II
lions d’établisscmens de ce genre le long du Bosphore de Tbrace; mais comme ils ne sont plus entretenus aujourd’hui, nous croyons devoir borner ce que nons avons à en dire, en renvoyant aux auteurs cités pour les détails, et particulièrement au mémoire de Montfaucon sur cet objet.
BOSPHORE ( Pharp.s du ). A l’entrée de la mer Noire , on trouve un phare sur chaque côte, mais très misérablement entretenus. Le phare de la côte d’Europe, nommé Roumeli phener , esta l’extrémité N. O. du canal, sur l’ancien promontorium Panium et près du château nommé Phanaraki. Au pied du fanal est le groupe des rochers connu sons le nom de Cyanccs , dont l’un est surmonté d’un autel dédié à Auguste, et qui se présente de loin comme une petite colonne.
Le fanal asiatique, sur la côte d’Anatolie, le Phcner Baktchcsi, est sur le promontorium ffereum des anciens, au S. E. i/4 E. , i milles de distance de celui de Roumeli.
Il ne faut point compter sur ces fanaux pour entrer dans le canal de Constantinople; ils ne sont presque jamais éclairés , et les nombreux accidens qui sont résultés pour avoir pris des feux de côte allumés par les barbares qui habitent le littoral des deux continens, pour ceux des phares mêmes, doivent servir d’exemples sur les dangers qu’on y court.
DANUBE ( Fanal du ). La bouche Soulineh qui forme l’entrée principale du Danube, est distinguée par un fanal à feu fixe cette embouchure a ioo brasses de large et 3 de profondeur.
DES PHARES, etc., DE LA RUSSIE.
FONTAN ou ODESSA ( Phahf. ). Le phare d’Odessa , a feu tournant , est situé environ à 6 1/2 milles géographiques S. du port de la quarantaine. Sa latitude est 4 6° î 5’ 5'' N. Il se trouve , à fort peu près, sur le même méridien que la partie de la rade dite l 'observation , attendu que la pointe du grand môle de la quarantaine n’est qu’à o° o' 8 (/ E. du phare.
La hauteur du feu , à partir du niveau de la mer, est de ao 3 pieds J» pouces (russes), ou environ 6s mètres, de sorte qu'en négligeant les effets de la réfraction , un observateur qui se trouve à 16 pieds et demi au-dessus de la mer ( 5 mètres à-peuprès ), peut apercevoir la lumière à 19 milles et demi.
La lumière se montre toutes les deux minutes; ses apparitions sont séparées entre elles par une éclipse totale, dont la durée est de 5 à 6 secondes.
Une note récemment publiée à Saint-Pétersbourg, contient ce qui suit :
< Les communications par mer entre Sewastopol et Odessa présentaient autrefois des difficultés sensibles, à cause du manque de phares propres à indiquer aux navires la route qu’ils avaient à tenir sur une côte dont l'approche n'est pas sans danger. Maintenant, une ligne de phares, établie entre ces deux ports, offre aux navigateurs des points de direction qu’ils suivent avec une entière sécurité. En venant du S., on rencontre d’abord le phare du cap Chersonèse, à feu tournant, ensuite celui de Farkankout , à feu fixe ; enfin celui de l’ile de Tendra , à feu tournant. Ce dernier n’a été éclairé pour la première fois que le l 5 septembre 1827 , et sa présence est d’nne grande utilité pour tous les vaisseaux qui naviguent vers Odessa, soit du côté du S., soit dans la direction d’O.
« Le phare de Tendra est remarquable surtout par le système ingénieux qnt doit servir à l’éclairer. Le réverbère est composé de trois courbes qui se joignent en forme triangulaire. Un qninquet se trouve placé vis-à-vis du centre de chacune de trois courbes. Cette forme produit un effet de lumières tout particulier, qui se distingue facilement des feux fixes aussi bien que des feux tournans. Lorsque le centre du foyer (au milieu de l’une des courbes) se trouve opposé en ligne droite à l’œil du navigateur, la lumière est dans tout son éclat : à mesure que le réverbère , en tournant sur son pivot , ne présente que l’une des parties latérales de la courbe, la lumière perd de son intensité , et va toujours en diminuant jusqu’à ce qu’enfin l’œil porte sur l’un des points du triangle où deux courbes se touchent; alors le fanal ne répand plus qu’une faible clarté qui va de nouveau toujours en croissant jusqu’à ce qu’elle parvienne enfin à son maximum , lorsque le second foyer se trouve exposé à l’œil en ligne directe,
« Par cet ingénieux système, le phare de l’île de Tendra sera facile à reconnaître de tous les autres qui se trouvent sur la même ligne.
« Il en résulte, en outre, une épargne sensible, quant aux frais d’entretien , car trois quinquets suffisent pour répondre
pleinement au but , qui ailleurs exige l’emploi d’un nombre de lumières beaucoup plus considérable. Ce système est dCTinvention de M. le vice-amiral Greig, commandant des forces navales de S. M. dans la mer Noire. C’est à ses soins également que la marine est redevable de la sécurité que l’établissement des phares assure à la navigation le long de la côte.
«Nous ajouterons encore ici, que nous sommes fondés à espérer de voir bientôt réalisés, les avantages que le phare d’Odessa et les autres de cette côte, doivent produire; avantages que la marine marchande ne manquera sans doute pas d’apprécier.
« Le phare d’Odessa a servi à compléter la ligne établie sur les bords de la mer Noire ; il ne laisse plus rien à desirer sous le rapport des facilités que le gouvernement est toujours empresse d’offrir à la navigation et au commerce.»
TENDRA ( Phare ). Le réverbère du phare de l’ile Tendraest composé de 3 courbes qui se joignent en forme triangulaire. Un quinquet est placé vis-à-vis du centre de chacune de 3 courbes, ce qui produit un effet de lumière qui se distingue des. feux fixes et des feux tournant : fl est à l’embouchure du Dnieper et du Bug. Ce phare a qa pieds au-dessus de l’eau , et a été allumé pour la première fois le i 5 septembre 1827; il présente donc un feu tournant dont la rotation entière s’achève en 4 minutes : la lumière augmente graduellement jusqu’à l’éclat , qui a par conséquent lieu toutes les 1 minute 20 secondes.
Ce phare est éclairé depuis la chute du jour jusqu’au lendemain matin. On se propose d’adapter dans la suite une cloche à ce phare , dont l’emploi sera réservé pour les jours où les brouillards ou bien la chute de la neige, empêcheraient de voir la lumière du feu.
T AH K H AU ou FAHSUKOCT ( Fakal). Le canal du cap. Tarkhan est à feu fixe ; ce cap forme la pointe O. de la Crimée.
CHBRSOWÈSE ( Phare nu car). Un phare, à feu tournant et à éclipses, a été élevé sur ce cap, mais on n’en connaît pas encore la description : il a été érigé pour guider à l’entrée de Sevastopol. Le cap Crimée est à 16 milles N. O. du cap Balaklava.
AZOF (Feux de la mer d’). La navigation de la mer d’Àzof étant rendue difficile par des écueils et des bas-fonds, le gouvernement a tâché de parer à ces inconvéniens par rétablissement de deux phares de côte et de cinq fanaux flottons. Les doux premiers existent encore maintenant , mais les derniers ont été mis hors d’état de servir , tant par l’effet des tempêtes que par la
dégradation et la vétusté des embarcations qui ne sont plus propres à tenir la mer. Néanmoins , la nécessité de ces mesures de sûreté étant ■vivement sentie dans l’intérét de la navigation et du commerce, l'administration locale a invité le corps des négocions de Tagnnrock, à participer à l’entretien fie cet établissement d’utilité publique. Les frais considérables qu’exige cette entreprise ne permettant pas de. procéder à-la-fois au rétablissement de cinq fanaux , on s’est borné à réorganiser le service d’un seul bâtiment, construit sous la direction des maîtres constructeurs de la marine de la mer Noire.
Cette embarcation a été placée à l’endroit connu sous le nom «1e Dolgnia-Kosa , et sa présence contribuera efficacement à faciliter et à assurer la navigation dans cette partie de la mer d’Azof. L’éclairage de ce fanal se fait au moyen d’un réverbère d’une forme particulière, dont l’atelier de la marine a fourni le modèle.