Madian ; J. C. avec la femme accusée d'adultère peint par Titien; un beau tableau de Sébastien dal Piombo ; quelques ouvrages d'auteurs flamands , etc. Les deux premiers de ces tableaux ont été gravés depuis peu par Anderloni.
PORTE TERCELLI^E.
Eglise de S. Sépulcre.
i. « e'te r;hse, fondée dans le siècle XI, efc dédiée a la Trinité, fut consacrée dans le siècle suivait sous le litre quelle conserve encore à présent. Elle fut assignée par S Charles à la ço agrégation des O.blati , pour Lesquels or» bâlit un collège tout près de 1 église ; elle forma de lors le centre de cette congrégation et la résidence de son chef. L église a été rebâtie en 17 . 8; il ne reste d'ancien que les deux tours d'une h uleur inégale, que l*on croit appartenantes à la première co struction On a conservé une peinture à fresque au dessus de a porte, dans laquelle Bramante représenta J. G. prêt à être déposé dans le tombeau, avec plusieurs figures à 1 entour; Vasari et Lomazzo donnent beaucoup d'éloges à cette pei ture.
2. Au dedans on ne voit que la Vierge avec S. Avnbroise et S. Charles peinte par Magalti da ns une chapelle tout près de la porte ; et la Vierge avec S- Philippe Xeri dans une autre chapelle , peinte par Nuvoloni Panfilo , avec des fresques à l'enlour peints par Sassi. Da - s la sacristie on co serve quelques tableaux , qu! sont
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des ouvrages d'assez bons maîtres de l'école Lomba- de.
3. Mais on trouve le morceau d'art le plus remarquable dans un oratoire intérieur situé au fond de la cour de la maison des Oblati attenante à l'église , qu'on a joint depuis peu à la Bibliothèque Anibroisienne G est J. G. couronné d'épines , peint sur la muraille au fond de cette chapelle par Bernardin Luini , avec plusieurs personnes agenouillées, dar-s lesquelles il a représenté , à ce qu'on croit, les portraits des 'députés ou recteurs du pieux établissement érigé sous le titre de la Sainte Couronne. On a supposé que cette peinture ait été faite à l'huile, puisqu'on a trouvé dans les registres de cet établissement qu'elle fut exécutée en 1621 , commencée en. octobre et terminée en mars , c'est a-dire dans la saison la plus froide ; on a cependant reconnu , que c'était un ouvrage à f resque. Ce * fameux peintre n'employa à la confection de cet ouvrage que 38 jours, et 11 d'uu de ses aides ; il reçut la somme de n5 livres et 9 sous en payement de son travail et de ses couleurs.
4. Bernardin Luini, aidé de son fils Aurèk j avait aussi orné de peintures à fresque les salles, un vestibule, et la chapelle de la maison, où, résidaient les députés de ce pieux établissement %
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et surtout la salle où les députés s'assemblaient. César de Sesto y avait aussi peint une image de la Vierge. Cette institution charit able , dont l'objet était celui de secourir les malades à domicile , ayant été concentrée avec toutes les autres de cette nature dans le grand hôpital , plusieurs de ces peintures , quoique très dégradées , ont été détachées des murailles , et encadrées dans les parois de quelques chambres d'une maison contigue à l'ancien palais de Santa Corona : on peut les voir à présent en entrant dans l'auberge de la croix de Malthe.
Bibliothèque Ambroisienne.
l\ Le cardinal Frédéric Borromée, protecteur éclairé des belles lettres et des beaux-arts, avait recueilli beaucoup de livres à Rome et à Bologne» Nommé à l'archevêché de Milan en ï5o5 « et se trouvant possesseur d'une bibliothèque assez nombreuse , il conçut le projet de l'augmenter et d'en accorder l'usage au public , et surtout â ceux qui se dévouaient à l'étude des matières religieuses. Il chargea en conséquence plusieurs individus êe la recherche des anciens manuscrits > et des
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ouvrages imprimés les plus rares et les plus précieux , et il en obtint un assez bon nombre des bibliothèques monastiques , et surtout de celle des Bénédictins de la congrégation de S Mau1 deBobbio; il en reçut aussi du Lévant et d autres régions les plus éloignées. Par un rafinement de modestie, il donna à cette bibliothèque le titre d'Ambroisienne; il la dota de quelques rentes afin que l'on pût acheter des livres par la suite , et pourvut à l'entretien de quelques savans bibliothéquaires , des assistans et des gardes ; et il éleva de la sorte le monument le plus utile et le plus durable de sa gloire.
2. Il n'oublia pas les beaux arts Comme il avait été à home le protecteur de l'académie de dessein , il en érigea une à Milan tout près de la bibliothèque, et il la pouivut des meilleurs modèles en plaître , et des copies des meilleurs ouvrages de Raphaël , de Léonard , du Correge et d'autres grands maîtres. Il y ajouta des estant pes , des desseins , et même des tableaux originaux des peintres les plus célèbres , et il n'oublia tien de ce qui pouvait , contribuer à embellir ce séjour de Minerve et des Glaces. Fabius Man~ ^oni fut chargé du plan de l'édifice. Il avait à surmonter une grande difficulté ; c'était un espace très borné , et d*une figure oblongue , qui ne se>
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prêtait pas à l'arrangement convenable de l'élabassement ; il réussit cependant à réunir la comodité avec la magnificence II imagina un petit vestibule très joli, avec une façade dorique très simple où l'on voit le titre . BiUioiheca Am > brosiana, avec les armoiries du fondateur en bronze au dessus. Son busle aussi est placé sur la porte , par laquelle du vestibule qu'on vient de décrire, on entre dans la grande salle.
3. Cette salle qui est de la longueur de 43 brasses , de la largeur de 22 et demi , et de la hauteur de 20 , contient un grand nombre d'ouvrages imprimés ; elle a deux portes , dont l une vis-à-vis de l'autre, et un escalier tournant dans un des quatre coins pour monter à une loge , et à Tordre supérieur des volumes. Au dessus de cet ordre , c'est-à-dire entre les volumes et la corniche, sur laquelle s élève la voûte ornée de beaux compartimens avec des dorures, on voit une suite de portraits d'hommes illustres par leur doctrine , plusieurs même par leur sainteté La salle est éclairée par des fenêtres sémicirculaires pratiquées aux deux extrémités de *îa salle • la lumière par conséquent qui vient d'en haut , produit un effet très agréable et très commode à la pluralité des lecteurs