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CHAPITRE TROISIÈME

JARDINS BOTANIQUES. — MUSÉES. — SOCIÉTÉS SCIENTI- FIQUES. — BIBLIOTHÈQUES. — COLLECTIONS BOTANIQUES PARTICULIÈRES. —COLLECTIONS DE PLANTES VIVANTES.

Nous allons, tout d'abord, passer en revue les institutions publiques qui ont pour objet plus ou moins spécial l'étude de la botanique : nous nous occuperons ensuite des collections botaniques appartenant à des particuliers et des bibliothèques publiques et privées.

§ P^ — Jardins hotaniques.

Les Jardins botaniques de notre pays sont au nombre de cinq : les jardins de Bruxelles, de Liège, de Gand, de Louvain et d'Anvers.

Le premier appartient à l'État ; les^ autres sont la propriété des communes où ils sont installés.

I. Jardin botanique de Bruxelles. — Par la richesse de ses collections, par le nombre et l'étendue de ses serres, par son personnel et par le chiffre de son budget, le Jardin botanique de Bruxelles est le plus important du pays.

L'étendue de ce Jardin, en y comprenant l'emplacement des bâtiments, est d'environ six hectares.

Comme établissement vraiment scientifique, ce Jardin ne date, en quelque sorte, que de ]870, année où le Gouvernement en fit l'acquisition. Auparavant, ce n'était guère qu'un établissement horticole, dont les collections ne rendaient que de faibles services au public (1).

(1) Le premier Jardin botanique de Bruxelles fut créé en 1797 sur remplacement du Jardin du palais des gouverneurs généraux des Pays-Bas autrichiens, où se trouve actuellement la Bibliothèque royale. Ce premier Jardin fut celui de l'École centrale du département de la Dyle et, plus tard, celui de l'École de médecine. Sa direction scientifique fut successivement confiée aux professeurs d'histoire naturelle de ces deux établissements d'instruction : Van dei* Stegen de Putte, Rozin, Adrien Dekin, Kickx père, De Ronnay et Kickx fils. Ce fut Van der Stegen de Putte qui en fut le créateur.

Nyst, qui fut l'un des administrateurs et qui remplit même les fonctions de directeur après la mort de Dekin, publia, en 1826, le catalogue des plantes qui y étaient cultivées.

Dans ce premier Jardin, on avait conservé un pied de Robinia Pseudo- Acacia planté du temps d'Albert et d'Isabelle.

Avant de parler du Jardin qui a remplacé celui de l'École

Depuis la reprise du Jardin par l'État, l'établissement est entré dans une nouvelle ère : un personnel

centrale, il est intéressant de rappeler qu'à l'époque (1788) où plusieurs des Facultés de l'Université de Louvain furent transférées à Bruxelles, dans l'édifice servant actuellement de Palais de justice, Joseph II avait eu le projet de créer un vaste Jardin botanique sur le territoire de Saint-Gilles, hors la porte de Hal. Le plan de ce Jardin avait été dressé d'après les idées du D"" Mârter, professeur de botanique à l'Université de Louvain.

La création du nouveau Jardin botanique de Bruxelles est due à une Société ayant eu pour fondateurs le baron Van Voldende Lombeke, J.-B. Meeus, Drapiez et l'abbé Van Geel. Cette Société, fondée en 1826, prit, en 1837, le titre de Société royale d'horticulture de Belg'ique.

De 1826 à 1870, année de sa dissolution, cette Société passa alternativement par diverses phases de prospérité et de décadence, qu'il importe peu de rappeler ici. Enfin, le 28 juin 1870, son Jardin fut cédé à l'État moyennant la somme d'un million de francs. Cette cession heureuse, qui intéressait si vivement la botanique, fut, en grande partie, due aux efforts persévérants de M. Du Mortier.

Le lecteur trouvera des détails étendus sur l'histoire de ce Jardin dans la Notice sur le Jardin botanique de Bruxelles publiée par M. Bommer dans le tome IX (1871) du Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique, pp. 418-455, dans le Rapport sur le Jardin botanique de VÊtat à Bruxelles, que M. Edouard Bureau a publié dans le tome XX du Bulletin de la Société botanique de France (1873) et dans le Petit guide du Jardin botanique de Bruxelles publié, cette année, par la direction de l'établissement. Ch. Morren a donné quelques détails sur l'ancien Jardin botanique dans L'Horticulteur belge, t. I, 1833-1834, pp. 164-166.

scientifique lui est attaché; des collections de plantes sèches et de produits végétaux sont venues enrichir son musée ; de grands travaux ont été exécutés dans les bâtiments et dans le jardin proprement dit. Grâce aux sacrifices que fait annuellement TÉtat, on peut prévoir que, d'ici à un petit nombre d'années, le Jardin botanique de Bruxelles pourra être rangé parmi les jardins les mieux organisés et les plus riches de l'Europe.

Ses herbiers sont installés dans une vaste galerie qui sert en même temps de laboratoire et de salle d'étude. Cette galerie, éclairée par les côtés et par le plafond percé d'un large lanterneau, mesure 42'"25 de longueur sur 11"22 de largeur. Elle renferme un herbier général, un herbier d'Europe et un herbier de Belgique.

L'herbier général est principalement formé de l'herbier de von Martius, dont le Gouvernement a fait l'acquisition. A ce premier fond, très-considérable, sont venues se joindre diverses collections, parmi lesquelles on peut citer celle de Galeotti, l'un des anciens directeurs du Jardin, et celle de Claussen. Cet herbier général, tel qu'il est actuellement, offre déjà de très-grandes ressources aux phytographes. Son inventaire détaillé n'étant pas encore achevé, on ne saurait dire quel est le nombre exact des espèces qu'il renferme ; mais on peut toute-

fois avancer que ce nombre n'est guère en dessous de 75,000 espèces. C'est la partie cryptogamique qui est relativement la plus riche; cette richesse est due à l'intercalation, dans l'herbier de von Martius, des herbiers d'Eugène Coemans et de de Limminghe.

L'herbier d'Europe, formé des herbiers d'Oscar de Dieudonné et de Crépin, est extrêmement riche et presque complet. Il offre, dès maintenant, des matériaux suffisants pour étudier l'ensemble de la flore européenne et celle de POrient.

Quant à l'herbier de Belgique, il est aussi complet que possible, puisqu'il est composé des herbiers de Lejeune, Nyst, De Cloet, Libert, Coemans, Westendorp, Martinis et Crépin.

L'installation de ces divers herbiers est des plus heureuses et permet aux travailleurs de les consulter avec la plus grande commodité. Dans la salle des herbiers, se trouve une bibliothèque renfermant les ouvrages botaniques les plus utiles à consulter.

Ajoutons que la galerie des herbiers est ouverte tous les jours au public et que les amateurs peuvent y venir prendre connaissance des nombreuses publications périodiques que reçoit l'établissement.

Les collections carpologiques sont placées dans la salle du Dôme. Elles sont provisoirement exposées dans d'anciennes armoires vitrées, qui, prochainement, seront remplacées par des meubles appropriés à ce genre de collections.

Dans cette même salle, est exposée une petite collection de paléontologie végétale destinée à Tinstruction des élèves des écoles ; mais comme cette collection est appelée à prendre une grande extension, elle sera déplacée pour occuper, plus tard, une salle spéciale.

Les collections de bois, de produits végétaux et la matière médicale sont encore renfermées dans des meubles provisoires et dans des caisses ; elles seront, par la suite, exposées dans des armoires vitrées placées dans la salle du Dôme.

Le Jardin possède dix-sept serres, plus une orangerie et une grande salle chauffée en hiver et garnie principalement de Palmiers. Il entre dans les intentions du Gouvernement de construire une grande serre monumentale, entièrement réservées aux Fougères et une grande serre chaude, destinée à la culture des plantes aquatiques.

Le nombre des espèces cultivées dans les serres n'est peut-être pas aussi élevé qu'on pourrait s'y attendre, mais il est permis de dire que, sous le rapport du nombre et de la vigueur des individus, ainsi que sous le rapport de la rareté des espèces, le Jardin botanique de Bruxelles peut être placé parmi les plus beaux. La collection de Fougères est extrêmement remarquable ; les collections de Palmiers, d'Aroïdées, d'Orchidées, de même que plusieurs autres collections méritent d'être visitées.

Dans le jardin proprement dit, se trouvent des écoles de botanique, de floriculture, de pharmacie, de culture maraîchère et de grande culture. L'arboretum et le pinetum sont constitués par les arbres et les arbustes plantés le long des chemins, dans les pelouses et dans les massifs.

En 1875, un nouveau mode d'étiquettage a été introduit dans le Jardin. Les plantes herbacées, les arbres et les arbustes sont pourvus d'une étiquette à deux compartiments. Le compartiment supérieur porte les indications ordinaires, tandis que, sur le compartiment inférieur, est peinte en blanc, sur fond vert ou bleu, une planisphère, où Taire de dispersion naturelle de l'espèce est marquée par une ou plusieurs taches de carmin ou de vermillon. En cas de naturalisation, Taire de Tespèce est marquée en bleu foncé. De plus, dans Técole de botanique, chaque famille est pourvue d'une étiquette avec planisphère sur laquelle Taire générale de la famille est marquée au carmin. La teinte de celui-ci est d'autant plus intense, plus foncée sur les diverses régions que les espèces de la famille y sont plus nombreuses. Par ce nouveau procédé. Taire de dispersion soit des espèces, soit des familles est indiquée d'une façon plus exacte, plus complète et plus frappante que par Tancienne méthode. Il est inutile de faire ressortir ici les grands avantages que ce nouveau système d'éti-

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quettes procure non-seulement aux botanistes, mais encore aux gens du monde et même aux gens du peuple. Aussi comraence-t-il à être adopté dans d'autres Jardins, tant botaniques que zoologiques.

Afin de faire rendre au Jardin botanique tous les services qu'on est en droit d'en attendre, la direction de l'établissement se propose d'y faire donner des conférences populaires sur les diverses branches de la botanique et de l'horticulture.

Au point de vue des collections, le Jardin botanique est divisé en cinq sections : 1° Plantes vivantes de pleine- terre ; 2"" Plantes vivantes de serre ; 3° Herbiers ; 4° Végétaux fossiles ; 5" Carpologie, matière médicale et industrielle, préparations anatomiques.

Le personnel se compose d'un directeur, de trois conservateurs, dont l'un remplit les fonctions d'agent comptable, d'un aide-naturaliste, de deux préparateurs, dont l'un est spécialement chargé de la peinture des étiquettes, d'un chef de culture, d'un sous-chef de culture, de trois surveillants et d'un concierge. Une vingtaine de jardiniers et d'ouvriers sont occupés dans les serres et la pleine terre.

Depuis que l'État est devenu possesseur du Jardin, la direction a été successivement confiée à M. Bommer, conservateur faisant fonctions de directeur (1870-1875), à M. Dupont (1875) et à

M. Crépin (1876). Depuis cette même époque, le chef de culture est M. Lubbers.

IL Jardin botanique de Liège (i). — Le Jardin botanique de Liège, qui est une dépendance de l'Université de cette ville, a été fondé en 1819. La ville céda, pour cette destination, le jardin particulier des jésuites. Ce fut le professeur Gaede qui dirigea la première appropriation du terrain. Plus tard, le directeur qui succéda à Gaede, c'est-à-dire Ch. Morren, ayant reconnu l'insuffisance de cejardin, conçut l'idée de le déplacer. Les actives démarches de Morren aboutirent, en 1840; dès 1841, on commença l'appropriation d'un nouveau Jardin botanique dans une pièce de terre d'environ six hectares située au Bas-Laveu, à la base de la colline de Saint- Gilles. Les plans et les diverses installations qu'avait conçus le directeur et qui devaient faire du Jardin botanique un établissement modèle ne furent pas complétés. Actuellement, le Jardin botanique de Liège attend encore l'achèvement de serres et de divers locaux. Tel qu'il existe cependant, ce Jardin est fort remarquable et mérite d'être visité.

(l) Les éléments de cet article ont été principalement puisés dans la Notice sur le Jardin botanique de liège et sur les collections qui s'y rattachent, que M. Alphonse Le Roy a publiée dans le compte rendu des fêtes jubilaires de l'Université de Liège (1867).

Disposé en parc anglais, le jardin proprement dit renferme des écoles de botanique, de pharmacie, de floriculture, de culture maraîchère, d'agriculture et de pomologie, un arboretum, un pinetum et un estivarium.

La partie construite des serres se compose : d'un pavillon pour les Palmiers, d'une serre chaude, d'une serre froide, d'une petite orangerie, d'une serre pour les plantes grasses et d'une serre pour les Orchidées.

Les collections les plus importantes sont celles des Palmiers, des Broméliacées, des Fougères et des Aroïdées.

Quant aux autres collections : herbiers, fruits, bois, etc., qui, d'après le plan conçu par Ch. Morren, devaient être installées au Jardin botanique, elles se trouvent au Musée de l'Université.

Le personnel du Jardin botanique se compose d'un directeur qui est en même temps professeur de botanique à l'Université, d'un jardinier en chef et d'un concierge. Les cultures occupent six jardiniers et ouvriers.

Depuis 1819, les directeurs du Jardin ont ét-é : H.-M. Gaede (1819-1834), Ch. Morren (1835-1858), M. Éd. Morren (1858-1877). De 1825 à 1834, R. Courtois a été directeur-adjoint. Les jardiniers en chef furent: Demblon (1819), F. Deville (1836),

D.-J. Dirickx (184-1) et M. Em. Rodembourg (1852-1877).

III. Jardin botanique de Gandi^). — Le Jardin botanique de Gand fut établi en 1797 dans le potager de l'abbaye de Baudeloo, supprimée en 1796. Ce jardin était une annexe de l'École centrale du département de l'Escaut, établie dans les bâtiments de l'abbaye. Sa création fut due aux actives démarches de Ch. Van Hulthem. Bernard Coppens, professeur de botanique, aidé de Mussche, le premier jardinier en chef, s'occupa de l'organisation de l'école de botanique et de l'installation des serres.

Les premières serres, construites au siècle dernier, furent démolies et remplacées.

Lors de la suppression des Ecoles centrales , en 1804, le Jardin botanique courut le risque d'être supprimé à son tour; mais Van Hulthem parvint à en faire céder la propriété à la ville.

En 1817, une Université fut créée à Gand, et le Jardin botanique lui fut annexé. En leur qualité

(1) Consulter, pour ce Jardin, la notice que M. H.-J. Van Huile a publiée, en 1871, sous le titre : Le Jardin botanique de V Université de Gand. Historique, Opportunité de son déplacement ; ainsi que la Notice historique sur le Jardin botanique de Oand, par Ch. Morren [L'Horticulteur belge, t. II, 1834, pp. 158-159,268-270).

SOCIÉTÉS SCIENTIFIQUES. — BIBLIOTHÈQUES. 291 (le professeurs à TUniversitë, Cassel (1817), Van Coetsem (1821), Van Breda(1822) et J. Kickx(1835- 1864) devinrent successivement directeurs du Jardin botanique. Le directeur actuel est M. J.-J. Kickx.

En 1845, on reconstruisit toutes les serres; en 1860, l'école de botanique et celle de pharmacie furent transférées dans un terrain que la ville avait cédé au Jardin et qui était situé derrière les serres ; l'ancienne partie du jardin eut son plan modifié. Enfin, en 1862-1863, on reconstruisit la serreaquarium, dans laquelle, chaque année, le public peut admirer la Victoria.

Tel qu'il est actuellement, le Jardin occupe une superficie d'environ deux hectares.

Ses serres sont au nombre de six : une grande serre à Palmiers; une grande serre chaude, renfermant les Pandanus, les Fougères et les grandes plantes officinales ; une grande serre froide, renfermant les plantes de la Nouvelle-Hollande ; une petite serre froide; une petite serre chaude, renfermant les Aroïdées, les plantes officinales, etc. ; une serre à Orchidées avec aquarium pour la culture des plantes aquatiques. Il y a, en outre, une grande orangerie.

Les collections principales de plantes de serre sont celles des Orchidées, des Palmiers, des plantes officinales, des arbres fruitiers tropicaux, des plantes

de la Nouvelle-Hollande et des Fougères. La pleineterre comprend des écoles de botanique et de pharmacie et un arboretum.

Les cours de botanique de l'Université se donnent dans un auditoire touchant aux serres. Derrière celui-ci, se trouve une petite salle renfermant quelques collections élémentaires destinées à l'enseignement, un herbier de la province et un petit herbier général formé de plantes recueillies par Galeotti et quelques autres voyageurs.

Le personnel de rétablissement se compose d'un directeur qui est, en même temps, professeur de botanique à l'Université, d'un jardinier en chef, d'un jardinier en second et d'un concierge. Les serres et la pleine-terre occupent sept jardiniers et ouvriers.

Depuis la fondation du Jardin, les jardiniers en chef ont été : Mussche, décédé en 1834, Donckelaar, mort en 185.8, M. Van Huile (1858-1877).

IV. Jardin botanique de Loîivaini). — Le Jardin botanique de Louvain fut créé en 1738. Le 9 août, le professeur Rega acheta, au nom de l'Université, un terrain d'un demi-hectare, sur lequel on bâtit l'amphithéâtre et on aménagea le Jardin botanique. Celui-ci fut ouvert l'année suivante et eut pour

(1) M. Ch. Baguet a bien voulu nous fournir les renseignements sur le Jardin botanique de Louvain.

son premier directeur le professeur de botanique A.-D. Sassenus.

Lors de la réorganisation de renseignement supérieur en 1817, le Gouvernement songea à remplacer ce Jardin, devenu trop exigu. En 1820, le jardin de l'ancien couvent des Capucins fut approprié en Jardin botanique. Celui-ci, en comprenant un terrain qui y fut ajouté postérieurement, mesure deux hectares.

Tel qu'il existe actuellement le Jardin botanique a la forme d'un rectangle.

Les serres, construites pour la plupart en 1821, se composent d une grande orangerie, de deux serres semi- circulaires adossées à celle-ci, d'une serre carrée renfermant une magnifique collection de Palmiers, d'une serre chaude bâtie en 1839 et d'une petite serre à multiplication, construite en 1871.

L'école de botanique, qui occupe le centre du jardin, renferme environ 5,000 espèces.

Les principales collections de plantes de serre sont celles des Palmiers, des Fougères, des Orchidées et des Aroïdées.

La direction du Jardin botanique, depuis 1738 jusqu'à la suppression de l'Université, en 1797, a été successivement confiée à des professeurs de cette dernière institution.

En 1835, lors de la suppression de l'Université de l'État à Louvain, le Gouvernement, tout en

conservant la propriété du Jardin, en céda la jouissance à la ville, et celle-ci mit rétablissement à la disposition de l'Université catholique pour renseignement de la botanique.

De 1839 à 1849, M. Martens, professeur à rUniversité, fut le directeur du Jardin. Pendant sa direction, Martens enrichit les collections de plantes vivantes d'un grand nombre d'espèces.

Actuellement, la direction est remplacée par un Conseil de surveillance composé de cinq membres et dont fait partie le professeur de botanique de rUniversité, M. Éd. Martens.

Depuis 1820, les jardiniers en chef ont successivement été : A. Donckelaar (1820-1835), H. Donckelaar (1835-1847), C. Sterckmans (1847-1870), M. Jean Giele (1870-1877).

Malgré un budget vraiment dérisoire et un nombre d'ouvriers insuffisant, le jardinier en chef parvient, par ses soins et son énergie, à entretenir le Jardin dans un très-bon état et à enrichir les collections de plantes vivantes.

V. Jardin botanique d'Anvers'^). — Le Jardin botanique d'Anvers n'était, au siècle dernier, qu'un petit enclos, où l'on cultivait des simples pour les besoins

(l) M. Van Heurck s'est empressé de nous fournir les renseignements sur le Jardin botanique d'Anvers.

de riirjpital. La date de sa fondation nous est inconnue. Au commencement de ce siècle, lors de la création d'une école de médecine et de pharmacie, le premier jardin fut agrandi et on y bâtit une petite serre, qui fut démolie il y a quelques années. En 1804, l'École centrale du département des Deux- Nèthes ayant été supprimée, les plantes de son Jardin botanique furent transportées au Jardin botanique de rÉcole de médecine. A partir de cette époque, ce dernier Jardin commença à prendre une certaine importance; vers 1825, il avait l'étendue qu'il présente aujourd'hui et qui est d'un hectare.

Ce Jardin possède deux orangeries, une serre à Palmiers, une serre tempérée et une serre chaude.

L'orangerie, qui est placée au centre du jardin, sert principalement d'auditoire pour le cours de botanique, qui est donné par le directeur de l'établissement. Ce bâtiment doit être démoli pour faire place à un grand aquarium avec une fontaine.

L'école de botanique est distribuée dans les diverses parties du jardin, qui est dessiné à l'anglaise. Ses plantes sont classées suivant l'ordre adopté dans le Prodromîis de De Candolle.

Le nombre des espèces cultivées dans l'école de botanique et dans les serres s'élève à environ 3,000.

Depuis la nomination de M. H. Van Heurck à la direction de cet établissement, des améliorations

notables ont eu lieu et d'autres les suivront trèsprochainement. Le nouveau directeur a fait replanter l'école de botanique et l'a enrichie de nouvelles espèces ; il a organisé un musée de botanique médicocommerciale qui est visité, chaque jour, par de nombreux amateurs ; il a aussi obtenu la promesse que de nouvelles serres seraient construites, ainsi que de nouvelles salles pour le musée et le laboratoire de botanique.

Le personnel attaché au Jardin botanique d'Anvers se compose d'un directeur-professeur, d'un jardinier en chef, de deux jardiniers adjoints et d'un apprentijardinier.

Le premier directeur du jardin fut le D'' Sommé, chirurgien en chef de l'hôpital, auquel Verbert avait été adjoint comme professeur. A la mort du D'' Sommé, en 1857, Rigouts- Verbert fut nommé directeur-professeur; celui-ci conserva ses fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en 1867. Rigouts-Verbert, qui était pharmacien de l'hôpital S'^-Élisabeth fut remplacé par M. Acar, pharmacien militaire retraité. Le directeur actuel, ainsi que nous l'avons déjà dit, est M. H. Van Heurck.

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§ 2. ~ Musées.

Les musées dans lesquels sont conservées des collections botaniques sont : le Musée royal d'histoire naturelle, le Musée Van Heurck, à Anvers, les Musées de l'Université de Liège et de TEcole des mines de Mons et le Musée commercial-industriel de Melle.

L Musée royal d'histoire naturelle de Bruxelles. — Le Musée royal d'histoire naturelle étant principalement consacré à la zoologie, à la paléontologie animale et à la minéralogie, il ne saurait être question ici de faire l'historique de cette institution. Nous dirons seulement que, sous l'active direction de M. Éd. Dupont, nommé directeur en 1868, la réorganisation du Musée a marché à trèsgrands pas et qu'au mois de juillet 1875, lors de la réouverture des galeries, le public a pu se convaincre que rétablissement était désormais digne d'être classé au premier rang.

Appréciant l'importance des services que la paléontologie végétale est appelée à rendre à la géologie stratigraphique, le directeur conçut, en 1871, Tidée de créer, au Musée, une section de paléontologie végétale. Il fit acquérir par le Gouvernement la collection de végétaux fossiles délaissée par feu Eugène Coemans et nous fit nommer conservateur

de la nouvelle section. Durant les trois années et demie que nous avons été occupé à la détermination et au classement de la collection Coemans, nous fîmes de nombreuses recherches dans les divers terrains géologiques du pays. Par nos récoltes personnelles et celles que nous fîmes faire, la collection primitive fut presque triplée.

La collection des plantes fossiles, qui fut livrée au public au mois de juillet 1875, est installée dans une vaste galerie du Musée, oii les espèces sont rangées dans le double ordre stratigraphique et taxinomique.

La flore houillère occupe le premier rang ; elle est représentée par un nombre très-considérable de pièces intéressantes et souvent fort belles. Elle renferme non-seulement toutes les espèces déjà connues en Belgique, mais encore des types nouveaux et dont plusieurs sont inédits.

La flore du terrain dévonien est représentée par une série extrêmement remarquable d'empreintes des psammites du Condroz. Celles-ci ont donné lieu à rétablissement de plusieurs espèces nouvelles pour la science.

La collection des fruits de Nipadites recueillis aux environs de Bruxelles est d'une très-grande richesse.

Ce qui distingue la collection de plantes fossiles du Musée, comme toutes celles de cet établissement, c'est un mode nouveau d'installation dans des meubles

entièrement vitrés. Une innovation très-heureuse, due à l'initiative du directeur, c'est le placement, à la tête de chaque groupe de végétaux fossiles, de vignettes représentant les types restaurés des principales espèces fossiles.

II. Musée Van Heiirchi^). — M. Henri Van Heurck, d'Anvers, est parvenu, en moins de quinze ans, par ses seuls efïbrts et avec ses ressources particulières, à former un musée botanique que pourraient lui envier bien des établissements publics.

L'herbier fut modestement commencé vers 1860 par une collection de plantes de Belgique, à laquelle est venu se joindre le grand herbier de Sieber. Les relations que M. Van Heurck établit avec les Jardins botaniques et avec les botanistes en renom, et les achats qu'il fit en Europe et en Amérique vinrent successivement enrichir l'herbier général. Celui-ci compte actuellement 65,000 à 70,000 espèces, représentées par plus de 200,000 échantillons.

M. Van Heurck, voulant donner à ses plantes une plus grande valeur scientifique, s'est entendu

(1) Voir : Rapport de M. Gustave Planchon sur l'excursion à Arnoers et particulièrement sur le Musée Van Heurch (Bulletin de la Société botanique de France, t. XX, 1873); Notice sur les collections botaniques de M. Henri Van Heurch, par V. Hamels, Anvers, 186-1 ; Notice sur les collections botaniques de M. Henri Van Heurc\, par A. Martinis, Anvers, 1870.

avec M. Mùller d'Argovie, pour authentiquer les espèces de son herbier en faisant comparer celles-ci avec les types du Prodromus conservés dans l'herbier de M. De Candolle. Déjà M. Mùller a rapproché et authentiqué un très-grand nombre d'espèces. Ce savant phytographe et M. Van Heurck publient, dans un recueil intitulé : Ohservationes botanicae et descriptiones plantarum novarum herharii Van HeurcMani, les espèces inédites de Therbier d'Anvers. Deux fascicules de ce recueil ont paru (1870 et 1871).

L'herbier, quoique très -considérable, n'occupe, par suite d'une installation des plus ingénieuses, qu'une salle relativement peu étendue (12"" de long sur 4°" de large).

Ce Musée renferme, en outre, des collections de produits végétaux, de bois, de fruits et de graines, un droguier remarquable (H et une collection de Diatomées se composant d'environ 7,500 tubes ou préparations.

M. Van Heurck, qui s'est occupé avec succès des perfectionnements du microscope et qui est l'auteur d'un Traité sur le microscope arrivé à sa

(1) Ce droguier et la collection de produits végétaux ont été catalogués dans l'ouvrage suivant : Notions succinctes sur V origine et remploi des drogues simples de toutes les régions du globe, par H. Van Heurck; Bruxelles, 1876, 1 vol. in-S".

2® édition, possède une collection d'instruments d'optique de premier mérite et de fort belles collections de préparations microscopiques.

Le possesseur de ce Musée a voulu faire profiter le public des richesses scientifiques qu'il a réunies avec tant de sacrifices et de soins, en permettant aux savants et aux amateurs de venir étudier librement dans ses collections.

III. Musée de V Université de Liège. — La partie botanique du musée de l'Université de Liège se compose : d'une galerie de technologie végétale, disposée d'après les familles naturelles et comprenant tout ce que les végétaux fournissent ou produisent d'intéressant pour la médecine, la chimie, l'industrie, le commerce, etc. ; de collections d'anatomie végétale, de tératologie, de pathologie et de paléontologie végétale.

Les collections de botanique ont été commencées par Ch. Morren en 1836; son fils, M. Éd. Morren, aujourd'hui directeur de cette partie du Musée, a beaucoup enrichi ces diverses collections. Celles-ci sont principalement destinées à l'enseignement.

Les collections de plantes sèches, qui viennent de s'enrichir de l'herbier de Gaede, renferment l'herbier de Courtois, des collections de Halm, Lévy, Pancher et Viellard, Galeotti, Blume et de nombreux exsiccata publiés par divers botanistes.

Le conservateur du cabinet botanique de l'Université est M. A. De vos.

N'oublions pas de mentionner ici la collection de végétaux fossiles qui fait partie des collections minéralogiques de l'Université. Cette collection a été commencée par Sauveur et Courtois ; elle renferme la plupart des types figurés par le premier dans son atlas de plantes du terrain houiller de Belgique.

IV. Ilusée de F École des mines de Mons, — Le Musée de FÉcole des mines de Mons renferme une collection d'empreintes végétales recueillies principalement dans les charbonnages du Couchant de Mons. Ajoutons qu'il existe au musée de la ville de Mons une collection d'empreintes végétales provenant des mêmes charbonnages.

V. Musée commercial-industriel de M elle lez- Qand. — La maison d'éducation de Melle, dirigée par des religieux, possède un Musée véritablement remarquable et dans lequel les produits végétaux, avec toutes leurs applications, tiennent une trèslarge place. La création de ce Musée est due à M. Bernardin, dont l'activité ne se ralentit pas un seul instant et qui est toujours à l'affût des nouvelles applications des produits végétaux. Ce savant, auquel l'industrie et le commerce doivent de nombreuses et utiles publications, est parvenu, par les relations qu'il entretient sur presque tous les points du globe, à réunir une collection d'une très-grande richesse.

§ 3. — Collections hotaniqnes 'particulières.

I. Herbiers. — A part l'herbier de M. Van Heurck, dont il a été question précédemment, il n'existe pas en Belgique, chez les particuliers, de grands herbiers généraux.

M. Morren, à Liège, possède un herbier de Broméliacées qui est le plus riche que Ton puisse rencontrer; il lui sert à élaborer la monographie de cette famille, qu'il doit traiter d'une façon trèsdétaillée. M. Kickx, à Gand, conserve un riche herbier crjptogamique formé par son père. M. Martens, à Louvain, possède un herbier assez considérable délaissé par son père. M. le D'" Van der Meersch, à Gand, a composé un herbier d'Europe important et qu'il enrichit chaque jour. Les Pères Jésuites, à Namur, conservent l'herbier du professeur Bellynck. M. Bommer, à Bruxelles, a formé un herbier spécial qui sert de base à ses études générales sur la famille des Fougères. Enfin, M. Baguet, à Louvain, a composé un herbier de Belgique remarquable par les nombreuses formes critiques de notre flore et par le grand nombre d'échantillons de chaque espèce provenant d'habitations différentes.

IL Végétaux fossiles. — M. G. Dewalque, professeur de géologie à l'Université de Liège, a - formé une collection de plantes fossiles, parmi

lesquelles se trouvent les types authentiques de la curieuse flore des marnes heersiennes décrite par MM. de Saporta et Marion ('). M. le comte Georges de Looz-Corswarem, à Liège, possède également une collection de plantes fossiles, dans laquelle se trouve une admirable série d'empreintes des marnes heersiennesC^).

§ 4. — Sociétés scientifiques.

Parmi les Sociétés scientifiques qui s'occupent plus ou moins spécialement de botanique, on peut citer : la Société royale de botanique, TAcadémie royale, la Société royale Linnéenne de Bruxelles, la Fédération des Sociétés d'horticulture, la Société phytographique et micrographique, la Société belge de microscopie, le Cercle des jeunes botanistes et la Société des sciences, arts et lettres du Hainaut.

I. Société royale de botanique de Belgique. — La Société royale de botanique de Belgique a été fondée le l^"" juin 1862. Dès sa première année, elle

(1) Essai sur Vétat de la végétation a V époque des marnes heersiennes de Gelinden.

(2) Révision de la flore heersienne de Gelinden d'après une collection appartenant au comte G. de Looz, par G. de Saporta et A. -F. Marion.

comptait 117 membres effectifs. Le nombre de ses membres s'est accru d'année en année; aujourd'hui, il est d'environ 200.

Le but de la Société étant surtout de rassembler et d'étudier les matériaux de la flore du pays, c'est la connaissance des végétaux indigènes qui a fait l'objet du plus grand nombre des travaux publiés dans les quinze premiers volumes de son Bulletin qui ont paru. Cependant, ses membres ne se sont pas exclusivement bornés à l'étude de la flore belge; des monographies générales plus ou moins importantes sont dues à leurs recherches ; la classification générale, l'organogénie, Tanatomie, la physiologie, la paléontologie végétale et la tératologie leur doivent également des travaux nombreux et plus ou moins remarquables.

Toutefois, la phytographie prédomine dans les publications de cette Société, ce qui, du reste, s'explique aisément ; cette branche de la science est relativement facile à traiter et, en outre, les Belges ont toujours montré une prédilection marquée pour les travaux descriptifs.

La Société, par la régularité de ses publications et par la multiplicité de ses travaux, s'est acquis une place très-honorable parmi les Sociétés savantes. Elle compte des membres effectifs étrangers de plus en plus nombreux ; parmi ceux-ci, il en est qui

tiennent à honneur de publier leurs travaux dans son Bulletin. Celui-ci forme, annuellement, un volume in-S" d'environ 500 pages avec des planches et des figures.

La Société se réunit, chaque année, deux fois en séance ordinaire : le premier dimanche des mois de mai et de décembre. Son siège est au Jardin botanique de l'Etat, à Bruxelles. Pendant la belle saison, elle fait une herborisation et tient une séance extraordinaire. Ses herborisations lui ont fait visiter à peu près toutes les régions du pays les plus intéressantes au point de vue de la botanique ; elles lui ont même fait explorer quelques parties de la Hollande, de la Prusse rhénane, du Luxembourg hollandais et du nord de la France.

Ces trois réunions par année ne suffisent plus à son activité ; aussi est-il à désirer que, revisant ses statuts, elle prenne la résolution de se réunir une fois tous les mois, ainsi que le font la plupart des autres Sociétés scientifiques du pays.

Depuis sa fondation, les fonctions de président, de vice-président, de secrétaire et de trésorier ont été remplies par les membres suivants :

Président: M. B.-C. Du Mortier (1862-1877). — Président honoraire : J. Kickx (1862-1864). — Vice-présidents : Eugène Coemans (186^-1870); G. Westendorp (1862-1867); M. J. Putzeys (1869-1873); M. F. Muller (1872-1877);

M. J.-J. Kickx (1874-1877). — Secrétaire :. M. L. Pire (1862- XWo).— Secrétaire général: M. J .-E. Bommer (1867-1874) ; M. F. Crépi n (1875-1877) — Secrétaire des publications : M. F. Crépin (1807-1874) ; M. A. Coj^niaux (1875-1877). — Trésorier: M. L. Cooraans (1862-1877).

II. Académie royale des sciences, des lettres et des heaux-arts de Belgirpie. — L'Académie a eu pour origine une Société littéraire formée à Bruxelles, en 1769, sous les auspices du comte de Cobenzl, Ministre plénipotentiaire de l'impératrice Marie- Thérèse. Quatre ans après sa naissance, cette Société vit élargir son cadre et reçut, avec le titre d'Académie impériale et royale, plusieurs privilèges importants pour cette époque. La première séance fut tenue dans la Bibliothèque royale, sous la présidence du chancelier de Brabant, de Crumpipen, le 13 avril 1773. Les événements politiques de la révolution française provoquèrent la dispersion de l'Académie, qui s'était assemblée la dernière fois le 21 mai 1794. Elle fut rétablie en 1816 sous le titre d'Académie royale des sciences et belles -lettres ; sa réinstallation eut lieu au Musée des tableaux de la ville, le 18 novembre de la même année.

En 1832, elle fut divisée en trois classes : classe des sciences, classe des lettres et classe des beauxarts.

Son siège actuel est au Palais-Ducal, qui porte maintenant le nom de Palais des Académies.

Chacune des trois classes se compose de 30 membres, de 10 correspondants au plus et de 50 associés; les membres, les correspondants et les associés sont élus par l'Académie ; la nomination des premiers doit être soumise à l'approbation du Roi.

La classe des sciences, qui seule nous intéresse ici, est divisée en deux sections composées chacune de 15 membres : la section des sciences mathématiques et physiques et la section des sciences naturelles.

Il ne saurait être ici question de faire l'histoire de la botanique au point de vue des travaux de l'Académie, ce qui exigerait des développements que ne comporte pas le présent ouvrage (0; seulement, nous répéterons que les travaux botaniques publiés par l'Académie sont nombreux, souvent importants et touchent à toutes les branches de la science.

Depuis 1816, les botanistes qui ont fait ou qui font encore partie de l'Académie sont les suivants, avec la date de leur élection :

Membres : J. Kickx f (1817), B.-C. Du Mortier (1829), J.-J.-D. Sauveur f (1829), A.-L.-S. Lejeune f (1834),

(l) Cette histoire a été faite par M. Éd. Morren dans son Rapporf séculaire sur les travaux de botanique et de physiologie t?(^^^^a/^, publié dans le Livre com^némoratif du centième anniversaire de l'Académie (1772-1872).

M. Martenst(I835), J. Kickxf (1837), Ch. Morrent (1838), F.-A. Spring t (18G4), E. Coemans f (1864), Éd. Moiren (1871), F. CrépiQ (1875).

Correspondants : R. Coui-tois f (1835), H. -G. Galeotti f (1841), A. Gilkinet (1875).

Associés : A. Bertoloni t(1827), R. Brown t (1829), Ch.-L. Blume t (1829), A. -P. De Candollef (18:34), J. Decai.sne (1836), Ph.von Marti us f (1842), Ad. Brongniart f (1864), P. Savif (1868), A. De Candolle (1869), Osw. Heer (1809^ A. Bellynckf (1870), El. Pries (1871), Ph. Parlatore f (1871), J.-D. Hookei- (1872), N. Pring^sheim (1874).

III. Société royale Linnéenne de Bruxelles. — La Société royale Linnéenne de Bruxelles a été fondée en 1835 sous le titre : Les vrais amis de Linné. Son but principal est d'aider aux progrès de l'horticulture et de l'agriculture, en organisant des expositions périodiques et en faisant donner des conférences. La botanique n'y est pas négligée; car, dans les expositions, cette science compte toujours plusieurs concours et une partie des conférences lui sont consacrées. Ajoutons que la Société organise, chaque année, plusieurs herborisations, qui sont suivies par un grand nombre d'amateurs. Par ses conférences et par ses herborisations, la Société initie les jeunes gens à la connaissance de la botanique et rend de réels services à la science.

Dès 1872, la Société a commencé la publication d'un Bulletin. Celui-ci, arrivé à son 6« volume et ayant pour rédacteur en chef M. le professeur

L. Pire, renferme des articles variés sur la botanique proprement dite.

Le président actuel de la Société est M. F. Muller et le secrétaire, M. C. Bernard.

IV. Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique. — La Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique n'est pas, à proprement parler, une Société ; c'est plutôt une sorte de comité semiofficiel représenté par des délégués des Sociétés fédérées. D'après l'article 2 de ses statuts, la Fédération a pour but de favoriser les progrès des diverses branches de l'horticulture et des sciences qui s'j rattachent, par des mesures dont Texécution intéresse l'horticulture nationale, et parmi lesquelles doivent être comprises, en première ligne : les réunions périodiques et régulières des délégués, la publication d'un recueil, centre commun des travaux de toutes les institutions fédérées, l'organisation de congrès horticoles et de concours sur les questions d'horticulture.

Chaque année, la Fédération met au concours une série de questions qui touchent à l'horticulture et à la botanique. Les réponses à ces questions qui sont couronnées sont publiées dans le Bulletin de la Fédération. Depuis 1859, année de la fondation de la Fédération, un certain nombre de mémoires concernant la botanique ont paru dans le Bulletin.

Celui-ci forme, chaque année, un volume grand in-8''.

Les présidents de la Fédération ont été : A. Royer (1859-1866) et M. de Cannart d'Hamale (1867- 1877). Le secrétaire est M. Éd. Morren (1859- 1877).

V. Société pJiytologiqne et micrograpîiiqiie de Belgique. — Cette Société a eu pour origine la Société phytologique d'Anvers, fondée par M. H. Van Heurck en 1864. En 1866, elle prit le titre qu'elle porte actuellement. Le nombre de ses membres est très-restreint et son fondateur en est le président depuis l'origine . Ses publications, arrivées aujourd'hui au 2" volume, renferment presque exclusivement des travaux de microscopie et des notices sur les perfectionnements du microscope et sur les préparations microscopiques.

YI. Société belge de microscopie. — La Société belge de microscopie a été fondée en 1874. Ses recherches et ses travaux concernent les sciences médicales et naturelles et les arts industriels. Ses séances sont mensuelles et ont lieu provisoirement au local de la Société entomologique (Musée royal d'histoire naturelle). Ses publications, ayant pour titre : Annales de la Société helge de microscojne, n'ont encore renfermé, comme ayant trait à la botanique, que de petites notices sur les Diatomées.

Les présidents de la Société ont été : M. H. Miller

(1874-1876) et M. Michelet (1877). Le secrétaire est M. J.-F. Cornet (1874-1877).

VIL Cercle des jeunes hotanistes. — Quelques jeunes gens studieux de la capitale, pour la plupart élèves de l'Université ou de l'Athénée, voulant s'instruire et se stimuler réciproquement dans rétude de la botanique, ses ont groupés en 1874 et ont décidé la fondation du Cercle des jeunes botanistes. Celui-ci compte actuellement près d'une trentaine de membres, qui se réunissent fréquemment pour discuter des questions de botanique. Chaque mois, l'un des membres fait une conférence sur un sujet qu'il a spécialement étudié.

Cette petite Société se propose de publier un recueil périodique.

VIII. Société des sciences, arts et lettres du Rainant. — Cette Société, dont la fondation remonte à Tannée 1833, a publié dans ses mémoires quelques travaux de botanique.

§ 5. — Bibliothèques botaniqiies (l).

Plusieurs bibliothèques publiques et privées méritent d'être mentionnées au point de vue des ouvrages de botanique qu'elles renferment.

I. Bibliothèque royale (Bruxelles). — La Bibliothèque royale est très-riche en livres anciens sur la botanique; elle possède même une trentaine d'ouvrages non cités dans la deuxième édition du Thésaurus de Pritzel. La collection d'ouvrages modernes est loin d'être aussi importante. La Bibliothèque royale renferme un assez grand nombre de grandes flores enrichies de planches.

IL Bibliothèque de V Académie royale (Bruxelles). — La bibliothèque de l'Académie offre, dans les nombreuses publications périodiques qu'elle reçoit régulièrement d'une foule d'Académies et de Sociétés savantes, une source précieuse de renseignements botaniques qu'on ne trouve dans aucune autre bibliothèque du pays.

Ul. Bibliothèqtce du Jardin botanique de T État

(1) Pour des détails étendus sur les bibliothèques botaniques, consulter la notice intitulée : Des ressources bibliographiques doné les botanistes disposent en Belgirpie,])diV K. Cogniaux (Bulletin de la Société royale de botanique, t. XII, pp. 147- 166, 1872).

(Bruxelles). — Le noyau de la bibliothèque du Jardin botanique a été formé par l'ancienne Société royale d'horticulture de Belgique.

Ce premier fonds était riche en livres anciens, mais pauvre en ouvrages modernes. Depuis la reprise du Jardin par l'État et surtout depuis la réorganisation de l'établissement en 1875, la bibliothèque a été enrichie de nombreux ouvrages modernes destinés au classement et à la détermination des plantes vivantes, sèches et fossiles.

La bibliothèque du Jardin botanique peut être consultée par toutes les personnes qui visitent les collections.

IV. Bibliothèque de la Société royale de botanique de Belgique (Bruxelles). — La bibliothèque de la Société royale de botanique est formée d'ouvrages qui lui ont été envoyés par ses membres effectifs ou associés ou par les Sociétés savantes avec lesquelles la Société est en relation d'échange.

Le service de cette bibliothèque se fait par l'intermédiaire de l'administration du Jardin botanique.

V. Bibliothèque du Mîosée royal d'histoire natîirelle (Bruxelles). — La bibliothèque du Musée renferme une collection d'ouvrages de paléontologie végétale dont le noyau, formé par feu l'abbé Eugène Coemans, s'est accru par Tachât de nouvelles publications.

VI. Bibliothèque de la Société royale clliorticultnre et de botanique de G and (au local du Casino). — Cette bibliothèque, sans être fort importante, renferme une assez riche série d'ouvrages de botanique et d'horticulture, dont un bon nombre sont illustrés de planches.

VII. Bibliotlièqiies des Unitersités. — Les bibliothèques des Universités laissent beaucoup à désirer au point de vue de la botanique; cependant chacune d'elles renferme des ouvrages plus ou moins précieux.

VIII. Bibliothèque du Collège N.-B. de la Paix à Namur. — La bibliothèque botanique des Pères Jésuites, à Namur, a une importance tout à fait exceptionnelle, qu'elle doit aux soins d'Auguste Bellynck, ancien professeur d'histoire naturelle au collège. Une partie des grandes collections iconographiques provient de la bibliothèque de feu le comte Alfred de Limminghe.

IX. Bibliothèque de 3f. Éd. Morren (Liège). — La bibliothèque botanique de M. Éd. Morren (U est la plus importante du pays. Ch. Morren l'avait commencée ; son fils, par de nombreux sacrifices

(1) Pour plus de détails, voir : Note de M. Eugène Fournier sur les collections de M. Éd. Morren (Bulletin de la Société botanique de France, t. XX, 1873).

et par les échanges qu'il a faits avec La Belgiqiie horticole qu'il publie, est parvenu à quadrupler le premier fonds. On y trouve la série à peu près complète des recueils périodiques consacrés à la botanique horticole.

M. Morren a fait dresser un catalogue trèsdétaillé de sa bibliothèque, accompagné d'un index qui permet de trouver aisément les descriptions et les planches se rapportant à chaque espèce de plantes.

X. Bibliothèque de M. B.-G. Du Mortier (Tournai). — La bibliothèque botanique de M. Du Mortier est également fort importante. Elle est très-riche en ouvrages généraux anciens et en ouvrages descriptifs. Le catalogue comprend près d'un millier de titres.

XL Bibliothèque de Van Houtte (Gand). — La bibliothèque formée par feu Louis Van Houtte renferme la plupart des grandes collections iconographiques se rapportant aux flores exotiques, et qui servaient spécialement à la rédaction de la Flore des serres et des jardins de V Europe, publiée par cet horticulteur. Afin de rendre les recherches plus faciles, Van Houtte avait, avec les planches de ses livres, formé une iconothèque systématique.

XIL Bibliothèque de M. H. Van Heurch (Anvers). — La bibliothèque botanique de M. H. Van Heurck, sans être fort importante, renferme néan-

moins les ouvrages indispensables à rëtude des collections de son musée.

XIII. Bibliothèque de M. J.-J. Kiclx (Gand). — La bibliothèque de M. le professeur Kickx a été formée, en très-grande partie, par son père. Elle est bien fournie en ouvrages traitant de crjptogamie.

XIV. Bibliothèque de M. J.-E. Bommer. — M. Bommer, conservateur au Jardin botanique de rÉtat et professeur de botanique à l'Université libre, a formé une bibliothèque spéciale pour l'étude monographique des Fougères.

§ 6. — Collections de plantes vivantes.

Notre intention n'est pas de consacrer un article spécial à chacun des établissements horticoles et à chacune des collections particulières de plantes vivantes, ce qui nous entraînerait trop loin. Nous voulons nous borner à donner aux botanistes quelques renseignements succincts sur les principales collections qui méritent d'être visitées.

A Gand, la ville des fleurs, on trouvera dans rétablissement de Van Houtte et dans celui de M. Linden [olim VerschafFelt) de très-riches séries de végétaux exotiques. Parmi le grand nombre d'autres établissements horticoles , on peut signaler particulièrement celui de M. A. Van Geert fils. Le

jardin d'hiver et les serres de M. le comte de Kerchove renferment de magnifiques collections de Palmiers et de Fougères. D'autres riches propriétaires de Gand possèdent des serres dans lesquelles ils cultivent avec une véritable passion de belles collections de plantes rares.

A Bruxelles, l'établissement horticole de M. Lemonnier renferme des collections intéressantes . On ne doit pas oublier les splendides installations du parc royal de Laeken, où M. Bogaerts, directeur des jardins royaux, cultive avec tant de succès la flore si variée des pays tropicaux.

Liège possède l'important établissement horticole de Jacob-Makoy. Dans cette même ville, MM. Oscar Lamarche de Rossius et Massange s'adonnent spécialement à la culture des Orchidées de serre chaude.

A Mariemont, M. A. Warocqué a fait élever un magnifique jardin d'hiver, dans lequel sont cultivés avec beaucoup de soin des Palmiers, des Cycadées et des Fougères arborescentes.

Les grandes serres du parc d'Enghien doivent être visitées par les botanistes. Elles renferment des exemplaires très-àgés d'un grand nombre de Palmiers et d'autres plantes intéressantes (l).

(1) Les plantes des serres d'Enghien ont été achetées par le Roi et doivent être prochainement transportées dans les serres de la résidence royale de Laeken, près de Bruxelles.

M. Demoulin, à Mons, possède une admirable collection de plantes grasses (Cactées et Euphorbiacées).

A Waelhem, près d'Anvers, se trouvent les serres de M"* Legrelle-d'Hanis, dont les cultures sont si connues du monde horticole.

M. de Cannart d'Hamale, à Malines, possède de riches collections de végétaux exotiques.

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