LIVRE TROISIÈME
De i'ôtilité d’un herbier.
De tous les livres de botanique, le plus instructif, et en même temps le plus agréable à consulter, est un herbier bien fait. Un échantillon, recueilli avec intelligence et préparé avec les soins convenables, est préférable à la plus fidèle gravure; et un coup d’œil jeté sur cet échantillon laisse dans l’esprit une idée de la forme générale de la plante, infiniment plus nette que celle qui pourrait ré.sulter de la lecture de la meilleure description.
Une description n’est pas destinée, d’ailleurs, à être lue et étudiée en l’alisence de la plante qu’elle a pour objet, mais seulement à faciliter .son étude lorsque l’on a cette plante sous les yeux. Or il est rare que l’on rencontre dans une même excursion toutes les es|)êces d’un même genre ou tous les genres d’une même famille; et cependant on ne saurait bien connaitre les espèces d’un même genre qu’eu les comparant entre elles,' et les genres d’une même fanpille qu'eu les comparant entre eux.. Aussi les herbiers où l’on trouve classés dans un ordre logique toutes les espèces de chaque genre recueillies aux diverses pt-riodes de leur végétation sont-ils un des moyens d’étude les plus indispen.sables.
Si les plantes sèches sont moins faciles à étudier que les plantes fraîches, ellesbffrent de plusque ces dernières l’avantage de |)ouvoir être consultées dans toutes les saisons de l’annré ; leur possession est même d’autant plus utile et d’autant plus agréable, que c’e.st en général pendant l’hiver, alors que toute trace de végétation semble avoir dis|>nru du sol, que l’on trouve le temps de se livrer à l’étude des espèces dans le silence du cabinet.
Bien des années après les avoir recueillies, on se rappelle, en