PAPILIONACÉES
Cette famille si vaste, et en même temps si naturelle, renferme un nombre considérable de plantes utiles comme alimentaires et médicinale.s. (^ant à leurs propriétés, elles sont des plus diverses ; aucune espèce néanmoins ne peut être considérée comme vénéneuse. '■
Nos Papilionacéés indigènes ou naturalisées ne'’fournissent aucun médicament important, si ce n’est la racine de Réglisse. Kn re\anche, les graines farineuses de plusieurs espèces cullivét's en grand sont des plus utih's comme substances alimentaires; et, la consommation en est considérable. H suffit de mentionner, sans nous y arrtUer, le Haricot f / mlgaris, L.) et ses
nombreuses variétés, le Petit-Pois (P/.5Mm sativim, L.), laLen-
1)KS PLAM’ES IXDIGt.NES.
tille [Ervum Lens, L.), la Fève (Fo6a vulgaris, L.), le P(»is chiche [Cicer arietiiium, L.), le Lupin (Lupinus albus, L.) et l\lracfits hyix)gœa, L. Ces trois dernières espèces ne sont cultivées que dans le midi de la France et les autres contrées méridionales.
Les fourrages les plus importants appartiennent à la famille des" Papilionacées. 11 nous suffira de citer les diverses esi)èces de Trèfle %Trîfolium prateme,L., T. repens, L,, T. imarnatum, L.), la Luzerne (.1/erficoÿo satina ^ L.) et le Sainfoin {Onobrychis sàtica.'L.).
Les graines du Vicia satina, L. (Yesçc), des Ervum monanthos, L. et Ervilia, L., et du Pisvm arccnse, L. (la Pisaille), servent à la nourriture des volailles. Les plantes fraîches peuvent aussi être récoltées comme fourrage.
Vilycyrrhiza gldbra, L. (la Réglisse). — Cette plante est Spontanée dans le Midi de la France; mais c’est l’Espagne qui en fournit la plus grande quantité au commerce. La racine contient une mafière sucrée et mucilagineuse soluble dans l’eau', et douée de propriétés adoucissantes et pectorales. Dans la décoction se trouve dissoute avec la matière sucrée une matière âcre dont la .saveur est désagréable; on doit donc préparer la racine par infusion, et même par simple macération dans l’eau froide. L’infusion déraciné de Réglisse constitue la tisane la plus usitée; des marchands en plein vent la vendent l'été comme boisson rafraîchissante. Le suc condensé constitue des tablettes pectorales connues sous les noms de Pâtes et de Sucre de réglisse ou Sucre noir.
Eobinia Pseudo-Acacia, L. — Cet ârbre est originaire de l’Amérique boréale; la racine et le liber sont d’une saveur qui se rapproche de celle de la racine de Réglisse; les^ fleurs fournissent unecouleur jaune; les graines renferment une huile grasse; mais ces diverses propriétés sont peu appréciées. On plante cet arbre dans tes parcs et tes promenades publiques, dont il fait l’orneroent au printemps par l’élégance de son feuillage et la beauté de ses fleurs, dont l’odeur suave rappelle celle de la fleur d’Oranger.
Astragalus glycyphyllos, L. — Scs feuilles ont une saveur douceâtre et nauséeuse; il parait que leur infusion était employée autrefois contre la dysurie. — A. excapus, L. Celte plante aljune ét{tlt regardée comme diaphorélique ; elle est inusitée»
272 J'HOPRIKTÊS MÉDlC.ilES El tSA0l2s ÉCONOSIiytES
VAnthyllis vulneraria, L., est douédeprapriélés astringentes; on le comptait autrefois au nombre des espèces vuliH'raircs.
Le Galega ofjkinalis, L. (le Galega), a une saveur amère; on lui attribue des propriétés diurétiques , diaphorétiques et anthelminthiqiu*s.
Les Sparlium junceum, L. (Genêt-d’Espagne), Sarothamnus scpparius, AVimm. (Balais), Geniata sagittalis, h., G. iinctoria, L. • (Genêt-des-teinturiers) , Cytims Laburnum, L. ( Faux-Ébénier), CbroniUa varia, L., et C. Emerus, L., Colutm arborescens, L. (Baguenaudiei’), etc., renferment un principe âcre et amer, et sont doués de propriétés émétiques et purgatives.
Le Genisla tinctoria, L., renferme en outre un princiiie colorant jaune ou vert employé dans la teinture.
L'Ononis repens, L. (.\rrète-b«’uf , Bugrane), et sans doute aussi ro. .spùwsa, L., contiennent dans leurs racines un principe stimulant diurétique.
Le Melilotus officinalis, L., est doué d'une légère odeur aromatique; .sa saveur est amère et aromatique. On emploie son infusion en lotions comme médicament résolutif, èt en collyre.
Trigonella Fanum-Græcum, L. (Fenu-grec). — Odeur fortement aromatique, saveur amère-aromatique. Médicament employé à l’extérieur comme résolutif, k l’intérieur comme stiimilant des organes digestifs.
Psoralea büumimsa, L. — Odeur forte, amère et aromatique. A été employé contre l’hystérie et l’épilepsie, comme fébrifuge et comme odoutalgique.
Ànagyris fœUda, L.— Odeur forte, propriétés stimulantes.
L’usage médical des Papilionacées indigènes est très limité, et la plupart de ces espèces ne sont mentionnées ici que |K>ur mémoire. 11 n’en est point ainsi d'un assez grand nombre de pro- ^.duits exotiques fournis par le groupe des Légumineuses, et dont l’importancç est des plus considérables : la gomme arabique et la gomme adragantc sont produites p;»r plusieurs espèces du genre Astragale , le baume du Pérou par plusieurs Myrospermum, la casse et le séné par plusieurs espèces du genre le sangdra-
gon par le f^rocarpus Draco, L., etc. Nous citerons aussi, parnti
-, UES PLANTES INOIGÈNES. 273
les matières tinctoriales, l'indign, indigofera tinctoria, I..; le bois de Campêche, Hœmatoxylum Campechianum^ et le bois de Brésil , Cœsalpinia exAimta, L.
LVTHRARIÉES. — PORTIXACÉES.
(<.es piaules de la Camille des Lythrariées sont, en général, douées dé propriétés asse'z actives; parmi'les exotiques, il en est d’émétiques , de purgatives et d'astringentes.
. Lijthrum Salicaria, L. (la Salicaire). — Cette plante imssède des propriétés astringentes. — L. hyssopifolia, L. On lui a attribué des propriétés vulnérairt« et antiscorbutiques. . '
Portulaca olfracra, L. (le Pourpier). — Les feuilles ehagiues du Pourpier contiennent un sue mucilagineux d’une sjiveur légèrement salée. Cette plante était considérée comme antiscorbiitique et rafraîchis-sante; elle est cultivée dans les jardins potagers comme alimentaire.
Une plante de la famille des Porttilacées, originaire de la Si- Wrie, et peut-être susceptible d’être naturalisée en France, — le Claitunia tuherosa, l*all., présente une souche charnue en forme de tubercule, qui est alimentaire.
l'AUONVr.lllÉE.S. — CRASStLACÉES.
Herniaria glabra, L., H. hirsuta,L. (Turquette, llerbe.aux, hernies). — Cette plante était autrefois considérée comme vulnéraire et résolutive. Elle est inusitée.
On prépare dans la province d’Orun, avec les sommités fleuries du Paronÿchia argentea, L., une infusion d’une saveur agréable, analogue k celle du Thé. Ce Thé a été adopté par nos soldats. M. Durieu pense que l'usage du Paronÿchia a été introduit eu .Afrique par les Espagnols.
Le Sempervivwn Uclorum, L. (la Joubarbe), leSedom reftexum, L., et le album, L., étaient considérés comme diurétiques, anti-
274 PKOI'BIÊTÉS MÉMCAfeKS KT l SAGES ÉCOXOMiyiES
soorbutiqups, sédatits et viilnéniires. Ils sont encore usités dans la médecine popuiaire. - . .
Les Seduvi Cepcea, L., S. Anacampsero», L., et S. stellattm, L., \eSeinperricum arboreum, Poir., \'U7nhilicus pendulinus, L. (ümbiiic-de-Vénus), et le Rhodiola rosea, L. {Sedum Bhotliula, D.C.), prés<*ntent des propriétés analogues.
Le Sedum Telephiuin, 1^. (Orpin, Herlje-à-la*coupuret, est doué des mêmes propriétt^ stklalives : les feuilles, dépouillées de leur épiderme sur une de leurs faces, épiderme qui s’enlève aisément, et appliquées sur les blessures légèi-es, calment la douleur et facilitent la cicatrisation. L'n remède plus certain , |Huir les blessures légères comme pour les blessures |dus graves, consiste en des IMHisements avec une décoction de persil et de sucre dans du vin rouge ; ou encore avec une dissolution de sel commun dans de l'eau-d^vie. .Selon Dioscoride, la poudre de Telephium enlève les taches de la peau; mais ii faut « frotter le cuir si® heures durant, de jour ou de nuict, et continuer aiusi si® mois durant. » (Ancienne traduction.) >
Le Sedum acre, L. (Vermiculaire), renferme un suc âcre, d’une saveur poivrée; à l’extérieur, la plante réduite en pulpe est rubctiante; '4 l’intérieur, elle est, ainsi que lu plupart des substances Acres, émétique et purgative. Cette plante est complètement inusitée.
Les espèces delà famille des Cactées, dites spécialement plantes grasses, prtwntent les formes les plus bizarres et souvent les plus élégantes ; les fleurs de certaines espèces sont d’une remarquable beauté. Ces plantes renferment un suc aqueux abondant, ordi nairement insipide, plus rarement doué de qualités Acres plus ou moins purgatives. Leurs fruits bacciformes sont d’une saveur sucrée et acidulé assez agréable; on les recommande comme rafraîchissants et antiscorbutiques. L'Opuntia vulgaris^ Mill. {Cactus Opuntia, 1,.), spontané en Amérique, est depuis longtemps* naturalisé dans la région méditérranéenne, oü il décore les lieux incultes qu’embellit également X Agace Ameri~ cana, L. Ses fruits (Figues-d’Inde), qui sont d’une saveur douceâtre, passent pour diurétiques.
bigilized b/élcTogl
DES PLANTES tNDIGèNBS.
La famille des MmmbryaiUltémées renferme le seul genre Mesambryanlhemnm. Les esi)èces de ce genre contiennent un soc aqueux abondant, d'une saveur légèrement salée. Plusieurs espères, originaires du Cap de Bonne-Esiwranre, sont cultivées pour la iK'auté de leurs fleurs. liC M, crystallinum, L, (la Glaciale), remarqualde par ses feltilies qui semblent couvertes de gouttes d'eau glacées, est naturalisé dabs la région méditerranéenne; sou suc est diurétique et en Usage dans le traitement de riiydropisie. Cette plante est une de celles qui fournissent de la soude, dans les îles Canaries. ' ■
AHYGDALÉKS.' ^
La famille des Aniygdalées a été détachée, ainsi que la famille des Poinacées, de l'ancienne famille des Rosa«‘ées; ces trots familles, séparées entre elles par des différences importantes, consMtuent toujours néanmoins un groupe très naturel par leurs caractères généraux et par la nature de leurs propriétés. Les substances qui sont communes aux trois familles sont i le tannin, une gomme, du sucre et une huilegrasse; mais, chez la famille des Amygdalées, à ces diverses substances inoffeoaives se joint un principe très vénéneux, l'acide hydro<-yanique ; ce principe réside dans les feuilles et dans l'embryon d'un certain n.omlare d'espèces. Aux propriétés astringentes des Rosacées .s^joulentdonc, chez les Amygdalées, des propriétés narcotiques.
Une gommede la même nature que la gomme arabique, mais de qualité très inférieure, s'écoule des crevasses et des blessures de l'écorcc de plusieurs arbres de cette famille, et particulièrement des Ceri.siers, des Pruniers et desAmandiers.
, L'importance des fruits comestibles, à chair acidulé et sucrée, fournis par les ai'hrcs de cette famille^ est bien supérieure à l’importance des substances médyameuteuses. Nous devons nous contenter ici de les énumérer.- . ,
Le Cerasus Lauro-CerttsuSf L. (Laurier-cerise, Laurier-à-lak) originaire de l’Asie Mineure, est l’espèce dont les feuilles contiennent la plus grande proportion d’acide hydrocyaniqne. Les feuilles du Pécher en contiennent aussi une assez granUeqvmû-
276 PROPRIKTKS NKBICALI?S ET 'l'SAr.F.fi ïiÆOXOMHîrES *
lU^ ; il en est de même des amandes de ses fruits, et des amandes de la variété amère de l'Amandier.
Iæ Cerasus Padus, D.C. (Bois de Sainte-Lucie), adesfruitad’une saveur- amère et nauséeuse; sou écorce est astrmgehte.
\j& Cerama aetum, L. (Griottier, Merisier), parait s|)ontané dans nos bojs; il fournit par la culture les nombreuses Variétés dé Cerises douces et à chair ferme. Le Kirschwasser est le produit de la distillation de ses fruits fermentés. Une variété tardive à ^ros fruits à sue coloré, dite Griotte à ratafia, sert à préparer les Cerises dites à l’eau-de-vie. — Le C. vutgaris^ L. (Cerisier), est originaire d’Orient. La Cerise de Montmorency est la variété la meilleure qui ait été obtenue de cette espèce parla culture; la Cerise anglaise est d’une qualité très inférieure : les Jardiniers multiplient cependant, depuis quelques années, cette variété, de préférence, parce qu’elle est plus hâtive, que ses fruits sont d’une plus belle ap|>arence, et^que par conséquent la culture en est d'un produit plus avantageux. " ,
Prunus spiftosa, L. (Prunellier, Épine-noire). — Son écorce est amère et astringente; on lui attribuait des propriétés fébrifuges qui sont de peu d’importance depuis la découverte du Quinquina. Ses fleurs sont amères et imrgatives; le fruit est téès acerbe; Il le devient moins après avoir subi une forte gelée. On en obtient , par fermentation dans l’eau, une très médioctre boisson.
' Prunus domestica, L. et /*. insititia, L.'(Pruniers).'— Os aébres, cultivés dans le monde entier, sont originaires de l’Orient. Parmi les nombreuses variétés qui ont été obtenues par la culture, les meilleures sont le Prunier de Damas et le Prunier de Reine- Claude.
L’.lmicn»oca vulgaris (Abricotier) est spontané en Orient ; cultivé en plein vent, ses fruits sont des plus savoureux. Le type est â Amandes amères. Il existe une variété â amandes douces.
i'Amygdalus Persica, L. (Pécher), fournit un des fruits les plus délicieux. Sa cuHure, savamment perfectionnée, est, aux environs de Paris, l’objet d’un commerce très étendu; on ne l’y cultive qu*èn espalier, et l’on y préserve ses fleurs de la gelée au moyen d’abris habilement disposés qui empêchent le rayonnement du calorique. ’ . .
• ‘ < .• 1>KS TLAÎ^THS INMSKNRS. . ' 277
■Amyqdalvs eommimis, (Ainandier). — Cet arbre, qui tw prospère f|ue dans le. Midi, produit une variété îi amandes amères, renfermant une certaine quantité d’acide hydrocya nique, et une variété à amandes douces et comestibles. Ou en extrait une huile t'raf-si* d’une saveur atçréable, très usitée pour diverses préparations oflieinalcs, et qui constitue un médicament adoucissant et laxatif. Les amandes douces pilées entrent dans la composition des loochs; on ajoute aux loochs et aux émulsions quelques amandes amènes |Kiur les aromatiser. I/eau distillée d’amandes amères, i» la dose d(> 10 ^ 46 pouttes dans une potionj a été employée contre les tièvres intermittentes.
' ‘ ’ ROSACaêES.
Les plantes de la famille des Rosacées renfermeat, la plupart, un principe astriiigenL en usage de temps immémorial, et qui n’est pas des moins importants dans la matière médicaie; il s’y ioint, chez quelques espèces, un principe résioéux et une huile volatile , enfin quelques substances douées d’une certaine ârreté.
Les fruits charnus de la plupart sont d'un& saveur acidulé agréable, en raison des acides raalique et citrique qu’.lls renfer-* ment unis à. une matière mucilagineuse et sucrée; ils ont'des propriétés rafraiehissantes et antiscorbutiques. Quelques traces d’acide hydrocyaniqué qui existent dans les fleurs des espèces de la tribu des Spiréacées indiquent t’afllnité des Rosacées arec les Amygdalées. . ^ '
Spirœa Aruncus, L. (Barbe-de-bouc). — Ijl racine de cette plante alpine exhale une odeur forte ; sa saveur esA âcre et astringente. EUe est inusitée aujourd’hui; elle a été longtemi^ employée cotpme tonique et fébrifuge.* "
Spirœa IHmaria, L. (Reine-des-prés, Ulmaire). — Sa racine a été recommandée comme vermifuge. . .
Spirœa Piliptndula, L. (la Fllipendulél. — Les fleurs de cette plante ont une odeur d’amandes amères. Les renflemenLs de la radne sont amers et aromatiques; Ils sont au nombre des remèdes ineffioa<^ qui ont été préconisés pour guérir k rage, v
Buifus hlœus, L. (le Erambolsier). •— Le fruit des Rtém résulte
278 PROPRIÉTÉ!; WÉMCAtBS RT t'SACES ÉCONOMIQtRS
d'une réunion d’akèoes succulent». Le Framboisier, commun dans les forêts monlueuses, est cultivé pailout pour ta saveur aeidule et |>arfuiBée de son fruit qui est classé ad nombre des aliments tempérants et rafraichissants. On en prépare 'des sirops et des conserves sucrées. ■ ' ■ . *
Rubus fruticosus, \.. (la Bonee). L'infusion de feuilles de Ronces constitue un gargarisme légèrement astringent; les fruits (Mûres de Ronces) qui sont recherchés par les enfeiUs, d'abord acidulés, deviennent, k la complète maturité, d'une saveur sucrée, mêlée d'une odeur de fourrais : on prétend, dans les campagnes, que leur usage immodéré donne la fièvre.— Le 'fruit du RtUms cæsius, L. (Ronce bleue), qui est d'un noir glauque tirant .sur le bleu, se compose d’akènes moins nombreux, espacés et plus gros; ils sont, même k la romplète maturité, d’une saveur franchement
acide. *-• ' • •
, Geum urbamun, L. (la Bfinoite). — fia ractifr, autrefois très usitée, est rarement employé* aujourd’hui; elle renfermé un principe aromatique amer et astringent, uni k une gomme-résine. On la classait au nombre des médicaments toniques et fortifiants. — ‘Iji racine du Geum rivait , L., est amère et astringente, mais non aromatique. ■'
Fragaria vesea, I,. (le Fraisier). ^G'est le n’ceptacle des akènes ougynopbore, quirches la Fraise, est charnu et succulent, et constitue la partie comestible du fruit. La Fraise, dont H est inu‘tMe de Caire l'.eloge, est un aliment tera|)éra«t et rafraîchissant, mais indigeste pour certains estomacs. On en cultive des Variétés no"mbreuse8, et plusieurs espèces distinctes, le Fragaria eaUina, Kbrh., et les F. Virpmiono, Ehrh., et frandi/foro, Ehrh.
PoteMiila TormentiUa, fichr. (laTofmentiHe). •“ Cette plante est une des plus riches en acide dannique, et par conséquent une de celles dont les propriétés astringentes sbnt les plus pronon- ' cées. — Les Potentilla anserina, L, (Argentine), P. reptans, L. (la QuintefeuHIe) et le Cotnamm jalmlre, L. (QuliitefeulUe aquatique), sont aujourd’hui complètement inusités.
Agrimonia Eupatoria, L. (Aigremoine). Amère-astringente et légèrement aromatique, cette plante est du. nombre des médicaments stimiilauts, toniques et astringents. . . >
IUlS 4>LANTE8 indigents.
Hosa gailka, L. (!los« de Provins). — Ses pétales irnforment un suc astringent; ou en fait une préparation connue sous lu nom dectuwerfcs de Ruses, et que l’on emploie ii l’intérieur comme toni(|ue et .stimulant. I-es feuilles de Uoses infusées dans du vin rouge servent à faire de.s injections excitantes; infusées dans du vinaigre, on s’en sert en gargarisme dans lés cas d’angines chroniques; enliu lt*s infusions dans l’eau , le vin et l’eau-de-vie, sont employées it faire des lotions excitanU's pimr favoriser lacicatrisiitiun des ulcères. — l.e miel rosat sert ii édulcorer les gargarismes; on l’emploie seul pour touclier avec, un pinceau de. charpie It's aphthes qui se dévcloptuml à la membrane mmpieuse buccale , et les amygdales dans le cas de gonllement et d'intlammation.
Rusa centifulia, L., et Damascena, b. (Ilost* à cent feuilles, et de tous les mois). — Ces Hoses, dont les nombreuses variétés font le plus bel ornement des parterres et l’emportent sur iire.s<iue toutes les tlcui-s par la suavité de leur parfum, fournis.sent une eau distillée employée dans la |>arfumerie, mais surtout utile comme «dlyre; ce collyre, légèrement astringent, est usité dans les conjonctivites légén's, et sert de véliicule k d’autres collyres plus astringents.
Les fruits des divers Rosiers, et particuliéi-ement du Rusa ca~ nina, L.;(Égl;uitier), cemnussous le nom de Cynorrhodons, etc., renferment, à ia maturité, une pulpe acidulé et astringente; les poils roidesqui revêtent le fruit à l’intérieur irritent fortement la gorge, si l’on n’a pas soin de les enlever. On en pré|)arc une consene astringente usitée dans le traitement des diarrhées clmv niques.
L'n insecte hyménoptère du genre Cynips dépose ses amfs .sous l’épiderme des rameaux ou même des fruits et des feuilles. I.es larves, ldrsqu’ellt« sont écloses, déterminent par leur succion un afflux de sève qui donne lieu ii la production en forme de mous.se verte ou rougeâtre, qui a reçu le nom de Bédéyuar. Si l’on couiie la mas.se en travers, on voit que le ('.entre est o«'U|)é par un noyau pierreux creusé de petites loges, dont chacune renferme une seule lane. J’ai re<ju d’Ksjtagne un bédéguar résultant de la piqûre du Rusa canina par une autre espèce de Cynips. Dans cette production, le noyau est très volumineux, et au lieu d'être
'J80 l'UUI'KIKI KS llélMCAIÆü ET tSAOES KCU-SoMl^i ES
chargé de fliamenis pennés , enchevêlm et crépus comme dans l’espèce si rommune en France, il ne porte que des tubercules spineseents, assez courts et non rameux. Les bédéguars, ainsi que d’autres productions dont le développement présentait, dans des temps d’ignorance, qiteique chose de bizarre et presque de surnaturel, ont été l’objet de croyancessnperstitieuseS: ilscA)nstituaieuLuné panacée universelle. Selon Endlicher, c’est encore une (Toyance, dans certaines campagnes, que le bédéguar, placé sous le lit, détermine un profond sommeil.
«... Kosas quis iiescit, dit Endlicher, formæ décoré et odoris » suavitate inter pulcherrimos orbis terneque flores venustatis » principatum suo generi vindicantesi Centifoiiæ inter has emi- U lient, incertis natalibus, et innumera varietate... l^roxima Daufflasrenæ gloria esl, quæ in hortis perpeluuin floret. Gallicæ » petàla validius astringnnt. Moschata olei ætherei feracissima » creditur, ingentis inter orientalium |)opulorum lautitias fainæ. uUleum Kosarum etiam e Kosa Si’mpervirente et Indica (Rose »du Bengale) parari- constat. Sempervârentis flore-pleno inter U hurtensesantiquissima memoria. Inter nostrates Canina vulga- « ris notitiæ est, multæ apud patres etiam in medicina laudis... V Üeglutitis acheniis comosis vermiculi in intestinis hospitalités « everruiitur. Lutea florum odore cimicino degener. »
.. l'OMACÉES.
Cette famille ne renferme que des arbres ou des arbrisseaux. la% fruits de plusieurs espëc’es, d’une saveurâpre k l’état sauvage, sont devenus , par une culture qui date de la plus haute antiquité, les plus utiles et les meilleurs de nos vergers. Ces fruits, dont le suc contient de l’aeide roalique et du sucre, sont d'une saveur agréable crus, cuits, ou préparés en conserves ou eivgelées. Us ])euvent , la plupart, servir k la préparation de la liqueur fermentée connue sous le nom de cidre, et qui esl d’un si fréquent usage en Normandie , où la latitude nord ne permet pas la culture de la vigne. \ ■" <
Le bois de idusieura espèces est d'une dureté remarquable;
Di;:'! -ed ) >, Goc^le
1>ES PLAM-EM INi>U;È?iË8> a 251
l’écoroÆ de quelques unes renferme uae n afière coforanlê jaune, employée dans la teinture. •.
I.e Mespilus Gertnanica, L. (le Néflier), le Sorhus domestka, L. (le Cormier, le Sorbier) et le S. torminalis, L. (l'Alisier), ont fourni peu de variétés par la culture. Leurs fruits Nèfles, Cormes ou Sorbes, et Alises, sont d’une saveur très âpre, et ne deviennent sucrés et comestibles que lorsqu’ils ont subi un commencement de fermentation semblable à celui dans lequel sont les |M)ircs molles; on les recueille avantqu'ils aient passeà cet état, et on les dépose sur un lit de paille pour les laisser mollir.(Oii prépare, dans quelqu(>s campagnes, une boisson fermentée analogue au cidre avec les Sorbes. On emploie les fruits pour cet usage avant qu'ils aient subi leur fermentation.
Cydonia vnlgaris, L. (le Coignassier). — Les fruits de cet arbre ^ (originaire du midi de l’Europe) exhalent une odeur aromatique. Crus, ils sont d’une saveur fortement astringentfe; cuits, Hs sont d’une saveur sucrée et acidulé; ils sont surtout employés a la préparatioj> de confitures et de pâtes suciées ; on en prépare aussi un sirop qui jouit de propriétés astringentes^ . • >
Pirus comnninis,(L^ (le iPoirier) , J/afus cummmis, Lam. (le Pommier). — Les nombreuses et excellentes variétés de poires et de pommes obtenues parla culture, et perpétuées par la greffe, sont tnip connut's imur (|ue je doive les mentionner ici. Ces fi'uits à l’état sauvage sont d’une saveur âpre, et doués de propriété.s astringentes; certaines variétés sont cultivées spécialement pour la fabrication du cidre; d’autres, qui produisent des fruits moins abondants, mais meilleurs et plus beaux, sont destinées à la table. — Au nombre des arbres et des arbrisseaux de cette famille qui emlvellisseirt les jardins et les pares, je citerai le Buisson-ardent (C’ralfej/M,» Pifracantha,.L.), le .Sorbier-des-oiseaux {Surbus aucuparia, L.), le Coignassier du Japon {Cydonia Japonica, Pers.), dont les fleurs écarlates sont si remarquables par leur éclat, et surtout l’Aubépine, messagère paréuiuée du priutemtis {Cratteyus Oxyacantha, L.). « ... Ipsa Spina-alba rusticus friUex et fruct U fere. inutilis, floribus nobilis est. »
289 PROPRIÉTÉS MÉDICALES BT VSAGBS ÉCONOMIQUES MYRTACÉES. — GRANATÉES.
' Les Myrtacées renferment une huilé vûtalite aromatiqué unie à du tannin; d'où H résulte que ces plantes, selon la prédominance de l’un ou del'autre principe, sont douées, les unes de propriétés stimulantes, les autres de propriétés astringentes, ou encore, et dans diverses proportions, des unes et des autres ù la fois.
Le genre Myrttis est le seul qui soit indigène; Le if. oommw^ nis, L. (le Myrte), décore Us lieux incultes de la région médhei^ ranéenne de ses buissons parfumes. Toutes les partie» de ce joli arbuste exhalent une odeur suave, présentent une saveur amère et aromatique, et sont^ouées de propriétés stimulantes et astringentes. 1 æ Myrte a donné lieu à de poétiques allégories; son antique renommée s’es't conservée jusqu’à nos jours.
I^rmi les végétaux exotiques les plus importants par leurs piopriétés et qui appartiennent à la fanrille des Myrtacées, je mentionnerai le Giroüie^r ■ {Caryophyllus aromaticu», L.). Ses fleurs sèches, non épanouies, sont connues dans le commerce sous le nom de clous de Girofle; l’odeur pénétrante de cette substance rappelle le ))arfum de l’Œillet. Le Girofle est un médicament stimulant pr^ieux; on remploie aussi comme condiment. L’huile distillée de Girofle est employée quelquefois pour calmer les'doulcurs de dents; c’est un des aromates les plus usités.-
La fàmilletles Granatées est constituée par le seul genre Punica. — Le P. Gratiatum,’].. (le Grenadier) est originaire de la Mauritanie. Ce bel arbrisseau est naturalisé depuis l’antiquité dans -toute la région méditerranéenne de l’Europe. Dans le monde entier, ses fleurs, d’une couleur si éclatantCT font l’ornement des > jardins. Les fruits du Grenadier rafraichissent et désaltèrent, leur saveur est acidulé et légèrement sucrée; on en fait une grande consommation dans les contrées méridionales. La structure de ce fruit est des plus bizarres et est encore inexpliquée. L’écorce de la racine est âcre et astringente; on l’eroploiecomme anthelmii)' , tique, et spécialement contre le tœnia (ver solitaire).
■ »ES PLANTES INDlOÈNESi^
ONAGRARtÉES. — HALORAGÉES.
' Les Onagrariées indigènes en Europe ne sont douées d'aucune propriété active t leur suc est aqueux ou plus ou moins mucilagineux , et chas les Epilobe» légèrement astringent. On a attribué • jadis k la racine- de VEpilohiwnangusHfolium, L., infusée doits de bon vfn, la propriété de rendre l'esprit aimable et gai.
Les espèces du genre Œnothera, L. (Onagre) , qui ornent n(* parterres, sont originaires d'Amérique; les racines pivotantes des diverses espèces sont comestibles : on n'en fait p;is usage en France. h'QEnothcra biennie, L., originaire de l'.Amérlque du Nord , n’est introduite en Europe, oü elle est actuellement naturalisée partout , que depuis deux siècles. V Œnothera smveolens, L., embellit nos jardins de ses larges fleurs odorantes. Les Epihbtum font l’ornement du bord des eaux. ■ '
Les Fuchsia, ces jolis arbrisseaux cultivés aujourd'hui partout comme plantes d'ornement, sont originaires du Chili, des Antilles, etc. En Amérique, les fruits de la plupart des esj>èces sont employés à la piéïKiration dé conserves sucrées.
Le genre Circœa constitue à lui seul une famille voisine des Onagrariées. LeCirccea Lutetiana, L., est doué de propriétés légè* rement astringentes ; on l’employait autrefois en topiques à l’extérieur. Le Circœa des anciens parait avoir été une plante sans aucun rapport avec la nôtre. ’
Le suc des Myriophyllura esl aqueux, et ne paraifdoué d’aucune propriété.
IjO Trapa natans [Comuelle, ChâtÀigne d’câu , M:\cre) pcmluit en abondance, dans les étangs du centre de la France, des fruits qui renferment une graine volumineuse comestible : cette gralno crue est douée de propriétés légèrement astringentes; cuite dans l’eau, sa saveur se rapproche de cellé do la châtaigne; elle est également de natiirc farineuse, mais d’une consistance plus ferme et plus cassante. '
•26k PUOPRIKTÉSl StÉDIGALtS El USAGES ÉGOîSOMlyiES
OHBELLIt'ÊRES.
Cette famille est une des plus importantes du règne végétal par le nomlire des espèces qu'elle renferme, et surtout par les propriétés actives de la plupart, et l'usage alimentaire si ré|)audu de quelques unes. La plus grande partie de ces plantes habitent 1rs régions tempérées de l'hémisphère boréal; elles sont fort abondantes en Europe. . ■ '
Les propriétés actives des Ombellifères résident dans une huile volatile renfermée surtout dans les fruits, et dans dessubstanees résineuses amères et âcres particulièrement contenues dans la racUie; il existe dans le suc de quelques unes un alcaloïde uarcotico-âpre qui leur donne des qualités délétèi'es, L'hnile volatile i*st tantèt pure, tantôt mêlée à une matière résineiiser
L'huile volatile du fruit des Ombellifères est renfermée dans des canaux longitudinaux du péricarpe (les vitta omcaiiaux résinifères); aussi les fruits de certaines espèces sont-ils souvent einplayés comme condiment. Cette huile a beaucoup d'analogie avec les huiles dés Composées et des Labiées, et possède les mêmes propriétés stimulantes. Un graqd nombre d'espèces, la plupart oi’igiuaires de l'Europe méridionale ou de l'Asie, et cultivées dans toute l'Europe, fournissent des fruits d'une saveur chaude et aromatique usités comme condipicnt de temps immémorial. Tels sont : le Fenouil {Femiculum officinale ^ L., spontané dans les moissons de l'Europe australe); TAnis {Pimpinella Anisum, L., originaire de l'Égypte et de la Grèce) ; le Cumin [Cuminum Cyminum, L., de l'Égypte et de l'Asie Mineure); V kneih {Jnethum yraœolens, L., de l'Orient); la Coriandre {Coriandrum saticum, de laTarlarie); le Carvi {Carum caret, L-, connnuu dans presque toute l'Europe); le Sfson .,4mofnwm, L. (indigène dans l'Europe australe et l'Asie. MUieure) , et VAmmi majus, L. (plante commune dans la région méditerranéenne). X’Ammi Visnaga, L. (vulgairement llerbe-aux-cure-dents)r habite les mêmes lieux que le précédent ; ce sont les rayons de l'ombelle durcis par la dessiccation qui constituent des cure-dents aronmtiques dont on se sert en Orient.
1»KS l*l,A.VIhS IM>ICÉM-;S.
l'Archangelica o/ficwatis , Hoff. (l’/Viigélique), esl sjiOillanée dans les montagnes du nor(t de l'Europe. Toute la plante renferme en alwndauee un suc aromatique et stimulant; on la cultive principalement pour les conliseursi qui préparent avec les jeunes tiges des conserves sutTées, qui gardent le parfum de la plante fraîche, et sont dépouillées de son amertume et de son âcn*té. Endlicher décrit en ws ternies l'usage que font les Lapons de cette plante commune dans leur pays si pauvre en fruits- et eu plantes comeslihles : « Lappiines radicem Archangelicæ hornoU- » nam, antcquani caulescat planta, optimam medicinam sani- » ta lis tuendæ medicinam putant, essiccaUimque loco Udiaci » masticare. soient,
» Gaules in deliciis hahent et fructusæslivi loco. lios antequam « umbello absoluto explicata est ,(nam circa flores(a*nliam liguosi «üvadunl}, prope terrain abscinduut, folia avellunt, corticemT » que ad basim cultro, dentibus vel unguibussolutum detrahiinl, » manente interiore. parle nivea concava et pul|iosu, leviter » amara et aronialica, quæ ra|)æ instar crudita editur, et quidem U sumino cuni appetitu.
« Pueriet puellæ, mense julio cura Rangiferis drs Rennes^ in » pascuis alpibus errantes, cum illos circa ves|H*rtinum et matu- » tinum tempos ad casam, ut miilgeantur reduces, comitanUir, » delruncatiscaulibus totum siniim impletum rejiortant, quos in » familia sua distriluiiint et somma avidiUite dévorant. »
\:AngeUca nylvestrii, L., plante commune au bord des eaux et dans les lieux nuirécageux, a des propriétés analogues, mais inférieures à celles de VArchungelica . — L'/m/>erotor»a Oslruthium, L. (Jmpératoire), et le Lecûticutn o/pdiiale, l,. (Liviithe), plantes des montagnes subalpines, et dont la dernière a été introduite dans les jardins, ont aussi une certaine anaiogic avec l'Angélique |iar leursaveur chaude et aromatique. — L'/feracleum Sphondylium, L. (Rcanc-ursine), si fréquent dans les prairies, est non moins commun dans l'Asie tempérée qu’en Eurojie. ün mange en Asie si*s jeunes tiges privées de leur écorce.
Plusioui-sOmlM-lliféresoaupent une place importante dans nos jardins jiolagers :
Le Daucus Carota, L. (la Carotte,, oa uye un des premiers rants
. 3M l>RUt'RIÉTÊS MBDICAUiS KT eàAOES ^NOMIQt'BS
parmi les radius pivotantes alimentaires. La plante spontanée est une des plus eommuiiesde nos prairies : k état, la rachie est petite^ dure et fibreuse, d’une saveur ifcre etaromstitifue, et sans usage; cultivée., cette radné devient' volumineuse et charnue, contient eu abondance une matière féculente unie k un sue aqueux sucré, k un princi|)e aromatique, et à une substancecolorante de nature résineuse; du-reste, cette racine est indigeste pour les estomacs jieu robustes. suc de la racine de Carotte çrtk' est au nombre des médicamenis diurétiques; c’est k ce titre qu’il était em|doyé dans le traitement de l’idère (jaunisse).' — i,e Dattcits gummifer, L., plante de la régionméditerraiiéenne, conlient dans .sa racine unC substanœ résineuse abondante, et est re.gardé comme viiliM'ratre. *
Le PasHmea salti'a, L. (le Panais), spontané dans les prairies de toute l’Europe, fournil comme la Carotte une racine plvotairte que la culture a rendue charnue et alimentaire, mais dont la consistance est pâteuse et la saveur aromatique. •
Ou confit dans le vinaigre les jeunes racines du fh«propkj//lum bulbosum, L. On confit de la même manière, et l’on emploie quelquefois comme condiment, les feuilles charnues du frithmam marüimum, L. (Fenou'rt marin) , plante très répandue dan» les rochers' de nos côtes ; les feuilles ont naturellement une saveur safée et aromatique r leur auc exprimé passe pour vermifuge.
Apium gràveolens, L. (Céleri, Ache). — Cette plante, si abondante sur le bord des eaux salées ou saumâtres de nos côtes, est l’objet d’urte culture assez étendue. Ses racines, d’une âcreté fortement aromatique k l’élat sauvage, deviennent d’une.saveur plus douce par la culture, çn même temps qu’elles deviennent, dans certaines variétés, volumineuses et charnues. On plaidait jadis l’Ache au nombre des plantes apéritifs majeures; son usage ést aujourd’hui exclusivement culinaire. ^
Le petit lubercuie charnu du Carxtm Bulbocastanium, Koch.', et autres esjièoes qui présentent la même structure', est Comestible; mais son peu d’abondance lerend complètement inutile. — 11 n'èn serait j as dé même des volumineux tubercules de VArracacha escuienta, D.Ç., plante originaire d’Amérique, si sa culture était imssible en Euré()e, ott elle a déjk été tèntée sans
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■ . „ DBI PtM»TB8 INMGfcNES. - ' * 387
SHCft«; son utilité lians les lieux où elle est cultivét* (k Santa-fé- (le-bogota) est comparable ù l'aile île la Pomnie de terre.
Plusieurs autres espêi i;» peui'enl èliv employées comme alimentaires, mais sont peu usitées. Tels sont : ChœrvphjiUum 611/60sum, L. Sa raciimse man^econtite tlans le vinaigre; il en est île même de la racine jeune de VEryngium imrilimum, L. La saveur de l’AV6i/i«/>/»orfl .«/JIMÜ.W, L., plaiiU' de la' ri'gion méditerranéenne, a lie l’anaiogie avec celle du Panais. — Smyrnium (Uusatrtuni L. (Maceroa). Cette plante était cultivée autrefois; on en maiipeail les feuilles et les jeunes tiges, dont la saveur .se rapproi'he de celle du Céleri; la racine était regardée comme diurétique- —* L. Un pense, que cette idante a été
apportée. de la Chine en Euitqte vers le iii* siècle; sa racine e.st d’une saveur as.sez agréable; elle pas.se pour stomachique.
•r Parmi les Omltelllféres douiws de propriétés ol'Hcinalcs, nous devons citer, en première ligne, la Craiwle-Cigué ou Cigui'-offlcinale, Conittm macnlntwn, L. (qu’il ne faut pas confondre arec la Ciguë vireuse, Cirntavirosa, L.)* Celte plante est commune dans toute l’Europe et dans l’Asie boréale, et s’est natiu alisi'e en -Amérique; elle se plait dans le voisinage des villages ,• dans les cimetières, et li*s jardins négligés. La plante est d’un vert sombre, la tige est marquée de taches livides; elle exhale une odeur désagréable analogue à celle de l’urine de. chai. Sa raeiné, qui est pivotante, contient au printeni|)s un suc laiteux d’une saveur d’abortl douce et aromatique, puis âcre. Les propriétés actives de celte plante résident dans un alcolotdc (cicutine^ couiné); elle renferme, en outre, une rioine, une huile volatile, des .sels, et un acide particulier. Le sue de cette plante iugi*ré dans l’estomac détermine l’afflux du sang dans le- poumon; une mort rapide est le résultat de cette congestion ; 1rs intestins ne paraissent pas subir de lésions graves. Iæ suc du Cmium maeidatum remplaçait l’opium chez les Grecs, qui s’en servirent pour donner la mort ù Socrate. I-e suc. île la Ciguë, introduit dans le s;»ng au moyen d’une incision', excite viidemment le sy.sté.me nerveux, et détermine des spasmes musculaires et une mort pri’sque instantanée. — Cette plaute, douée de propriétés si vem-ncuses , est d’un usage fréquept en médecine; ses préiiar.Uions stimulent surtout les
DES PLANTES INDIGÈNES
chez h* Persil le fruit est presque didynie, etchaeun des deux carpelles est oblonjî. Les (leurs de la Petite-Ciguë sont blanches; celles du Persil sont d’un vert jaunâtre. Les feuilles de la E‘etite- Ciguë sont d’un vert foncé, les supérieures dépassent les ombelles; les feuilles du Persil sont d’un vert lustré, les supérieures sont divisi-esen segments lancéolés linéaires, et ne dépas.sent pas les ombi'lles fleuries. Les feuilles du Persil frois-st^es' c.\halent une odeur aromatique; les feuilles froissées de la Petite-Ciguë exhalent une odeur vireuse. — Ij'Æthusa Cynapium renferme une substance alcaloïde (jui agit à la manière dt's poisons narcoticofteres.
L'Œnanthe crocata, L. (CEnanthe safranée), passe pour une plante des plus vénéneuses; elle habite les marais de l’Europe méridionale, et s’avance en France jusqu’aux environs d’Angers. Son suc, d’abord laiteux et blanchâtre, devient d’un rou^^'e .safrané lorsqu’il est exposé â l’air. Ce sont principalement les tubercules oblongs et charnus de sa souche vivace qui sont regardés comme renfermant en abondance, un principe vénéneux (1).
Les tubercules d’une autre espèce commune dans nos marais,. YŒ. pitnpinelloides, L., sont néanmoins, au rapport de De Candolle, d’un usage vulgaire dans l’Anjou comme substance comestible. L'OE. fistulosa, L., qui ■croît dans les mémos lieux que la précédente, passe pour moins vénéneuse que l’CKi. crocata; les anciens lui attriluiaient des propriétés diurétiques. — Le Sium latifolium, L., habite les lieux marécageux; sa racine est ^ d’une saveur âcre et amère, on la regarde comme douée de qualit(‘S vénéneuses. — Le Chœrophyllum temulum, L.; et l’An/AréscM» sylvesiris, lloffm., sont avec raison regardés comme suspects.
La racine de VAstrantia major, L., est âcre et amère. — Toute
(1) D’a|m;s H. J. Gay, le» (|ualil('s vénéneuses île VOICnnnlhe crocata sont contestables; ce savant botaniste m'a rapporté qu'aux environs d'Angers, il a mangé avec préc^nilion d'aliord, puis en plus grande quantité, et sans en être incommodé, plusieurs fragments de tubercules A'OE. crocata dépouillés de leur écorce. Celte plante serait-elle non vénéneuse pendant certaines périodes de sa végétation? ou bien y aurail-d deux espèces dans rOÆ. crocata, l'une dont les tubercules sont vénéneux, l'autre dont les tubercules ne sont doués d'aucune propriété délétère? — Les tubercules en i|iiestiun sont des fibres radicales fusirormes cliarmies, cl non de 'véritables tiibercnles.
290 l'ROPRIKTKS VKDir.ALRS ET isAr,i:s ÉCnNUMIgri.S
la plante de V Hydroroi y le vulgaris, L. (riMUClIe-d’eau), est douée d’une ûcreté remarquable; elle était autrefois admise au nombre des médicaments résolutifs, diurétiques et vulnéraires. (Plusieurs espèces i'Hydrocotyle de l’Amérique et de l’Asie passent pour être douées de propriétés énergiques.)— I.a racine du Thapsia villosa, L., est d’une âcreté remarquable; c’est un purgatif maintenant inusité. — Le Sanicula Europœa, L. (la Sanicle),si commun dans nos bois, est une plante astringente ; les médecins du moyen âge la mettaient au nombre des médicaments vulnéraires. — On attribuait autrefois à la racine de VEryngium campestre (Chardon- Roland) des propriétés diurétiques , résfdutives, etc.; sa saveur est âcre et aromatique; on l’emploie encore quelquefois dans la médeoine impulaii'e comme fébrifuge. — Le liuplevrum perfuHatum, L. (üreille-de-lièvre, Côte-dt*-lMjeuf j , était compté au nombre des remèdes vulnéraires; ses feuilles sont amères et astringentes.
Ij' H elosciadium nodillorum, Koch., et Y Ægopodium Podagraria sont inusiltH; aujourd’hui; on les employait autreiois pour leurs propriétés aromatiques, stimulantes et résolutives. — La racine du Meum Athamanticum, Jacq., plante alpestre, est âcre et aromatique; on s’en est servi dans la médecine vétérinaire. — L' Athamanlfut Cretensis, L., entrait dans la compasition de la thériaque. — Les Pimpinella magna, L., et P. Saxi fraya, employés autrefois, sont sans usage .aujourd’hui ; il en est de même du Silaus pratensis, L., et du Turdylium maximum, L.
PheUandrium aquaticum, L. (Phellandre). — La médecine fait un usage assez fréquent de celle |)la‘nte, commune dans nos ma- ' rais. Sa saveur est chaude, âcre et aromatique; le suc renferme une substance amère, une substance gommeuse, une huile volatile et une huile grasse, enfin de la cire et de la résine. A faible dose, les préparations du P/ie/io/u/ri un» aquaticum agissent comme calmants sur le système nerveux; on s’en sert surtout avec avantage dans les maladies du poumon. A haute dose, la plante est narcotique.
Plusieurs gommes-résines sécrétées par certaines ombellifères, la plupart appartenant à l'Asie, sont des médicaments précieux et fréquemment employés pour leuis propriétés anlispasiiUKliques
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t2<Ji
('I sliimihinlpsdo l’n|)|)aroil respimloirc, do rapparoildifîoslif.olc.; (ois sont: WUafœtida ((|iii provienl du Ferula Asa fæiida, 1,., plante do la l’orso); la {(on)ine-animnnia(|ue ((pii est sécivtée par la plante décrite et lljîiirée par MM. Jaiiliort et Spach sous le nom do Wserneaton ijummiferum (1); Jkirema ammoniacum, I)ou.?); rO/)o/wno.r (st‘< rélé par le UpojHjnax chiruuium, Koch.); le Sa- (jnitenum (attrihué au Ferula /Vr«ica , Willd.), et le Ualbaiium (attrihué î» une plante de la IVrse appartenant au genre (ialbanophorà, et non au Huban GalbarmmfL., plante du (lap).
« Toutes les anomalies apparentes de la famille dos ombclli - » fores, dit Do (iandolle {Fusai sur les propriétés médicales des » plaides), me semhlont s’expli(|uer en admettant (|ue leurextrac-, « (if o.st narcoth|ue et leurs principes résineux plus ou moins » .stimulants et aromati(|ues, ou, en d'autres termes, que leur »s«ivek moitié élafwjrée est narcotique, taudis qu’au contraire U elle devient aj'omati(|ue ou stimulante, lors<|u'elle est Iransfor- » iiK‘e en un véritable suc propre. »
liKDKRACKES.
Iledera Hélix (le Lierre). — Les baies sont purgatives et émétiques; on les employait dans la médecine du moyen Age. Dans les j)ays chauds, il s’écoule, des incisions que l’on pratique aux troncs volumineux, une résine amère et légèrement aromatique (gomme de Lierre-en-arbre), employée autrefois comme astringente et résolutive, et qui entre dans la composition de certains vernis. Les feuilles de Lierre sont employées A tenir fraîche la
(I) • n'aprÈi le (éiiinignage formel d'Auchcr Eloy, celte Omhellirtre est I rertaiiieiuciil, sinon la srnlc piaule de la famille, au moins la principale
• de celles ipii produisent la tjomine nmmoiiiai/ue du commérer. Ainsi
> se trouve éclairci le doute ipii a n'gné jiisipi'i présent à cet égard.
> Olivier avait dit que la gomme atnmoni.niue s'obtient d'une esiiéce de I f'rnita cpii croit spontanément dans les déserts de la Libye, en Arabie,
> à l'est et au sud de la Perse. Anclier Eloy, dans son journal, précise les
• localités (entre Ispalian et Chiraz)... D'après nus observations, elle forme
■ nn genre aussi bien caracléri.sé <pie le sont la plupart de ceux de la même
■ famille; nous l'avons nommée JHse,rne^lon (on plante des deux Ernest),
> en l'Iionneiir de ,U.M. Ernest (jermain et Ernest Cusson, auteurs de ia » Flore drtrripUce fl aniilijHquf. des eiinirons de Paris, rtc... • (Jaubert et Spach, /llustralioiies planlarum orifiila/ium, p. To, tab. 4U.)
292 PROPniÉTKS MÉmCALES ET USAGES ÉCO.NOMIQPrES
surface dénudée des exutoires; ces feuilles pilées sont aromatiques, leur suc ou leur décoction était autrefois en usage pour obtenir la guérison des ulcères et des brûlures.
Cornus mas, L. (le Cornouiller). — Le fruit est rafraîchissant; il est d’une saveur acidule-sucrée as.sez agréable. On employait jadis les feuilles comme médicament astringent. — I^es fruits du Cornus sanquinea, L. (Bois-sanguin), sont d’une saveur amère et nauséeuse; on peut extraire des graines une huile bonne à brûler, mais les fruits sont rarement en assez grande abondance pour qu’on puisse utilement les employer à cet usage.
LORANXn ÂGÉES.
I.’écorce et les fruits bacciformes des Loranthacées, et particulièrement du Gui (Viscum album, L.), contiennent une matière glutineuse d’une nature particulière, connue sous le nom de Glu ; cette substance est associée k un suc mucilagineux et à une petite proportion d’huile volatile. — La glu est, par sa consistance et ses caractères, intermédiaire entre les résines et la gomme élastique. La glu que l’on trouve dans le commerce est plus ordinairement extraite du IIoux que du Gui ; celle qui nous arrive de la Grèce et de ritalie est extraite du Loranthus Europœus, L. La quantité de glu que recèle l’^orcc du Gui est différente, dit-on, selon l'arbre .sur lequel la plante est para.site : la glu serait surtout abondante quand le Gui croît sur LOribe et l’iîrable, moins abondante si le Gui est parasite sur le Bouleau ou le Sorbier, et enfin en faible quantité s’il croît sur le Prunier ou le Pommier. Ges assertions demanderaient à être vérifiées. Les feuilles du Gui ou ihi Loranthus, réduites en pous.sière, étaient regardées jadis comme un spécifique contre l’épilepsie (1).
(I) Pline parle dn Gni en ces termes : < ...Omnino aiitem satiim nullo > mode nascitiir, nec nisi per alvum avium rcddiliiin, maxime paliimliis ac
• tunlis. Ila!c est iialiira , ut nisi matiiralum in ventre avimn, non prove-
• niât... Viscum conlit ex acinis, (|ui culliguntur messiiim tempore imina-
• (uri... Non est omitenda in ea re et Galliarum admiratio. Niliil liabeiit a Druides ( ita stius appellaiit Ma;;os) visco, et arbore in ipia gignalur, si a modo .sit rubiir, sacratius. Jani per se robonim eligiint luco$ , nec iilla a sacra sine ca fronde conliciunt, ut Inde appellati qiioquc interprctalione
DES PLANTES INDIGÈNES
LesLoranlhacées, représentées par un si petit nombre d’estièees en Europe, sont très nombreuses dans l’Amérique tropicale, en Asie, et dans l’Afrique équinoxiale; presque toutes les espèces sont parasites sur d’aijtres végétaux vivants, quelques unes cependant sont terrestres. — Les trois espèces qui croissent en Europe sont : 1“ le Viscum album, L., si commun sur nos arbres fruitiers, et qui était l’objet de cérémonies religieuses chez les Celtes, lorsqu’il était trouvé sur le Chêne où il croit rarement. 11 est susceptible de croître sur tous les arbres; on l’a observé pa-
> græca possint Druides videri. Enim vero quidejuid adnasc.ilur lllis, c c<rlo ■ inissum putant, signumque esse cleclæ ab ipso Dco arboris. Est atilem id
• rarum admodiim invenlu , et repertum magna religione pelilur : et ante
> einnia sexia lima, quæ principia inensimn annorumque bis lacit, et sxciiM
> post tricesimum annum , qiiia jam virium abiinde habeat , ncc sit soi di- » midia. Orania sanantem appellantes suo vocabulo. Sacriliciis epulisqiio
• rite sub arbore pr.Tparalis, duos adinovent candidi coloris taiiros , qiio*
> rum eornua tune prinjum vinciantiir. Sacerdos candida veste cultus ar*
> borem scaudil; faice aurea demetit : candido id excipitur .sago. Tuni
> deinde victimas immolant, precantes ut suuiu donum Deus prosperum fa*
> ciat bis quibus dederit. >
Voici la traduction de ce passage : « De queb|uc façon qu’on s’y prenne pour le semer, le Gui ne germe pas ; il faut que les graines aient i{é avalées puis rendues par les oiseaux, principalement les pigeons ramiers et les grives. Ainsi l’a voulu la nature •• ce n’est que lorsqu’elles mûrissent dans le ventre des oiseaux, que ces graines acquiérent des facultés germinatives... On prépare la glu avec les baies du Gui. Pour cela, on les recueille avant leur m.iturité, vers le temps des moissons... il ne faut point oublier de parler de la vénération des Gaulois pour le Gui. Les Druides (tel est le nom qu’ils donnent à leurs Mages), n'ont rien de plus sacré que le Gui et l'arbre sur lequel il a pris naissance, si cet arbre est un ebéne. Du reste, ils eboisissent pour bois sacrés des forêts de ebénes, et ils n’accomplissent aucune cérémonie rebgieusc sans le feuillage de cet arbre. Il est meme probable que le nom de Druide a pour étymologie le mot grec ipu; (ebene). Le Gui est, à leurs yeux , une manifestation céleste, et le ebéne sur lequel Croit cette plante est pour eux marqué au sceau de la divinité. Il est rare d’ailleurs de l'y rencontrer; et lorsqu'on l'a trouvé, on va le recueillir avec une grande pompe religieuse. Avant tout, cette cérémonie doit avoir lieu le sixième jour de la lune (jour qui commence leurs mois, leurs années; et leurs siècles dont la durée est de trente ans) ; bien que la lune n'ait point atteint le milieu de son cours , cet astre est déjà dans toute sa force. Le nom qu'ils donnent ou Gui signifie, dans leur langue, remède universel. Les sacrifices et le repas étaid préparés, selon les rites, sous le ebéne, ils amènent deux taureaux blancs dont les cornes sont liées pour la première fois. Le prêtre, vêtu de blanc, monte alors sur l'arbre, et tranebe le Gui avec une serpe el'or. On le reçoit sur un drap blane. On immole ensuite les victimes, en priant la divinité de rendre son lirésent proiiice à ceux auxquels il sera distribué. » v
294 PKOI'UIÉTKS MÉniCALES ET I SAdES Ê<’.l).\U.Miyi ES
rasite mpiiip sur le iMranthm Europæns, L. ; 2 ’ le Loranthus Europents, L., f|ui est parasite sur les Chênes et les ChAtaittniers dans l’Kurope orientale et méridionale, et dans l’Asie; 3“ rdrceot/iobium Chnjcedri, Dhrst. (Viscum Oxijeedri, C.) qui a le port d’un Sàlicomia et est parasite sur le Juniperus Oæycedri', L., dans l’Europe méridionale et le Cauease.. — Endlich<‘r rapiwrte que les naturels de Java ont un rcs|)ect superstitieux pour le Unis religiosa qui nourrit des Loranthai'ées parasites; « Credunt vero » ejusmodi vegetalibus phtrimum delectari patrum umbras, fana » ista circumvoiitantes. «
GROSSI LAUIÉES.
Les feuilles et l’écorce des Groseilliers renferment un suc ri'sineux aromatique; les fruits mûre sont gorgés d’un mucilage sucré uni k de l’acide malique et à de l’acide citriiiue; les fruits du Grosi'illier rouge (/li6esriti»ruin,L.) renferment ces acidesen assez grande proportion. Ces fruits sont d’une saveur agréable, leur jolie forme et leur couleur vermeille invite d’ailleurs à les manger. Tout le monde connaît les conserves sucrées et le sirop qu’on en prépare, et qui n’est pas moins utile pendant les soirées d’hi^ ver que pendant les plus chaudes journées de l’été ; l’eau de groseilles constitue eh outre une boisson tempérante fort agréable aux malades et aux convalescents. — Les fruits du Ribes Grossutaria on R. Uva-crispa, L. (Groseillier épineux), sont aussi d’une saveur acidule-suci'ée fort agréable; on en a obtenu par Inculture un grand nombre de variétés. ^ Les feuilles et les fruits du /(rtes nigrum, L. (le Cassis), sont doués d’une odeur et d’une -saveur résineuses et aromatiques. Ces fruits-sont moins recherchés que les précédents; on s’en sert principalement pour com|>oser, par macération avec de l’eau-de-vie et du suent, une liqueur fermentée douée de propriétés toniques et stomachiques. On attribue à la décoction de la racine des propriétés emménagogues; l’infusion des feuilles pas.se pour diurétique. ^
Plusieurs especes de Ribes habitent les montagnes et les contrées tempérées oli froides de l’Europe. Les Gro.seil1iers ne paraissent pas avoir été connus des anciens; ils peuplent depuis longtemps tous les jardins de l’Europe.
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I>KS H.A.MHS l’iDIGK.MiS.
SVXU'RAOKES.
Les propriélés tlt*s SaxU'ragées sont asst'z iiisigiHrtantes. Toute la plante, renfei'nie un suc aqueux légèrement acide; quelciuesesl>t*ces pourvues de poils glanduleux sont douées d'uue certaine Aci-eté. On ignore quelle était la plante connue des anciens sous le nom de Saxifrage et qu’ils considéraient comme pro|)re à guérir les affections calcnleuses; nos i)éres ont donné au hasard ce nom à plusieurs plantes de nos contrées qui croissent entre les pierres, et auxquelles ils ont attribué lt*s mêmes propriétés imaginaires. Ce sont principalement les bulbilh'S du Saxifraga granulata, L. (la Saxifrage), (pi’ils employaient comme s|)écilique de lagravelle; ces bulbilles n’ont aucune propriété bienfaisanfe ni malfaisante , la saveur de la plante est légèrement Acre et a< idule. Le Saxifraga tridaclylites, L., a été employé dans le traitement di'S maladies du foie. On |)rétend que les feuilles du Saxifraga crassifoUa, L. (originaire de la Sibérie, et qui fleurit dans nos jardins, pres(|ue sous la neige), aprc's avoir été séchées, peuvent donner une infusion d’une saveur analogue à celle du Thé. — Le Chrysoxplenium ait ei'tii folium, L., a été jadis en grande renommée; on lui attribuait des propriétés toniqnes et résolutives.
ÉIUCINKES.
f.es Kricinées renferment des snlKlances amères et astringentes, quelques unes des substances rx'sineiises et Italsamiques; elles ont été surtout em|)loyées Hans les affections des voies urinaires i-ésultant de faiblesse et d’atonie; tri-s peu sont stimulantc-s subnarcotiques. — l.es fthodudoudrum ont des propriétés nairotiqties.
Calluna vulgaris, Six\hh. (la Bruyère commune), plante frule.scenle, résineuse, subaromatique; elle couvre de vasti-s terrains dans les plaines de certaines parties du nord de l’Kurope . « CoUuratas solitudincs aulwo mire decoro tegil. « Klle est douée, de propriétés a.stringentcs, et ‘est employée par les tanneurs et par les teinturiers. — l.'Erica arburea, L., plante de la région
296 pnoPRiKTÉs mkdicai.es et usages économiques
niéililerranécnne, a joué, dit-on, un rôle assez important dans la médecine du moyen âge. — h'Arbutus Unedo, L., habite les mêmes localités; son écorce et ses feuilles sont astringentes. On préparait jadis avec s(îs fleurs une eau sudorifique; ses baies k surface granuleuse (Figues ou Raisins-de-loup) ressemblent à des Fraises; elles sont acerbes avant la maturité;' lorsqu’elles mûrissent, leur saveur devient fade et insipide. On prétend que si on les mange en abondance, elles fatiguent l’estomac et occasionnent des vertiges. En Corse, on en prépare une liqueur vineuse; en Italie, on en obtient de l’eau-de-vie par la distillation. — l'Arctostaphylos Uva-ursi, Spr. {Arbutus Uva-ursi , L., l’Arbousier), est un arbrisseau des montagnes du centre et du nord de l’Europe; on le rencontre même en Asie et dans l’Amérique boréale. Les feuilles sont douées d’une odeur légèrement aromatique, leur saveur est amère et astringente; on les emploie fréquemment en infusion, comme diurétique, dans le traitement de la gravelle et de plusieurs affec'tions de la vessie. Les baies de l’.4r6utus Uva-ursi sont d’une saveur fortement acerbe.
PlUMULACÉES.
Les Primnlacées sont recherchées pour la beauté de leurs fleure plus que pour leurs propriétés médicales. Tout le monde connaît les charmantes et innombrables variétés des Prirrmeres (Primula grandillora, Lara.) et des Oreilles-d'ours {PrhnulaAuricula. L.); les fleure si éléganfes des Ci/c/awen et de plusieurs Anagallis,-^li',. Le Primula ofjicinalis, Jacq. (Coucou, Coqueluchon), fait pendant le mois d’avril l’ornement de nos prairies; sa fleur exhale une odeur douce et aromatique; elle renferme une sultstance amère et une très petite quantité d’huile volatile. On considérait jadis l’infusion de cette fleur comme stimulante, tonique et diaphort'tiquc, et on l’employait dans les maladies des voies urinaires et dans les affections rhumatismales.
On a attribué k l’Oreille-d’ours (Primula Auricula) des propriétés analogues à celles de la Primevère. — La Soldanelle (Soldaneüa alpina, L.) est légèrement purgative.
La souche tubéreuse du Cyclamen (Cyclamen Europœum
DES PLA^TES INDIGkNES.
renferme un suc âcre et amer qui agit comme purgatif drastique et comme émétique; ces propriétés actives et dangereuses disparaissent par une complète dessiccation; le tubercule étant complètement desséché par la cuisson , on en peut retirer une fécule alimentaire abondante. — Le suc de YAna^allis arvensis, L. (Mouron-rouge), est âcre, amer et nausé'eux; les anciens l’employaient comme stimulant des organes digestifs, et contre l’hydropisie, la manie, l’épilepsie, la morsure des serpents, et la rage : c’est un médicament dangereux et abandonné complètement aujourd’hui; on prétend qu’il donne lieu à l’inflammation de l’estomac, et qu’à certaine dose il fait périr les chiens. — Les Lysimachia ont un suc amer, acide et astringent; on a renoncé à leur usage. On employait autrefois les Lysimachia nummularia, L. (Herbe-aux-écus) , L. nemorum, L., L. vulgaris, L., et L. Ephemerum, L. — Le Samoltss Valerandi a un suc amer; il participe aux propriétés du Veroni'ca Beccabunga, L. CeS deux plantes croissent dans les marécages. — Le Coris Monspeliensis, L., est d’une saveur légèrement amère et aromatique.
PLOMB.AGINÉES.
Les S/oOce ont des propriétés astringentes et toniques tombées dans l’oubli , mais qui ont joui autrefois d’une certaine renommée. Les feuilles du Statice Armeria , L. {Armeria vttlgaris, Willd., Gazon-d’Olympe), et la racine du Statice Limonium, L., étaient particulièrement employées.
Les Plumbago recèlent une matière colorante d’une nature très caustique. Le P. Europœa, L. (laDentelaire), habite le midi de l’Europe. On employait jadis diverses préparations de sa racine pour calmer les douleurs de dents, contre la rage, et dans le traitement de la gale et des ulcères cancéreux; enfin elle était comptée au nombre des plantes vésicantes, et servait aux mendiants à se créer des plaies superficielles, dans le but d’exciter les sentiments charitables des passants.
: by Gougle
2‘J8 l'UUI’lUKTKS MlCDIC.VI.KS KT I SACKS KCOAOMiyl KS l>LANTAGl>iÉES.
rai;iiie et les parties herbacées des Plantains sont légèrement amères et astringentes, quelques espèces mit une saveur un peu salée. L’eau distillée de Planlain [Planlaijo major, L.) est employée, soit isolément, soit associée à des substances plus astringentes, comme collyre résolulil'. Ou employait autrefois celte espèce, ainsi que les P. lanceolata, L., et P. media, 1j., dans le traitement des üèvres intermittentes. Le P. Coronupus, L., était au nombre des remèdes contre la rage; les jeunes rosettes sont quelquefois mangées en salade; on leur attribue une action diurétique. Les semences des P. Psillium, L. (Uerbe-aux-pucesj, et P. arenaria, L., traitées par l’eau bouillante, donnent une décoction mucilagineuse donf on a fait quelque usage en médecine dans le traitement de la dyssenlerie, etc.
ILICIMÉES.
Le Houx (Ilex aqui folium, L.) est fréquent dans les forêts de rEurojie occidentale, et rare dans l’Europe orientale. Les feuilles renferment une matière mucilagineuse amère et astringente. On a depuis longtemps cessé d’en faire usage. Les baies, prises au nombre de 10 à 12, sont, dit-on, purgatives comme celles du Lierre. L’écorce fraîche et pilée appliquée à l’extérieur sur les tumeurs inflammatoires passe pour résolutive. On prépare avec cette écorce une glu analogue ü celle que l’on obtient avec l’écorce du Gui. Dans des cas <ie lièvre intermittente, oü le quinquina avait échoué, on a administré quelquefois avec, succès l’extrait des feuilles de Houx k la dose de A à 8 gi'ammes pendant huit à quinze jours. On prétend aussi avoir employé avec succès, contre la goutte, la décoction de feuilles de Houx dans la bière (30 grammes de feuilles par litre de liquide); cette boisson provoque des sueurs abondantes k la suite desquelles les doulcure se dissi|>ent quelquefois.
DKS PLANTKS INnif.KNKS.
OLÊINÉKS. — J.VSMINF^KS.
\.'OUrier (Olea Europœa, L.) est orijtinairc de l’Asie; sa culture dans les Cailles date de la fondation de Marseille (600 ans avant l’ére vuljîaire): il est actuellement naturalisé dans toute la région méditerranéenne, et particulièrement fn Provence. Les olives macérées dans l’eau saturée de sel .sont comestibles. L’usage culinaire de l’huile d’olive remonte k la plus haute antirpiilé. .Aucune huile n’est préférable par sa saveur. On jieut la substituer à l’huile d’amandes douces dans diverses préparations pharmaceuli(|nes; elle entre dans la composition d’un grand nombre de pommades, onguents, cérats, emplâtres, liniments et huiles médicinales; si’ule, elle constitue un médicament laxatif qui peut être administré sous plusieurs formes. l,es potions huileuses et les lavements huileux sont très utiles dans les empoisonnements par les substances végétal&s, les champignons, par exemple; on doit les administrer en {lotion lorsf|ue l’action des vomitifs a été complètement épuisiie, et aussi en lavements, pour précipiter la partie de ces substances vénéneuses déjà parvenues dans l’inU>stin, en entravant leur digestion et en en facilitant mécaniquement le glis.sement. L’écorce et les feuilles de l’Olivier sont amères et a.stringentes. Les vieux arbres sécrètent des larmes résineuses dont l’odeur se rapproche de celle de la Vanille.
Ligustrum vulgarc, L. (le Troène). — Scs feuilles sont liigèrcment astringentes, leur saveur est amère et acerbe; les baies fournissent une couleur d’un noir bleuâtre. — Frmrinus pxrplsinr, L. (le Krcue\ L’écorce du Frêne est d’une saveur amère; on l’a employée autrefois comme fébrifuge; les feuilles sont douées de propriétés faiblement purgatives. La manne, qui constitue un des purgatifs laxatifs des plus usités, est le succoncrété qui s’écoule par des incisions pratiquées sur les branches et le tronc de plusieurs espèces de Frênes, et iiarticulièrcment le F. rotuuJifulia, !.. On en peut aussi recueillir sur le F. Oruus, L. I.a récolte de la manne se fait principalement en Sicile.. — Syringa culgaris, L. (le Lilas). Son mérite est dans l’élégance et la douce odeur de ses pànicuk's fleuries, qui parent au printemps les parcs
300 PROI'UIÉTÉS MÉDICALES ET VSAGES ÉCONOMIQUES
les plus splendides et les plus modestes jardins avec une somi)tueuse profusion. — Jasminum officinale, L. (le Jasmin). L’huile volatile qui exhale chez ses fleurs une odeur si suave et si pénétrante est recueillie par les parfumeurs.
APOCYNÉES. — ASCLÉPIADÉES.
Vinca minor, L., et V. major, L. (la Pervenche et la Grande- Pervenche). — Les feuilles sont astringentes et légèrement aromatiques; on leur attribuait autrefois de nombreuses et actives propriétés; elles sont sans usage aujourd’hui. — Le Aérium Oleander, L. (le Laurier-rose), spontané en Orient et dans la région méditerranéenne, et tratn.sporté dans les jardins pour la beauté de ses fleurs, recèle un suc doué de propriétés vénéneuses narcotico-âcres. — Le Vincetoxicum o/^c«na7e (Dompte-venin) devait sa réputation d’antidote universel aux propriétés fortement sudoritiques de sa racine, qui agit aussi comme émétique. On a renoncé depuis longtemps à l’usage de cette plante dangereuse. — Les aigrettes soyeuses des Asclepias peuvent être mêlées, à la laine et à la soie.
Les Asclépiadées doivent leurs propriétés k un suc laiteux âcre et amer, et à diverses substances extractives; ce suc est doué de propriétés émétiques énergiques , et vénéneuses à forte dose. Quelques espèces exotiques ont été employées commesuccédanées de riptVacuauha, d’autres comme purgatives, stimulantes, ou anthelmintiques.
GE.NTIANÉES.
Les Gentianes doivent leurs propriétés médicales à une suIh stancc amère et colorante jaune (gentianine), qui, chez la plupart des espèces, est as.sociée à un principe volatil odorant, à des matières huileu.ses, glutineu.ses, et k un mucilage sucré. Ces plantes sont fréquemment employées comme substances amères et toni- . ques, pour stimuler les organes digestifs et augmenter l’activité des fonctions d’assimilation.
Gentiann luten, L. (la Grande-Gentiane). — Cette plante est.
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DES PLANTES INDIGÈNES
(les diverses espèces de la famille, celle qui possède au plus haut degré des qualités amères et des propriétés toniques. C’est un des médicaments les plus anciennement connus. l>a Grande-Gentiane remplace aujourd’hui , dans les pharmacies , un grand nombre d’autres espèces usitées autrefois, et auxquelles on a renoncé aujourd’hui, soit parce qu’elles sont moins abondantes, soit parce qu’elles sont moins actives. Le Gçntiana lutea habite les pftturages des montagnes subalpines; il préfère les sols calcaires aux sols granitiques. — Gentiana punctata, L., et G. purpurea, L;
Les racines fraîches dcces belles plantes sont employées en Suisse i» la fabrication d’une eau-de-vie regardée comme fortiflante et stomachique. — 11 suffit d’énumérer, pour mémoire, les esl)èces suivantes, autrefois officinales, et dont on ne fait plus que très rarement u.sage : Gentiana asdepiadea, L., G. Pneuimnanthe, L., G. acauliSy h., G. Germanka, AYilld., G. campestris, L. et G.yerna, L. .
Gentiana cruciata, L. — La racine de cette plante a été employée contre les fièvres intermittentes, comme vermifuge, et comme vulnéraire. On la considérait aussi comme sjiécitique contre la morsure des chions enragés (on la prenait en poudre dans du vin pendant les repas) ; il est inutile d’ajouter que cette pro- » priélé est complètement chimérique. Les remèdes proposés contre la rage par des charlatans et des ignorants se comptent par centaines; aucun malheureusement, celui-ci pas plus que les autres, n’a jusqu’ici procuré la guérison de celte terrible maladie.
Erytbrœa Cetitauriam, l’ers, (la Petite-Centaurée). — La plante fleurie contient, outre un principe amer qu’elle cède à l’eau, une substance Acre; son usage en médecine date des temps les plus leculés. C’est un tonique léger qui stimule les fonctions dige.stives.
Les habitants de la campagne en emploient (pielquefois l’infusion comme fébrifuge. — Le Chlora perfoliata, 1 .., a des propriétés analogues à celles de la Petite-Centaurée.
Menianthes trifuliata, L. (le Trèfle-d’eau). — Celte plante habile, les lieux marécageux des régions froides et tempéré(>s de l’hémisphère boréal; elle contient un principe extractif amer. On en emploie le suc exprimé ou l’infusion dans le traitement des maladies de la iieau et des affectiQnsscorbuliijue.s. — Le Villarsia
38^ PnOPRIKTI^:s médicales ict isages économiqies
nymphoiJes, Yent., habite çii et Hi les eaux des régions chaudes ou teniiMïrées de l’Europe et de l'Asie. 11 joint une saveur chaude à l'anierlunic du Meniauthcs.
COXVOLVl L.U'.KES. — CLSCITEES.
l.es propriétés médicales des Convolvulacées résident dans un principe résineux qui constitue un purgatif drasti(|ue énergique. Nos es|K''ces indigènes : Concolvulus arvensis, E., Cnnvoh'utus {Cdhistegia) xppium, L., et Soldaïu'lla, L., sont douées, et particulièrement ceite dernière espèce dont le suc laiteux a une saveur Acre et salée, de celte propriété purgative; on a néanmoins renonn^ depuis longtemps à leur emploi. 0n se sert, au contraire, fn*quemment du suc ré.siueux connu sous le nom de Jalap, et qui provient du Convolvulus [Ipomceà] Jnlapa, E., plante du .\Iexi((ue. C’e suc i-ésineux conerété était connu autrefoi.s sous le nom de Rhubarbe des Indes (t). — Ee Cressa Cretica, E., petite plante annuelle de la région méditerranéenne, a une saveur salée, légèrement astringente; on lui attribuait des propriétés diundiques. — Ee Convohulus Batatas, E. (la Patate), est originaire de l’Amérique. On l’y cultive en grand pour ses tubercules alimentaires, qui ne renferment aucune trace du prlncij)e rt-sineux purgatif, et y sont préférés à ceux de la Pomme de terre. On cultive la Patate dans la région méditerranéenne : en Espagne, en Portugal , en France et en Italie.
C uscuta Epithymum, 1^. (ta Cuscute). — Cette plante est douée d’une certaine ficreté; elle était autrefois employée comme purgative; elle est sans usage, aujourd’hui.
BOnnAGI.XÉES.
Les Borraginées doivent leurs propriétés médicales à un sue mucilagineux légèrement amer et astringent. — Les tiges et les
(I) I.'Aim'-ri(|uc tâtait, tlaiis les prcmici-s temps île sa ilcrouverte, et avant que l'on conniit son élemlue, désignée sons le nom de Petites-Indes, par o|ipositiüu au royaume asiatique des Grandes-Iudes : on ilotipc encore le nom d'indiens aux peuplades indigènes de l'AmiTiqne.
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KLS l'I.A.XTKS IMlKJt.NKS. *' oü^
raciiit'S d'un Iri's ju'Ul nombre recèlent une substance irsineuse colorante.
Un grand nombre d'espèces de celte famille étaient autrefois employées en médecine : h' l^ymphytum officinale, U. (Uraiide- Consoude), est du petit nombre de celles qui sont encore en usage ; on en prépare une infusion ou une décoction, et un sirop assez fré(iuemment employer dans le traitenwnt des bronchites chroniques, de la dyssenlerie, etc. Ces préparations agissent comme émollientes et légèrement astringentes. On croyait autrefois que la plante pilée ap'prujuéeü l’extérieur aidait à la consolidation des fractures; d'où son ancien nom de Consolida.
liorrago officinalis, L. (la Bourrache). — Cette planté se reproduit spontanément dans l(*s jardins. Son infusion est quelquefois employée comme pectorale et diurétique; ses jolies fleurs, d’un bleu azuré, senent k la même décoration culinaire que les fleurs de la Capucine.
Cynoglossum officinale, L. (la Cynoglosse). — Toute la plante présente une saveur légèrement amère et nauséeuse; on lui attribue des propriété-s narcotiques. Néanmoins il parait constant que l’action des pilules dites de Cynoglosse est entièrement due k l’opium qu’elles renferment, et que les pilules d’extrait gommeux d’opium peuvent avantageusement leur être substituées. On employait jadis l’infusion des feuilles et la décoction de la racine de la Cynoglosse, comme calmantes et légèrement astringenlc.s, dans les affections catarrhales, etc. ; les feuilles cuites dans l’eau étaient appliquées k l’extérieur comtne émollientes et résolutives.
L'Anckusa sempercirens, L., et l’.-l. Italica, Ketz. (la Buglosse) ; les Pulmonaria officinalis, L., et angustifolia, L. (la Pulmo^ naire) ; rfcAium rulgare, U. (la Viiuirine), étaient, ainsi que la Bourrache, employés en infusion comme pectorales. — t)n attrib«tait des propriétés détersives au suc de VHeliotropium Europceum, L., qui est doué d’une saveur amère et salée, et l’on eii faisait usage pour guérir les verrues.
tinctoria, h. (On-anette), renferme une matière résineuse, colorante, rouge, employée dans l’art de la teinliire. — VHeliotropium Peruvianum, U., qui est au Pérou l’une des plan-
304 pnopniÉTÉs médicales et usages économiques
tes les plus commuues, ei>t cultivé en Europe dans tous les jardins IKtur l'odeur suave de ses fleurs, qui rappelle celle de la Vanille.
solanées.
Les plantes de la famille des Solanées sont douées de propriétés narcotiques qui résident dans divers alcaloïdes (daturine, atropine, nieotianine, solanine) auxquels sont unis, chez la plupart, plusieurs substances âcres. En général, les principes narcotiques sont prédominants; chez quelques unes, il existe .une huile aromatique volatile. Les fruits d’un grand nombre sont vénéneux, quelquefois ils sont simplement âcres; plus rarement ils sont comestibles, les principes âcres et narcotiques y étant dominés par un suc mucilagineux acidulé. Les graines renferment une huile grasse. Enfin, chez un petit nombre, la souche produit des tubercules farineux dont l'importance est des plus grandes, au point de vue alimentaire.
Le Solanum tuberosum, L. (Pomme-de-terre), est originaire des montagnes du Pérou et du Chili; l’usage alimentaire de ses tubercules souterrains est connu dans l’Amérique oaidentale depuis les temps les plus reculés, et est aujourd’hui répandu dans Ip monde entier; il rivalise d’importance avec celui des céréales. « Solani tubt'ra, » dit EndlichcT, « amylo copioso feeta optimum » benigni numinis donum, dapesgrata diviti, pauperis panis. »
Le S. Lycopersicum, L. tTomate, Porome-d’araour), est aussi originaire de l’Amérique; l’usage culinaire de ses baies acidulés, déforméeset rendues très volumineuses par la culture, est répandu dans l’Euroiie et l’Asie. On cultive pour le même, usage, dans la région méditerranéenne, lesSo/a/ium Melongena, L.,et ovigerum, Dun. (Pondeuse), qui sont originaires de l’Asie. — l.cS.nigrutn, L. (laMorelle), si commune dans les lieux cultivés, renferme un suc légèrement narcotique dont les propriétés malfaisantes disparai.ssent par la coction ; on en emjdoie les feuilles sans aucun inconvénient en guise d’épinard.s". — Le S. Dulcamara, L. (la Douceamère), plante sarmenteuse d’un aspect élégant, mais triste, et qui est commune dans les haies ombragées, renferme dans sa tige des sucs d’une .saveur amère, puis sucrée. On fait un usage fré-
UES PEAM'ES IMHGÈ.NES.
qupnt (le la décoolion de Douce-amère dans les maladies chroni- ([ues de la peau, les affections scrofuleuses, etc. — Physalis Alkekeiuji, L. (Alkékenge, Coqueret). Ses baies, d'un rouge de corail, renfermées dans un calice accrescent-vésiculeux de couleur orange, ont des propriétés diurétiques; leur saveur est en même temps amère, nauséeuse et acidulé.
Atropa Belladona, L. (la Belladone). —Cette plante, qui habite* nos forêts, a la taille d’un arbrisseau; elle doit son aspect trisfeà la teinte de son feuillage et à la couleur de ses fleurs d’un violet livide. Ses fruits, delagrosseurd’unecerise, sont d’un beau noir; elle a l’odeur vireuse de la plupart des Solanées, sa saveur est âcre et amère; le principe narcotique actif qu’elle renferme est surtout abondant dans la racine et dans les feuilles. Les préparations de Belladone sont des médicaments utiles et fréquemment usités. On emploie la poudre, la teinture et l’extrait de Belladone â la dose d’un demi-centigramme à quelques centignimmes. La Belladone agit comme calmant, soit à l’extérieur, par exemple, dans le tic douloureux de la face, soit k l’intérieur dans les toux convulshes, et iiarticulièrement la coqueluche. La Belladone a la propriété de provoquer la dilatation de la pupille. Ses fruits ont oexasionné des accidents mortels; ils sont d’autant plus dangereux, que leur saveur douceâtre n’avertit point de leurs qualités vénéneuses.
Les espixes du genre Mandragora, originaires de la Grèce et de l’Europe orientale, ont joué un grand rôle dans les pratiques suptotitieusesde l’antiquité et du moyen âge (1); leur racine passait j)our avoir une forme humaine, et on leur attribuait des
(1) Ceux qui cueillent la -Mandragore , dit Pline, sc gardent d'avoir le vent en face, et, prdiiminaircment, ils décrivent trois cercles autour de la plante avec une épée, puis ils l'arrachent en se tournant vers le couchant. Théophraste ajoute qu'il faut, en outre, (pi'il y ait quelqu’un qui aille dansant à l'entour. < Les charlatans et ahuseurs de monde , • dit un de nos vieux auteurs, < qui vont inontrans au peuple ignorant des racines contre- • faites en figures d'hommes, pour celle de la Mandragore, et ipi'ils uom- » meut des Mandegloires, prenent les racines fraischrs de la Couleuvrée » (la Bryone), des Guimauves, des Roseaux (Iris Pseudo-Aconis), et autres
> racines qui retirent à la forme humaine, et eufoucrut des grains d'Orge on I de .Millet sur la partie qui représente la tête; ils les eiiscvelissciit et coii-
> vrent de sable jusqu'i ce que les grains aient produit racine, après ils les
> déterrent, et acoutrent les racines qui représentent les cheveux, puis font
2Ti.
306 PRUfllIÊrÉS MKDI(;\Lh:S kt isaoks êgo>omiqles
propriétt's merveilleuses. Elles entraient dans la comjKtsition des philtres, et servaient à dès operations magiques.
Datura Stramunium, L. (Pomnie-èpinèuse). — Celle belle plante est originaire de TAsie centrale; elle a été introduite en Euroiw pendant le moyen âge, et parait avoir été inconnue aux anciens; on la rencontre maintenant (,‘i> et là en Europe, dans le voisinage des lieux habités; toutes les parties de la plante ont inie odeur vireiise et nauséeuse, et constituent un poison naix-otique des plus dangereux. L’extrait de Stramonium peut être employé à l’extérieur cotnme calmant, de même que l’extrait de Belladone; à l’intérieur, à la dose de quelques centigrammes, il a été employé dans le traitement des maladies convulsives; mais ses bons elTeLssont, dans ce cas, des plus contestables.
Hyoscyamus nigrr, L. (la Jusrpiiame). — Se rencontre dans toute l’Europe; il habite le bord des chemins, et s’éloigne jmîu d(*s lieux habités. La couleur grisâtre de ses feuilles visqueuses au roucher, et l’odeur vireuse qü’elles exhalent, semblent annoncer ses propriétés délétères; néanmoins ses fleurs jaunâtres , veinées de noir et à gorge pourpre, et ses calices fructifères dentelés, et rapprochés sur une lige roulée en crosse, ont une beauté agn>sie en harmonie avec les lieux incultes où on la rencontre. On a tenté d’utiliser les propriétés narcotiques de la Jusiiuiame en l’employant dans le traitement de diverses affections du système neneux; on a reconnu que son usage a toujours été moins avantageux que celui de l’opium , dont le mode d’administration convenable est d’ailleurs infiniment mieux connu. Les fumigations de graines de Jusquiame reçues dans la bouche constituent un remède populaire contre les maux de dents; ce remède est loin d’être sans danger.
> croire <|U'elles ont crOes dessous les gibets de ceux qui ont été cxdcutds
> par justice, leur accordant des propriétés monstrueuses, • Le ineme auteur attribue à cette plante ce que dit rhistoricii Joséphe d'une racine < que
> l'on taisait tirer de terre par un chien, ceux qui l'arrachent étant en grand
> danger de leur vie, à raison de quoi ceux qui ont tony k l'entour, s'estou- I peut les oreilles avec de la poix , de |>eur d'ouïr U cry de la racine, car
> s'ils l'avoicut ouy, il taudrait nécessairement qu'ils en mourussent... OU
> se mettoit eu tels dangers pour arracher celte racine, à cause de la vertu s qu'cite n de cliasser les esi>rils mauvais, i|ui sont les Ames des méchantes
> pei'sunnes décédées. •
DUS l’LAMUS I.SDIUÙ.AKS.
Capsicum antniurn, L. (le Pimont). — Paraît être originaire des Indes orientales et de l’Amérique australe. Ses haies coriaces, ordinairement d’un rouge vif, sont de formes diverses dans les nombreuses va Hétés obtenues chez celte espèce, par suite de sa culture prolongée sous diversi-limats. Elles renferment une substance résineuse âcre et balsamique dont la saveur est analogue à celle du Poivre; on les emploie comme condiment pour stimuler les facultés digestives; on en fait une grande consommation dans les contrées méridionales de l’Europe, dans l’Asie, dans l’Inde, et en Amérique. A haute dose, cette substance est émétique et purgative; elle provoque l’irritation , puis l’inflammation du tube digestif, et agit ii la manière des poisons Acres.
Nicotiana Tabacum, L. (le tabac). — Est originaire de l’Amérique. Lore de la découverte du nouveau monde, en lA98,el dans Ic's années suivantes, les Portugais trouvèrent l’usage de fumer le Tabac très répandü chez les naturels des diverses contrées oii ils abordèrent (t). Ils rapportèrent la plante en Europe, où elle eut d’abonl une grande vogue pour ses propriétés médicales. Ce n’est guère qu'à partir du règne de Louis XllI que l’usage de fumer et de priser commença à se rt'pandre; aujourd’hui ce goût est tellement général chez tous les peuples de la terre, (pis l’importance commerciale du Tabac est comparable à celle des
(I) EmUlclier raconte en cos termes t'introtlncti»ii ilii Tabac en Europe : t Nicutianæ in hauriendo fumo et sorbeiulo naribiis piilvere iiiscns nsns est, » more ex America per terrariim urbcni dirtuso. Qui cnm Clii'istO|ilioro Co-
> lumiK), aiin. t4»-J, primiim ad Americæ insulain Ciibani advecti smit, in-
> digeiii apud teram gentem moris.miraculiim primi coiispexemnt, plaiOæ
• folia arida in iiitegrum fuliiiif) cylindri forma conroluta (Tabacu tiilmios » vocitabant), deinde uiia parte accensa et altéra ori indneta, attracto .spi-
> rilu et eibalato rursus fumo assiduam nebulani spargeiitia. Qui deimie » rescratis a Cuiumbi aiidacl ingniio iiovi orbis clanstris ad diversas America;
> iiisulas et ipsa conlineidis littora appulerunt, emndem ultiqiie apud in-
• rolas luorem obviam babuerc, multa tamen varietate, ita ut alii ejiismodi
> tuhuloruiu fumum oresngercnl, alii naribus banrirent, rionnulli listulis e » iigiii frusto vcl ex argilla factia et Iierba concisa farctis iiterentiir, contriti « folii piilvercm iiàribus tralierent vel integra ori ingesta continno mande- ■ mit, et sacrificuli ad aiiiiimm in hituris rehns pra'sagieiidis inspirandum
> islo utcrenlur phariiiaco, planta; autem cultnra ubiipie iii bortis et agrit » cxercerctur, Itcrbje, Americaiiis ob virtutem sedanleni eltam inter diver-
> sarum passioimm remédia laiidalæ, iioittia primum ad l.usitanus, serins .» aiiipiaiituiii ad Atiglos Iraaslata, iiiox per omiieiu orbein Europani propa-
308 PROI'itlKTÊS MÉDICALES ET ISAGES ÉCONOMIQUES
plus Utiles substances alimentaires. Le Tabac, administré sous la forme de décoction, agit, à faible dose, comme émétique et purgatif; à haute dose, il agit comme poison narcotico-âcre. De nombreux accidents ont à peu près fait renoncer à l’emploi de ce dangereux médicament; on n’en fait guère usage que sous la forme de fumigations intestinales pour rappeler les asphyxiés à la vie.
VERBASCÉES. — SCROPUULARINÉES.
■ Verbascum Thapsus, L., phlomoides, L., et Schraderi, Mey. (Bouillon-Wanc). — Ces belles plantes décorent nos terrains sablonneux de leurs longues panicules d’un jaune pâle ; leurs fleurs exhalent une odeur douce et suave , on en prépare une infusion pectorale d’une saveur légèrement aromatique , et qui n’est pas moins agréable que celle- du Thé; mais on doit avoir la précaution de passer cette infusion à travers un liltre ou un linge fin: sans cette précaution les poils qui revêtent les diverses parties de la fleur, et principalement les étamines, causent une irritation à la gorge qui détruit l’effet salutaire de l’infusion.
• gala, brevi pa: universum tcrrarum orbem cucurrit, ita ut inauditiim
> tnoreni bauriendi fumum et sorbcndi naribus pulverem, primo ad sedan-
• dos varii gencris morbos introductuiii, mox inter vilæ delicias et quoti-
> diani usos nécessitâtes plerisque habitum, non recens inrentum et ex
> alieno orbe translatuiu, sed liumano generi congenitum quis crederet.
> Jôannes Nicot OUsiponæ Galliaruiu regis legatus, cujus nonien ad plan-
■ tam translatuin est, bcrbam salutarein, ann. isco, primus in Gallias attu>
> lit, magnis Panaceæ encomiis cctebralaqi ad Anglos Watterus Raleigli » ejusquc socii niorcin e Virginia advexerunt, inox ita apud insulauos illos,
> imprimis elegantiores et aulicos divuigatum, ut Jacobus 1, doctissimus illc » Britaiiniaruni rcx, jamanno 1019 conquereretur : eo esse deventum, ut
> vix liospitein sine Tabaco dapsile cxceptnm quis )>utet ; sine Tabaco nec
• medicina ulla .«it valida, nec sodalitluni suave, tolcrabiliorem tameu tore » morem, si penes marcs solos mansisset insania, nunc autem eliain uxorii bus incumbcre necessitatem depravandi anhelilus, ut olentes maritos
• similitudine ra-torissustinere'Valeant. Ad Tiircas Tabaci iisum aCIiristianis I fuisse propagatuni satis constat ; sitne apud Persas et Sinas mos iudigenus
> vcl é longinipio advcctus et dennim ad domeslicas apud illas génies Nico- I tianæ species Iranslatus, in ainbiguo rëlinqilimus, rem allioris iiulaginis.
> Hcrbæ cnitura per imiversnni ferc tcrranim orbem , ingenti reipublicæ
> lucro exercctur, mcrcisjiixla climalis et speclei salæ diversilalem varia f dignatione. ■
»KS PLANTES INDIGÈNES
Les plantes de la famille des Scrophularinces sont en général douées d’une saveur amèrev ücre et aistrlngente. L’espèce de cette famille qui joue le rôle le plus important en médecine, le Digitalis purpurea, L. (la Digitale), est douée de propriétés très énergiques, et agit, k haute dose., comme poison narcotico-âcre ; son emploi, même le’ mieux dirigé, peut occasionner des accidents cérébraux, de l’agitation, du délire, etc.; mais ces accidents se dissipent sans laisser de traces si l’on suspend l’eiPploi du médicament. L’extrait de Digitale, et l’alcaloïde qui en constitue la partie active (et que l’on administre à la faible dose de 2 k 5 milligrammes en vingt-quatre heures), sont fréquemment et utilement employés dans le traitement des fièvres intermittentes, mais surtout des affections du cœur (névroses et maladies organiques) : les préparations de Digitale ont la précieuse propriété de ralentir et de régulariser les battements du cœur, et d’en diminuer l’intensité. — A dose plus élevée, la digitale agît k la manière des éméto-cathartiques ; l’intolérance de l’estomac pour une dose très élevée peut, jusqu’k un certain point, présener du danger de l’intoxication.
Les Véroniques sont amères et astringentes ; le Veronicaoffkinalis, L. (la Véronique), est resté officinal, son infusion est stimulante et sudorifique; on a employé de la même manière les r. Chamœdrys, L., et spicata, L. Les V. Beccabunga, L., et Anagallis, L., sont doués de propriétés antiscorbutiques; on les emploie en infusion ; on administre aussi leur suc exprimé. Les Scrophularia nodma, L., et aquatica, L. (la Scrophulaire), sont doués d’une saveur légèrement âcre et amère; ils sont actuellement hors d’usage. — Plusieurs espèces A' Anlirrhinum et de Limria sont douées de propriétés analogues. V Antirrhinum majus, L. (Gueule-de-lion), était employé k l’extérieur comme vulnéraire, et k l’intérieur comme diurétique. Les Linaria vulgaris, MilL, et Milh, étaient employés dans le traitement
de l’hydropisie, de l’ictère^ etc. Le / . Cgmbalaria, MilL, est doué de propriétés stimulantes et diurétiques. — h'Euphrasia officinalis, L., est également aujourd’hui sans usage; la plante est douée d’une saveur amère et astringente. — Les ginines du Mclampyrum arvcmte, L., si commun dans nos moissons, mêlées
310 PROl’llIBTÉS MÉDlcXl.ES ET ISAGES KCOAOMIQEES
au blé, (loiinent h la farine une eouleur bleuâtre et des ((ualltés qui passent pour malfaisantes. — Les bestiaux ne broutent point l(*s Pédieulaires; \e Pedicularis palustris, L , était employé autrefois comme a.stringent et diurétique. — Le Grntiola ofjki- 7\alis (la Cratiole) est doué d’une âereté prononcée; on l’employait autrefois comme purgatif drastique.
Les plantes de la famille de Orobanebées renferment- des substances rc-sineuses amères, âcres et astringentes; quelques unes contiennent une matière colorante brune. Certaines espèces, et particulièrement VOrobanrhe Epithyjnuin , DC., étaient employées jadis comme vulnéraires ; on leur attribuait aussi des propriétés toniques. On a cessé de|Miis longtemps d’en faire usage. On attribuait au Lathrœa squamaria, L., et au Lathrœa Clandestina, L., comme à la plupart des autres productions naturelles d’un aspect remarquable et singulier, des propriétés merveilleuses.
Les plantes de la famille des Lentibulariées sont également douées de propriétés légèrement âcres et astringentes. — L’fïricularia vulgaris, L., était appliqué en topique sur ies blessures et les brûlures. — Les feuilles fraîches du Pinguicula vulgaris, L., passaient également pour vulnéraires. Les Lapons emploient cette plante, fort abondante dans leurs marais, â faire cailler le lait pour en apprêter une prt’paration culinaire dont Linné nous laissé la recette (1). >
LABtÉES. — VERBÉNACÉES. — GLOBVL.ARIÉES.
• Les espèces de la famille si naturelle des Labiées présentent
(I) 1.1011# (li’ci'it rnltc pr^p.iration en eu termes iionmilla
• Pinguicula; ciijiisciiiKpic ileniuni spccici, recenlia et nuper Ircla filtru iiii-
> puuuiitur, i|uil)iis lac imper emuiiUuui et natiiraliter calciis airumiitur » (piud cili'sime riltraliuu per iiuuiii atteruiiivc diciii ad (piicleiii, ut acescal,
> reponitur; uude lac istiid longe inajorenret tenacitatein et consisteiitiam, ■ ipiaiii alias accidit. adqiiirit, iicc sernin pFæcipilalur, ut alias contingit;
> cntiira veru palalu maxime gralmn reddiliir, licct cremor ipse sit parciur. « Tali modo semel liocce lacté pr.Tparato, non opiis nova pro novo proecssii
> aillilbere folia, sed modo cochlrar dimidiiim præcedentis lactis ut miscea-
> tnr cum recenti, iiccesse est, si eandem ad>)Uirit iiatnram, et aliiid lac
> Eiinili modo in soam iiahirain, reriiienli iii‘<lar, mutarc valet, ab iiidole
> sua ne minimum tamen dëflectcre vidctûr vis üttima. >
UKS I'LANïKS I.M)lGÉ.NJdS.
(les analogii's non moins constantes dans leurs principts chiini- (pies et leurs proprh'lt's imidicales, (|ue dans leur as|)ect gt'iiéral et leurs caractères botaniqu(>s. l*res(iue toutes contiennent dans des glamh's sous-t’piderniiques une huile volatile aroinalii|ue d’une odeur généralement agivable et douée de propriétés stimulantes; elles renferment aussi une substance résineuse amère, souvent unie à l’huile aromati(iUe. Un plus petit nombre ne possèdent, comme principe actif, qu’une substance légèrement astringente.
Quelques espèces sont vulgairement cultivées dans les jardins (O.mme plantes aromatiques ; telles sont la Sauge (Salem o^eâmlis, L.), le Thym (Thymus vulyaris, 1..), et la Lavande (lAivandula vera, 1,.). On plante ces espèces en bordures. Le, Hasilic (Oc^/auni liasiltcum, L.), recherché pour son odeur suave, est originaire de l’Inde; c’est une des plantes le plus communément cultivées sur les fenêtres. La Mélisse (Métissa offirinalis, L.), |a Mouarde (.1 /<jiKirdu didyma, L.), originaire de r.\méri(iue septentrionale, plusieurs espèces du genre Mentba, etc., sont aussi cultivées dans tes jardins.
Plusieurs espèces, le Tltym, la S;(uge, la Sariette (Satureia horleiisis, L.), sont fréquemment employées comme condiments. — \.c Clinopodiuin vulyqre, L., est une des plantes qui ont été l)ropo.sées comme pouvant suppléer au Thé ; les Heurs des iMinium (ilimm, L.,et maculatum, L., fournissent également une infusion d’une saveur aromatique.
Les feuilles et les sommités d’un grand nombre de Labic'es fournissent des infusions excitantes sudoriliquès et légèrement loni(iues dont on fait un frequent u.sage : telles sont la S;iuge oflicinale, la .Sauge orvale (Salvia Sclarœa, L.), naturalisée, (,'à et là autour des villages; le Koinarin (Husmarinusoffwinalis, L.), le Thym (Thymus Serpyllum, L.), la Menthe poivrt;e (Menlha piperila, L.)^, et la plupart des autres espiVes du genre Mentha : les M. salica, L. , ruhra, Smith., arvetisis, L. , sylvfstris, L. , viridis, L. , rotuiidi folia, L., et Puleyium, L. ; et entin qui'lques variétés ou hybrides : le M. crispa, etc. — On prépare avec la Mélisse oflicinale une eau distillée li“gèrement stimulante. La
312 PROPniÉTÉS MÉDICALES ET CSAGES ÉCONOMIQUES
Mélisse entre dans la composition de l’alcoolat composé, dit Eaudes-carmes.
Parmi les Labiées qui agissent en même temps comme amères et aromatiques, et qui sont employées dans les affections des voles respiratoires, la plus usitée est le Lierre-terrestre (G/ec/ioma hederacea, L.)- L’Hysope {Hyssopus ofpcinalis, L.) est doué des mêmes propriétés excitantes et toniques.
Les Labiées, chez lesquelles les substances amères dominent, et qui étaient très usitées dans la médecine du moyen Age, sont hors d’usage aujourd’hui, l'ne des plus vantées était la Bugle {Ajuga reptans, L.). Nous citerons encore : Ajuga lia, L., et A. Chameepitys, L., Leonurus Cardiaca, L., Sideritis montana, L., Molucella lævis, L., Marrubium vulgare, L., elScutellaria galericulata, L. Cette dernière espèce était regardée comme fébrifuge.
Parmi les esiicces plus spécialement astringentes, une seule plante, le Teucrium Chamcedris , est encore employée quelquefois; on a renoncé à l’u^gedes T. Scordium, L., Polium, L., et Marum, L., du Brunella vulgaris et du Lycopus Europæus. — La Bétoinc [Belonica ofJicinaUs, L.) passe encore, dans nos campagnes, pour douée de merveilleuses propriétés vulnéraires; on panse avec ses feuilles pilées les plaies et les blessures. La racine de cette plante active est, dit-on, émétique et purgative.
Les Verliénacées ont des qualités amères et astringentes. Cette famille nous présente une seule espèce indigène, la Verveine (Kerèena officinalis,\,.), plante assez insigniliante au point de vue de ses propriétés médicales , mais qui était en grande vénération dans l'antiquité ; « ... Verbenæ officinalis ingens apud ve- « teres Romanos fama t'ai , his Jovis meiusa verritur, domus pur- Bganturet lustrantur, in his Magi insaniunt, has inter legalos M ad hosles clarlgatumque missos Verbenarius gerit , in utraque » sortiuntur Gallorum Druidæ et responsa præcinunt. »
La famille des Globulariées renferme le .seul genre Gloèu/orm. Les feuilles du G. vulgaris, L., sont âcres et amères, et (louées
DES PLANTES INDIGÈNES
(le propriétés vulnéraires et purgatives. Les propriétés émétiques et purgatives du G. Alypum, L., espèce des contrées méridionales, sont plus énergiques. Cette plante était connue des médecins de l'antiquité.
VACCINIÉES. — CAMPANt LACÉES. — LOBÉLI ÂGÉES.
Toutes tes parties herbaa^s des yaccinium sont amères et astringentes; on emploie quelquefois les feuilles du V. Vitis- Idœa, L., à la place de celles de r.4r6u/iis Uva-ursi. Les baies du . V. ^fyrtillus, L., et celles du K. uliginosum, L. (Airelle), sont aqueuses et d’une saveur acidulé sucrée a.ssez agréable; ellessont souvent, pour les botanistes altérés, l’objet d’une halte dans les-, endroits boist's des montagnes. On attribue à tort des propriétés malfaisantes aux baies du V. uliginosiim ; leur saveur est du reste préférable ü celle des baies du V. Myrtillus; on se sert quelquefois des baies de cette dernière esjièce pour colorer les vins faibles en couleur. — I.’Oæycoccos palustris, Pers. (l'acciniMm Oxycoccos, L.), qui abondé dans les marais tourbeux du nord de l’Kurojie; fournit un fruit acide doué de propriétés temiwrantes.
Les Campanulacées renferment un suc laiteux presque dépounu de l’âcreté qui est si prononcée dans la famille des f.obéliacées. Les rosettes radicales et les racines charnues pivotantes de quelques espèces (le Campanula Rapunculus, L., le C. rapunculoides , !>., le Phyteuma spicata, L.) sont quehjuefois mang(‘cs ou salade sous le nom de Raiponce ; leur saveur est analogue à celle des Salsifis. — Le C. Cervicaria, L., et le C. Trachelium, L. (dont les noms spéx'ifiques viennent des mots cerrix, cou, et trachelus, gorge), ont des propriétés astringentes , et étaient employés autrefois pour guérir les angines et les maux^ de gorge.
Les Lobt'liacées ont des propriétés beaucoup plus actives que les Campanulact-es. Leur suc laiteux est ûcre et narcotique;, il produit la rubéfaction de la peau, et, introduit dans l’estomac, agit à la manière des poisons Acres. Le Melin urens, L., estime
3J/i PROPmi-.TKS MliniCALKS i;r lSAr.l.S KC()^OMtQlKS
de DOS plantes les plus vénéneuses. Plusieurs espères appartenant à rAniérique, ont été euiitluyées connue inédicainents, purgatifs ou émétiques ; mais leur usage n’est pas sans danger.
CLCLRBITACÉES. — CAPRIFOLIACÉKS.
Les Cuenrbitaeées renferment deux principes très dissemblables : une matière ri'sineuse Acre et amère, et un mucilage aqueux iûtuvent sucré. Ces deux |)rlncipcs se trouvent isolément chez certaines espt'ces; chez d’autres ils se -trouvent réunis, soit dans les divers organes d’une même plante, soit dans les diverses parties d’un même organe, par exempie' chez le fruit du Concombre, dont l’écorce est d’une amertume prononcée, et la chair pulpeuse d’une saveur fade et insipide. Plusieurs espèces : la Citrouille ou Potiron Pepo, L.), leConcombre (CucunüsMitivus, 1,.), et surtout le Melon (C. Melo, L.), occupent une phu* importante dans les jardins potagers, et ont produit de nombj-euses variétés alimentaires par suite d’une longue culture.
Le fruit de la Coloquinte {Colocynthis vuUjaris] est d’une amertume excessive; c’est un purgatif drastique des plus énergiques. La racine de la Uryone {Jiryonia ilioica, L.) renferme un suc laiteux d’une grande âcreté; appliqué sur la peau, il produit la rubéfaeXion. racine stu he est moins active : on l’employait autrefois en poudre comme purgatif drastique; on a renoncé à l’usage de ce dangereux médicament.
I>a plupart des Caprifoliacées sont des arbrisseaux d’un aspect agréaltle, qui font l’ornement de nos haies et de la lisière de nos bois, et embellissent les parcs et les jardins. Peu de fleurs sont plus élégantes, et exhalent une odeur plus spave que celles du Chèvrefeuille des bois (Lonkera Periclymenum, L.), ou du Chèvrefeuille des jardins {L. Caprifoliurn, L.). Peu d’arbrisseaux constituent de plus agréables massifs^ soit en fleur, soit en fruit, que le Sureau commun [Sambucus nigra, L.), dont les fruits sont d’un pourpre noir, et le Sureau à grappes (S. racempsa, L.), spontané dans ncjs bois montagneux , dont les fruits sont d’uil rouge de corail.
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DKS l'LAîSTKS l.NnKlfc'iES.
Ia*s plantos^de retto faniillo renfi.Tmpnt des principps anipi’s, âciTS el aslringenls, et sont tiont^psde proprifttis piir{îalives, éméli(iu(*s c*l diim'li(|ues. — L’infiision des fleurs de Sureau constiliie line liuisson excitante cl sudorifique en iisape dans le traitement des maladies de la peau; on emploie éj^alement cette infusion ii rextcrieur, comme résolutive, en lotions el en fomentations. Le suc de l'écorce el de la racine a été employé comme purpatif. — Les baies du Lonicera Caprifolium sont lé{teremenl diuréti(|ues; celles du L. Xylosteiun, L., sont purgatives. l>es baies du Vibxtrmm Ijtnlana, L., ont une saveur sucrée légèrement nauséeuse. Les baies du Sureau noir et du Sureau à grappes ont une saveur sucrée acide et nau.séeusp; on en prépare^des consl'rves sucrées assez agréables au goiU , et douées de iiropriétés légt'n'menl laxatives. Les baies du Viburnum Opitlus, L. (Houle-de-neige-sauvage), peuvent être employées au même us;igc. — L’.4rfojra moschatellina, L., petite plante herbacée de nos bois, a une odeur légèrement musquée; on lui attribuait des propriétés imaginaires; elle n’est aujourd'hui d’aucun usage.
nini.vcÉES.
Celle famille renferme en grand nombre des végétaux exotiques, dont les produits sont d’une haute importance (le Quinquina, i’ipécacuanha, le Café). — Nos espèces indigènes sont comparativement d’une valeur usuelle et commerciale très secondaire, si l’on en excepte la Garance. Ces eS|H*ces , qui constituent , au milieu des genres nombreux de la famille des Rubiacées, la petite tribu des Stcllatées, sont douées de propriétés amères, et astringentes. I.a racine d’un certain nombre renférme une matière colorante rouge, qui est surtout abondante chez la Garance [flubia tinctorum, L.), plante des Contrées méridionales de l’Europe el de l’Asie, cultivée en grand comme plante tinctoriale.
Les Galium verum, L., Mollugo, L., Aparine, I,., et Crudata, Scop., étaient employés autrefois comme médic.ameuts astringents; on se servait aussi de VAsperula odorata, L., plante amère et astringente, dans le traitement de l’hydropisie; et de
316 PROPRIÉTÉS MÉDICALES ET l'SAGES ÉCONOMIQUES
r^. Cijnanchica,h. (Ilerbe-îi-resquinancie). Ces plantes sont depuis longtemps à peu près tQmbées dans l’oubli.
\je Cephdis IpecxKuanha, h., Aoüi les racines renferment un princi|>e doué de propriétés émétiques, et dont l’usage est si fréquent, habite les forêts du Brésil. — Les Cinchona, dont certaines espèces fournissent l’écorce précieuse connue sous le nom de Quinquina, habitent les forêts montagneuses du Pérou. Les qualités amères et toniques de ce médicament , qui est d’une si haute importance pour le traitement des affections périodiques, et particulièrement dés fièvres intermittentes, etc., résident dans plusieurs alcaloïdes, dont le plus actif (la quinine) est employé à l’état de sulfate. l.a plus importante de ces espèces, par la proportion de quiniue que renferme son écorce , et aussi celle dont les produits sont le plus répandus dans le commerce, est le Cinchona Calisaya, Wcdd.
Le Caféier (Coffea Arabica, L.) parait être originaire de l’.\rabie, où il est cultivé depuis des temps reculés. Vers la fin du XVII* siècle, les Portugais le rapportèrent de Moka, et en établirent des plantations dans les Indes. Un pied, provenant de ces plantations, fut envoyé d’.Vmsterdam à Paris, et de là (en 1720) transporté à la Martinique, où il est devenu la .souche des nombreuses plantations de Caféier qui prospèrent maintenant dans le nouveau monde. Il est inutile de rappeler ici les propriétés toniques, digestives et légèrement excitantes du café; on l’a employé quelquefois avec succès pour combattre les fièvres intermittentes; mais son action tonique est bien inférieure à celle du Quinquina. 11 n’y a guère plus de deux siècles aujourd’hui que l’usage du café s’est répandu en Europe. Endlicher parle du café en ces termes :
«... Levï igné testa (les graines), formate ex acidis oleo em- » pyreumatico, peculiare exhalent aroraa , deinde aqua fenida » infusa potum præbeant tam amœno stimule in nervos agentem, » ut a pluriinis gentibus inter vitæ necessaria hodie petatur... » Primum inter delicatorum lautitias, deinde opitulante mertis » vilitatc sensim ad plebeiù inter quotidianæ vitæ nçcessaria » derivatus. »
DES l'UA.VrES isüigL>es. 317
, VALÉRIAKÉES. — DIPSAEÉES. '
I.a racine de la Valériane (ra/mana officinalis)l.., est un des médicaments indigènes les plus précieux; on remploie très fréquemment, et avec le plus grand succès, comme antispasmodique, dans les formes si variées de l’affection hystérique (atfaques-denerfs, vapeurs, etc.), et dans plusieurs autres affections nerveuses. F. Columna (i), qui était épileptique, se livra it l’étude de la botanique dans l’espoir de découvrir, chez les plantes, un remède, k la terrible maladie dont il était atteint, et dont il guérit, en effet, par l’emploi de la Valériane.
La Valériane a été employée avec succès pour combattre certaines formes de fièvres i n terrai tten tas; elle est douée aussi de propriétés anthelmintiques dont on but rarement usage. La racine de Valériane renferme une huile volatile, une résine, un extractif aqueux, de l’amidon, etc.; on emploie cette racine sous les formes les plus variées : poudre, infusion, extrait, eau distillée, sirop, teinture alcoolique et teinture éthérée. La poudre s’emploie k la dose de é k 30 grammes, et au delk. L’odeur de la Valériane bouleverse les fonctions musculaires chez les chats, qui se roulent sur cette plante avec des mouvements désordonnés : « Si grand est, ditMatthiolé, l’accord naturel des chats avec cette plante. » '
La plupart des plantes vivaces de la famille des Valérianées ont une souche odorante , et sont douées, ifun degré quelconque, de propriétés analogues k celles du Valeriana officinalis. l.es souches du Valeriana Celtica, L. (le Nard-celtique), plante des hautes Alpes, étaient autrefois l’objet d’un commerce important; *011 chargeait, dit-on, des navires de ce produit, qui était très recherché par les peuples de l’Orient, et regardé comme un des parfums les plus précieux. Nous avions peine k comprendre, en recueillant cette petite plante dans les Alpes, comment elle avait pu suffire pendant si longtemps k une telle consommation.
(t) Italien , contemporain de Gesncr, publia en 1592 son livre intitulé riiytohazanos, où il s’efforça de déterminer les plantes signalées par Dioscoride ; et en 1610, son Jîcjtliratis, ouvrage dans leipiel il insiste sur l' utilité d'étndier les diverses parties de la fleur et du fruit.
318 PROPRIÉTÉS MÉniCALKS ET l'SAOES ÉCONOMIQLES
Les plantes ainiuclles de celte, lamille sont d’une saveur presque insipide. Ou mange en salade les rosettes de feuilles radicales de plusieurs Valerianella ; on cultive sjiécialement, pour cet usagé, les V. olitoria, Moeucli., et carinata, Loisel.
Certaines plantes de la famille des Dipsacées renferment un principe légèrement amer et astringent. Les infusions de plusieurs espèces du genre Scabiosa : les S. arvensis, L. (la Sc'abieuse), et S. Columbaria, L., sont encore en usage pour préparer des infusions légèrement diaphorétiqiies, recommandées dans le traitement des maladies chroniques de la peau. La racine du S. Succisa, L. (Mors-du-diable), maintenant inusitée, renfenne un principe astringent.
Le Dipsacus sylvestris, L., et le D. fullonum, L., qui est peutêtre une variété du D, sylvestris due à la culture, étaient connus jadis sous le notn de Beuvoir-de-V énus (Labrum veneris), « à rai- «soade ses feuilles disposées en forme de cuvette: et de faict, U icelles aucunement fléchies en are l’eprésentent une heuvoire, >> là on trouvera tousiours eaue ou rousée... Aucuns frottent les » verrues du jus ou eau que est trouvée dedans le creux des ailes. « Le D. fullonum (Chardon-à-foulons) est cultivé en grand pour l'usage que l'on en fait depuis longtemps dans les manufactures de drap : « ... On a commencé à la nommer Chardon à foullon , »en tant que d’iceluy, comme d’ung instrument hérissonné et « IMiinctu on ha jmly et accoustré les draps rudes et mal tis.sus. h — ... l.es vers que l’on trouve en leurs testes , enclos dans une » petite bourse: , pendus au cul , ou attachits au bras , sont bons )' aux fièvres quartes, selon qu’on dit. «