XX
Rapport d’Antoine de Juuieu sur les plantes qui altéraient l’eau de la Seine en 1733.
Üaus un rapport iiililiilé : « Examen des causes quionl altéié U l'eau de la Seine pendant la sécheresse de l’année 1731, u et qui fait partie des Mémoires de l’Académie des sriencês ( 14 novembre 1733), Antoine de Jussieu énumère en ces termes les espèces de plantes qui couvraient, en cette année, le lit pres(|ue à sec de la .Seine : « Les plantes aquatiques ont, généralement parlant, des V qualités plus sensibles que la plupart des piaules terrestres. Les U uiK^sefont distinguer par une odeur aromatique si forte qu'elle » en devient désagréable , comme sont les Mentes d’eau ; les autres « sont remarquables par une odeur fétide et marécageuse, telles » sont les Millefeuilles et les Prèles d’eau ; pre.s(|ue toutes ont une ' w âercté intérieure plus oji moins jterceptible au goût, comme » sont les Cressons, les Poivres {Polygonum hydropiper) et les M Renoncules a(iuati<iues; et quelques unes enfin , telles que les » Conftrves ou Mousses d’eau , semblables par leur effet à celui U que rUrtie cause au toucher, échauffent subitement la main qui » les presse.... Tant que ces mêmes plantes sont vivantes et dans » leur entier dans le lit des rivières où elles croissent, quelque » fortes qu’en soient les odeurs et quelque âcres et fetules qu’en M soient lessaveure, elles ne communiquentriendelenr bonne ou » mauvaise qualité à l’eau qui les y couvre, et l’on ne s’aper^-oit à » l'odorat et au goût que ces eaux soient altérées que lorsque, par w la dissolution des parties de ces plantes et par leur corruption,
» elles font participer l’eau dans laquelle elles se trouvent à leur » bonneou mauvaise qualité... Entre les plantes pernicieuses aqua- » tiques dont je veux parler, il y en a deux principales : l’une que » les Ijotanistes appellent Hippuri», genrede plante semblable par J* SOH port extérieur à la Prêle de' nos campagnes; elle en diffère » néanmoins par son odeur, par la contiguration de son fruit, et » parce qu’elle est toujours couverte d’eau ; l’autre porte en latin » le nom de Conferva, tiré de sa qualité brûlante, et en français » celui de Mousse d’eau, ii cause de sa verdure et de son étendue, * par lesquelles elle a quelque rapport à nos Mousses ordinaires... » C’étaient surtout ces deux espèces de plantes dont ces petites » mares d’eau dormante, répandues tout le long du lit de la ri- » vière, étaient pleines, qui, par défaut d’eau suffisante pour les » couvrir entièrement, se fanaient à l’extrémité de leur tige et se » corrompaient ensuite par le pied... L’abondance et l’aecroissc- » ment de ces plantes devinrent si prodigieux eu plusieursendroits » des rivières de Marne et de Seine, qu’on fut obligé de les y faire » déraciner avec une espècederatissoire,pourremédier auxobslf." » des qu’elles mettaient a la navigatioq, et pour i-endre le cours » de l'cau plus libre. »
Plusieurs Equisetum étaient con nus des botanistes anciens sous le nom i'Hippttris, mais Ant. de Jussieu a soin de distinguer les Prêles de son Hippuris ; il y a lieu de croire qu’il ne s’agit pas non plus ici de YHippuris vulgaris qui n’exhale aucune odeur ' désagréable, n’est submergé qu’accidentellement, et dont l’abondance ne saurait jamais être un embarras pour la navigation. La plante désignée sous le nom à'Hippuris par Ant. de Jussieu, et qui me parait être la même que celle appelée parCornuti Hippuris fœtens, serapporteaucontraire, sans difllcultc, à notre Chara fœtida, plante submergée, susceptible de former rapidement dans tes cours d’eau des masses considérables, et dont l’odeur est forte, et désagréable. G. Bauhin décrit et ligure le Chara fœtida sous le nom à' Equisetum fœtidum sut aqua repens... quod Lugdunenses Chara vacant; c’est, dit-il, Y Hippuris minima de Dioscoride.