VI
Se la récolte des plantes.
Le plus grand nombre des plantes herbacées peuvent et doivent être recueillies entières, y compris la racine, si la plante esià racine pivotante. Si la plante est vivace, on doit, selon que la souche est cespiteuse ou Iravante, petite ou très volumineuse, enlever cette souche en entier ou se contenter d’un fragment. Si la souche part d’un centre commun, on doit enlever un fragment de cette partie centrale pour que le mode de TOgétation de la plante soit indiqué.
Selon la difficulté, on enlève les plantes avec la serpette, le ferde-lance, ou la pioche. Si elles sont de i)elite taille et abondantes, on en prend ordinairement plusieurs échantillons. Lorsque les plantes sont |>lus longues que le papier de l’herbier, on ne les casse pas, en les plie une ou plusieurs fois sur elles-mêmes, d’une longueur de trois décimètres environ ; les plis doivent être pratiqués non en courbant la tige, mais en la pliant, franchement k angle aigu, après avoir pincé cette tige, si elle est succulente et fragile, k l’endroit où doit être fait le pli, afin d’éviter de la rompre.
La plante ainsi |)liée est déposée isolément daas le oartable ou dans la boite, et, dans ce dernier cas, de manière k former une couche régulière sur les plantes qui s’y trouvent déjà ; celte précaution empêche les fdantes de se frois.ser, et permet d’en introduire dans la boîte un nombre beaucoup plus grand que si on les y mettait en désordre. Il va sans dire que les plis de la tige auront
i>E LA RÉCOLTE
dû, auUint que possible, être faits de manière à laisser au port de la plante son élégance ; pour cela, les plis ne doivent pas être pratiqués trop près de la sommité fleurie. On peut, du reste, sans inconvénient, plier la tige en tronçons inégaux ; il faut surtout se garder de la plier trop longue, car si elle dépassait la longueur du papier de l’herbier, elle ne tarderait pas à être mutilée par des froissements inévitables : il vaut beaucoup mieux que la plante pliée n'atteigne pas les limites de la longueur du papier. Du reste, on prend très facilement l’habKude de plier les tiges de la longueur convenable.
Certaines plantes herbacées peuvent offrir, surun seul spécimen de la taille du papier d’herbier, racine, feuilles radicales, feuilles cauUnaires, fleurs et fruits, c’est-à-dire, tous les organes nécessaires à l’étude complète de l’espèce; mais il est assez rare qu’il en soit tout à fait ainsi. En effet, à l’époque où les fruits commencent à mûrir, les feuilles radicales se détruisent, et, la plupart du temps, elles n’existent phis à la maturité. Pour posséder la plante complètement, il est donc presque toujours indispensable d’en recueillir des échantillons à diverses époques de l’année : lorsqu’elle commence à germer et ne présente que les feuiUes cotylédonaires et primordiales, lorscju’elle ne présente qu’une rosette de feuilles radicales, lorsqu’elle est en pleine floraison, et enfin lorsqu'elle est en fruit et que les graines sont mûres. — Si les graines ou les fruits se détachent, on les recueille à part et on les place dans un sachet de papier que l’on joint à l’échantillon.
Si la plante, bien qu’berbacée, est de très grande taille, on recueille à part : des fenilfes radicales, des féuiiles imises à la partie moyenne de la tige, des rameaux florifères et des rameaux fructifères; en outre, pour donner une idée de la lige, ou en prend un tronçon que l’on fend en deux moitiés pour éviter une épaisseur inutile; on peut également fendre en deux moitiés les capitules très gros de certaines composées, ainsi que.k*s fortes racines , et détacher un fragment des souches les plus volumineuses.
Si la plante est un arbre oa un arbrisseau, on recueille des r<imeaux en fleur, des rameaux en fruit, et des rameaux stériles ; h» rejets de la base sont eu général à feuilles plus amples, les ro-
ET DE LA PKÉl>ARATIO.\ DES PLAMTCS.
rneaux du sommet à feuilles plus petites K quelquefois de forme différente. Du reste, un rameau d’arbre donne une idée satisfaisante de l’arbre entier, puisrjue tous les rameaux, quel qu’en soit le nombre, diffèrent peu l’un de l’autre.
Lorsque la plante est dioique, H est évident que l’on ue possède l’espèce que si l’on a recueilli l'individu mâle et l’individu femelle, et ce dernier tant eu fleur qu’en fruit.
L’importance de posséder les fruits mûrs dans certaines familles est des plus grandes, c’est ainsi que tous les genres, et la plupart des espèces, de la famille des Crucilères et des Ombcllifères, ne peuvent être déterminés que d’apri’s l’inspection du fruit et de la graine mûrs. '
Chez certaines. plantes, les fleurs se développent avant les feuilles (c’est ce que les anciens nommaient filius ante palr-enin on doit recueillir les plantes d’abord au point de vue de la fleur, puis au point de vue des feuilles et des fruits. C’est ainsi que, lK)ur iKXsséder en herbier une esjmce complètement représentée du genre Sa/ix, on doit avoiV : un rameau de l’individu mâle en fleur, un rameau de l’individu femelle eil fleur, des rameaux de l’individu femelle à fruits demi-mùrs et complètement mûrs, et des rameaux des individus à ftmilles complètement adultes. Afin d’être sûr de recueillir les feuilles sur les arbres même qui ont fourni les échantillons en fleur, il est indispensable d’attacher â chaque arbre une étiquette de plomb portajtt un numéro semblable à celui qu'on a eu soin d’attacher â l’échantillon en fleur préparé pour l’herbier, de manière à pouvoir faire avec certitude une série de récoltes, à diverses époques de l’année, sur le même arbre. ,
Des recherches pleines d’intérêt consistent à chercher les diverses variétés d’une plante signalées par les auteurs, variétés cpii , pour la plupart , sont susceptibles d’être rencontrées dans les pays où l’on trouve le type. Les variétés qui ont le plus d’importance, et méritent le plus. d’attention , sont celles qui ont paru il quelques auteure devoir être élevées au rang d’espèce , et qui sont encore considérées comme telles par un certain nombre de botanistes.
Les variétés les moins importantes à recueillir sont celles qui
T>E IA RHCOLTE
ne consistcnl que dans une modiflcalion dans la couleur de la fleur, par exemple, h couleur rose ou bleue, remplacée par la couleur blanche : ces diverses couleurs se conservent rarement sur la plante sèche.
On doit , lorsqu’on possède la forme-type d’une plante, en rechercher les formes exceptionnelles : les petits échantillons des grandes plantes, les grands échantillons des petites plantes , et les individus qui, placés en dehors de leur station habituelle, ont pris un fades inaccoutumé. C’est ainsi que les plantes des années sèches ou des lieux très arides sont rabougries et chargées de fleurs, et que les plantes des années pluvieuses ou qui ont cru à l’ombre et h l’humidité sont très succulentes, de grande taille, à feuilles très amples, et à fleurs peu nombreuses et souvent mal développées.
Il est surtout intéressant de recueillir dans des stations diverses les plantes polymorphes, c’est-à-dire, de formes extérieures variables, 'et dont on trouve rarement deux individus d’aspect tout à fait identique. Telles sont plusieurs especes des genres Rubtts, Rosa, Chenopodium , Atriplex, etc.
On doit, autant que possible, recueillir les plantes parasites , en conservant leurs adhérences avec la plante nourrice. Chez les Orobanches, où. ces adhérences sont souterraines, e't se rompent .par la plus légère traction, pour éviter cet accident, il faut mettre en usage Tes précautions les plus minutieuses : on enlève d’abord la plante avec une motte de terre volumineuse; i>uis , si l'on se trouve près d’un ruisseau , on porte la motte dans le courant de l’eau, les racines se trouvent lavées et les adhérences jnises à nu sans rupture; si l’on n’est pas à proximité de l’eau , on détache la terre sans secousse et lentement.
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]>et QbjeU néeessairei h la préparation des plantes.
Papier à sâchér. — Papier gris, demi-ooUé, assez fort, de l\k centimètres de hauteur sur 26 de largeur ; trois rames ou davantage.
Papier en feuilles séparées. — Une des trois rames pn^dentes (ou une rame de papier blanc non collé, de même format) doit être divisée en feuilles séparées. C’est dans chacune de ces feuilles doubles que l’on place les plantes fraîches en les retirant de la-hoite.
Papier en coussins. —'Les deux autres rames doivent être divisées en coussins : pour cela, on en fait des cahiers composés de quatre feuilles doubles placées l’une dans l’autre; puis, pour empêcher les feuilles de se séparer, et faciliter le maniement des cou.ssins,on pique chacun de ces coussins de deux ou trois points avec du gros fil. Ces coussins, que l’on place sous la presse entre les feuilles qui renferment les plantes fraîches, sont destinés à en absorber l’humidité.
Une ou deux presses. — La presse la plus commode et la plus simple, se comiwse de deux planches de bois blanc terminées à chacun des deux bouts , pour les empêcher de se déjeter, par une traverse de bois dur ; ces planches portent en outre chacune, sur une de leurs faces, deux coulis.ses formées de traverses surajoutées, creusées en gouttières, et situées vers les deux extrémités. Ces traverses sont destinées à augmenter la solidité des planches et à faciliter le jeU des courroies. La presse est complétée par deux longues et fortes courroies de cuir, terminées chacune par une forte boucle , et percées d’oeillets dans presque toute leur longueur. Le paquet de plantes à sécher étant placé entre les deux planches, on le serre , à volonté, au moyen des courroies.
Les planches peuvent être remplacées par des châ.ssis de bois dur, pourvus de deux traverses croisées. Ces châs.sis sont plus légers que h» planches, et présentent l’avantage de laisser une partie de la surface du paquet en contact avec l’air, et par conséquent de hâter la dessiccation; mais ils offrent moins de solidité que les planches.
2li'i DK LA. RtXULTL
courroii'S sont indisiwnsables en voyage, mais on i)cut les rem |)lacer chez soi en plavant sur la planche supérieure deux poids en foute de 20 kilogrammes , une grosse pierre, ou des infolio. L’emploi de ces corps lourds présente l’avantage d’une pression continue, tandis qu’il est nécessaire de serrer les courroies k mesure que le paquet a perdu une partie de son volume, par suite de la compression qu’on lui a déjà fait subir.
Feuilles de fer*bta»c. — Four emj)échcr les plantes de coti.sistances divers('s de nuire les unes aux aulrt's , j'ai imaginé de stiparer les diverees couches par des feuilles de fer-blanc qui empêchent l’humidité des unes d'atteindre les autres , ou les inégalités des pins robustes de gâter les plus délic’ates. Les feuilles de fer-blanc peuvent être, eu outre, fort utiles en voyage, pour multiplier le nombre des presses, lorsque l’on a sécher une grande quantité de plantes en mêmé temps: |X>urce dernier usage, il est bon que les feuilles de fer-blanc soient percées de trous circulaires afin de fournir une issue à l’humidité.
3>e la préparation dci plante* phanérogames.
Au retour de l’herborisation, si l’on ne peut s’occuper immér diatement de la préparation des plantes, on doit mettre à la cave la boite qui les renferme, afin de les maintenir fraîches; on peut aussi, au besoin, les retirer de la boîte et les enveloptier d’une toile cirée ou d’un linge mouillé. Mais le mieux est , s’il est possible, , de les préparer sans différer. — Pour cela , on se place devant une vaste table sur laquelle on dépose les plantes que l’on retire de la boite avec piécaution, piiis on groupe par lots les espèces de diverse taille et de diverse consistance : ainsi on réunit, d’une part, les Graminées, Cyf)éracées, ou autres plantes non succulentes, puis les très petites plantes; d’autre part, les grandes plantes herlvacées, puis les plantes ligneuses, et enfin les plantes grasses, charnues ou bulbeuses, qui doivent recevoir une prépa-
ration spéciale. On épinse siicces-sivement chaque lot avant de commencer la préparation d’un autre. — Chaque plante doit être placée dans une des feuilles doubles de papier, dont on doit avoir la provision sous la main. Si ce sont de petites plantes, on peut en placer plusieurs sur la niêjiie feuille, de manière à la couvrir complètement; cependant on doit éviter qu’elles se touchent entre elles. — La plante doit être laissée dans le papier dans la position o(i elle y e.st tombée naturellement; il faut se garder, sons prétexte d’élégance ou de régularité, de redresser ou d’écarter de leur position naturelle, eu les courbant, des feuilles, des rameaux, (k*s rhizomes, des stolons, ou des tiges rampantes; bien loin de les embellir, on ferait perdre aux jilantes leur aspect naturel en les déformant. Si l’échantillon est excessivement touffu, et que l’on ait à redouter un feutrage confus, on peut supprimer une partie des branches et même des feuilles, mais en lais.sant la base de ces organes de. manière k lais.ser voir la place qu’ils occupaient. Les tiges sèches des années prt'cédentes, ou au moins leurs liases, doivent être respectées toutes les fois que cela est pos.sible. On doit également n’enlever que rarement delà base de la plante, sous prétexte de nettoyer réchantillon , les feuilles qui commencent k se détruire, car ces feuilles, ou même leurs débris, peuvent jirésenter des caractères importants et contribuent d’ailleurs k donner k la plante son port naturel , et par conséquent de l’élégance et de la grAce.
On ne doit pas non plus s’efforcer d’empêcher les feuilles de faire les plis longitudinaux qui résultent de leur forme et de la compression , on doit seulement empêcher les plis accidentels transversaux. Si les échantillons se sont flétris k l’air depuis la récolte, ils seront toujours mauvais, quelque soin que l’on prenne pour déplis.scr les feuilles; il ne faut, danse* cas, consener ces échantillons que s’il n’est pas possible de les remplacer l>ar d’autres.
Lorsque la racine ou la souche est chargée de terre, cette terre, si elle est sablonneuse, tombe d’elle-inême ou s’enlève aisément au moyen d’une brosse; si la terre est argileuse, on fera bien de laver la racine k grande eau , mais en ayant soin de l’essuyer avec un linge avant de mettre la i)lante sous la presse.
DE LA RÉCOLTE
On croyait, autrefois , obtfnir de plus be,aux résultats en séparant les diverses parties des plantes par de petits morceaux de papier pour les empêcher d'adhérer entre elles ; ces soins minutieux, qui entrainenl une grande perte de temps , n’aboutissent en général qu’à altérer la direction naturelle des feuilles. On peut seulement , si l’on veut, mettre un peu de coton daus l’intérieur de certainescorolles gamopétales, pour empêcher les deux parois d'adhérer intimement et permettre de voir , sans avoir besoin de les ramollir à l'eau chaude, le gynécée et l’androcéc.
Si .les plantes ont été déposées pendant l’herborisation entre les feuilles du cartable, on ne doit point les en retirer; on traite la feuille double qui les contient comme la feuille double dans laquelle on vient de mettre une plante fraîche. Si plusieurs plantes ont été entassé;es sans soin dans une même feuille du cartable, et qu’il faille les en retirer pour les séparer, alors qu’elles sont dc-jà flétries, ces piaules seront nécessairement gâtées, et constitueront des spécimens très défectueux. En effet, l’usage du cartable n’est profitable que lorsque l’on peut donner aux plantes tous les soins coin'enables, en les y plaçant; lorsque le lemjis manque pour cela, il est plus avantageux de Jes mettre dans la boîte.
, Lorsque toutes les jdantes sont dans le papier, chaque échantillon étant accompagné d’une étiquette indiquant le lieu et la date de la récolte., et les couleurs (souvent utiles à connaître) des orçanes.de la fleur, ces couleurs ne se retrouvant plus sur la plante sèche, on place alternativement l’une sur l’autre une feuille pleine de plantes et un coussin ; quand on passe d’une série à une autre, on sépare les deux séries par une feuille de fcr-blanc, enfin on place le paquet général entre les deux planches de la presse.
On s’assure que le paquet ne présente pas plus d’épaisseur à un bout qu’à l’autre, l’épaisseur de certaines souches occasionnant souvent une, inégalité d’épaisseur qu’il es^facile do corriger, en mettant alternativement quelques fascicules en sens inverse l’un de l’autre; puis on comprime le paquet entre les deux planches de la pri“sse, au moyen des deux courroies. On serre d’abord médiocrement les deux extrémités pour ne point faire dévier le paquet, après quoi ou le serre le plus fortement possible.
Après douze heures ou vingt-quatre heures au plus, on desserre
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ET DE LA PRÉPADATtON DES PLANTES. 205
la presse, et sans ouvrir les feuilles qui renferment les plantes, on retire les coussins humides pour les remplacer par des coussins secs; puis on rétablit la presse, et l’on éude, en les imbriquant sur un parquet ou au grand air, les coussins humides pour les faire sécher. Si l’on a un four à sa dis{)osition, ainsi que cela est possiltle à la campagne, on fait sécher les coussins humides sur le four, et on les emploie lorsqu’ils sont encore chauds: la dessiccation des plantes en est plus rapide. Pendant les deux ou trois prt'miers jours, les coussins doivent être renouvelés de douze en douze heures, ou au moins toutes les vingt-quatre heures; puis, on peut ne les changer que tous les deux Jours, iluità douze jours suffisent pour la dessiccation de la plupart des plantes, lorsque le temps est chaud et sec. Quant aux plantes à feuilles épaisses, il faut quelquefois beaucoup plus longtemps; c’est jKiur cela qu’il est si utile de les grouper selon leur consistance: en clïet, lorsque des plantes sont presque .sèches et parfaitement pré|)arées, il suffit du voisinage d’une plante sm-culente encore chargée d’humidité pour les faire noircir et les gûter complètement.
Les plantes doivent être fortement comprimées, car il est important (ju’elles cessent de vivre brus(piement; sous une presse peu serrré, elles continuent à végéter, se décolorent, noirci.ssent et .sèchent plus lentement. La compression ne doit pas aller ce- |)cndant jusqu’il l’écrasement des feuilles et des fleurs: on donnerait ainsi k la plante une transparence désagréable, et l’on rendrait l’analyée des lleui’s impraticable.
En voyage, il est embarrassant et disj)cndieux de transporter avec soi une grande quantité de papier; anssi renonce-t-on souvent alors k l’emploi des coussins pour préparer les plantes. On se contente d’empiler sous la jiressc les feuilles doubles qui renferment les plantes fraîches, en ayant le plus grand soin de faire des fascicules des plantes de consistances diverses, et de sé|)krer ces fasciiuiles par des feuilles de fer-blanc. Au bout de douze beu- . res, on retire les feuilles de dessous la pres.se, et sans les ouvrir, on les étale sur le parquet en les imliriiiuant, c’est-k-dire, en les recouvrant k demi les nues par les autres. En général, le lieu le plus convenable pour celte opération est un vaste grenier, surtout s’il est parqueté; la dessiccation se fait plus lentement sur le caris
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DE LA nÉCULTE
reau. SI la température est très élevée, c’est pendant la nuit qu’il faut étaler les plantes; le soleil, en les séchant très rapidement, les ferait se crisper et les mettrait hors d’usage. Lorsqu’on les étale pendant le jour, il faut les relever au bout de. quelques heures. Les pfantcs aquatiques et autres plantes dont le tissu est très délicat se déforment promptement à i'atr; elles se crispent quelquefois en peu d’instants, au point de devenir méconnaissables; aussi n’esLil jamai»prudent de les étaler pour les faire sécher; il faut toujours, pour la dessiccation de ces espèces, être |)Ourvu d’une certaine quantité de coussins. — Lorsque le temps devient orageux, les plantes à demi sèt^hes tendent a fermenter, et noircissent souvent en dépit de toutes les précautions.
On doit rarement sécher les plantes en mettant les paquets dans un four très chaud. En effet, si le paquet renferme un trop grand nombre de plantes, ces plantes cuLseot dans l'eau qu’elles exhalent , et elles noircissent Inévitablement. Ce système peut cependant réussir, si les paquets sont très minces et serrés entre des châssis â claire-voie qui permettent à la vapeur de s’échapper par une grande étendue de leur surface mais les plantes séchées de- cette manière ont l’inconvénient d’ètre très fragiles et de se briser au choc le plus léger. — On achève rapidement en route la dessiccation des plantes demi-sët'hes par le transport des paquets a l'air libre sur le dos des mulets.
En voyage, lorsque les plantes sont sèches , afin de réduire le paquet au plus petit volume possible, on les retire des feuilles doubles où elles ont séché, et on les place sur des feuilles simples de papier mince et collé; puis on les groupe en un certain nombre de fascicules, dont chacun doit être enveloppé dans une feuille double, et l’on réunit ces fascicules en un ou plusieurs paquets, en ayant soin de séparer les fascicules de plantes déiieatesdes fascicules de plantes robustes ou épineuses. Les paquets doiveut être complètement entourés d’un papier d’emballage, très fort, puis solidement ficelés an moyen d’une corde qui se croise h trois hauteurs différentes de la longueur du paquet. Ces paquets sont ensuite disposés dans des caisses de bois léger hermétiquement cbkses, pour être expédiés à leur destination.
KT »K LA ■•nÉPAHAllOK ÜKS PI.AM'ES.
De le préparetioD à l’eau laouiliaute.
Les plantes grasses , les Orchidées , les Liiiacées, etc., noircissent, malgré les soins les plus assitlus,£i l’on se contente, pour Les préparer, des procédés ordinaires de dessiccation que nous venons d’indiquer. Certains Sedum et Sempervivum continuent même à végéter en s'étiolant sous la presse le plus fortement serrée; il faut, pour parvenir à dessécher complètement et rapidement ces plantes , les désorganiser subitement: |)Our cela , on a recours à l'eau bouillante.
On fait bouillir de l’eau dans un vase profond sur un fourneau ; puis l’eau œntinuant de bouillir sur le feu , on y plonge pendant quinre à vingt secondes chaque plante grasse, l’une après l’autre, en ayant bien soin de ne plonger la tige que jusqu’au point oh commencent les fleurs. Les plantes» ainsi échaudées , sont déposées sur une serviette oü on les laisse s'égoutter pendant quelques instants , puis on les place avec soin dans la feuille double de papier à sécher, en redressant, pour les placer dans leur direction habituelle, les parties que l’eau bouillante a flétries.
11 s’agit alors de désorganiser les sommités florifères qui n’out point dû être atteintes par l’eau et qui continueraientk végéter isolément sous la presse ; les ovaires des Orchidées, dont la souche et la tige ont été échaudées, mûrissent ainsi en épuisant les autres parties de la fleur. Lors donc que les plantes ont été placées dans la feuille double de papier gris, on ferme cette feuille, puis, au moyen d’une bouteille de verre dont on se sert comme d’un rouleau, on écrase légèrement^la partie encore vivante de la plante, de manièce à la désorganiser, sans cependant l’aplatir entièrement.
Les plantes, ainsi préparées, sont traitées comme les plantes ordinaires; cependant on peut mettredoubles coussins, en raison de la quantité d’eau qu’elles répandent.
Un autre procédé , meilleur encore que les précédents , et par
DE LA RÉCOLTE
' lequel on peut les compléter , mais qui exige plus de temps , consiste à sécher les plantes grasses au moyen d’un fer à repasser. Pour cela, la plante étant placée dans la feuille de papier gris fermée, on promène le fer fortement chauffé sur le papier au point où se trouve la plante; la plante, ainsi comprimée sous le fer chaud , rend l’eau qu’elle contient et dont le papier s’imprègne ; on la change de place avec précaution, ou mieux on remplace par un papier sec le papier humecté qui la couvrait, et l’on continue l’opération avec le fer chaud. Par ce procédé on parvient en quelques minutes à sécher complètement un échantillon ; les feuilles et la tige restent parfaitement vertes , el les couleurs de la fleur sont plus ou moins conservées.
* On peut aussi désorganiser assez sûrement les plantes grasses en les plongeant dans un bocal d’alcool, d’où on les retire pour les préparer après une journée de macération. Ce procédé présente l’avantage de moins altérer la forme de leurs organes.
Quant aux objets charnus ou d’une texture très délicate , que Port désire conserver pour l’étude sans les sécher ni les comprimer, on les met dans un flacon d’alcool rectifié, soit chacun isolément dans un flacon spécial portant une étiquette, soit mêlés dans un vaste flacon d’où on les retire au besoin. Il existe des épingles à tête d’émail portant un numéro: on peut fixer à chaque objet une de ces épingles, en ayant soin d’inscrire sur un catalogne le nom des objets que l’on peut placer successivement dans le flacon et les numéros qui correspondent à ces noms. Lorsqu’il S’agit d’étudier ces objets racornis et rendus fragiles par l’alcool , on les laisse séjourner pendant quelques heures dans l’eau tiède, où ils reprennent leur forme et leur flexibilité.
Enfln , il est des objets qu’il est important d’étudier immédiatement, tant leur texture est fugace et délicate, et tant leur volume est peu considérable; l’alcool détruit d’aiHeurs complètement les couleurs, .et l’on peut tenir à conserver le souvenir d’une coloration : dans ces différents cas, le dessin est indispensable; on analysé et l’on dessine immédiatement ces objets, et si le dessin est exact , on les possède de la manière la plus complète et la plus indestructible. •
ET DE LA PRÉPARATtON DES PLANTES.
XRe l> reobercbey de la récolta et de la préparation des Fougères , des Mousses et des Zûobens.
Les Fougères sont des plantes généralement très faciles à préparer, elles ne demandent aucun soin particulier. Ôn aura dû choisir les échantillons à divers états de développement, surtout à l’état de maturité des fructifications; si la plante présente des frondes fertiles et des frondes stériles, il est inutile d'ajouter que l’on a dû recueillir les unes et les autres.
Je n’ai rien à dire de spécial relativement aux Lycopodiacées, Ëqnisétacées , Marsiléacées,^lsoétidées, etc. On les prépare par les mêmes procédés que les phanérogames.
Quant aux plantes de la famille des Mousses et de la famille des Lichens, elles présentent une particularité bien curieuse, et qu’il est utile de connaitre pour leur récolte et leur préparation. Ces plantes étant complètement desséchées , et mortes en apparence depuis plusieurs mois et même depuis plusieurs années, si on les humecte et qu’on les expose à l’air libre, elles reprennent l’ap|)arence de la vie, comme si leur existence n’avait ])uint été interrompue. Ou peut donc conserver ces plantes indéfiniment avanide les préparer; ou les récolter sèches, et se contenter de les humecter la veille du jour où l’on désire les préparer ; il faut seulement avoir soin de les conserver k l’abri de l’humidité , car si elles avaient moisi et fermenté , on conçoit qu’elles seraient détruites sans retour.
Pour récolter les Mousses et les Lichens, si l’^pèce croît sur une écorce on la détache avec la serpette en enlevant un fragment de l’écorce ; s’il s’agit d’un Lichen de petite taille et qui croisse sur la terre humide , on l’enlève avec le fcr-de-lance. Certains Lichens , qui croissent sur les pierres et les rochers , y sont tellement incrustés, quion ne peut les avoir sans détacher en même temps un fragment de' pierre ; on se sert pour cela d’un ciseau et d’un marteau, comme pour enlever unéehantiHon de roche.
310 ' DE LA RÉCOLTE
C’est après ]a pluie et pendant les journées humides qu'il faut aller à la recherche des Mousses et des Lichens: on les délache alors facilement, et sans les briser, des écorces et des rochers auxquels ils sont adhérents ; si l'on essa^tiil de les récolter par uh temps très sec, ils tomberaient en poussière et l’on ne pourrait en recueillir que de mauvais débris.
Certaines Mousses, et la plu|)art des Lichens , peuvent être recueillis dans toutes les saisons dé l’année , mais c’est surtout en automne, vers la fin de l’hiver et la première partie du printemps, que les Mousses et les Hépatiques se trouvent en bon état , c’està-dire, en fructilication.
Pour recueillir les Mousses et les Lichens, on doit sé munir de plusieurs douzaines de sacs de papier blanc assez fort , de 20 centimètres de haut sur 10 centimètres de large. Chaque espèce récoltée se place dans un sac particulier, sur lequel on écrit au crayon les renseignements relatifs à la récolte et le nom de la plante, s’il vous est indiqué. Les sacs sont entassés au fur et à mesure dans la boîte de fer-blanc. Ce procédé de récolte est indispensable pour ces petites plantes, qui, si elles étaient déposées librement dans la boite, se mêleraient ensemble et avec la terre qui les accompagne, et scra’ient, au retour, fort difficiles à séparer les unes des autres, tandis que leur préparation se fait, gi'Âce à ce procédé ,• méthodiquement et sans que l’on ait à -craindre de mêler les espèces voisines, ou d’oublier, les lieux où chacune a pu être réenltée.
l^s Mousses et les Lichens, étant placés dans la feuille double de pnpier,à sécher, sont traités comme les plantes ordinaires; mais leur préparation ayant lieu souvent |)cndant l’hiver, alors que l’air est chargé d’humidité, et ces plantes étant d’ailleurs d’un degré de vitalité susceptible d’une longue résistance , il Ibut les lais.ser entre les cou.ssins plus longtemps qu’on ne le ferait l’été , même pour des es|)èees^plus succulentes.
Les exiwnsions foliacées ou crustacées des Lichens ne demandent aucunsoin particulier; il en est de même des Mousses à tiges allongées et dendrokles : mais les très petites espèces qui ronstltuent, sur la terre humide, un gazon court etserré, demandent des précautions assez minutieuses; on ne peut guère placer dans
KT DK L.V PKKDAIIATIO.N DKS PLAMKS.
l'herbier de larges plaques de terre revêtues d’une couche de mousses feutrées, la plante serait presque nicconnaissable. On doit diviser, avec, un couteau , ces plaques de terre couvertes de petites mousses, en tranches minces, que l’on place sur le papier, de telle sorte que la terre soit au-dessous de la mousse, et que la mousse sc détache sur la couleur blanche du papier; ou détache la terre adhérente aux racines, eu en laissant néanmoins assez pour que la Mousse reste en gazon. Lorsque ces tranches sont sèches, ou les fixe sur un carié de papier blanc, avec une dissolution de gomme arabique , et l’échantillon ainsi préparé est placé dans l’herbier.
la teeberche , de la récolte et de la préparation dei Algaei et dei Characées.
Les Algues vivent les unes dans l’eau douce, les autres dans l’eau salée. Nos eaux dormantes en renferment un grand nombre de genres et d’espèces; quelques unes même habitent la surface de la terre humide. Mais c’est l’eau de la mer quiTccèle les plus belles et celles dont la taille est la plus grande ; elles sont attachées aux rochers sous-marins laissés à découvert sur les côtes à la marée basse , et aussi aux rochers toujours submergés qui occupent les plus grandes profondeurs.
Un grand nombre, d’espèces d’ Algues, tant d’eau douce que d’eau salée, sont constituées par des filaments longs et flexibles ou des membranes minces et délicates ; ces plantes prennent la forme d’un pinceau mouillé lorsqu’on les retire de l’eau, et, si on les plaçait dans cet état sur le papier pour les sécher, elles formeraient une masse compacte dans laquelle il serait impossible de distinguer aucun caractère, ni de retrouver la forme de la plante vivante.
Pour préparer convenablement les Algues, et k>s posséder dans toute leur beauté , on doit se munir d’un vase large et peu pro-
DE LA RÉCOLTE
fond que l’on remplit d’eau, et dans lequèl on place la plante; puis, au moyen d’une plume ou d’un manche de pinceau, on agite légèrement les filaments , pour qu’ils prennent la’direction qui leur est naturelle. On introduit alors dans l’eau , et au-tlessous de l’Algue, upe feuille de papier fort, soit du forûiat de l’herbier, si l’Algue est de grande dimension , soit un carré' plus petit du même papier, s’il s’agit d’une espèce de petite taille. (Plusieurs de ces carrés se placent dans l’herbier .sur une même feuille et sont traités comme des échantillons ordinaires.) La feuille de papier étant introduite sous l’Algue fiottante dans l’eau, on la relient au moyen du doigt ou de la baguette, par sa base, h l’une des extrémités de la feuille de papier; puis, inclinant légèrement le papier, on le tire doucement hors de l’eau , avec l’Algue qui. le recouvre, en ayant bien soin d’agiter les filaments encore dans l’eau , de telle sorte qu’ils se déposent sur le papier dans l’attitude qu’ils avaient lorsqu’ils flottaient librement.
Le carré de papier sur lequel l’Algue s’est déposée étant retiré de l’eau, on le dépose quelques instants sur une planche inclinée, pour laisser s’écouler une partie de l’eau , puis on place le carré de papier dans une feuille double de papier à sécher ( I ).
■Avant de refermer cette feuille double , on recouvre l’échantillon d’un carré de papier mince dont on a légèrement graissé la surface avec du suif; on. enlève la quantité surabondante du suif, en plaçant le papier graissé entre du papier non collé , et en le repassant avec un fer chaud. Le papier ainsi graissé , que l’on place sur la plante , a pour but d’emi^ècher l’échaiUillon d’adhérer au papier à .sécher qui enveloppe le toül. On doit avoir, préparé k l’avance, un nombre suffisant de carres (Je papier ainsi grais.sés de suif. — Les Algues étant ainsi placées dans les feuilles de papier k sécher, on traite ces feuilles comme celles qui
<l) Tour les cryptogames et pour les ptiané|rogames, il est commode de ne se servir de papier gris que pour faire tes coussins à sécher, et d'employer, eoiiime feuilles A sécher, du papier blanc également fort et.ncm colle. Ces feUillés de papier blanc ne présentent pas, comme les feuilles de papier gris, rinconréiiient de s'égarer (pielquefuis au milieu de coussins de la même couleur. En outre, le grain plus hii du papier blanc convient mieux A la préparation dos piaules délicates que le grain souvent rugueux du papier
gris.
ET BE LA PRÉPAnATION DES PLANTES.
contiennent des plantes phanérogames fraîches ; c’est-à-dire qu’on les sèche au moyen de coussins de papier qui alternent avec elles. On met le tout sous la press<î , et l’on serre fortement. Quelques heures après, on remplace les cous.sins humides par des secs, et ainsi de suite, jus<[u’à parfaite dessiccation de l’échanlillon ; on enlève alors les papiers graissés, et l’échantillon peut immédiatement être placé dans l’herbier, car les insectes attaquent peu les Algues , et il est inutile de traiter par le préservatif les échantillons qui sont ainsi préparés.
Le vase de terre où l’on fait flotter les Algues peut être remplacé, avantageusement par un vase de tôle ou de fer-blanc du format du papier de l’herbier; il est bon de se munir d’un vase de ce genre, si l’on veut préparer les Algues sur place, un vase de terre de la forme convenable n’étant pas toujours facile à se procurer dans les localités où. l’on peut séjourner.
On recueille, en y mettant le soin et le temps nécessaires, les Algues même microscopiques; on dépose la goutte d’eau qui les renferme sur une lame de mica dispost’e pour cet usage.
Les Algues ainsi préparé»^, même les esj)èces les plus délicates, ne s’altèrent point par la dessiccation ; elles conservent non seulement leur forme et toute l’élégance de leur port, mais leurs magnifiques couleurs. Pour les étudier au microscope, il suffit d’en faire ramollir un fragment dans l’eau : ce fragment reprend complètement la consistance de la plante vivante.
Les grandes espèces de Fucus se préparent comme les plantes phanérogames. On se contente de les placer dans le papier à sécher, en repliant leurs frondes sur elles-mêmes, si leur taille excède la dimension du- papier. Mais on doit préalablement avoir soin de les faire séjourner dans un vase plein d’eau douce, afin d’enlever une partie du sel dont elles sont imprégnées, et qui les expose à noircir et à se ramollir, lorsque l’air est chargé d’humidité. On peut se disi)cn9er de préparer les grandes Algues immédiatement et sur place, et .se contenter de les faire sécher à l’air en les accrochant à une corde tendue ; on les met en pacjuct pour les rapporter, et, de retour chez soi, on les prépare à loisir, après les avoir fait st'journcr dans l’eau pour les ramollir. ■
DE LA UÉCOLTE
Se U ree berche , de le récolte et de le préparetion des espèces de la famille des Champignons.
Cerlains Champignons sont vivaces et d’une consistance Itgncuse; on les trouve par conséquent et l’on peut les recueillir dans toutes les saisons de l’année. Les espèces microscopiques parasites sur les feuilles n’exîstent évidemment que pendant la durée de ces mômes feuilles, et par conséquent pendant le printemps ou l’été ; mais c’est surtout |)endant l’automne que se développent la plupart des grandes espèces dont la durée estéphémère.
Pour conserver les petites espèces qui végètent sur les écorces et sur les feuilles, et même les moisissures qui végètent sur les sul)stancesen putréfaction , on sèche dans du pa|rier, comme des plantes ordinaires, les feuilles, les lambeaux d’écorce ou la surface des corps en fermentation , recouverts par ces plantes de dimensions souvent microscopiques.
Mais si l’on peut consacrer un temps suffisant à l’étude des Champignons, on doit, avant de les sécher, étudier au microscope et dessiner grossies , avec le plus grand soin , ces petites espèces dont les formes sont des plus curieuses et des plus variées; ces dessins doivent être placés dans l’herbier, à côté des échantillons eux -mômes.
Quant aux grandes espèces , il n’est pas moins important de les reproduire par le dessin, en raison de la difllculté extrême de les préparer de manière qu’elles soient reconnaissables. Ces dessins doivent toujours être faits à l’aquarelle, ou au crayon revêtu d'une teinte d’aquarelle, car la couleur est, chez les Champignons, un caractère important pour la distinction des espèces.
l.ês Champignons ligneux sc conservent assez bien ; mais la plupart peuvent diftlcilement trouver place dans l’herbier, en raison de leur volume et de leur épaisseur; on doit les conserver à part dans des tiroirs ou dans des bocaux. Ces-plantes sèches sont des plus exposées à la destruction par les insectes, et l’on doit, pour
les en préserver, les imprégner de terni» en temps de la dissolulion de sublimé corrosif.
Un certain nombre de Champignons de grande taille peuvent être préparés pour l’herbier. On les laisse' d’abord se flétrir, et sécher en partie en l’air; puis on les met en presse avant qu’ils se soient complètement déformes; on les st>che avec les coussins, comme les plantes phanérogames, enfin on les imprègne complètement de préservatif. Mais ces échantillons secs sont nécessairement plus ou moins déformés ; ils ont perdu leur couleur, et sont diflicilement reconnaissables; un bon dessin colorié leur est toujours infiniment préférable,.
Si l’on veu^consacrer une place suffis.ante à celte collection , on peut encore conserver les Champignons dans l’esprit-de-vin en plaçant isolément chaque espèce dans un bocal sur lequel on fixe line étiquette. Les Champignons conservent, ainsi leur forme, mais ils sont complètement décolorés.
Enfin certaines espèces peuvent être séchées, en conservant à peu près leur forme, dans du sable fin , dont ou les recouvre entièrement, et que l’on fait chauffer lentement; au bout d’un certain temps ou relire les champignons secs du bain de sable, et on les conserve dans des bocaux ; ou bien on se contente de les sécher ainsi à demi, et l’on achève la préparation en les comprimant sous la presse , pour les placer ensuite dans l’herbier.
Je ne saurais terminer ce paragraphe relatif aux Champignons sans engager les personnes qui les recueillent à la plus extrême prudence, relativement à leur emploi comme planti» comestibles; chaque année de nombreux accidents sont la suite de funeslei méprises. Aucun caractère culinaire ne distingue les espèces comestibles des espèces vénéneuses , et les prétendus moyens de vérification qui ont été indiqués ne jieuvcnl, si on les emploie, aboutir qu’à donner une dangereuse sécurité; il faut, pour reconnaître ces espèces, posséder à fond la connaissance des caractères botaniques de chacune d’elles, et surtout avoir acquis, par une longue habitude,.^ une comptèle cxpiuience. A Paris, la vente d’une seule espèce, le Champignon de couche {Àyarû-us campesffis ),. est autorisée sur fes marchés publics; cette espèce élaut obtenue isolément et sur couche parles cultivateurs, ne peuf,
DE LA récolte
(laps aucun cas, f'trc nuisible; ses caracU*r(s botaniques sont d’ailleurs des pins faciles à saisir. Une espace apparlenant k un autre genre , la Morille , peut également être employée sans inquiétude , le genre auquel elle appartient , et qui est si caractérisé, ne renfermant aucune espèce vénéneuse.
9ei oollectiont de fraitt, de tranches de bois, de végétaux fossiles.
Une des collections les plus intéressantes îi faire est une collection de fruits et de graines; mais on doit pouvoir y consacrer un espace assez considérable.
Les fruits de consistance sèche et ligneuse doivent, ainsi (fue les graines , être conservré dans' des flacons qui portent l’étiquette de l’espèce. Si l’on fait une collection aus.si complète que possible, et que l’on s’efforce de posséder tous les genres des familles, et toutes les espèces des genres, on peut, pour ménager la place, mettre les graines de petite taille dans des tubes courts fermés ü une extrémité, et bouché's à l’autre par un bouchon de liège; une étiquette est collée à chaque tube, puis les espèces d’un même genre sont réunies dans un même flacon h large ouverture.
Les fruits charnus ou pulpeux sont conservés dans des flacons ou des tubes que l’on remplit d’alcool, et que l’on classe parmi les autres: les fruits ainsi conservés sont nécessairement décolorés; mais leur forme .se conserve parfaitement, et l’on peut, au besoin , les soumettre ii l’analyse et à l’étude.
Le flacon qui renferme les graines doit être placé près du flacon qui renferme les fruits; la collection doit être classée dans le même ordre que l’herbier, c’est-à-dire, par genres et par familles. La collection de flacons doit être disposf'e sur des rayons fermt-s par des portes vitrées, pour les préserver de la pous.sière.
Les collections de tiges et de tranches de bois des végétaux lij;neux sont aussi d’un grand iutérêt. On doit, pour une même espece , réunir, autant que pos.sible, un lambeau de l’écorce du
tronc, quelques tronçons de rameaux, et deux li-anehes ou planchettes iM)lies, l’une provenant d’une cou|)e horizontale, l’autre de la coupe longitudinale tki tronc de l'arbre; ces coupes doivent, autant que possible, avoir le demi-dianiHre du tronc, c’('st-Jidire partir du canal médullaire, et présenter toute l’étendue d’un rayon de la tige, y compris l’écorce. Ces cou|)es sont, par cons<n|uent , de diverses granddurs , selon la grosseur des arbres ; il est plus difticile de les placer méthodiquement dans les armoires-, en revanche elles sont beaucoup plies utilt-s que celles auxquelles on donne une dimension uniforme. Cette collection doit être clas.sée selon l’ordre des familles, et dépost-e dans des armoires vitrées ou dans un meuble ü tiroirs superposés.
Les collections de végétaux fossiles sont aussi d’un grand intérêt; on classe les objets pétrifiés et tes roches qui présentent des empreintes végétales, selon unjordre méthodiijue, et dans des meubles disposés comme pour les collections précédentes>
Conservation des plantes sèches.
Lorsque les plantes sont sèches, on doit, avant de tes classer et de les placer dans l’herbier, proca'-der aux soins qui assurent leur conservation ; .si l’on néglige de prendre ces précautions, dans l’espace de quehjues annéi*s et souvenf même de quelques mois, les plantes sont dévorées par les larves de certains insectes coléoptères iiui font leur principale nourriture de substances végétales. La larve de YAmbium caslaneum est celte qui lait le plus de ravages dans les herbiers; on y trouve plus rarement celle du PLinus fur; les larves des Dermestes et des AiUhrenus (1) s’y rencontrent aussi quelquefois, bien qu’elles attaquent plus particulièrement les collections de zoologie; enfin certaines
(I) Les Anthrenus b l’état ilTiisectc partait se trouvent sur les fleurs (tes piaules vivantes.
tu
218 DK LA RÉCOLTE
(*i)iT0s4’^c«î’«Si <lfi taille presque mkTOSCopique, rongent les pétales et autres lissiis.de consistance délicate. — l.es feuilles de 'papier qui /enferment les plantes attaquées par les larws d’insectes S(L* trouvent agglutinées entre elles, et sont perfores dans tops les ijcns ctHiinie un crible. 11 semble que les insectes aient une fâcheuse prédilection pour les .plus belles plantes; Us perforent les échantillons par tous lesqtoinls à la fois, et manquent rarement d’attaquer tes ombelliferes par le centre de l’ombelle, de telle sorte que tous les rayons se détaehent aussitôt que l’on touche à l'échantillon. - . 1 ;
’ Il (‘St peu de botanistes qui ne sachent par expérience avec quel sentiimnit d'amertume et de découragement on trouve, le jour.où l'on veut les coitsulter, de précieux échantillons, que l’on avait déposés intacts dans son herbier, complètement réduits en poussière. ^ ; ,
Les plantes de certaines famUles sont plus particulièrement exposées aux ravages des insectes. Les familles les plus fréquemment attaquées sont : les Crucifères, les (Jmbellifères, les Gentianées, les Euphorbiacées, les Salicinées, les Liliacées, etc. Lçs plantes recueillies dans les jardins et autres lieux cultivés étant, en général, plus charnues et plus substantielles, sont aussi des plus exposées îi être dévorées; ce sont ces plantes préférées par les insectes qui doivent les premières être mises à l’abri de la destruction parles procédés que je vais indiquer.
Les plantes provenant d’acquisitions ou d’échanges doivent, comme les plantes qui proviennent des herborisations, être soumises à Ja préparation an sublimé aussitôt qu’elles .sont arrivées. Du reste, un aide intelligent peut suppléer le botaniste dans cette longue manipulation , pourvu qu’il mette la plus grande attention à n’intervertir l’ordre d’aucune étiquette.
Les objets que l’on doit se procurer pour le travail de pré.servation sont les suivants :
ün grand vase plat de terre rrrnie ou de porcelaine, de la longueur du papier d’herbier:
Une paire de pinces à mors aplatis et allongés, pour sai.sir la plante, la plonger dans le liquide et Ten retirer;
Une ou plusieurs rames ile papier à sécher, disposé en cous-
ET DE LA PR£l>ARATTON DES l’LAMES. 219
silis, et ne servant (ju’à sétTier les plantes passt'es au jtféservatif, jit non les plantes fraiclies ; •
Une provision de plusieurs lili'cs d'aliool ret;fitié;
üU graunnes, ou plus, de sublimé corrosif (1).
Fajtas une dissolution cnm^wsée de 15 grammes de sublimé corrosif par litre d’alcool recdilié. Cette dissolution doit être conservée dans un grand bocal de verre blanc-portant une étiquette qui en indique le contenu. >
Un verse une certaine quantité de cette dissdtnlion dans le plat long; puis, saisissant les échantillons un à un, avec les pinces de f‘r à mors plats, ou les plonge bien complètement dans le liquide fi)- Quand ils en sont imprégnés, on bs retire-et on les dépose sur des feuilles simples.de papier non collé placées chacune sur un coussin ; on place auprès de chaque plante son étiquette provisoire (3), et l’on superpose alternathemenl une feuille
(1) Les iiliarmaciem. ou fabricant .de produits ctiiini(|nes ne dOUvmit celle substance dangereuse. (|iie d'apréa une ordonnance de Hiddeciii qm eu indique Ccniploi. On doit . pour s’en servir, |ureudre les |>lus gramtes. précaiiliods, surtout si l’on veut la pidveriscr pour en faciliter la dissolution : dans ce>cas on doit avoir soin de li'en |>as respirer de poussière on que cette poussière u'aille dans les jeiii. Afin d’éviter les accidents, on doit placer celte substance dans un ilacoa tenu soigneusement renfermé, et dont l'étiquette iudiipic le eonicuu.
(2) Qiiebiiies botanistes, au lieu de plonger la plautc dans le liquide, se
contentent de Ten imprégner avec un pinceau après t'avoir déposée sur une lame de verre inclinée au-dessus d’une cuvette. Celte opération est plus longue et moins ctficace que le bain complet, ipii n’empéclie pas d'ailieiirs d'éponger la. plante avec le pinceau pendant i|ii‘eUc est plongée dans le liquide. — Néanmoins on doit préparer sur le verre toutes les plantes délicates ,i rameaux longs et fiexiieux qui sc cliifronne.raient ou se mettraient en pinceau en sortant du liquide. Ces plantes délicates doivent être placées sur une fetulle de papier que l’on dépose sur le verre pour y être doncentent époqgs'es avec le pinceau, puis transportées avec la feuille de papier eutre les coussins. — Afin d’éviter rcncombreineiit et l’mlenr de l’alcool, ces préparations doh'ent être faites dans une pièce bien aérée, autre que le cabinet lie travail. -
(.2) Los éliqnclles sont souvent tadiécs pcndalit cette opéraliou. par la matière colorante des plantes dissonte dans l'alcool ; c’est pour cela que les piaules doivent être accompagnées alors d'éliqiielles provisoires. On doit surtout lie pas exposer à être maculées jicndant ce travail les étiquettes apparleoaiit à des plantes qui pruviciiiiciil d'acquisitions ou d'édiajiges. Ou doit les remplacer par des étiquettes provisoires très abrégées', ou constituées seulement par les numéros d'ordre que portent en général les étiquettes des coUcclious publiées. .
Wi LA'RÉCOLTK
chargée de sa plante- et «n coussin. Lorsque le paquet est as,sez volumineux, ou le met sous la presse, mais on ne le comprime qu'autaut qu’il est nécessaire pour enrpécher Jes plantes de se. crisper : une trop forte pression aurait l’inconvénient de les rendre trans|>areutes. Au bout de douze héuresen remplace, les coussins humides par des coussins sets, on les renouvelle "«icore le lendemain et le surlendemain, puis on laisse séjourner les plantes entre les derniers coussins pendant quinze jours du plus, 'afin de compléter leur' des.siccalion ; é’est alors seulement que les échantillons doivent être placés dans l’herbier.
. L’immersion des plantes .sèches dans la dis-solutlon alcoolique de sublinté a l’inconvénient de les décolorer plus ou moins complètement et de leur faire prendre une légère teinte brunâtre, mais il n'î’ a point à hésiter entre l’altéraOon de leur couleur et la destruction complète dont elles sont menacées si on ne les soumet point à cette manipulation. Quelle que soit d’ailleurs la conservation de leur couleur Immédiatement après la dessiccatioti, les plantes les mieux préparées finissent par prendre une teinte uniforme brune au bout d’un certain nombre d’années.
Se l’organûatioQ d’un cabinet de traVaU.
Le local destiné à recevoir le casier de l’herbi,er doit être vaste et aéré, mais surtout exempt d’humidité eir toute saison. Si, pendant l’hiver, on peut avoir à redouter la plus légère humidité, la pièce doit être angneusement et régulièremcMit chauffée ; quelques semaines d’humidité peuvent suffire poureaiLscr, parla moisissure, la destruction de l’herbier le plus considérable et le plus $oigné. Si, malgré les précautions prises, quelques (dantes ont été atteintes par la moisissure, on doit tolieher légèrement toutes les parties nioisiesavec un pinceau imbibé d’alcool.
Ce local doit être, autant que possible, éloigné du bruit, et indépendant du mouvement extérieur. Le milieu de la pièce doit
être occupé par une \'aste fable de travail , sans rebords ni montants. Cette table est destinée k recevoir les plantes, afin qu’elles puissent être étalées sur une grande surface, soit pour les travaux de cla8sifl{'afion et d'intercallation , soit lorsqu’il s’dgit de les comparer entre elles et de les étudier. Les parois de la piécetlotvent être occupées par le casier de l’herbier et par la bibliothèque, ou du moins une partie de la bibliothèque , composée des ouvrages d’un usage j oh mal içr.
l'^ne table d’étude moins grande que la précédente doit être placée dans le voisinage d’une fenêtre |)renant diCectement jour sur une vaste étendue de ciel , et oh l’on puisse se livrer aux études microscopiques. Enfin une tablette sera destinée à recevoir les instruments employés à l’étude des plantes : les microscopes ’ sous leurs globes de verre, la lampe à alcool, etc. Afin de ne point se fatiguer la vue , on doit se placer ;i côté et non en face d’une * fenêtre pour travailler, écrire ou dessiner.
Le casier destiné k recevoir les fascicules de plantes qui composent l’herbier est formé de planches de 5 décinitUresde largeur, distantes entre elles de 3 décimètres environ. Des montants ver- ' ticaux espacés entre eux également de 3 décimètres subdivisent les rayons, et les transforment en cases dont l’ouverture est quadrilatère. Chaaine de ces cases reçoit un des fascicules de l’herbier |K)sé k plat, la base- en avant. Le paquet n” 1 doit être placé sur le rayon le plus haut, k droite; le n° 2 sur lé même rayon, kgaucRe du premier, et ainsi de suite, jusqu’à ce que toutes les cases de ce rayon soient occupées,, puis on place le jvaquet suivant sur le deuxième rayon, dans fa case k droite, et suc?, cessivement de droite k gauche et de bout en bas. — On peut, du reste, se dispenser de subdiviser les tablettes en compartiments, et ne faire placer que le nombre de montants suffisants pour les empêcher de fléchir, les paquets occupent moins de place par ce procédé.
Pour éviter la poussière, des rideaux d’une étoffe souple et solide doivent être placés devant le casier. Divers systèmes sont employés pour faire mouvoir ces rideaux. Dans plusieurs établissements inqvortants ils s’enroulent, à la manière des stores, sur un rouleau idacc sous la corniche du casier, et se déroulent de
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, Dû LA RÛCQLTÛ ' ‘
haut en bas, devant l'herbier, au moyen de curdes et de poulies. Après avoir essayé de ce système pour ma collection particulière, j’y ai renoncé, et j'ai trouvé plus commode des rideaux pourvus supérieurement d'auneaux placés sur des tringles de fer, et se tirant aie droite à gauche ou de gauche à droite, comme les rideaux des fenêtres, au moyen de cordons terminés par une boute de cuivre plombée, desfmée à servir (Je contre-poids et à maintenir les cordons tendus. Ces rideaux ne sont fixés sur la tringle qui les porte ni à droite ni à gauche , de sorte que l’on peut à volonté les faire mouvoir de droite à gauche ou de gauche à droite (1), et mettre ainsi, sua'essivement ét à volonté, à découvert toutes les parties de chaque casier. • ' '
Des objets nécessaires à l’arrangemant des plantes en berbicr.
Plusieurs rames de papier collé, fort, et de grand format centimètres de hauteur sur 26 de largeur) , soit toutes de papier blanc, soit toutes de papier bulle (papier d’une teinte gris efair), ou plusieurs rames de chacune de ces deux sortes , le papier hlaiic étant , dans ce cas, destiné à recevoir les échantillons, le papier bulle étant destiné à servir de gaines pourchaque e.spèce.
Ce papier destiné à recevoir les échantillons doit être coupé en feuilles siiuplts. l.e fabricant ou le marchand se charge de le livrer îi cet état.
Le papier destiné a servir de gaines ou chemises doit évidemment être laissé en feuilles doubles; ces feuilles doivent être livrées, superposées (et non en cahiers), après avoir été soumises à la presse. Ces deux sortes de papiers doivent être à marges ébaritées.
<l) Pour ulilcuir cc n'sultat, cliai)iic rideau dult être muni de deux cordons pcnilaiits tant it droite i|ii'tt g.iuclic, et aux i|uatre cxtrr'mitt’s des<jiiols sont lin'-s aillant ilr mnfrc-iioid» ; les cordons doivent être de couleurs differi’utes pour les riilcaiix' vuisius, aliii i|ue l'on puisse distinguer iinmcdialciiieut les uns des, autres.
ET DE LA PRÉPARAl'iON DES PLANTES. ÎJ23
■ ÉUquettes pour les espèces, de juipier blanc collé. — Ou doit en faire couper par le papetier une provision plus ou moins considérable. Elles doivent être toutes de môme format, et<l’uue grandeur suffisante pour écrire le udm de l’espèce, les synonymes, la date et le lieu de la récolte , etc. — Il est commode d’en, faire im- |)rimer ou lithographier le canevas ; ces étiquettes imprimées po<’- •teirt le nom du possesseur de l’herbier, les mots invariables rccoUé, année, etc., des lignes tracées y marquent la place des indications qui doivent être complétées et écrites à la main.
Étiquettes pour les genres et les familles. — Ces éti(iuettes, qui doivent être placées en sailliOr h la base de la feuille qui termine le genre ou la famille, doivent être de carton mince, comme les cartes à jouer, et de couleur différente pour les genres et pour les (iatnilles. ^
Feuilles de carton assez fortes, du format adopté pour le papier. Ces feuilles de carton doivent être revêtues de papier de couleur foncée, pour éviter qu’elles soient déchirées par le frottement des courroies et qu’elles soient tachées par la poussière. Deux feuilles semblables sont placées l’une dessous et l’autre dessus chaque paquet.
Ruban de fil de-couleur de 25 millimètres de largeur, divisé en courroies de 2 mètres de longueur. — Chacune de ces courroies reçoit à l’oue de ^ ses extrémités une boude d’acier. Deux* de ces courroies de fil sont destinées h comprimer, entre les deux feuilles de carton, chacun des paquets qui composent l’herbier.
Des épingles fines et courtes |K)ur fixer les étkjuettes d’esimces. Les étiquettes de genres et de familles doivent être fixées avec de la colle, au Iras et en saillie d’une feuille de papier fort sur lequelest posé le paquet de la famille ou le fascicule du genre.
Du papier gommé (par le même iirocédé que le sont les limbresl>osles), et coupé par le papetier en petites bandelcUes de 2 millimètres de large, et de 2 :'t 3 centimètres de long, pour fixer les échantillons sur le papier; ou mieux em bandelettes plus larges et plus longues, dont une extrémité est roulée et collée autour de la tige de la plante, et l’autre extrémité est fixée au papier de l’herbier avec une petite épingle.
Une paire de pinces dites Bruxelles, à mors larges et plats.
224 DE LA. RÉCOtTE
pour saisir les écliantiflons de plantes sèches, et les transporter d’wie place à une autre.
De grands cixmux de Iweau] une pelote de ticelle; ün flacon contenant une dissolution é|)ais.se de gomme arabique; un pinceau pour coller, etc., etc. * ■
®ef étiqiwttef.
Les étiquettes des familles et des genres, de carton mince, et qui doivent être attachées k la base de la dernière feuille de chaque famille et de chaque genre, portent le nom de la famille ou du genre écrit en gros caractère; ces étiquettes doivent dépasser de 3 à 4 centimètres la base des feuilles auxquelles elles sont Axées, de telle sorte que le paquet étant placé k plat dans le casier, ces étiquettes soient en évidence et puissent être rapidement consultées.
Les étiquettes d’espèces sont de papier collé fort; elles sont de plusieurs sortes pour une même espèce. La première étiquette doit être attachée k l’extérieur de la gaine de l’espèœ sur la page antérieure, vers le dos et immédiatement au-dessus de la base. Cette étiquette doit porter le nom de l’espèce écrit en gros caractère; elle permet de feuHleter aisément les espèces contenues dans le genre, et de trouver rapidement celle dont on iK*ut avoir bc.soih ; cette même étiquette générale doit présenter la synonymie de l’esiwcc et les observations générales.
Une deuxième étiquette, destinée k indiquer la provenance de chaque échantillon, doit être Axée k la base de chaque feuille simple portant les échantillons, et du côté extérieur:» droite. De manière que, en soulevant la corne de chacune des feuilles simples contenues dans une même gaine, on puisse parcourir rapidement la liste des localités desquelles les divers échantillons ‘ peuvent provenir.
Cette étiquette (remplaçant l’étiquette provisoire qui accom-
pagnatt la plante lors de la dessiccation et de la préparation au sublimé) doit porter le nom du possesseur de l’herbier, le nom latin de.l’espéce, le Jieu et la date de la récolte, et les observations sur ta nature du sol où croissait la plante, sur la hauteur de la station si c’est une plante de montagne, etc.
Les observations reJaÜves aux caractères de respèce, les détails organographiques on physiologiques, les dissertations synonymiques, doivent faire Pobjet de notes distinctes , que l'^n fixe avec une épingle à coté de l’étiquette normale; 11 en estxle même des dessins de la plante et des analyses de ses organes. — Si une même feuille ést chargée d’échantillons provenant de localités différentes, chaque échantillon doit être accompagné d’un numéro que l’on reproduit sur l’étiquette normale, ou ce numéro est suivi de l’indication de la localité où l'échantillon correspondant a été recueilli.
Un herbier est riche* non seulement lorsqu’il renferme un grand nombre d’espèces représentées chacune par de nombreux échantillons provenant de diverses localités , recueillis avec discernement , préparés avec soin , mis à l’abri de la destruction par le préservatif, bien déterminés, et convenablement classés; il est riche, instructif et utile ù consulter, surtout s’il renferme un grand nombre de plantes déterminées et étiquetées par des auleuis de flores et de monographies estimées; ces plantes, étiquetées, sont des monuments qui constatent d’une manière positive quelle plante l’auteur a désignée sous tel nom et a caractérisée dans telle desi ription. On comprend , d’après cela , l'importance qu’il y a à conserver aux plantes-types , envoyées par un auteur, les étiquettes qui les accompagnent, et à ne point détruire, pour les remplacer par d’autres, ces étiquettes donnant ii l’échantillon la plus grande partie de sa valeur. Oh doit avoir le plus grand soin d’éviter le déplacAmient de ces étiquettes , puisqu’il en résulterait les plus fâcheuses erreurs , uîrrcurs dont l’auteur ne saurait être responsable, et que l’on pourrait cependant être tenté plus tard de lui attribuer.
Ces étiquettes autographes doivent être attachées auprès de l’échantillon, sans préjudice de l’étiquette rcgulièi*e de la collection qui doit, dans tous les cas, occuper sa place normale.
Dt; LA RÉCOLTE
Uuant à l’effet désagréable, que peuvent produire sur la feuille les étiquettes autographes d’écrkure, de couleur ou de Coriuat different, il est raeheté , et au delà , par i’iiiiportanee et l'utilité que ces étiquetU's donnent à l’échautiHon ; si l'auteur de l'éliquclle ne l’a pas signée, on doit écrire son nom , au crayon , à l’un des angles. . . -
Les plantes provenant d’échanges , d'acquisitions de collections, d’envois, etc., entrent naturellement dans l’herbier, tjuant aux plantes publiées eu exsiccata, et dont il existe uu certain nombre de collections stmiblables , ces collections étant dlées comme des livres, quelques botanistes. les. conservent à part; d’autres, au contraire, en enrichissent leur herbier. Si l’herbuT est parfaitement en ordre , ces plantes sont même plus faciles à trouver lors(|u’elles y sont distribuées , que dwis les colleelions isolées qui, en général, ne peuvent être livrées par leur auteur dans un ordre méthodique, mais seulement selon les hasards de la récolte;, il est bon néanmoins d’avoir le soin , avant de les disperser dans l’herbier, d’en dresser le catalogue selon les numéros d'ordre portés par les plantes de la collection , et aussi, si l’on veut, selon l’ordre naturel, afin de pouvoir se rappeler celles dont se réimpose la collection , et de les retrouver aisément au besoin.
]>• l’arrangement dec plantée dans l'herbier.
Pour classer aisément les échantillons ou spécimens de plantes sèches , on doit les placer isolément sur autant de feuilles simples du papier de l’herbier. 4’usage des feuilles simples est commode pour le maniement et le classement des plantes; il c.st, de plus, très avantageux dans l’herbier, eu ce qu’il rend plus facile la compai'aison des esj)èces d’un même genre entre elles, que l’on peut étaler sur une table les unes près des autres, sans avoir besoin , (>our cela , de détacher les échantillons de la feuille où
ils SOIR fixc-s. En oufTe, l’usage des feuilles simples diminue d’un tiers le volume de l’herbier, et diminue d’autant les frais d’acquisition de papier. ’ ■ • - ■
Les feuilles doubles sont destinées à servir de gainesaiix feuilles simples qui portent les échantillons d’une même es|)èce. Quand j cette espèce est très riche en variétés , on peut , afin d’éviter que le paquet soit trop volumineux, et pour faciliter les recherches, placer dans autant de gaines spéciales les échantillons de chacune de ces variétés.
L’ensemble des espèces d’un même genre ne doit point être renfermé dans une gaine générale : cette gaine aurait pour inconvénient de faire glisser les unes sur les autres et de chiffonner les gaines propres à chacune des espèces du genre ; le paquet général qui en résulterait ne pourrait être comprimé uniformément et les plantes pourraient être brisées. Les genres ne doivent être séparés entre eux que par la feuille de papier fort ou de carton mince qui porte l’étiquette du genre placée -en saillie. - ^ .
Ou ne doit jamais placer sur une même feuille simple, ni deux espèces différentes, ni même deux variétés appartenaol R une même espèce. Mais une même feuille simple peut sans inconvénient remoir plusieurs échantillons de la même plante, s’ils sont d’a.ssez petite dimension pour ne pas être recouverts les uns l>ar les autres; néanmoins, si les plantes ne sont point fixées à la feuille , il peut y avoir de l’inconvénient à placer sur la même feuille des échantillons provenant de localités différente^, même aewmpagnés de leur étiquette, si cette étiquette n’y est pas attachée , car ces échantillons peuvent se mêler les uns avec les autres.
Les échantillons d’une même plante recueillis dans des localités éloignées les unes des autres doivent être admis , pour peu que l’on s’intéresse h la géographie botanique et que l’on tienne'à posséder toutes les formes d’une même fôpèc^e. On reçoit d’ailleurs quelquefois sous le même nom des plantes différentes, et c’est un moyen de contrôler la synonymie admise parles différents bo;anistes, et de rectifier, à l’avantage des uns et dos autres, les opinions qui |)Ourraient être mal fondées. • . ■ •
DE LA BÉCOLÏE
La figure des plantes rares qui manquent à la collection, ou (les plantes charnues qu’on ne (conserve qu’en les déformant; le5 dessins complémentaires des espèces, par exemple des fruits charnus ou succulents, ou des fruits très volumineux; les dessins oi“ganographiques : les analyses de fleurs, les organes microscopiques grossis, etc., constituent l’une des principales richesses d’un heiiner; ccs dessins doivent être attachés à leur place respective , comme les é(^hantillons de plantes sièches.
11 est utile de fixer les échantillons sur les feuilles simples de l’herbier où ils sont déposés, non seulement pour les empêcher de se mêler, s’ils proviennent de diverses localités, mais aussi dans la crainte qu’ils ne soient brisés ou ne soient exposés à être égarés. — On est dans l’usage de les attacher au moyen de bandelettes très étroites de papier fortement gommé sur l’une de ses deux faces (1). On doit éviter de multiplier le nombre des 'bandelettes; il suffit que la plante ne puisse vaciller dans le papier. Quelques botanistes fixent les plantes avec des bandelettes non gommées, attachées avec de petites épingles: ce système a l’avantage de permettre plus facilement de détacher et de rattacher la plante au besoin , mais il demande plus de temps et expose à briser les échantillons; aussi est-il d’un usage peu répandu. Enfin , un système mixte et qui me semble le meilleur, consiste à fixer la plante en enroulant autour de sa tige l’extrémité d’une forte bandelette gommée , et de fixer au papier l’autre extrémité de la bandelette avec une petite épingle.
Les plantes étant séchées, passées au préservatif, classées, 'attachées sur le papier et étiquetées, on' les répartit en fascicules ou paquets de 2 centimètres environ d’épaisseur, que l’on serre entre deux cartons avec des courroies de fil , sans trop se préoccuper si le paquet est plus gros dans sa partie inférieure que dans sa jjartie supérieure , en raison de l’épaisseur déterminée inférieurement par la souche des plantes. Il est important que ces paquet» soient maintenus assez fortement comprimés par les courroies; on les soustrait ainsi à la poussière et aux altcrna-
(1) On peut préparer soi-méine ce papier : une feuille de papier étant tendue sur une planche, on y étale avec un large pinceau plusieurs couches successives d’une forte dissolution de gomme arabhpie avec addition de sucre.
tives (le sécJieresse et (rhuraidité (jui noircissent et déforment -les plantes. On les préserve aussi plus complètement, par cette précaution, de l'attaque des insectes, que le sublimé ne réussit pas toujours îi éloigner indéfiniment.
Il ne reste qu’à inscrire un numéro d’ordre sur. chaque fascicule, pour, rendre facile le rangement dans les circonstances où l’on a pu être- obligé d’en déplacer simultanément plusieurs, ce déplacement étant difficile à opérer sans confusion. — Puis on place les fascicules à plat dans le casier qui leur est destiné.
Se l’intarealation des plantes sèehes dons Pherkier.
A l’exception de quelques plantes des plus précieuses et des , plus intéressantes, que l’on place dans l'herbier immédiatement après que la préparation en est terminée, dans la crainte qu’il ne leur arrive quelque accident, les plantes sèches de chaque herborisation, et celles qui proviennent de divers échanges ou acquisitions, ne sont, en général introduites dans l’herbier qu’une ou deux fois par année, alors qu’il s’en est aceumulé une certaine quantité. On s’exposerait à une perle de temps considérable si l’on intercalait les espèces au fur et à mesure de chaque acquisition nouvelle. On doit provisoiremeut faire un paquet distinct des plantes de chaque herborisation , et attacher à ce paquet une étiquette qui indique le lieu et la date de la récolte des plantes qu’il renferme. •
Lorsque l’on veut procéder à l’intercalation de ces plantes dans l’herbier, on doit commencer |Mir les classer dans le même ordre que les plantes de l’herbier lui-même. Pour cela, on (Tépose isolément sur des feuilles simples de papier à herbier cha<}De échantillon accompagné de son étiquette provisoire. Toutes les plantes étant ainsi isolées, un deuxième travail commence, et consiste à les classer (avec les feuilles simples qui les portent) d’abord par grandes sections : dialypétales, gamopétales , apé-
DE LA RÉCOLTE
taies, monocotylédones, etc. On peut même traiter à part, eorame sei;lions de premier ordre, les familles qui renferment un grand nomlire d'espêees : les I>égttminenses, les Gompost'es, les Graminées, etc.; ou subdivise alors une à une chaque section' en familles, puis successivement chaque famille en genres, et enfin un U^ffline en mettant les échantillons de chaque espèce en ordre dans chaque genre.
Cette subdivision du travail a pour résultat de faire éviter la perte de temps considérable qui résulterait des longues recherches qu’il y aurait à faire dans l’herbier à l’occasion de chaque échantillon, si l’on procédait a l’intercalation des plantes avant de les avoir niises en ordre.
Les plantes k intercaler constituent alors un herbier partiel, parallèle , dans sa disposition , au corps de l’herbier principal. Il ne reste qu’k comparer successivement les deux herbiers, depuis la première famille jusqu’k la dernière ; et chaque échantillon, se présentant selon l’ordre qu'il doit occuper dans la série, trouve naturellement sa place.
C’est eu faisant ce travail de classement que l’on doit mettre à part, pour les envois et les échanges, les échantillons surnuméraires ou recueillis dans Fintention de ies distribuer. Ces plantes destinées aux- échanges doivent être classées k part, et constituer une collection rangée méthodiquement , alin que l’on puis.se y trouver, sans perte de temps', les plantes que l’on peut avoir k y puiser.
^ . XHi eutologue'de l’tiMbier.
Si l’on fait un herbier local, soit d’un département , soit d’une grande contrée, comme la France, on devra classer les plantes d’après le meilleur ouvrage qui existe sur les plantes du pays, k moins qu’un autre ouvrage d’un mérite égal ou supérieur, plus récent , et par conséquent mieux au niveau de la science, n’ait été
KT DE LA PHÉPAUATION OKS PLAXTKS.
public sur les planl(*s d’uu pays voisin ; car on jwurra alors, avec avantage, eu adopter la classification pour les lamilles ou les genres (jui renfermeraieiU les lufnies espèces dans les deux pays.
J’engage k classer les plantes des environs de l'aris d’après l’ordre adopté dans mUv Flore descripticeet analytique {\)^l*mr un herbier général de la France, on devra suivre, pour la classilicajion des genres et des espèas, l’ordre adopté par K(Kdi dans son Synopsis Florœ germanicœ ; on adoptera l’ordre di' la Flore française de De Laniarck el De Caudolle js)ur le classement des espèces appartenant k des genres méridionaux non représenttis dans la flore de l’Allemague; on pourra se servir utilement aussi de la Flore de France de M.M. Grenier et Godron , et des diverses Flores locales qui existent pour plusieurs pjtrties de la France: celle du centre de la France, par M. Bureau; de la Loire-Inférieure, par M. Lloyd, etc. Ou devra se si'rvir aussi des monographies de certaines familles ou de certains genres publiés isolément par divers auteurs, en ayant soin d’indiquer dans l’herbier, par une note placée k la tète de la famille ou du genre, l’ouvrage dont ou a adopté la classilication, afin de suivre régulièrement cette classification dans les intercalations succassives de plantes, et de pouvoir y recourir au besoin.
On dressera le catalogue méthodique, sur un registre spécial, de toutes les espèces énumérées dans l’ouvrage ou les ouvrages dont ou adopte la cla.ssification, et l’on indiquera surce catalogue, par un signe précédant le nom de l’aspèce, quelles sont celles que l’on jKissède, afin d’avoir le tableau résumé de son herbier et des lacunes qui restent k remplir ; cti catalogue a également pour objet de faciliter les recherches dans l’herbier (2).
yuanl k l’herbier général qui renferme des plantes de toutes b^extntréesdu globe, on ne saurait mieux faire, pour le classement des familles et des genres, que de suivre l’ordre adopté par Ludlicher dans st)U Généra et son Fnchiridion. On devra avoir soin d’ajouter, ajirès le nom de chaque genre, le numéro d’ordre qu’il porte dans le Généra. Grkce k ce moyen, il sera toujours
(1) Voir la ti.sic fies Florat locales de la France, p. 77.
( 2 ) Le catalogue piibliii par M. Lamutlic peut, dans certaines liiiiites,
remplace ces catalogues manuscrits. . .
DK L\ IlÉCOLTK
facile, en dierchant d’abord dans la table du Gênera d’Endlidier le numéro d’ordre d’un genre, de véxifier rapidement si l’on possède des especes appartenant à ce genre, et de tes trouver dans son herbier; tandis que, sans cette préeaution, cette recherche serait longue et souvent infructueuse, surtout si l’herbier est considérable. On .se servira, pour classer les espèces renfermées dans .chacun de ces genres, du Prodromus de De Candolle et de l’£n«meratio plantanim de Kunth, pour les familles traitées dans ces ouvrages; et iKjiir celles qui n’y sont pas traitées, des diverses monograi)hies qui existent , des Flores des différentes iwrties du monde, et enfin du Synopsi» plantarum de Persoon, du Species plaiüarum de Willcdenow, du Sijstem'a vcgetabilium de Sprcngel, etc. Lis plantes de certaines familles ou de certains genres qui iFont iK)iut encore trouvé de monographe seront classées d’une manière telle quelle, en attendant qu’ils soient devcifus l’objet de travaux publiés dont on puisse se seiMr, ou que, ü défaut de ces publications , on veuille les étudier soi-même.
A quoi cela lert-il?,,. — Conclusion.
Comment répondre à cette question si souvent répétée par lés iwrsonncs complètement étrangères it nos études et à nos plaisirs? Ferez-vous valoir la satisfaction que trouve l’esprit dans la recherche et la découverte d’une loi naturelle, et dans la contemplation des meneHles de la nature? Parlerez-vous du bonheur inépuisable et vrai qui , pour le naturaliste , remplace les plaisirs factices, et de la beauté réelle, qu’il sait préférer à la beauté de convention? du sentiment d’admiration qu’il éprouve à la vue du l)ort élégant de la plus vulgaire plante de nos champs, du plus humble Convolvulus, par exemple , entourant de sa spirale fleurie la lige flexible d’une Craminée, qu’il préfère aux ornements comparativement si roides, si ini orrecls et si mesquins de nos meubles les mieux dorés? des perles et des diamants de la rosée qui
ET DE LA PtlÉPAnATION DES PLANTES. 233
scintillent sur les feiiilies aux premiers rayons du soleil, et dont l’éclat ne lui parait pas inférieur à celui des pierreries les plus recherchées? — Le questionneur, peu touché de la beauté des plantes, et qui , le plus souvent , n’a jamais pensé qu’elles pussent être envisagées autrement qu’au point de vue de la consommation alimentaire, vous regarderait d’un air étonné, et le plus bienveillant aurait souvent peine à réprimer un sourire. Kh! quoi, non seulement le botaniste recueille avec soin une mauvaise herbe , et semble attacher ;i sa découverte et à sa possession une extrême importance, mais il détache parfois un fragment presque imperceptible de sa fleur, et passe des heures , des journées entières à examiner ces quelques atomes!... — Si vous faites entrevoir les services que l’étude approfondie des plantes, de leurs propriétés , et des différents modes de culture qui leur sont applicables, peut rendre aux sciences médicales, à l’agriculture , à l’hortiailtiire et ü l’économie domestique , on voqs comprendra davantage; mais si vous ne retirez p'as vous-même une utilité matérielle directe de ces travaux, à quoi cela sert-il? sen • remplacé par : àquoi cela vous sert-il? Si l’on consent d’ailleurs à voir dans ces études un prétexte à quelques heures de distraction , on ne se persuadera jamais que vous puissiez, avec raison, y consacrer votre vie tout entière.
Quant à nous , ne reprex-hons pas au coq de préférer le grain de mil à la perle, mais trouvons-nous heureux, tout en rendant justice au grain de mil , de savoir apprécier la perle à sa valeur.
« ... Ergo vale, Lector amicc; sylvas ruraque lætè peragra, et 1) Scientiam amabilem auge. » (D. G.)