CRUCIFÈRES
Cette importante famille, si éminemment naturelle par la structure des piaules qu'elle renferme, ne l’est |>as moins par les propriétés de ses tKMubreuaes espèces. l>a saveur des Crucifères est en générai âcre et piquante ; elles doivent cette saveur et leurs propriéU‘s excitantes à un princi|)e volatil répandu dans, tous leurs organes, et qui est souvent uni à du soufre; elles contiennent aussi un principe amer et différents sels; enfin les- graines d'un asse^ grand nombre contiennent une huile grasse assôcu'e , chez quelque^ unes, à une huile volatile. Le suc d'un grand nombre de crucifères fait la base des mëdicamentsditsantisCorbutiquesries propriétés stimulantes de ces médicaments peuvent, en effet , contribuer à la guérison de l'affection scorbutique ; mais cette médication serait complètement impuissante si elle n'était secondée par les moyens hygiéniques : l’air pur, l’exercieo, et une alinieHlalion convenable.
Parmi les esi)èce.s employées comme antiscorbutiqnes , je citerai : Cochlearia ufjfici.ruilis, L. (leCochléaria),-<’ocA/raria Armoracia, L. (le Raifort-sauvage), Raphanm satwua, L. (l&Radis noir), et Nasturtium officinale, L. (le Cresson-de-fontaine). On en prépare des infusions, des sucs, des teintures alcooliques, des bières et des vins médicinaux. Les deux premières espèces que nous avons menUonnées fout la base du sirop dit antiscorbutique. Ces préparations sont administrées avec succès,, non seulement dans l’affection .scorbutique, mais aussi dans les cas d'affà-tions scrofuleuses et dartreuses.
Parmi les espèces employées anlrefois pour leurs propriétés stimulantes, mais dont l’u.sage est à peu près abandonné aujour-
DES PLANTES INDIGÈNES. 267
(l’hui, nous citerons l 'Cardamine amara, L., C. pralensU, L, et C. asarifolia, L., Senebiera Coronopus, L., Kakile mari"" lima , L., Varharea vulgaris, L., Sisiimbriwn AUiaria, Scop. (Alliaire), S. Sophia, L, (Sagesse-dcs-chlrurgie«s), Eruca saliva, Link. (la Roquette), Lepidium sativum, L., etc.
L'infusion du Sisymbrium officinale, Scop. (TIerl)e-aux-chantres) est Ionique et pectorale , et est encore regardée comme remède contre l’enrouement qui résulte d’une angine ou d’une bronchUe légère.
Sinapis^igra, L. {Brassica nigra, Koch., .Moutarde noiie). — Personne n’ignore que les sinapismes, les cataplasmes sinâpisés et les pédiluves sinâpisés, se préparent avec la farine de graine de Moutarde noire. Cette farine doit son âcreté et les propriéU's irritantes et rubéfiantes qui en font un des meilleurs révulsifs, à une huile volatile associée k l’huile grasse que les graines renferment. C’est avec la farine de cette même espèce, associée au vinaigre, que l’on préjiare la moutartle qui .sert de condiment.
Sinapis alba, L. (Moutarde blanche). — La graine de Moutarde blanche, préconisée en Angleterre, puis en lYance, comme un précieux stimulant des organes digestifs, n’a pas, k beaucoup près , répondu aux bons effets qu’on en attendait. On la prend ramollie dans l’eau k la dose de deux k trois cuilleiTies k café dans le courant de la-journée.
La consommation de plusieurs espèces du genre Brassica, cultivées en grand comme plantes alimentaires, et au-ssi pour la nourriture des bestiaux, est des plus considérables. 11 suffit ici de mentionner les noms du Brassica oleracea, L. ( le Chou), B. Rapa, L. (la Rave), B. Xdpus L. (le Navel), espèces qui , par une longue culture, ont produit de si nombreuses variétés, pour en constater l’importance. Les diverses variétés du Baphanus salivas L. (Radis rose, Radis noir) doivent aussi être ajoutées k cette liste. Enfin nous devons mentionner également le Nasturtiu7n officinale, L. (Cresson de fontaine) et le Ij-pidium salioum, L. (Cresson-alénois , Fausse-Roquette), comme appartenant k la culture potagère. . ' , ■
Le Ccmelina saliva, L. (la Cameline),'ct les variétés Olcifera du Brassica Napus (le Colza) et du B. rapa (la Navette), sont cUlti-
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véscn grand pour l'huile grasse, que l'on extrait de leurs graines. Cette huile est employée pour l'usage alimentaire, à défaut d'huile d'oiivè ou d'huile de noix; elle sert peu pour l'éclairage, mais elle a un grand nombre d'usages dans les arts.
Isatis tinctoria , L. (le Pastel). — Cette plante est cultivée en grand imur la matière colorante que l'oaen retire ; elle est d’un grand usage dans la teinture.
Je ne terminerai pas cet article sans faire remarquer que plusieurs des (leurs les plus agréables de nos parterres, tant parleur beauté que pour leur odeur suave, les Cheiranthus et les ilfot/uo/rt (les 'Giroflées), ÏHesperis matrunalis, L. (la Julienne), etc., a|>liartiennent à la famille des Crucifères.
CISTt^Él;S. — VIOLARIÉE.S.
Helianlhemnm vultjare, L. — Cette plante est légèrement astringente; elle était admise, dans les anciennes pharmacies, au nombre des esi)èces dites vulnéraires.
Cistus ladani férus , L. — Celle espèce appartient à la région méditerranéenne; elle est rare en France et abondante en Espagne ; on recueillait autrefois le suc résineux sécrété par l’écorce sous le nom de Ladanwn. Cette résine ^st associée à une petite quantité d’une huile volatile; elle est douée de propriélés excitantes. I>a falsiQeation de la résine dite Ladanwn avec des résines d'origines diverses a sans doute été cause de l'abandon de celte substance. <
Les tiges souterraines et les racines des Violariées renferment un prinéipe actif (Violine) âcre et doué de propriétés émétiques. Plusieurs espèces du genre lonidiwn (Amérique méridionale) ont des propriélés émétiques presque aussi actives que celles de l’ipécacuanha (Cephelis), et ont reçu le nom de faux l()écacuanha.
Viola odorata, L. (la Violette). — La souche, qui est d’une saveur âcre et amère, est douée de propriétés émétiques; elle est inu.sitéè. On fait par infusion, avec les fleurs, une tisane émolliente et diaphorétique d’un usage vulgaire. On en prépare un sirop destiné à édulcorer les tisanes pectorales. . .
UtS l>LA.NÏKS IM)IGkMKS.
' r/o/a trkolor, L. (la Pensée sauvage). — Celle planle est douée d'une eerlaine âcreté; son infusion est excitante, et est d’un emploi fréquent dans le traitement des maladies de la peau. On en prépare un sirop qui remplit les mêmes indications.
- . • TÉRÉMNTHACÉeS.
Rhus Cotilius, !>. (le Fustel). — Cette espèce méridionale est cultivée (tomme plante d’ornement. Son écorce et ses feuilles sont astringentes. I.elwis fournit une couleur jaune en usage pour |a teinture. — R. coriaria, L. (le Sumac), arbrisseau fort élégant fré- (juemment planté dans les parcs. Les fruits ont une saveur acide prononc(‘e. On s’en seri quelquefois pour augmenter la force du vinaigre. — Leü. toxicbdeiidrnm, L., naturalisé dans les parcs, et plu.sieurs autres espèces également originairt's de l’Amérique du Nord , ont des propriétés vénéneuses des plus intenses; l’application de leurs feuilles sur la peau produit une vive irritation, et donne lieu à des phlyctènes remplies de sérosité ; leurs émanations longtemps respirées peuvent produire la tuméfaction de la tète. On a essayé de tirer parti de propriétés Si actives ; ayant reconnu (jne les préparations qui ont ces plantes pour base agissent surtout sur le système nerveux, on lésa employées dads le traitement des paialysies , et au.ssi contre les affections dàrtréuses. On a renonté aujourd’hui à l’emploi de ces dangereux médicaments.
Pistacia Lentiscus, L. (le Lentisque). — Sans usage en Franiv. En Orient, on recueille la substance résineuse unie à une huile volatile qui s’écoulç par incision de son écorce. On s’en sert iwur raffermir les gencives et donner à l’haleine une odeur agirablè. — P. Terebinthus, L. (le Térébinthe). Cet arbrisseau croit dans la région méditerranéenne avec le pré^cédent; on en recueille par i ncision une résine âcre et amère d’une odeur aromatique agréable. — P. cera, L. (le Pistachier), cultivé dans le Midi, originaire de la Perse. Ses amandes contiennent une huile douce; elles sont recherchées pour leur saveur agréable. — Le Manguier, Mangifera Jndku, L., arbre voisin des Pistacia, produit un des meilleurs fruits de l’Inde. L’dnocrtn/ium occidentale, L. (.Acajou), qui croît en Amérique et aux Antilles, appartient également à la, même famille.
27A PKOPKIÉTÉS MÉOICALEfl ET USAGES ÉCONOMIQUES
HHAMSÉE». .
Rhainnus oalharticus, h. (le Nerprun), — Les baies renferment , à la maturité, une pulpe d’unesaveur amère cl nauséeuse, assez fréquemment employée commo purgaüf, et regardée autrefois comme fébrifuge; avant leur maturité elles fournissent une matière colorante verte.
Rkamnm Frangula, L. (la Boùrdaine). — Les baies ]>araissent douées des mêmes propriétés purgatives que chez l’espèce précédente; elles ne sont employées que pour la teinture. Le suc contenu daqs l’écorce a été employé à l’intérieur comme antipsorique.
Les R. saxaliliÿ, L., infcctorius, L., cl Alaternus, L., fournissent avant leur maturité les fruits employés dans la teinture, et vulgairement connus sous le nom dtJ graines d’Avignon.
Zizyphus vùlgaris, Lam. (le Jujubier). — Cet arbrisseau , originaire de la Syrie, n’est pas rare aujourd’hui dans les haies de la Provence; scs fruits sont mucilagineux et comestibles. On en pré|)are une pâte pectorale d’un usqge vulgaire.
Paliurus acttleatibs , Lam. — Cet élégant arbrisseau, fré([uent dans les haies de la région méditerranéenne, renferme dans ses feuilles un suc astringent; les graines sont oléagineuses et pectorales. Ou les l’net rarement en usage.