PROPRIÉTÉS MÉDICALES ET ISAGES ÉCONOMIQUES
elle jouit de propriétés stimulantes et diaphorétiques. — Notre E. cicutarium, L. (Bec-de-grue), ‘possède les mèmès propriétés, mais à un degré moins prononcé;
Les Pélargonium, originaires du cap de Bonne-Espérance, cultives en si grand nombre dans nos jardins, sont pour la plupart fortement aromatiques, et |)ossèdent des propriétés stimulantes; la médecine n’en fait point usage.
La famille d&s Tropæolées a été détachée de celle des Géraniacées; le genre Tropœo/um est le plus important de cette famille. Le T. nmjus, !.. (la Capucine), si vulgaire dans tous les jardins, où ses belles fleurs décorent les palissades, est, ainsi que ses congénères, originaire du Pérou; il n’y a guère que deux siècles qu’elle a été introduite en Europe. Toute la plante renferme un suc aqueux, d'une .saveur analogue à celle du Cres.son et du Cochlcaria, et qui parait être doué de propriétés stimulantes et antiscorbutiques analogues k celles de ces Crucifèèes. Les mMedns emploient frcquemnHml, en Amérique, le- suc des Tropœolum; ou n’a point encore pen.sé à s’en servir en Europe. Les fruits de la Capucine, recueillis avant la maturité, sont confits dans le vinaigre, à la manière des boutons du Câprier. — On cultive depuis IKHi le Tropceolim tiiherosum, IL et P., pour ses tubercules alimentaires.
MALV.ACÉES. — TILI.ACÉES.
Toutes les espèces qui apj)articnRent îi cette famille nombreuse et éminemment naturelle renferment un suc mucilagineux Vulgairement connu, et .journellement employé dans tous les pays du monde, i>our ses pro|wiétés émollienk's et adoucissantes. Un |)ctit nombre d’espè(;es contiennent une certaine, quantité d’acide oxalique. Les graines renferment une huile gras.se dont on ne fait point usage. Le liber de plusieurs espèces est très résistant, il peut servir à faire des cordages et de gros.siers tissus. Les Cotonniers (espi-ces du genre Gossypium) appartiennent à cette famille. Le coton n’esl autre chose qm- les poils dont les graines sont chargées, et qui remplissent la capsule d’une bourre abondante qui
DES l’I.VXTES l.NOIot.NES.
s’en t’chappt* lore de leur déhiscence. Le genre Theobroma, qui fournit le Cacao, appartient à une famifle voisine.
AÜhæa officinalis, L. (la Guimauve). — La décoction de sa racine fournit un des médicaments émollients les plus usités; la feuille et la fleur sont moins émoflientes, et .sont douées d’une légère amertume.
Alalva sylveslris, L.et^l/. rntundifolia, L. (la Mauve). — Les Mauves, bien qu’un peu moins nuicilagineuses que la Guimauve, servent aux mêmes usages; les feuilles bouillies constituent des cataplasmes émollients; l’infusion des fleuis est adoucissante et pectorale. La plupart des es|)èces des genres Althœa, Acea, Malope, Lavatera, Hibiscus, Sida, Abutilon, etc., peuvent être employées aux mêmes usages.
La famille dos Tiliacées a non moins d’affinité pour celle des Malvacées, par les propriétés chimiques et médicales que par les caractères botaniques des espèces. Les arbres qu’elle renferme sont recherchés pour la plantation des promenades, auxquelles ils donnent d’épais ombrages; leur bois léger, et cependant d’un grain fin et a.s.scz serré, e.st employé à de nombreux usages; leur lil)er sert ii faire des cordages. Leur sève est aqueuse et légèrement mucilagmeiise.
Tilia paiTiflora, Khrh. et ijrandiflora, Ehrh. (le Tilleul). «
La fleur des Tilleuls exhale une odeur très suave ; elle renferme une huile volatile unie h une matière mucilagineuse sucrée et à une petite quantité de tannin; on en prépare une infusion très usitée comme calmante et sudorifique. On doit avoir soin d’en retrancher les bractées, qui, renfermant une assez grande proportion de tannin , communiqueraient il l’infusion une certaine ♦ „ Arreté.
POLYGALÉES.
Les plantes de cette famille possèdent des propriéti's stimulantes (|u’elles doivent ii une sulistance amère, unie, chez quelques uiu-s, à une matière extractive âcre. On emploie leur décoction dans le traitement des afl'edions des organes respiratoires qui
260 PROPIUÉTÉS MÉmCAlÆS ET LS AGES ÉCONOMIQLES
demandent des toniques et des stimulants. A haute dose, ex» préparations sont émétiques; on n’en fait point usage sous ce rapport.
Polygala vulgaris, L. (le Polygala). ^ Cette espèce, recueillie sous le nom de P. amara, est employée comme stimulante. Une esitèce exotique, le P. senega, L. (P. de Virginie), après avoir été . en grande lépntation, ex)mmence à tomber dans l'oubli. Le P. Chamœbiucus, L. iK)Ssède les mêmes propriétés.
ACÉRIKÉES. — HIPPOCAST.ANÉES.
Les arbres de la famille des Acérinées ont une sève plus ou moins sucrée. Chez plusicui’s esiièces exotiques on recueille cette iéve en pratiquant à l’écorce des incisions : on en extrait du sucre ; on |)eul au.ssi le faire fermenter pour en obtenir une liqueur spiritueuse. L’écorce est astringente; le bols est compacte et d’un grain très fin.
L'Acer campestre, L. (Érable), est employé comme bois k brûler. Les Acer plalanoides, L., Pseudo-Platanus, L. (le .Sy(;omore) et Negundo, L., sont plantés dans les parcs et les promenades.
Le Marronnier d’Inde {Æsculuft Ilippocastanum, L.), maintenant planté comme arbre d’agrément dans les parcs et les promenades publiques qu’il embellit de son magnifique feuillage et de la décoration monumentale de ses fleurs, est originaire de l’Asie, et ne fut introduit en Europe qu’en J576; les autres espèces de la famille des Hippocastanées appartiennent à l’Amérique du Nord.
L’écorce du Marronnier d inde renferme de l’acide tannique, et est amère et astringente ; elle n’est pas sans analogie, par ses propriétés, avec l’écorce du isaule : on l’emploie quelquefois en teinture. Les volumineux cotylédons de l’embryon renferment une fécule almndante, unie à une matière âcre et amère. Par la fermentation, on en obtient une liqueur alcoolique; réduite en poudre, on s’en est servi comme de savon ; grillée, on a essayé de la substituer au café: on n’est jusqu’ici parvenu qu’a en faire de mauvais alcool, de mauvais savon et de mauvais café. Il serait k désirer que de nouvelles tentatives fussent faites par d’habiles
I>KS PI.AMTES IINDIGLnES.
chitniskis pour donner un utile emploi à ces fruits si abondants. /
AMPÉLIDÉKS. — CÉLASTRIlSF.Efi. > ,
Vitis vinifera, L. (la Vigne). — Endlicher place en Asie la" patrie de ia Vigne~; elle ne serait spontanée que dans la Mingrélie et la Géorgie, entre les chaînes du Caucase, du Taurus et du mont Ararat. Cette opinion concorde avec les plus anciennes traditions. La Vigne sauvage, que l’on rencontre çà et là dans les bois et les haies du midi et du centre de l’Europe, n'y serait donc que subsiKuitanée, et devrait son origine à la Vigne cultivée.
La Vigne, cultivée de temps immémorial, a produit, par les stv mis, un nombre considérable de variétés, que Ton multiplie par bouture de génération en génération. Le vin, qui est le produit de la fermentation du suc du fruit mûr, est de saveur et de qualité très diverses, selon la variété du plant, la latitude à laquelle il est cultivé, la nature du terrain et son exposition, la température de l’année de la récolte, les procédés de préparation et le nombre d’années écoulées depuis la récolte. Le vin distillé produit l’eau-de-vie, et l’eau-de-vie distillée l’alcool.
Les propriétés fortifiantes du vin de bonne qualité pris avec modération sont assez généralement appréciées pour qu’il soit inutile de les signaler. Le vin rouge est tonique, le vin blanc est diurétique et excitant. Le vin rouge de bonne qualité est un des meilleurs remèdes qui me soient connus pour la guérison des plaies et des ulcères; il stimule les tissus et facilite leur cicatrisation ; il est, dans un grand nombre de cas, préférable aux cérats et onguents journellement employés, et je ne saurais trop en conseiller l’usage. On doit, pour l’employer en topique, lefairc’bouillir avec du" persil, lâver la plaie de cette décoction, et en imprégner la charpie et les compresses; on en humecte l’appareil au.ssitôt qu’il commence à se sécher, et l’on renouvelle les compresses matin et soir.
L’eau-de-vie prise en très petite quantité est stimulante; mêlée à l’eau avec addition de sucre, elle fournit une boisson rafraichissante. L’eau-de-vie camphrée constitue un topique stimulant, précieux pour la guérisou des contusions et des foulures.
202 PROrniKTÉS MKIUr.ALES KT ISAIÎES KCUNOSIIQLES
I/alcool sert k de noml)reux usages; je li’insisterai que sur son utilité pour la oonser>ation dos ôl)jets d’histoire naturelle. Les lamjws alimentées par l’aleool sont aussi d’un usage fréquent dans le cabinet du naturaliste.
Le vinaigre est obtenu avec du vin auquel on fait subir la fermentation acide. —' Le verjus est le suc exprimé du fruit avant sa maturité. — La lie du vin rouge est prcstjue entièrement constituée par du tartrate de potasse uni k urte matière colorante dont on le sépare pour les besoins du commerce.
Le raisin contient en diverses proportions les acides taririque, malique, citrique et racémique, unis, k la maturité, k du sucre d’une.nature particulière, à du mucilage et k des substances colorantes et astringentes.
Plusieurs espèces du genre Vitis .sont spontanées dans l’Anu^ rique septentrionale; la plupart ont des fruits acerbes; chez quelques unes, cependant, le fruit est d’une acidité agi-éable.
Endlicher parle de la Vigne en ces termes : « Saccharum pecu- « liaris indolis in baccatis nonullarum fructibus cum acidis di- » versi generis combinatum est. llarum succus expressus, absoluta « fermentatione, in qnam praeceps ruit, vimim est quod hominis » cor betilicat, de cujus lande niliil addam... »
Les arbrisseaux de la famille des Célastrinées contiennent des substances amères, astringentes et Acres, douées de propriétés purgatives et émétiques.
^coHÿHius Europæus, L. {le Fusain, Bonnet-carré). — L’écorce, les fenillcsetles fruits ont une saveur nauséeuse fort désagréable; k fail)Ie dose ils agissent comme purgatifs et émétiques. Les tiges, réduites k l’étal de charbon, constituent un crayon léger dont la trace s’efface aisément et dont les peintres font usage pour les e.squisses.
HYPÉRieiXÉES.
IfypericHm perforatum, L. (le Millepertuis). — Cette plante et la plupart des autres espèces indigènes ronliennent, dans les glandes dent les feuilles et les fleurs sont criblées, une huile résineuse; l’écorce renferme en outre une matière extractive amère. L’huile
DES PLANTES INDIGÈNES
i)e HiUeportuis, obte»ue paria macération dans de l'huile d'olive des sommités fleuries, a une vieille renommée dans la médecine populaire , pour la cicatrisation des blessures.
Les feuilles de ri4ndros®m«m oflicimle sont amères et aromatiques, et ont été employées comme astringentes.
nORIDlLÉES. — RKSÉÜACÉES.
• Brosera rotundi folia, L. (le RossolLs). — L’élégance et la singularité des espèces du genre Ih-osera ont dû, dé tout temps, attirer l'attention de ceux qui les ont rencontrées; aussi ont-eHes été un objet de superstition dans des tcm|)s d’ignorance. Les habitants de quelques campagnes croient encore aujourd’hui donner de la force et de la souplesse a leurs membres en les frottant avec; des plantes de Drosera. — Le su(* des Drosera est acide et amer, et pos-sède une àcreté susceptible de causc'r de l’irritation à la peau; il parait qu’on en a fait usage autrefois dans le traitemmit de l’hydropisie, des fièvres intermittentes, etdc'sophthalmies. .\ucUne. de ces propriétés si diverses ne parait avoir été confinnée par l’expérience.
Parnassiapalustris, L. — Gette plante est amère et astringente; elle a été employée à l’intérieur comme diurétique, et en collyre comme antiophthalmique. Selon Endlicher.ou emploie en Suède, comme stomachique, la bière dans laquelle on a fait bouillir du Parnassiat .
Pyrola rotundi fuUut L. — Les Pyrola renferintmt un principe amer et résineux, ce qui confirme l’affinité du genre Ri/rola avec les genres précédents. Le Pyrola rotundifolia, plante d’ailleurs peu commune, faisait autrefois partie des espèces dites vulnéraires; son usage est toml)é dans l’oubli.
Le nom de Peseda, qui \ienf de resedare, guérir, calmer, semblerait indiquer des propriétés que ue justifient pas les plantes de la famille dc>s Résédacées; leur saveur est Acre et picjuante, et présente la plus grande analogie avec celle des Crucifères; celle du R. odorata, L., me parait presque identique avec celle du Lepidium mtivum, L. (Crcsson-alénois).
28i PROPftIKT^:S WKMCALRS ET fSAGES ^XO^•OJ^Ql ES
Réséda lutea, L. (la Gaude). — Cette plante, fini renferme dans toutes Ses parties une matière colorante, jaune, abondante, est des plus employées dans l’art de lateinture; on la cultive en grand pour cet usage. On lui attribuait autrefois, ainsi qu'au R. luteola, L., des propriétés diurétiques et sudorifiques. — Le R- odorata, L. (le Réséda), originaire d’Kgypte, estcultivé dans tous les parterres l)our la suavité de son odeur. ’ ' ’
.NY.MPHÉACÉES.
Le suc des Nymphéacées renferme de l’acide gallique, qui lui donne des qualités.astrihgentes; les jeunes rhizomes renferment une fécule abondante et sont comestibles. Leà flenrs, douées d’une faible odeur, passent pour légèrement narcotiques. Mais c’est par leur beauté, bien plus que par la nature de leurs propriétés médicinàlesj que les Ny mphéacées ont dès longtemps conquis leur célébrité. « Nymphæaceae, dit Endlicher, mystico flore decorae, et ^ pulcherrimo foliorura aulæo aquam uriraculorum parentem >) legentes, ab antiquissimis temporibus inter sacras numeran- >> tur... inter nostrates \Nymphæa alba, L., planta latissimc per « omnem hemisphæram borealem diffusa, memoranda est, æstate » pulcherrimum aqiiarum ornamentum, llorem album et inter » indigenos ampUssimum, inter folia lata natantem, hora matu- » tina septimapandens, pomeridiana qùintaclaudens... •Folia vul- » neraria perhibent. Flores subnarcotici , antiaphrodisiaci cre- « duntûr. » — Les propriétés du Nuphar luteum, Smith. (Nénuphar), diffèrent peu de celles du Nymphœa.
Une des plus belles plantes du monde, le Victoria regalis, Schomb. {Euryale Amazonica, Poepp.), appartient à la famille des Nymphéacées. Endlicher la mentionne eu ces termes : « ... In vastis Amerlcæ fluminibus nascitur, Victoriæ , Anglorum » Reginse virgini, nunc. populorum matri pulcre fecundæ, dicata. » Manta Ingens est , foliis giganteis et bene armatis lafe per un- » dam dominans. Flores maximi et fragranlissimi, ubi panduntur >• candidi, 'deinde sanguineo rubent ; fructum sub aqua maturat, » .seminibus populus victitat. n -
. BKS M.ANTKS INDIfii^XES. ‘ - 265
PAPAVÉBACÉE6. — fl'MARIACÉKS. ' ■
Papaver orienlale^ L. (le Favoi). — üii ne saurait déterniiner aujourd'hui la {latrie du Pavot ,'qui est cultivé et presque uaturalisé dans tant de contrées diverses. Personne, n’ignore que l’opium ^t le sue concrété que l’on obtient ea faisant des incisions superficielles aux capsules du Pavot avant leur maturité. L’opium ne se recueille ixûnt en Europe; on a sans doute reconnu que sa qualité y est inférieure à celle de l’opium que l’on prépare en Orient. L’opium du commerce provient de Smyrne et de Constantinople , de la Perse et de l’Egypte. Cette substance doit ses pro|)riélés narcotiques si’ pubseantes ii plusieurs alcaloïdes, dont les plus importants sont la morphine , la codéine et la na'rcoliné. On cultive en grand le Pavot pour l’huile grassé que l’on extrait de ses graines, et qui est connue sous le nom d'huile d’aMilette; cette huile passe pour ne contenir aucuiT principe narcotique. Endlicher dit néanmoins avoir eu la preuve que cette huile récemment exprimée j)cut provoquer l'assoupissement. Le fruit de cette variété de Pavot est beaucoup plus volumineux que celui de la variété cultivée pour la beauté de ses fleurs; on lé recueifle avant la maturité, et on le consene sec sous le nom de Têtes de Pavot. On se sert des capsules du pavot, après en avoir retiré tes graines, pour prt^parer une infusion calmante; ces capsules servent aussi à la préparation du Sirop diaeode. . •
Papaver Rhœas, L. (le Coquelicol). ^ Les pétales frais du Coquelicot ont des propriétés narcotiques'; secs, ils agissent comme amers et mucilagineux., leur infusion est plutôt adoucissante que calmante. ’ ■ - '
Chelidonium majus, L. (la Chélidoine, Grande-Éclaire). — Cette plante, froissée, répand une odeur nauséeuse ; le suc d’un jaune rougeâtre qu’elle contient en abondance est âcre plutôt que naréotique; il produit la rubéfaction de la peau; on s’en senait autrefois pour détruire les verrues et dissiper les taches de la cornée. L’extrait de Chélidoine était classé au nombre des médicaments âc'res et excitants. Cette plante est aujourd’hui inusitéé.