‹ Guide du botaniste, ou Conseils pratiques sur l'ètude de la botanique (volume 2)Chapitre 112 sur 148 · MYCOLOGIE · texte numérisé non relu

MYCOLOGIE

tissu semblable à celui de la planta mère. Ces zoospores, pourvus de cils vibra ti les, ressemblent beaucoup à certains animalcules infusoires des genres Diselmis et Euglène, abondants dans les eaux stagnantes. Mais les véritables infusoires ne sont point susceptibles de germer comme les zoospores qui constituent les corps reproducteurs des Zoospermées. On a cru à tort que, selon les circonstances où ils se trouvent placés , les zoospores peuvent se transformer soit en une espèce, soit en une autre espèce ; on a même été jusqu’à admettre que certains corps reproducteurs peuvent, selon les influences auxquelles ils sont soumis, produire des espèces appartenant à des familles différentes. M. G. Thuret s’est assuré qu’un zoospore produit toujours l’espèce qui lui a donné naissance. — Des Algues très inférieures se propagent par la désagrégation des cellules qui les composent; chaque cellule étant susceptible de donner lieu à la production de plusieurs cellules, lesquelles se désagrègent à leur tour. — Le genre Hydrodictyon présente un des modes de reproduction les plus curieux. Une plante adulte se compose d’un sac en forme de réseau dont les mailles sont pentagones;' chacun des côtés de ce pentagone se désagrégé à la maturité et devient une plante semblable à la plante mère. Ce côté de pentagone ou article se gonfle d’abord , et se montre rempli de granules qui se meuvent dans sa cavité avec rapidité, puis ils se Axent sur ses parois avec une grande régularité, et y dessinent un réseau sur le modèle de celui de la plante mère ; bientôt l’enveloppe se détruit, et le jeune réseau acquiert rapidement les dimensions de la plante adulte. — Dans les Floridées (Hétérocarpées) les corps reproducteurs sont de deux sortes et situés sur des individus distincts. De ces organes, les uns sont désignés sous le nom de Spores ( Spermaties , Kutzing); ces spores sont des productions de la partie centrale ( médullaire) ou des cellules allongées : ces cellules s’épanouissent en faisceaux ou en gerbes dans les conceptacles , et leurs derniers articles constituent les spores. Les autres organes sont désignés sous le nom de Télraspores (Anthospermes , Granules ternés , Sphérosporcs , Tétrachocarpes , et Ulricules sporophores); ils naissent dans la couche corticale des frondes, et sont consti-

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tués dans l’origine par un nucléus indivis qui se partage à la maturité en quatre spores ( Spermatidies , Kutzing). Les tétraspores se développent dans une cellule mère qui se résorbe ou se détruit k la maturité ; leur situation et leur disposition k la surface de la plante sont très variées dans les différents genres.— Dans le groupe des Phycoïdées, les organes de la fructification se composent de Spores et de Zoospores; chez certains genres, on admet l’existence d’Anthéridies. — Dans le groupe des Characées , les organes de la fructification sont de deux sortes ( Sporanges et Anthêridies ), portés sur le même individu (plaute monoïque), ou sur deux individus distincts ( plante dioïque). Les Sporanges (Spores auct.) sont ovoïdes, et constitués par deux tuniques enveloppant un?seule spore : la tunique extérieure , membraneuse , transparente, continue ; l’intérieure, opaque, épaisse, composée ord. de cinq lanières qui, partant de la base, s’enroulent en spirale autour de la spore , et vont constituer au sommet les dents de la couronne en soulevant la tunique externe. La spore contient des granules de volume inégal dans un liquide mucilagineux. Les Anthéri c lies (Globules) sont globuleuses, d’un rouge vif , se détruisant avant la maturité des Sporanges ; elles sont composées de deux tuniques : l’extérieure, transparente, continue; l’intérieure, coriace , colorée en rouge , composée de huit pièces triangulaires, dentées, qui s’engrènent par leurs dents. La cavité de l’anthéridie renferme un axe de l’extrémité duquel partent huit corps cylindriques qui divergent en rayonnant, et se fixent au centre de chacune des huit pièces triangulaires; chacun de ces corps est entouré ‘en manière d’involucre par un grand nombre de tubes transparents cloisonnés, dont chaque article contient un animalcule filiforme muni de deux cils ou appendices sétiformes vers l’une de ses extrémités.

Phycostème, Phycostema (Turp.) ; nom donné au disque, nectaire ou perigynium.

Phyllode, Phyllodium ; nom donné aux pétales dépourvus de limbe, surtout lorsqu’ils sont élargis, et présentent un aspect foliacé. (Voir les mots Feuille et Pétiole.)

Phyllopodium ; nom donné aux frondes ou feuilles des Fougères

PHYLLOTAXIE. 720

considérées comme 'supports des organes de la fructification.

Phyllotaxie. On désigne sous ce nom la science qui a pour objet l’étude des lois d’après lesquelles les feuilles sont disposées sur la tige. Les feuilles, considérées relativement à leur arrangement, ont été réparties (par M. Bravais) en deux classes : 1 ° les rectisèriées , c’est-à-dire qui sont situées exactement les unes au-dessus des autres, et forment des séries rectilignes le long de la tige ; 2° les curvisériées : celles dont la série décrit autour de la tige une spirale indéfinie, et ne tombent jamais exactement l’une au-dessus de l’autre, à quelque point de la tige qu’on les compare. — Les feuilles opposées et les feuilles vertici liées appartiennent à la classe des Rectisèriées . Les feuilles d’un même verticille sont séparées entre elles par des intervalles égaux; il en résulte que l’arc interposé entre deux feuilles voisines, ou angle de divergence , est égal à la circonférence divisée par le nombre des feuilles du verticille. Les feuilles d’un verticille sont situées au niveau de l'intervalle qui sépare les feuilles du verticille inférieur et du verticille supérieur; en d’autres termes ; les feuilles de deux verticilles voisins sont alternes entre elles, et les feuilles se trouvent opposées deux en deux verticilles. En raison de ces lois, une tige à feuilles opposées présente quatre rangs de feuilles; une tige à feuilles ternées en présente six rangs ; une tige à feuilles verticillées par quatre, en présente huit rangs, etc. — Les feuilles dites alternes, ou en spirale, appartiennent à la classe des Curvisériées. On a remarqué que, dans les différents cas où les feuilles sont en spirale, après un ou plusieurs tours de spire, on rencontre une feuille qui se trouve à peu près audessus de celle de laquelle on est parti , et si l’on compte au delà un nombre de feuilles égal , on arrive à une nouvelle feuille également située à peu près au-dessus de la première. Chacun de ces ensembles de feuilles , constitué par un ou plusieurs tours de spire, a reçu le nom de cycle . La disposition la plus simple est celle des feuilles alternes distiques; dans cette disposition, la troisième est placée à peu près au-dessus de la première, et, pour arriver à cette troisième feuille, il ne faut qu’un

PIIYLLOTAXIE. — PHYTON.

tour de spire. (Les feuilles alternes distiques n’étant pas exactement superposées ne constituent pas deux lignes parfaitement droites, mais deux lignes légèrement courbes, et appartiennent aux curvisériées et non aux rectisériées.) La disposition eurvisériée la plus fréquente est la disposition dite quinconciale ou en quinconce ; dans cette disposition , en partant d’une feuille quelconque, et en suivant la spirale, on voit que la sixième feuille recouvre à peu près la première et commence un nouveau cycle : chaque cycle se compose donc, dans ce cas, de cinq feuilles, comme il se composait de deux chez les feuilles alternes distiques. — Pour calculer l’angle de divergence des feuilles d’un cycle, on ramène par la pensée la spirale fi un plan horizontal. La divergence des feuilles est généralement un des termes de la série 1/2 , 1/3, 2/5 , 3/8 , 5/13, 8/21 , etc. Dans cette série (U l’exception des deux premières fractions), le numérateur de chaque fraction est formé de la somme des deux numérateurs précédents, et son dénominateur est formé de la somme de ceux des deux dénominateurs précédents. — On nomme Spirale primitive ou génératrice la spirale indéfinie de laquelle émanent les Spirales secondaires, lesquelles sont dirigées les unes dans le même sens que la spirale primitive , les autres dans le sens inverse. La spire primitive peut être dirigée de gauche fi droite ou de droite à gauche. Étant donnée une branche A portant un rameau axillaire B, la feuille de A, qui porte le rameau B à son aisselle , commence la spirale du rameau B (bien qu’elle appartienne fi l’axe précédent ) ; mais tantôt la spirale de B tourne dans le même sens que celle de A (et dans ce cas elle est dite homodrome : o^o;, semblable; àpou o;, course) ; tantôt cette spirale tourne dans le sens contraire (et est dite hétérodrome : cttpoç, dissemblable).

phyllus ; dans les mots composés dérivés du grec signifie feuille, en latin folium .. .

Phytotomie ;= Anatomie végétale; partie de la science qui a pour objet l’étude et la connaissance des organes simples et de leur association en tissus. Cette étude exige l’emploi du microscope, et les procédés de la dissection.

Phyton. M. Cnudichaux désigne sous ce nom l’individu végétal

MlYTOLOGHS.-— PlLEATtS. 7ol

simple, théorique, se composant : d’un mérithalle tigellaire, d’un mérithalle pétiolaire, et d’un mérithalle limbairc. Une plante est une agrégation d’individus simples juxtaposés.

phytos", dans les mots composés dérivés du grec signifie plante , en latin planta.

Phytologie; = Botanique, Botaniça ; science qui a pour objet l’étude des plantes. (Voir le mot Botanique.)

Pho tographie; partie de la science qui a pour objet la description des plantes.

Phytogénésie ; -= Organogénie; = Organogénésie. (Voir ces mots.)

Physique végétale ^partie de la science qui comprend l’Organographie et la Physiologie végétale.

Physiologie végétale; partie de la science qui a pour objet l’étude des fonctions vitales (respiration, circulation, nutrition, fécondation , etc.) chez les végétaux.

piceus , couleur de poix, goudronné, c’est-à-dire d’un roux noirâtre et luisant.

pictus , peint: se dit d’un organe qui présente des lignes ou des

* taches nombreuses qui tranchent sur la couleur du fond.

Pied, Pes; le mot pied a été employé dans les descriptions comme

synonyme de support. Le Pédicule des Champignons a été nommé Pied. Le prolongement de l’axe de la fleur qui, par exemple, supporte l’ovaire dans la tribu des Silénées, et qui a reçu le nom d 'Anthopkore ou Gynophore , a été nommé Pied de l’ovaire. Le prolongement filiforme de certains akènes dans la famille des Composées a été nommé Pied de l’aigrette. Enfin dans le langage vulgaire on dit un pied d’une plante pour signifier un individu.

Pied, Pes; ancienne mesure divisée en douze parties appelées pouces. Le pied équivaut à un tiers de mètre moins quelques centimètres. ê *

piloris; qui ressemble à des cheveux ; dont les filaments sont fins

* comme des cheveux. Link a caractérisé par ce mot certaines

'' aigrettes.

pileatus , = ptleiformis ; qui ressemble à un bonnet, qui a la forme d’un chapeau rond. .

7oî 1MLÉ0LE. — PIXNATISÉgUÉ.

Piléolc, Pileola. Nom donné |>ar M. de Mirbel à 4a feuille primordiale en forme d’éteignoir de certaines plantes Monocotylédonées. (Inusité.)

Pileus, Chapeau ; partie supérieure et dilatée de certains Champignons, portant les organes de la fructification et leurs annexes (chez les Agaricus et les Boletus , par ex.).

Pili glanduliferi , capitati , etc.; poils glanduleux , capités, etc. (Voir le mot Poil.)

Pilidium (Acharius); nom donné dans la famille des Lichens, à certains réceptacles hémisphériques dont la couche extérieure est pulvérulente comme dans le genre Calycium.

Pilosisme ; altération morbide ou anomalie qui consiste dans le développement excessif des poils sur une tige ou des feuilles habituellement glabres, ou à peine pubescentes.

pilosus , poilu; se dit d’une surface garnie de poils peu serrés, assez longs, inégaux, ni dressés ni apprimés, plutôt gros que fins. On nomme Pappus pilosus une aigrette composée de poils simples.

Pilus, Poil (voir ce mot)*

pinguis , gras; dont la surface est enduite d’un mucilage onctueux.

pinnatifide, pinnatifidus ; se dit d’une feuille penniverve (c’està-dire ayant une nervure moyenne de laquelle émanent des nervures secondaires latérales disposées comme les barbes d’une plume), dont chacune des deux moitiés latérales est découpée en lobes superposés ordinairement aigus, et dont les sinus ne dépassent pas le milieu de chacune des moitiés du limbe. .

pinnatilobé, pinnatilobalus ; une feuille pinnatilobée diffère d’une feuille pinnatifide en ce que ses lobes sont arrondis, moins nombreux, et par conséquent plus larges, ils peuvent aussi être beaucoup moins profonds.

pinnatipartit, pinnatipartitus ; se dit d’une feuille penninerve dont chacune des deux moitiés latérales est découpée en lobes superposés, ordinairement aigus, et dont les sinus atteignent presque la nervure moyenne.

pinnatiséqué, pinnatisectus; la feuille pinnatiséquée diffère de

l’LNNÉ. — PISTIL. 733

la feuille pinnatipartite en ce que les lobes (appelés divisions) s'étendent jusqu’à la nerv ure moyenne qu’elles laissent souvent à nu entre elles ( lorsque leur base est arrondie) dans une certaine étendue; ces divisions seraient des folioles si elles étaieut pétiolulées k pétiolule articulé (la feuille serait, dans ce cas, dite pinnèe).

pinné, pinnatus ; se dit d’une feuille penninerve composée, c’estk-dire d’une feuille constituée par une nervure moyenne (rachis, ou pétiole commun) qui donne insertion , à droite et à gauche, k des folioles pétiolulées dont les pétiolules sont articulés k leur base. — Parmi les feuilles deux fois pinnées ou décomposées-pin nées (c’est-k-dire dont le rachis porte des rachis de second ordre qui eux-mêmes portent les folioles), on a nommé Folium pinnato-conjugatum la feuille dont le rachis commun se termine par deux rachis secondaires ; pinnato-ternatum , s’il y a trois rachis secondaires (dans ce cas, le troisième continue la direction du rachis commun) ; pinnato-quatematum , s’il y a quatre rachis secondaires, etc.

Pinnule, Pinnula; ce nom est attribué aux divisions des feuilles pinnatiséquées dans la famille des Fougères. — Le mot pinnule était autrefois employé au lieu du mot foliole dans la description des feuilles composées pinnées. 11 n’est plus employé dans ce sens.

piperitus , poivré; qui a la saveur du poivre.

piquant, pungens ; qui présente une pointe piquante. — On dit aussi saveur piquante pour saveur poivrée; odeur piquante (celle de la moutarde, par ex.).

Piquants; nom général sous lequel on a confondu les Épines et les Aiguillons. (Voir ces mots.)

Pistil, Pistillum; = Gynécée, = Ovaire. Ce nom qui n’est plus usité dans les descriptions en raison du sens peu limité qui lui était attribué, était employé tantôt pour désigner l’ensemble de tous les carpelles qui constituent un ovaire composé de feuilles carpellaires soudées entre elles , tantôt pour désigner chaque carpelle isolé lorsque les carpelles d’une même fleur ne sont pas soudés entre eux ; par conséquent une fleur était dite à un seul pistil lorsque les carpelles étaient soudés, et une

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