‹ Guide du botaniste, ou Conseils pratiques sur l'ètude de la botaniqueChapitre 31 sur 48 · CONIFÈRES · texte numérisé non relu

CONIFÈRES

Cette ancienne famille constitue actuellementuneclasse divisée en plusieurs familles.

'Abiétinées. — Les arbres de cette famille : Pins, Sapins, Mélèzes, etc., forment, principalement dans le Nord, de vastes forêts; ils se plaisent aussi dans les iwys montagneux. Ils sont d’une eUtrême importance comme bois de constniction et de chauffage. Le suc résineux qu’ils renferment en abondance contient une huile volatile très odorante, une résine et de l’acide succinique. Ce suc obtenu par des incisions pratiquées à l’écorce des arbres vivants, et principalement du Piniis sylvestris, L., est connu .sous le nom de Térébenthine : cette substance, d’une saveur chaude et aromatique, est douée de propriétés fortement stimulantes. — La Térébenthine, distillée avec de l’eau, fournit l’huile de Térébenthine, matière .médicamenteuse active, qui a de nombreux emplois dans les arts; le résidu constitue la Colophane, substahea; qui entre dans la composition de plusieurs emplâtres excitants, dits maturatifs. La dislillaliou à .sec de la Térébenthine produit la Poix liquide; cette substance, épaissie par évaporalion, constitue la Poix, dite de Bourgogne. Les diveraes espèces du genre Pinus, l’Ahïcs vulyaris, C. et C. (Pinus Abies, L., Abies excelsa, I). C., l’Épicéa), h“ Pkeavulgaris, C. et C. {Pinus Picea, L., Abies pectinata, 1 ). C., le Sapin), le Larix Europœa, D. C. ^le Mélèze), et le Picea Cedrus, C. etC; (le Cèdre),

DKS PLANTES INDIGkNES. . • . '335

originaires de l’Asie Mineure, fournissent différentes sortes de rt“siiie. — L’éeoree du Pimts maritima, I,., et du P. Cembro, L., renferme une assez grande proportion de tannin. — Les graines du P. Cembro et du Pinus Pineo,- L. (Pin d'Italie, Pin-Pignon) . sont comestibles.

Cuprcssinées. — Les Cupressiuées renferment, comme les Abictinées, des substances résineuses unies a une huile aromatique. L’huile que l’on obtient par distillation des parties herbacées et des fruits du Genévrier, de la Sabine, des Thuyas et des Cyprès, difl'ère peu, par ses propriétés, de l’huile de Térébenthine; néanmoins celte huile contient moins d’huile volatile et ne renferme point d’acide suœinique : une certaine quantité de tannin se trouve en outre unie aux substances résineuses.

l.e Juniperus Sabina, L. (la Sabine), est fréquent dans les montagnes de l’Europe méridionale; il est cultivé cà et là dans tes jardins; ses feuilles sont d’une saveur âcre, amère et résineuse; on en fait un usage vulgaire, comme stimulant et emménagogue.

— Les fruits du J: communis, L. (le Genévrier), dont l’infusion est aromatique et excitante, servent à préparer diverses boissons fermentées, et particulièreraent une eau-de-vie’en usage chez les peuples du Nord. — Le J. Virginiana, L., originaire de l’Amérique du Nord, et planté çà et là dans les parcs, présente les mêmes propriétés que le J. Sabina. >

Taxinées. — Taxas baccata, L. (l’If). Le suc résineux de l’If renferme des substances astringentes et amères. La cupule charnue mucilagineusc du fruit est d’une saveur douce et légèrement résineuse; elle ne paraît pas douée de qualités malfaisantes; mais la semence est amère, et passe pour renfermer une sub.stance vénéneuse narcolico-âcre. Cél arbre, spontané dans le nord de l’Europe, est cultivé dans les pari-s; la dispositio4i touffue de ses rameaux permet do lui donner artiticicUement les formes géométriques les moins en harmonie avec la grâce naturelle des plantes. ' ~ -

Gnétactvs. — Les EpkeJra croissent sur les bords de la Médi- -

336 PnOPRlKTÉS UÉMCALES ET tSAGES ÉCONOMIQlES

terranée et les côtes occidentales de l’Europe; on les rencontre aussi dans les déserts de l’Asie moyenne. \ 'E. dystachia, L., est doué de propriétés astringentes. Il était jadis officinal. Ses fruits mucilhgineux et acidules-sucrés sont comestibles comme ceux de rif; ils irritent légèrement la gorge.

COLCIHC.VCÉES. — ’ Lltt.ACÉES.

Nous avons peu de chose à dire des propriétés des plantes de la famille des Alismacéesetde celle des Butomées. — Plusieurs de ces plantes renferment un suc doué d’une certaine âcreté; les rhizomes de quelques unes contiennent de la fécule. — Toutes les parties du Butomus itmbellcUus, L., sont amères et âcres ; le rhizome et les graines sont doués de propriétés purgatives.

Colchicacées. — Les |)|antes de cette famille sont, avec raison, considérées comme très vénéneuses. Les souches, bulbes, feuilles, fleurs et fruits renferment divers alcaloïdes d’une grande âcreté (Colchicine, Vératrine, etc.). — Le bulbe du Colchicum autumnale, L. (Colchique, Tue-chien), bien que très vénéneux, constitue une substance médicamenteuse à laquelle on attribue de pré^ rieuses propriétés. L’intensité de ses qualités varie selon l’époque de la végétation k laquelle il est arraché. Chaque bulbe parcourt toutes les périodes de son existence en un an ; k mesure qu’il se flétrit, un autre bulbe latéral se développe et grossit. Si l’on emploie toute la masse simultanément, on ne peut distinguer l’action qui appartient au jeune bulbe de celle qui appartient au bulbe plus ou moins épuisé; desexpériences précises faites sur ce bulbe, isokî du bulbe ancien et recueilli pendant les diverses périodes de sa végétation, compléteraient les notions que l’on possède sur l’action physiologique et les propriétés thérapeutiques du Colchique. A faible dose, le Colchique agit comme émétique et purgatif; il est doué, en outre, d’une puissante action diurétique analogue k celle du Sdlla maritima. A haute dose, il agit k la manière des poisons âcres ; aux nausées, k un sentiment de strangulation succèdent des défaillances, des mouvements convulsifs, la roidexir tétanique, et la mort. En raison de son action piirg.a-

DES PLANTES INDIGÈNES

tive eUliiirétii|ue, le Colchique a été administré, et avec succès, dans le traitement de certaines liydropisics; plus récemment i] a été préconist^ en Angleterre contre les afhïctions rhumatismales et goultcu.st's. Ce médicament peut, en effet, sinon guérir de la goutte, du moins atténuer la violence des accès; mais il est incontestable que les mêmes effets |)euvent être obtenus au moyen de substances d'une administration moins dangereuse : des préparations de Scille maritime, par exemple, et de divers médicaments purgatifs. Le Colchique peut être administré en infusion (2-Zi grammes pour un litre d’eau).; le vin et la teinture alcoolique de Colchique sont employés à la dose de 15-30 gouttes dans une potion. — Le Veratrum album, L. (Ilelléborine), plante commune dans les prairies des montagnes; est doué de propriété*s analogues à celles du Colchique; le V. nigrum, L., plante des montagnes de la région méridionale de l'Europe, paraît avoir des propriétés moins actives.

Liliacées. — Les souches bulbeu.ses des Liliacées renferment, unis à une substance mucilagineuse abondante, des matières résineuses amères, un principe extractif âcre, et une huile volatile âcre. Quelques uns de ces bulbes , chez lesquels les principes âcres et amers n’existent que dans une faible proportion, sont alimentaires, surtout apK's avoir été dépouillés parla coction de la plus grande partie du principe volatil. D’autres, chez lesquels les principes actifs dominent, sont doués de propriétés diurétiques, ou émétiques et purgatives; quelques uns peuvent être considérés comme très vénéneux.

Parmi les Liliacées officinales, le Scüla marüiina, L. {Stâllc officinale), remarquable par son énorme bulbe, et qui habite les sables maritimes de la région méditerranéenne, est une desesp«*ces les plus fréquemment employées pour ses propriétés médicales; la poudre de Scille, et l’oxymel sdllitique, sont très usités comme diurétiques et comme stimulants des membranes muqueuses. — I.es espèces du genre .\loès sont originaires du cap de Bonne-Espérance; YAloe vulgari», L., a été naturalisé dans la région méditerranéenne; le succoncrété de cette plante est un raédicamenl purgatif d’un usage vulgaire. — Les capsules char-

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nues des Yucca, belles plantes de l’Amérique transportées dans nos jardins, sont douées de propriétés purgatives.

Parmi nos Liliacées indigènes nous citerons : le Lys blanc [Lilium album, L.), dont les bulbes cuits sont quelquefois employés à l’extérieur comme maturatifs. Les bulbes des TuUpa, Uÿocinthus, Muscari, Scilla, OrnHhoyalum, et Gagea, sont d’une saveur âcre et amère ; ils étaient jadis rximptés au nombre des médicaments diurétiques et purgatifs. Les bulbes du Fritillaria imperiali?, L., sont remarquables par leur odeur vireuse. — Les racines charnues des Asphodelus et des Anthericum contiennent de la fécule et du mucilage; elles perdent par la dessiccation une partie de leur âcreté; on les employait jadis comme emménagogues et diurétiques; plusieure de ces racines étaient, en outre , regardées comme propres à guérir de la morsure des anitâaux venimeux. — Toutes les espèces alimentaires de cette famille appartiennent au seul genre Allium; la plupart sont cultivés dès la plus haute antiquité. Nous citerons: Allium sativum , L. (l’Ail), qui est spontané en Orient: « Magni hæ species, proh dolor! usus. « Uulbum et hominemquibulbum vescitur, delicatioresfugiunt. » Allium Cepa, L. (l’Ognon), A. Ascalonicum, L. (l’Échalote), qui ne fleurit pas dans nos climats, A. Porrum, L. (le Poireau), A. fistulosum (la Cive), A. sefuenoprasum, L. (la Ciboule), A.Ophioscorqdon, L. ( la Rpcambole), étc. — Un grand nombre de Liliacées font l'ornement de nos |>arterres; nous citerons les Lys, les Tulipes, les Jacinthes, lesScilleS, leS Ornithogales, lesFritillaires, la Tubéreuse, dont l'odeur rappelle (telle de la fleur d’Oranger, et les lléraérocalles.

ASPARAGINÉES. — IRIUÉES.

Asparaginées. — Les racines et les tiges souterraines des Asparaginées conlLcnnenl une substance mucilagineuse ordinairement amère et douée d’une certaine âcreté. La racine de l’Asperge commune {Asparagus afficinalis, L.) faisait partie des cinq racines a|)éritives majeures; les baies et les graines passaient pour diurétiques. — Les racines du Petit-Houx (Jfuscus aculeatus, L.) sont douées des mêmes propriétés que t’.\spei%e; ses graines

DES '"PLANTES INDIGÈNES

{'rilléps onl été essayées comme succédanées du café. — Le rhizome du Sceau-de-Salomon ( Palygonalmn bulgare, Desf., et /’. mttltillorum, Desf.) est mudlaginciix ; sa saveur est douceâtre. On l’employait jadis comme vulnéraire; on en faisailégalement usage comme diurétique; ses baies sont d’une saveur nauséeuse, et douées de propriétés purgatives et émétiques.— Les fleurs du Muguet (Conuaffario maialis, F,.) font au printemps la parure de nos bois; la souche rampante de cette plante est d’une saveur nauséeu.se; son extrait agit comme purgatif drastique. — Toutes les parties de la plante du Paris quadrifoUa, L.,‘ sont douées de qualités narcotico-âcres; cette espèce a cessé depuis longtemps d’être considéréecomme officinale. — LeSmi/a® Sassaparilla, L. (la Salsepareille), croît dans l’Europe australe; c’est un des médicaments stimulants les plus usités. — Il suftil de mentionner l’usage alimentaire des turions de l’Asperge; les qualités diurétiques de cet aliment sont constatées par Todeur particulière qu’il communique au produit dé la sécrétion urinaire.

Dioscoré&s. — La racine volumineuse du Tamus communis, L., est d’une saveur âcre et amère. Cette substance est diurétique et purgative, et à plus forte dose émétique. Elle a été employée à l’extérieur comme vulnéraire, et comme antiscrofuleuse et antiarthritique.

Iridées. — Les souches bulbeu.ses ou tubéreuses des Iridées renferment de la fécule, du mucilage, et en très faible proportion des substances âcres et une huile aromatique; elles sont douées de propriétés plus ou moins stimulantes. — La substance médicamenteuse la plus importante qui soit fournie par cette famille est \e Safran {Crocus sativus, L.). Cette plante est originaire de l’Asie Mineure; on la cultive en grand dans l’Europe méridionale. Ses stigmates fournissent une matière colorante d’un rouge orangé très précieuse pour la teinture , et usitée dans la peinture au lavis; cette substance, dont l’odeur est aromatique et suave, est du nombre des médicaments excitants du système nerveux dits antispasmodiques. Le Safran provenant du Crocus sativus cul-

airO- PROPRIÉTÉS MÉDICALES ET USAGES ÉCONOMIQUES

Hvé en France, est d’une qualité inférieure k celui que le commerce tire de l'Orient. '

L’/n's Florentina, L. (Iris de Florence), est spontané dans l’Europe australe ; ses souches fraîches sont purgathes; à cet état, elles sont légèrement excitantes des membranes muqueuses; sèches, elles conservent indéAnimont une odeur de violette as.scz agréable. l,a souche de 1’/. Germanica, L., et celles de plusieurs autres espèces se rapprochent plus ou moins, par leurs propriétés, de la souche de l’Iris de Florence. — Les i. Germanica, L., etSïbirica, L., fournissent une matière colorante verte usitée pour la peinture. — L'Iris Pseudo-Acorus, L., employé jadis dans le traitement de Lhydropisie, et l’/m fœtidissima, L., qui passait pour antiscrofuleux et antihystérique, ont ces.sé d’être considérés comme substances officinales. — Les espèces du genre Gladiolus sonl douées de propriétés analogues k celles des Iris, plusieurs ont été employées oomme médicaments stimulants. — De nombreuses espèces appartenant k la famille des Iridées font l’ornement des jardins; les Iris; les Glayeuls et les Crocus y sont surtout très répandus.

AMARYLLIDÉES. — ORCHIDÉES.

Amaryllidées. — Les souches bulbeuses des Amarjllidées diffèrent peu par la nature de leurs principes chimiques et par leurs propriétés médicales des souches bulbeuses des Liliacées. Le mucilage y est également abondant, et uni k une gomme-résine amère. La plupart de ces bulbes sont doués de propriétés émétiques : tels s<jnt ceux des Amaryllis, du Pancratium maritimum, L., et du Leucoium vernwn, L. Les fieurs du Narcissus Pseudo-Narcissus, L., sont raucilagineuses, amères, et contiennent une matière narcotico-âcre; ces fleurs infusées dans l’huile passent pour être douées de vertus sédatives; les bulbes de Nan’isse étaient jadis comptés au nombre des médicaments émétiques. Les bulbes d’Amaryllis, nkluils en pâte , étaient appliqués sur les tumeurs comme topiques maturatifs. — Plusieurs espèces i'Alstrœnieria sont cultivées dans nos serres ; leurs racines charnues fournissent une farine alimentaire au Pérou et au Chili , oü ces plantes sont indigènes.

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Agavées. — L’^ÿare Americana, L., maintenant naturalisé dans la région méditerranéenne, est spontané au Mexique et dans les Antilles. Cette magnifique plante, dont la hampe, qui atteint jusqu'à 30 pieds de hauteur, se développe en quelques semaines , a été , comme la plupart des objets qui frappent vivement l’imagination, l’objet de récits fabuleux ; c’est encore une croyance populaire que chacune de ses larges rosettes ne fleurit qu’au bout d’un siècle, et<|ue les fleurs en s’épanouissant font entendre une forte détonation. iCettè plante est vulgairement connue sous le nom d'Aloès. La chair des feuilles et des jeunes tiges est acidulé et comestible; le suc de la racine tst considéré en .\mérique comme diurétique.

Broméliacées. — h'Ananassa saliva, Lindl. {Bromelia Ananas , L.)t cultivé en abwdance dans les serres de l’Europe , est originaire du Brésil , et a été naturalisé dans tous les pays chauds du monde. Ses baies, soudées entre elles, forment un élégant cylindre surmonté de la rosette de feuilles qui termine la tige. Le fruit de l’Ananas est d’une saveur en même temps sucrée, vineuse, acidulé et aromatique; c’est l’un des plus estimés du monde. Ceux qui sont obtenus dans nos serres sont loin d’avoir le parfum de ceux qui mûrissent au soleil des tropiques.

Orchidées. — Un certain nombre d’Orchidées indigènes préscntcût des souches bulbiformes. Ces renflements charnus renferment de la fécule, du mucilage, quelques traces d’une substance amère, et une très |)etite quantité d’huile volatile quf disparait par la dessiccation. I..es bulbes assez volumineux de quelques espèces abondantes dans les contrées méridionales fournissent la fécule analeptique connue sous le nom de Salep. D’autres Orchidées ont des rhizomes ramjwnts et fibreux; ces rhizomes renferment une plus grande proportion d’huile volatile, et sont doués de propriétés stimulantes et diaphorétiques. La fleur de quelques espèces exhale une odeur suave et aromatique. Personne n’ignore que la ParuV/e, dont le parfum est si généralement apprécié, est le fruit de diverses espèces de la nombreu.se tribu des Orchidées dites Eplphytes, et qui vivent en faux

3/t3 PROPRIÉTÉS MÉDICALES ET USAGES ÉCONOMIQUES

parasites sur les écorces des arbres, dans les forêts viei^es du nouveau monde. L'n grand nombre des plus magniûques Orchidées éplphytes sont actuellement .cultivées en Europe dans des serres savamment disposées pour ce seul psage ; la plupart y prospèrent, et livrent chaque année à notre admiration leurs fleurs, qui exhalent souvent les parfums les plus délicieux, et dont les formes variées et bizarres sont presque toujours de la plus ravissante beauté. Les sauvages emploient quelques unes de ces plantes comme vulnéraires , et les désignent sous le nom de Lianes à blessures.

Hydrocharidées. — Les plantes de cette famille renferment un suc mudlagineux légèrement astringent, h' Hxjdrocharis Morsus-ranœ (Petit-Nénuphar) passait pour être doué des mêmes liropriétés que le Nympkfea.

PALMÉES. — AROIDÉES. — JONCÉES.

Palmées. — Cette famille, qui produit ^us l’équatour un si grand nombre d’espèces remarquables par leur élégance, et dont quelques unes sont, dans ces climats, d’une si grande utilité (le Dattier {Phœnix dactylifera, L.) ; le Cocotier {Çoeos nucifera, L.) ; le Palmier à Sagou {Sagus fiumphii, Willd.); le Palmiste (l'Euterpe olergcea, Mart., et l'Areca oleracea, L.), ainsi que plusieii|-s autres espèces qui fournissent diverses substances alimentaires, du sucre, des liqueurs spiritueust^s, etc.), n'est représentée dans la région méditerranéenne française que par une seule espèce , dont la rosette de feuilles s’élève à peine au-dessus du sol : le Chamœrops humUis,h., plante commune sur les côtes méditerranéennes de l’Afrique. — Une famille voisine, celle des Mu.sacées, produit le Bananier {ÿusa paradiska, L.), dont les fruits sont d’une grande ressource dans les pays chauds, et font même la principale nourriture de nombreuses populations. Le Bananier est originaire de rinde; il est maintenant naturalisé dans les contrées tropicales de toutes les parties du globe.

Potamées. — Le suc des Potamogeton est légèrement astriu-

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gcnt ; Ips fVuiNcs fraîches passaient pour vulnéraires. — Zostéracéps. Les plantes de cette famille (lui vivent dans l’eau de la mer {Zostera, Posidouia) étaient employées jadis dans le traitenjcnt des affections scrofuleuses; la présence de l’iode chez toutes les plantes marines explique leur efficacité; les feuilles sèchts du Zostera marina, L., sont devenues un objet de commerce ; on les emploie à remplacer le crin dans les sommiers. — Lcmnacées. Ces petites liantes étaient employées comme réfrigérantes; appliquées mouillées sur les brûlures, elles agissent comme pourrait le faire une éponge imbibée d’eau.

Aroïdées. — Les souches charnues des Aroïdées contiennênt une fécule abondante , à laquelle se joint une matière volatile d’une grande âcreté ; la fécule , dépouillée par la onction et la dessiccation de cette matière âcre , peut devenir alimentaire.

Les racines de l’^rum maculatum, h., Italicum, L., Arizarum, L., et Dracunculus , L., bien que douées de propriétés actives, ne sont plus en usage. — Le Callapalustris, L., appartient ' principalement ii rKurope boréale: les anciens 'l’employaient pour ses vertus diaphoréti<|ues et alexipharmaques. — L’^corws Calamus, L., est originaire de l’Inde; il fut apporté en Europe vers le xv* siècle; ses fruits ne mûrissent pas dans nos climats; son rhizome est amer et aromati<]ue.

Typhacées. — Les rhizomes des Typha et des Sparganium renferment de la fécule; ils sont médiocrement astringents, et passaient pour doués de propriétés diurétiques. La souche du Spar-ganium ramosum, Iluds., a été regardée comme propre à guérir de la morsure des animaux venimeux.

Joncées. — Les propriétés des plantes de cette famille sont assez insignifiantes. I.es souches du Luzula vernalis, L., du Joncuscommunis, L., et du J. glaucus, L.* sont employées comme diurétiques dans le nord de l’Allemagne. — Le Xarthecium Ossifragum, L., était au nombre des remèdes vulnéraires. — Selon Dioseoride , le Schœnus Oxyscheenus des anciens, qui paraît être le Juncus aculus, L., cuit avec du vin , est laxatif et diurétique.

'àlill l•K01*BI^;TÉS HKDIC.U.ES KT USAGES ÉCONOMIQUES CYPÉBACÉES. — GRAMINÉES.

Cypéraœes. — I.es tiges et les feuilles des plantes de cette famille contiennent un suc très peu abondant; leurs tiges ne contiennent point de sucre, comme celles des Graminées, et leurs graines contiennent peu de fécule. — Les rhizomes de quelques es|)èces renferment ce|)endant une certaine proportion de fmile unie à une substance amère, et à une petite quantité d’huile volatile; autrefois ces rhizomes étaient comptés au nombre des médicaments résolutifs, diaphorétiques et diurétiques. Parmi ces médicaments, aujourd’hui presque inusités, nous devons , mentionner les rhizomes du Cyperus longus , L., et du C. rotundus, L., qui sont amers et aromatiques, et étaient employés comme stimulants, et celui du Scirpus lacustris, L., astringent et diurétique; enfin les tiges traçantes du Carex arenaria, L., dont la saveur est amère et légèrement aromatique , et qui était employée, sous le nom de Salsepareille-d’ Allemagne, dans le traitement des maladies de la peau , etc. — Les tubercules du Cyperus esculentus, L., renferment une fécule alimentaire unie à une • huile grasse, substance que l’on rencontre assez rarement dans les parties souterraines des plantes. — On connaît l’usage que les anciens faisaient de certaines espèces méridionales de Cyperus |K)ur la fabrication du Papyrus.

Gràminées. — La tige des Graminées renferme, surtout sous l’épiderme , une proportion notable de silice; la tige de quelques unes renferme du sucre ; les graines de toutes les espèces contiennent de la farine. On y trouve , en outre , des traces d’une huile grasse et quelques sels. De toutes les plantes employées aux usages alimentaires, les céréales sont les plus utiles; leur culture remonte à la plus haute antiquité. La plupart ont fourni de nombreuses variétés. Les céréales les plus importantes sont les Froments {Triticum satii um, Lam., turgidum, L., nwnococcwn, L.); le Seigle (Secale cereale, L.); les Orges (ff. vulgare, L., H. distichum, L., //. heæastichum, L.); le Maïs [Zea-Mais, L.); le Riz (Oryza s(dim, l,.); les Avoines {Avena .saliva, I,., et A. orientalis,

I>ES PLANTES indigènes. 3^|5

L.); le Millet (Paninm mUiacnm, L.); de nombreuses espèces de Sorghnm, etc.

I.es tiges souterraines rampantes du Chiendent [Triticum repets, L.), qui infestent- les champs cultivés, fournissent |Kir infusion une tisane raucilagineuse sucrée, rafraîchissante , qui est des plus vulgairement employées; on l’unit ordinairement à l’infusion de racine de réglisse. La souche du Ctjnodon Dactylon, L., est employée dans le Midi au même usage que la souche du Triticum repens dans le Nord. (Dans l’inde on emploie le Cynodon lineare^ L., et dans l’Amérique VAndropogon bicornis, L.). — Le gruau, qui fournit par décoction une boisson nourrissante et adoucissante , n’est autre chose que l’Avoine pilée. — L’Orge mondée fournil une tisane rafraiehissante. I.«a décoction légère de Riz est vulgairement employée dans le traitement de la diarrhée. — Les souches de YArundo Dona.v, \j., et de VA. Phragmites, L., qui passaient jadis pour diurétiques et diaphorétiques, sont très rarement employées.

Personne n’ignore que le sûcre-de-canne est un produit que l’on extrait de la tige du Saccharum offietnarum, L. Cette précieuse Graminée est spontanée dans l’Inde; elle est depuis longtemps cultivée sous les tropiques dans le monde entier ; elle était même cultivée jadis dans l’Europe australe.

Cn très petit nombre de Graminées renferment des principes nui.sibles; les graines du Lo/mm temulentum, L. (Ivraie), ont été regardées comme malfaisantes dès la plus haute antiquité; elles contiennent, en effet, un principe narcotique. — On dit que le Festuca qmdridentata , IL B., espèce américaine, est doué de qualités très vénéneuses.

FOIT.ÈRES. — ÉQVISÉTACFiES. — LYCOPODIACÉES.

Fongères. — I,cs frondes des Fougères renferment un suc plus ou moins astringent, et quelquefois aromatique. I^urs tiges .souterraines contiennent, en général, une certaine quantité de fécule , une huile grasse , une huile volatile , un principe mucilagineux sucré analogue à la mannite, et une Substance oléo-résineuse amère, légèrement Acre et astringente. — Le rhizome de laFon-

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