COMPOSÉES
La famille des Comjwsc'es, l’une des plus naturelles du règne végétal, comprend un dixiéme des plantes phanérogames connues. Ces plantes, qui constituent pins dp 800 genres, sont répandues dans toutes les parties du globe; elles ne sont pas moins almndantes dans le nouveau monde qu’en Europe. Les esi>èccs de cette famille qui habitent les climats tempépi“s sont herbacées;
m;s PLANTES INIMdfeNES. 319
il en est de frutescentes dans les pays chauds; H en existe même d’arborescentes dans les îles intertropicales.
l>es Composées Tnbuliflores (Cynarocéphales et Coryrabifères) sont généralement douées de propriétés toniques et'stimulantes, un plus petit nombre sont astringentes. Ces plantes doivent ces qualités à des substances anvères unies à des principes résineux âcres, à une huHe VTjlatlle, etc.
Les Composées Liguliflores (Chicoracées) contiennent un suc laiteux (jui renferme, outre des substances résineuses amères, un principe narcotique; quelques unes cependant, améliort'cs par une longue culture, sont d’une saveur légèmnenl amère, et d’un usage vulgaire comme plantes comestibles.
Parmi les Cynarocéphales, nous mentionnerons: Carthamus tinctorius, L., plante de llnde depuis longtemps cultivée en Europe. Ses fleurs, connues sous le nom de Carthanie, fournissent une belle couleur rouge eh usage dans la teinture; on en préparait un Rouge végétal ou Rouge d’Espagne que l’on trouvait
jadis chez les parfumeurs. « Nec minima apud mulieres
» gratia est, quæ seite ab liispanis præparata Carthamina pallen- « tes gênas et décolora labia pingentes, perpetuam juvehtutem » rt sanilatem mentiri posse putant. » Celte plante était comptée autrefois au nombre des inirgatifs et des diunUiques. — Le Sily- Imm Marianum, Caertn. (Chardon-Marie), et le Cnicus benedictus, L. (Chardon-bénit), idantesde la région méditerranéenne, étaient du nombre des plantes médicinales les plus estimées au moyen âge; le Chardon-Marie sé rencontre encore naturalisé çà' et lâ dans le voisinage des lieux où ii était cultivé Jadis.
I.e Lappa communis , C. et G. { la Rardane ) , se rencontre dans tous lès pays tempérés de l’ancien monde : l’infusion et l’extrait de sa racine sont assi'z fréquemment usités dans le traitement des maladies chroniques de la peau; ses graines étaient jadis employées comme purgatives ; ses feuilles sont douées de qualités astringentes. — Le Serratula tinctoria,\,., fournit une couleur jaune; et une couleur verte, si on le joint â l’Indlgo. — l.a racine du Carlinavulgaris, L., renferme une matière résineuse âcre et antère dout:c de propriétés purgatives. I>es Carlina acanthifoiia, I.., et C. acautis, L., sont remarquable parla beauté
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de leur large capitule, qui s’étale à la surface du sol, dans les lieux arides des hautes montagnes. Endlicherdit,en parlant du C. acaulis : R In pratis niontanis, solo impriniis calcareo nascitur, et O'brevem sub terra concélansstipitem, capitulum ingens, radian- » tibus involucri squamis seariosis nitidum super viride gramiu nis aulæum pandit, inter reliquas collucatæsolitudinis herbas « tam singularis, ut banc præ cæteris magicis |)etitam artibus » mirum non sit. » — VOnopordum Acanthium, L., le Cirsium arvense, L., les Centourea Jacea, C. et G., solstitialis , L., et Calcitrapa, L. (Chausse-tra|)e, Chardon-étoilé), doivent être mentionnés pour mémoire. De ces diverses espèces, le Centaurea Calcitrapa est la seule dont l’usage ne soit pas complètement abandonné; toute la plante est amère, on l’emploie quelquefois comme médicament tonique et fébrifuge. — Nous devons enfiii nommer l’Artichaut, Cynara Scolymus, L., et le C. Carduncellus, L. (le Cardon), en raison de leur rôle assez im|)ortant dans les cultures potagères.
Parmi les Corjmbifères, nous citerons : Artemisiavulgaris, L. (l’Armoise), plante aromatique et astringente dont l'infusion est un emménagogue des plus fréquemment. usités; les A. Ahsinthium, L. (l’Absinthe), A. Pontica, L., et A. Abrotanum, L. (l’Aurone, la Citronnelle), sont doués d’une saveur amère et aromatique, et de propriétés stimulantes, toniques et anthcimintiques ; plusieurs espèces des hautes Alpes, A. spicata, Jacq^ et Mutellina, Vill. (Cénipi-noir et G. blanc), servent à préparer des infusions aromatiques douées de propriétés excitantes et toniques, et sont regardées, dans les montagnes, comme une panacée universelle. Ij'A. Dracunculm , L. (l’Estragon), est en usage comme condiment, et cultivé dans les jardins potagers. Les capitules de plusieurs es|)èces d’ylr/emtsfa, récoltées en Orient, fournissent le médicament vermifuge si usité , qui est connu sous le nom de Scmen-contra. — Le Tanacetum vulgare, L. (la Tanaisie), est doué de propriétés stimulantes et toniques analogues à celles de VArtemiiia vulgaris ; on l’emploie quelquefois comme anthelminthique. — VAckillea Mille folium, L. (llerbe-aux-charpentlers', renferme un suc astringent; on employait autrefois les feuilles pilées pour la cicatrisation des blessures. L'Achillea Ptarmica, L.
DES PLANTES INDIGÈNES
(llerbc-k-éternucr)i renferme une substance âcre; cette plante passe pour être nuisible aux bestiaux. Les A. moschata, DG., et atrata, DC., sont doués de qualités aromatiques. — Des infusions aromatiques très fréquemment usitées comme excitantes et sudorifiques sont préparées avec les capitules fleuris de VAnthemis nobilis, L. (Camomille-romaine), à\i Mairicaria Chamomilla, L., et du Pyrethrum Parthenium, L. (la Matricaire); on emploie à leur défaut les Anthémis arvensis, L., Cotula, L., et tinctoria, L.
— On ne fait plus que rarement usage de l’infusion aromatique du SatUoltna Chamœcyparissus , L., et du Balsamita suaceolens, Pers. Le Spilantbes oleracea, Jacq. (Cresson-de-Para), plante de l’Amérique tropicale, est regai*dé comme .doué de propriétés antiscorbutiques. — Les capitules de V.\rnica monlana , L., fournissent une infusion tonique et stimulante dont la renommée est populaire. — Le Doronicum Pardalianches , L., parait doué de propriétés analogues à celles de l’drfuca.. — L'Inula Helenium, L. (Enula campana des pharmacies) , était renomme pour les propriétés toniques et stimulantes de sa racine. Les propriétés des InulaPulicaria. L., eldysenterica, L., sont tombées dans l’oubli.
— L’Eupatorium cannabinum, L., était du nombre des médicaments émétiques et purgatifs. Plusieurs Eupatorium sont employés en Amérique comme diurétiques et sudorifiques. — Le Tussilago Farfara, L. (Tussilage, Pas-d’éne), renferme une substance légèrement amère et astringente; l’infusion de ses capitules est tonique et stimulante; on l’emploie fréquemment dans le traitement des bronchites légères. On a abandonné l’usage du T. Petasites, L., qui présente à peu près les mêmes propriétés que l’espèce précédente. — Ilelianihus tuberosus, L. (le Topinambour), plante originaire du Brésil, est cultivé pour ses tubercules alimentaires, dont la saveur rappelle celle de l’Artichaut. Enfin plusieurs espèces sont cultivées |)our leurs graines oléagineuses, telles sont le Madia sativa, Molin., et le Guisotia oleifera, DC.
Parmi les Chicoracées, nous citerons : Lactuca virosa, L., Scariola, L., cl saliva, L., dont le suc, connu sous le nom de thridace, est du. nombre des médicaments narcotiques les |dns usités. Cette substance, qui est loin d’avoir les (|ualité.s actives
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(l(“ l’Opium, entrt' dans la compnsilian de plusieurs potions calmantes. Le Ckhoriuin Inti/hus, I,. (Chieorée-amère) , esteonsi dêrt-, dans la médecine populaire, comme plante dépurative. — L’usa"e le pins important dest’.hieoraeées est l'usage alimentaire; il suftit de mentionner tes nombreuses variétés de la Laitue {Lactuca saliva, L.), et de la Chicorée {Cichorium Intybus, I,.'. On mange également comme salade les jeunes feuilles du Taraxarum Dnis-Leonis, L. (le Pissenlit), AcsTragopngonel àesScorzovcra); et les racines pivotantes du Tragopognn porri folium, L. (te Salsifix), et du Scnrzonera Ilispanica, L. (la Scorzonère).
I n grand nombre de plantes de ta famille des Composées font l’ornement de nos jardins. Nous citerons les jolies variétés du Bleuet [CentaureaCyanus, L.), du Chrysanthème {Pyrelhrum Siuense, ÜC.), de la Ileine-Margnerite {Anthémis Sinensis, L.), et surtout du Dahlia {Dahlia rariabilis, Dcsf. ), originaire du Mexhiue; enlin lesOfüllels-d’lnde (rcrÿc/e.s patula, L. , et erecta, L.), ' \c Coreopsis tincforia, L., plusieurs .l,vtcr, Solidago, Senecin, et Harkhaasia , et enfin le Soleil {llelianthus annuas, L.', dont les tiges s’élèvent à la hauteur des plus grands des arbrisseaux, et dont les larges capitules, d’un jaune doré, sont, pour les jardins rustiques, un facile et magnifique ornement.
La famille des Ambrosiacées est très voisine de celle des Composées. Cette famille renferme un seul genre indigène. Le Xanthinm strumarium, L. (Lampourde, Glouteron), qui était compté jadis au nombre des médli^aments antiscrofuleux, est depuis longtemps hors d’usage.
AM.Vn.VNTII.VCÉES. — CHÉ.XOPODÉES.
Les espèces de la famille des Amaranthacées ne sont |M)inl douées de propriéti^ actives; aucune espèce n’est malfaisante; un très petit nombre présentent quelques qualités utiles.
Ces plantes sont dispersées dans' toutes les contrées du monde; nos espèces indigènes sont herbacées; mais de nombreuses es|)èces exotiques sont frute.scentes; il en est même d’arborescentes.
L'Amaranthus Blitum, L., était cultlv'é jadis dans les jardins
- J3igf.
,^)ogle
DES l'LANTES I.NDIGÈNES.
potagers, et était employé c/)mnie l’Kpinard; on te rencontre encore çà et là subspontané dans le voisinage des lieux habités. — On cultive, dans les parterres, le Celtjsia cristata, L. (.4maranthe. Crête-de-coq, Pas.se-velours), dont la tige annuelle fasdi-e est d'une forme très élégante , et recouverte d'un tissu feutre de fleurs et de bractées d’une belle couleur rouge ou jaune ; et le Gowphreua globosa, L. (Amaranthc-inimortelle), dont les fleurs sont dispost'cs en capitules globuleux. Ces deux plantes sont originaires de rinde; elles renferment un principe astringent.
Les plantes de la famille des Chénopodéessont d’un aspect rustique en harmonie avec les localités rudérales qu’elles habitent; plusieurs plantes d’Europe, appartenant à cette famille , se sont naturalisé'es dans le voisinage des habitations de la plupart des contrées civilisées. Les plantes de cette famille présentent peu d’uniformité dans la nature de leurs propriétés. Le Spinacia oleracea, L. (Lpinard), dont les feuilles renferment quelques sels unis h une substance mucnagineusc abondante, est une des plus vulgaires de nos plantes potagères. Les feuilles de VAtriplex hortensis, L. (Arroche, Chou-d’amour), et les feuilles du Beta Cicla, L. (Poirée) , sont douées des mêmes qualités, et appartiennent à la même culture; la nervure moyenne charnue d’une variété du Beta delà (Bette-Carde) est mangée comme les pétioles du Cardon. Mais la variété la plus importante du Beta Cicla est la Bette- Rave, dont la volumineuse racine pivotante, devenue charnue parla culture, renferme un sue chargé d’une grande quantité de sucre. Ce sucre, de même nature que le sucre de Canne, rivalistî, dans les fabriques de l’Europe, avec le précieux produit exotique du Sacchantm officinale. Ccs mêmes racines sont alimentaires.
Le Chenopodium Botrys, L., spontané dans l’Europe méridionale, et le C. ambrosioides, L. (Thé-du-Mexique), exhalent une forte odeur aromatique analogue à celle du camphre, et sont d’une saveur chaude et amère. Ces plantes peuvent être employées pour éloigner les insectes des étoffes de laine. On peut en préparer des infusions excitantes et sudorifiques; une espèce américaine de la même section, le C. anthclminticum, L., est employée avec succès comme vermifuge. Le C. Vuh-aria, L., plante triviale
324 pnOPRiÉïKS MÉDICALES ET ISAGES ECONOMIQUES
qui exhale une odeur infecte, a été proposé comme antispasmodique: des médicaments d’une odeur agréable, l’éther ou le musc, par exemple, l’ont avantageusement remplacé.
On extrait de la soude d’un grand nombre de Chénopodées maritimes que l’on réduit en cendres; les Salsola surtout sont employés à cet usage.
Plusieurs plantes alimentaires exotiques appartenant h cette famille sont susceptibles d’être naturalisées en Europe. Tels sont : le Boussingaultia baselloides, II. et lî., originaire de la province de Quito, dont les tubercules assez volumineux sont comestibles; le Basella tuberosa. II. et B., spontané dans la Nouvelle-Grenade, également estimé pour ses tubercules; et le B. rubra, L., originaire de l’Asie tropicale , dont les feuilles .se mangent à la manière des épinards; ses baies renferment une matière colorante rouge dont on fait usage pour la teinture.
POLYGO.NÉES.
Les plantes de là famille des Polygonées renferment généralement, dans leurs feuilles et leurs tiges, les acides oxalique, citrique et malique; elles contiennent, dans leurs racines, des substances a.slringentes unies, chez certaines espèces, îi une matière résineuse amère; enfin leurs graines renferment une fécule alimentaire.
Le Polygonum Fagopyrum , L., renferme deux espèces, le Fagopyrum escutentum , Moench., et le F. Tataricum, Gaêrtn. Ces plantes, originaires de l’Asie, et naturalisées en Europe vers le XV* siècle, sont depuis cette époque l’objet d’une culture importante, sous le nom de Sarrasin ou Blé-noir; leur graine farineuse remplace, jusqu’à un certain imint, le blé dans les pays pauvres, où la terre se refuse à une plus riche culture ; le Sarrasin présente d’ailleurs l’avantage de croître et de mûrir rapidement. Dans certains terrains, la récolte de Sarrasin enfouie dans le sol par un labour, avant la maturité du fruit, con.stitue un utile amendement. Dans les contrées où les céréales abondeni, on emploie le Sarrasin à la nourriture de la volaille.
Le Polygonum tinckirium, Lotir., originaire de la Chine, ren-
1)KS PLAJCTKS IMrWGKMÎS.
ItH’nie une matière colorante bleue analogue à celle de l'Indigo; sa culture est essayée par quelques agriculteurs. — Parmi nos Polyf/onum indigènes, une stmle espèce, le /'. Bistorta, L. .(la Historié), a conservé son ancienne réputation, et est encore en usage; sa solicite charnue et contouniée sur elle-niénie est d’une couleur rougeùtre qui annonce ses propriétés astringentes; elle renferme, en effet, une assez gfande quantité de tannin. Les leuilles pilées du Poiygunum Hydropiper, L., |H'uvent être employées comme substance rubéfiante. Les P. Persicaria, L., et aciculare, L., sont légèrement astringents, et étaient comptés au nombre des espèces vulnéraires. Le P. amphiUum, L., était.employé comme diurétique. Enfin je mentionnerai le P. orientale, L. (Grande-Persicaire), belle plante annuelle dont la tige noueuse et élancée, les larges feuilles, et les épis roses pendants, font l’orueraent des jardins rustiques.
Le genre liwnex ne présente pas moins d’intérêt que le genre Polygonutn, Nous devons, en première ligne, mentionner l'Oseille {Ruanex Acetosa, L.), l’une des plus vulgaires de nos plantes potagères, que son agréable addité a fait ranger au nombre des aliments tempérants et rafraichissants, et des médicaments antiseptiques et autiscorbutiijues. Les Rumex scuUtlm, L.,et Acetosella,\j., sont doués de propriétés analogues. — Les Rumex Patienlia, L. (la Patience)., crispas, L., sanguineus, L., oblusi^ folius, L., etc., étaient comptés au nombre des remèdes dépuratifs et antidartreux; leur peu d’efficacité leur avait valu le nom de Patience, qui faisait allusiou à la vertu dont ceux qui se servaient de ces remèdes devaient être pourvus. Leur iikâne est légèrement tonique et purgative. Le R. uli>inus, L. (Hhulmrbedes-nioines), est doué des mêmes projiriéles, et pas.se pour plus actif; eulin le R. Uydrolaimthum, L., qui est le fameux Herba Britannica de Munting, a été regardé comme une panawe universelle.
Les espèct*s du genre fl/ieiim (Rhubarbe) sont originaires de la Tartarie, de la Chine, de l’iude, etc. Les espèces de ce genre dif-' fèrent plutôt parla forme des feuilles que par la forme des fleurs. l.a racine de plusicui'sespt'ces renferme une substance résineuse amère, du tannin, ime inatÜTc colorante jaune, de l’acide c«ta-
826 l>ROPRIKTKS MÉnrr.AI.KS ET'fSAGKS ÉCONOMIgiT.S
liqife, du sucre et de la fécule; cefc substances se Irouvejit en diverses ^icoporlions chez l&s différentes espèces. f.a ràciiie anciennement connue sous ie nom de Rha-liarharum |)arait appartenir aux 7t. falmatuinf L., undulatum , L:, et vompaclum, L. La |K)udre de celte racine est un des médiaimenls les plus usités; elle est employée comme tonique et stimulante des organes digestifs, et à plus forte dose comme purgative. La racine de ces mêmes espèces cultivées en- France est d’une qualité très inférieure à celle de la racine spontanée qui est apjmrU'C de l’Asie par le commerce. La racine anciennement connue sous le nom de Rha- Ponticum est celledu 7t. Rhaponticum , L.; elle est douée de propriétés toniijues etastripgentes. Le R. Ribes, L., eemarquabie par l’ampleur de ses feuilles, est spontané en Perse et en Syrie; il habite le mont Carmel et le mont Liban ; ses pétioles et sa tige renferment un suc acide et astringent; On ne fait point usage de aa' racine. — Le 7t. hybridum, Murr., est l’objet j en Angleterre, d’une importante culture comme plante potagère; il parait dû au rraultatde l’hybridation du R, undulatMm et du R. palnuitim. .Soumis à une culture convenable, ses pétioles deviennent épais et charnus, et sont alimentaires. La culture de cette plante ne tardera pas sans doute à être , introduite en France. - .-
^ • ' 'üRTICÈES. < ■
Vaûcienne famille des ürtlcées a été divisée en plusieurs familles païfaitement caractérisées : les Morées, les Cannabinées, les L'imacées, les Urtieées, etc. v
Morées. La .sève des arbres de cette famille, aqueuse dans le ' genre-itforu* (Mûrier), est laiteuse dans le genre Ficus (Figuier).
Le Morus,nigra, L. (Mûrier noir), est cultivé en Euro|)e depuis les temps les plus reculés; scs fruits, d’une .saveur acidulé sucrée assez agréable , sont tempérants et rafraîchissants; le fruit demimûr sert à la préparation d’un sirop astringent assez usité. L’écorce de la racine, qui est ârere et amère , est un des remèdes propesi-s contre le Ver solitaire. Le.W. àlba,<h. (Mûrier blanc), est cultivé principaiement |K)urses feuilles, qui servent à la nourrHuro des vers-ù-soie:; son fruit est d’une saveur fade et sucrée;
^ m:s l'LANTKS t.ADKikNKS. " 527
ses feuilles sont astFingenles , et |»assent pour rulnéraires. — he liroussonetia papyrif(‘ra (Vent.), arbre des îles âe l’Océanie, est cultivé dans la Chine et le Japon, où son liber sert k préparer un papier en usage cher toutes les nations lettrées de. l’Asié; il est fréquerainent planté dans nos parcs conime arbre d’agrément', son fruit est d’une saveur douce et fade.
La Ficus Carica, h. (le l'’iguier), originaire de l'.Vsie Mineure, est cultivé dans toute la région méditerranéenne;^ sa culture s'avan«ie même. dans le Nord. Ses fruits, dont il existe de' nombreuses variétés, sont des plus délicieux; secs, ils fournissent aussi un aliment agréable, et sont comptés parmi ies médicaments émollients. Le genre Ficus renferme un nombre considérable d’espèces: les unes constituent des lianes d’une longueur démesurée, qui enlacent dans leurs réseaux les plus grands arbres des forêts vierges d® l’Apiérique; d’autres, qui habitent les Indes , sont des arbres de . dimensions colossales; quelques tins émettent des racinea adveotives qui descendent des plus hautes branches, s’enfoncent dans le sol , et constituent des sortes de colonnes qui servent d’/tais à ces végétaux gigantesques. Les F. religiosa, L., pumila, L., et Benghalensis, L., etc., en Asie; l’espèce dite Sycomore [Ficus-Morus) , en Égypte, etc.;. fduriMsscnt d’épgis ombrages et des fruits dont on fait une grande con- .soramation. La Gomme-élastique ou Caoutchouc est le suc épais.sl qui s’écoule du tronc de plusieurs espèces de Figuiers par les incisions que l’on pratique à leur écorce; les espèces qui fournissent le plus abondamment cet utile produit sont b's F. eîastica, L., Jndica, L., et (oxicaria, L. Le suc de la plupart est Acre et purgatif ; chez quelques espèces il'est corrosif, et jiar conséquent très véuéiieux. yuelqui's uns des insectes hémiptères, qui constituent la substance colorante connue sous le nom de Cochenille,' vivent sur diverses espèces du genre Ficus. — l^a famille des Artoearpées, voisine de celle des Morces, renferme dc’s végétaux à suc laiteux souvent caustique. L’.tnriflris Toxicaria, Leschen.,' est l’un des végétaux les plus vénéneux qui .soient connus.
Caiinabinées.— Gettèfauiillenerenfermeque deux espèces, dont chacune constitue un genre : le Cannabis satina, L. (le Chanvre),
328 PROPniKTKS MÉDICALES ET USAGES ÉCONOMIQUES
et YHtanulus Lupulits (le Houblon). Le Chanvre est originaire de l’Asie; il est cultivé de temps immémorial dans l'anrieii monde pour l'usage si important que l’on fait des fibres de son écorce , qui nous fournit le fil dont on fabriqué la toile, et par suite le papier. Le fruit du Chanvre (Chènevis) renferme une huile siccative d’une saveur désagréable, mais douée de propriétés sédatives. C’est avec: les feuilles du Chanvre que les Orientaux préparent la substance amdogue ii l’opium connue sous le nom de Haschich. — lie Houblon parait spontané en Asie et dans l’Europe orientale; les bradées imbriquées de ses cônes fructifères sécrètent une substance résineuse pulvérulente qui s’en détache aisément; cette substance se com|)ose d’une huile volatile Acre, d’une résine sub-aromatique , de cire, d’une matière astringente, et d’une substance extractive amère (Lupuline); c’est cette substance qui communk^ue à la bière ses propriétés stimulantes et légèrement naivotiques. Celte .«mbslance, administrée comme médicament, stimule les fonctions digestives, et agit comme diurétique. Les Uirions du Houblon peuvent être mangés comme les As|)cn;es; la racine i>ossëde à nn certain degré des proimiétés stimulantes analogues à celles de la Salsepareille.
Endlicher parle en ces termes des produits du Chanvre et du Houblon : « ... Substantia amara in Humuli floribus sub farina* » resinosæ speeie sécréta , Cerevisiæ qualitatem' largilur subnar- » cotieam , quæ etiam circumspectæ natune po()ulis, .sub frigi- »diore et vinum denegante coelo habitantibus , acceptlssimum » reddit subdôlæ indolis potum, dum hominnm genus fervidum, » immoderatis deliciis sub æstuante Asiæ sidéré fractum et va- » lidioris stimuli indignum , opiati speeie e Cannabis succo uvebementius narcotico parafa, emollitum eNhilarat animum, » impotentibus desideriis tristem, stiiltam lætitiam provocat et » jacnndissima somnioriim conciliât phantasmata. »
ülraacées. — Celte famille ne renferme, comme la précé'dente , que deux genres : le genre Ulmus (Orme) et le genre Planera. — Les L'hnus campestris, L., et effusa, Willd., sont réjiandus dans toute l’Europe; l’écorce de ces arbres renferme un principe as- Iringeut.^”'
Dr»:zeO UyKJoOgIc
DES PLANTES INDIOÊNES.
Cplüdées. — Le CdtU australis, L. (Micoeoulier), est indigène dans rF.urope australe ; l’écorce et les jeunes rameaux fournissent une décoction astringente dont on a fait usage dans le traitement de la dyssenterie ; les fruits sont comestibles , leur saveur est légèrement styptique, les amandes renferment une huile analogue à l’huile d’amandes douces, f.es C. occidentalis, L., s|x>ntané dans l’Amérique boréale, et C. orientalis, L., originaire des montagnes de l’Asie, sont floués de propriétés analogues.
Ürticées. — Cette famille , ainsi circons('rite, ne pnVnte pas de produits bien remarquables. L’épiderme de plusieurs esi)èces est chargé de glandes piliformes qui contiennent une matière âcre particulière (bicarbonate d’ammoniaque), dont la piqûre cause k la peau un sentiment de brûlure accompagné du développement de impules; nos Urtica urens, L., dioica, L., pilulifera, L.,etc., produisent cette action, mais à un degré bien moindre que certaines espèces de l’Inde {U. rrenulata, Rox., et U. urentissiina,^ Rlum.), qui provoquent une très vive douleiîr, et un gonflement qui dure plusieurs jours. L’urtication, c’i>st-k-dire l’excitation de la j)eau au moyen de la piqûre des Orties , a été employée en médecine comme révulsif. Les jeunes feuilles d’Ortie peuvent être mangées à la manière des Épinards. — Le Parietaria officinalis, L. (la Pariétaire), dont le suc est aqueux et renferme du nitrate de potasse , était autrefois employé comme médicament diurétique.
DAPILNOiOÉES. — ARISTULOCHIÉES. — El'PHORBIACÉËS.
Daphnoïdéos. — Les espèces du genre Daphné renferment des sulistances résineuses, une matière colorante, et un alcaloïde (Daphnine) auquel ces végétaux doivent leurs qualités âcres; l’écorce de la plupart, appliquée k l’extérieur, fraîche ou macérée dans l’eau, produit la rubéfaction, la vésication, et enfla une ulcération snperflcielle de la peau. A l’intérieur, cette substance, k faible dose, est émétique et purgative; k haute dose, elle agit k la manière des poisons irritants. L’espèce la plus usitée est le 7). Gnidium, L. (Garou, .Sain-lwis); son éenreeest appliquée directement pour activer l’action des exutoires; on en prépare une