IX
Du travail du |diy<iologv>te et du olassificateur.
Il nie .serait difficile de décider lequel a le plu.s d’aftraüs du (ravail du botaniste <|ui interroge les, lois pliysiologi(|ues chez le.s végétaux, qui étudie le déveJoppeinent de Icnis opganes, les procédés que la nature met en a'uvre pour leur reproduction, les limites dans lesquelles les lois générales peuvent dévier dans «-erlains <-as particuliers, etc.; ou du travail du naturaliste (|ui étudie les ressemblances et les dissemblances des espèces entre tdles, leur a.ssigne leur véritable délinvilalion, et contribue à perfw;tionner leur classification.
l.e physiologiste con.sacre .sou temps .à recueillir des olservations, à imaginer et exécuter des ex|)éricnce.s nouvelles; le botaniste descripteur, voyage à la recberche de nouvelles espèces, et joint au plaisir de la découverte le bonhimr delà possession. L'un et l'autre sont à la fols ob.servatenrs, collectionneurs et descripteurs; l'un recueille et das.se des ob.servations qu'il décrit et qu'il figure , l'autre recueille des plantes qu'il clas.se et qu'il étudie.
Le travail du physiologiste est un travail solitaire; ses jouissances .sont sans écho f comme ses travaux sans compagnons et sans collaborateurs; il trouve une compensation de cette solitude dans le plaisir d'étudier la nature vivante, et de distribut'r en qucb|ue sorte la vie chez les sujets de ses investigations qu'il est lilire de soumettre aux plus curieuses alternatives d'existence et de destriKlion. ^
Quant au botaniste classificateur, il a pourlui le plaisirdu voyage et de la décxmverte, et le bonheur de parlagoj de délicieuses impressions avec des amis de son dioix; mais de retour dans son rabinet, il doit cons;icrer au matériel de la collection, cl- à des .soins (|u'il ne siuraitionlier qu'à lui-même, au cias.seineiit, à 1a comservatioiir aux échaiigi«, à la com^spondance, un temps assez considérable; puis, l'instant de rélude arrivé, il n'a sous les yeu.\ que des plantes riches, il est vrai, de tontes leura fonaes, et
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pourvues de tous leurs caraetères, niais privét's de vie, et raplielant de bien loin eette suave iioésie qu’elles exhataU'iit dans les Ibrfls et dans les champs.
Quoi qu’il eil soit, je le rc|)ète, c’est avec bonheur, avec amour, que chacun accomplit sa mission. Aussi que de persévérance dans le travail, que de désintéressement, que de dévouement à l’œuvre entreprise qui vous appartient bien moins que vous ne lui appartenez vous-même. 11 y a plus, j’ai la conviction que celui qui ne travaille. que pour la science , et qui n’attend d’autre récompense de ses travaux que la satisfaction du succès dans scs recherches, est plus heureux celui qui a sans cesse les yeux lixés sur une , nTompense , même honoriOque , placée au delà de son travail.
C’est, dans le premier cas, l’existence laborieuse, mais calme et satisfaite , du bénédictin , ajoutant chaque jour, durant de longues années, de nouvelles pages au livre (^’il ménlite dans le silence du cloître, d’oü son nom ne doit jamais sortir; c’est aussi le dévouement des architectes des grands monuments religieux du moyen âge, dont la vie était usée par un travail Ardent bien longtemps avant l’achèvement de la cathédrale, et qui, satisfaits d’avoir pu réaliser en partie du moins leurs poétiques et merveilleuses conceptions, en léguaient l’achèvement à leur successeur, en oubliant d’inscrire leur nom, même sur la pierre la plus obscure de l’édifice. En effet, la satisfaction puissante que vous font éprouver des travaux de cette nature est telle, que les jouissances d’amour-propre qui leur sont comparées peuvent paraître presque sans saveur, et que, satisfait de l’approbation d’un |)etit nombre d’initiés, quelque flatteuses que soient les distinctions honorifiques, on oublie de les désirer.
Si de semblables travaux ne portaient jmint leur récompen.se en eux-mêmes , et .si le retentissement de la renommée chez les contemporains et la mémoire des générations devaient être considérés comme le but de tous nos labeurs, il est vrai de dire que ces travaux sera’ient bien inégalement rémunérés. — En effet, l’organographe exf)ose souvent en peu de lignes lerrésuHat d’un travail as.sidu et riche en heureux icsultats; et ces quelques lignes |Kis.sent souvent inaperçues, même d’un grand nombre dd.bota-
Kl KKS TKAVALX BUTAMyiKS.
iiisU's. Si cependant les faits et les doctrines ex|K)sées attrandissent notablement l’horizon de la science, ou modilient les idées admises, la science les étudie, et bien qu’elle les accueille d'abord avec une prudente réserve, elle ne larde pas, quand ces doctrines sont bien fondées, à lesadmettre et à les défendre. Mais leplus lalx>rieux et le plus habile n’a pu faire parcourir ii la science qu’une faible partie de la carrière presque sans limite qui s’ouvre toujours devant elle; cette route parcourue est destinée d’ailleui-s à tomber dans le domaine public, et un successeur, parti à son tour du point où la science est parvenue, ne tarde pasà en porter plus loin les limites.— Aussi arrive-t-il que le nom des organographes qui se sont ainsi succédé est bien vite oublié, et que la mémoire de quelques uns ne suteiste que lorsque leur mérite et leur génie sont tels que leur nom est considéré comme un symbole qu’on accepte sans l’analyser.
Au contraire, le nom du botaniste qui s’est livré à l’étude et à la description d’espèces non décrites reste attacJié, et d’une manière inséparable, à chaque espèce qu’il a dénommée. Le nom du botaniste fait en quelque sorte partie du nom de l’espèce ellemême, et traverse ainsi les générations sans recevoir d’atteinte , à moins que l’espèce ne doive pa.sser du genre où elle était d’abord placée dans un autre genre, auquel cas elle s’assaûe au nom du botaniste qui lui a assigné en dernier lieu sa véritable place; le nom du premier descripteur n’étant dès lors cité que dans la liste des synonymes.
Du reste, il est |wu de Iwtanistes organographes qui ne consacrent une partie de leur carrière à la botanique descriptive et ù l’étude des rap|)Orts ou des différences chez les végétaux au jKiint de vue de leur elassilication; et qui, par conséquent , ne participent plus ou moins aux divers privilèges attachés aux différentes sortes d’études.
DES ÉTI DES
X>u trav'*il en cellaboraUnn. >
' Je lie crois |kis devoir passer sous silence les |daisirs et lcsuvuii> tages du travail en collaboration ; cette manière d'étudier et d’écrire ni'a-été trop agréable à moi-même jwur que je la passe ici soUs silence.
Li collaboration est susceptible d'être appliquée k tous" les genres de travaux, aux travaux physiologique com.me aux travaux de ciassitication. t'videmment il se présente partout des cas douteux et d’une oliservation difficile, et, dans tous ces cas, les chances d’erreur sont bien moindres lorsque la question est étudiée et débattue par deux , ()ue lorsqu’elle n’est étudiée que |)ar un seul. Mais, pour que cette combinaison soit réellement profitable, les deux collaborateurs ne doivent pas, pour ainsi dire, perdre de vue un seul instant les mêmes olisenations, et sont obligés, par consi'queiil , de vivre dans une dépendance complète l’un de l’autre; ce qui est d’une application difficile, lorsqu’il s’agit de travaux de longue haleine. H n’en est i)oint ainsi pour les travaux descriptifs et de ciassitication que l’on jieut, au contraire, quitter et reprendre sans aucun inconvénient.
Par travail en collaboration, jeii’entends point un travail partagé à l’avance en fragments exécutés par chacun en particulier, le plan général do livre ayant seul été étudié et arrêté.d’un eomniiin accord; j’entends l’étude et la rédaction en commun de chaque idée, de chaiiue phrase, la discusi^ion de la valeur de chaque caractère et de rexprc.ssion qui rend le mieux la nuance que l’on veut exprimer. C’est ainsi que, durant plusieurs années, les deux auteurs de la Flore deS enrirons de Paris ont aceompli leur lAclie devant la même table chargée de plantes , et n’ayant qu’une même plume pour écrire la commune rédaction. Que de bonnes et laborieuses jouriuos, trop promptcimuit écoulées, qui auraient pu avoir leur tristesse dans le silence d’un cabinet isolé ; (ominelacontiance dans rexaclitudedu résultat était plus grande, et comlûcn, ai)irs rachèvemeni d’une loiegue et difficile /'’uni»7/e.
KT M;s THAVACK JUiTAMgl KS.
la salist'ai'liou était iiiutucUe et |)arta{çée. Uuel imissiuit stimulus pour l’activité ! quel travail assidu, et pourtant quelle gaieté!
Rarement deux collaborateurs ont exactement la même tournure d’esprit , les mêmes tendances et les ntéines (lualltés. I.e résultat de cette dissemblam e est la réunion de ce que cliaeun peut apiwrter de meilleur, et l’élagage de tout ce qui u’est pas IrK-prochable; car une mutuelle sévérité est surtout jHjrmise, loi'»|u’ellc s’unit k la plus étroite amitié.
Xl'organogrftphie est indiipensable à l’étude des espèces, et l’étude des espèces à l’organograpfaie.
Ce principe est tellement évident, qu’il est presque' inutile de nous y arrêter. Comment en effet comprondre h's bases sur lesqudle.s reposent la classittcation des plantes , la valeur des earactêres qui distinguent les -familles et les genres, et qui sont propres à chaque espèce, si l’on n'a pas étudié les modifications de formes que chaque organe est stisceptible d'éprouver dans la série du riîgne végétal, rim|)ortance relative de ces modifications, et les diverses attributions de fonctions qui sont en rapport avec les modifications si multipliées de ces formes?
Si l'on est étranger à la morphologie, si l’on n’a jamais as.sisté au déveloiipement suci'essif de ces organes, de|mis leur pi-emière apparition sous la forme d’un mamelon cellulaire jusqu’à l’achê-r vement eoraplet de leur évolution, ne se fera-t-on pas les idées les plus erronées des organes que l’on examinera isolément et à une seule jiériotle de leur existence ; et les descriptions faites dans de telles circonstances pourront-eile.*» être exactes et philosojihiqups? Klles lu’indront de fan.sses apparences, au lien de p<*indre la rt’alito.
Il n’est pas moins évident que la connaissanee des genres et des espèces est indis|>ensable au ladaniste organographe ; le tahleaii général des caractères des genres et des es|M‘ces qu’il doit.
i«i besoin, avoir |vrésent à la pensi'y, au moins dans ses Irails les plus saillants, est pour lui un grand livre lo<ijours oiivert dans lequel il puise les matériaux de nouvelles éludes, où il trouve des exemples à l'appui xle. scs assertions , et les moyens d’attribuer k ses oltservalions le degré de généralité qui leur ajqiartient, ou de signaler les faits qui eonslitueiit des exeeptions.
Ces deux parties de la science ne peuvent donc sans le plus grand désavantage être étudiées isolément ; elles sontsolidaires l’une de l’autre , et l’on ne doit pas tenter de nouvelles recherchés dans l’une des deux, avant de posséder à fond les connaissantes acquises dans l’autre.
De l’anatomie végétale.
L’anatomie che/ les animaux se divise en anatomie des organes et des régions , eX en anatomie des tissus ou anatomie microscopique ; et l’on peut étudier isolément l’une de ces deux parties de la science. Chez les végétaux , au contraire, ces deuxsorttts d’auatomie se confondent en mne même élude. Cela tient , en premier lieu, k ce que les- appareils d’organes, intérieurs chez les animaux, sont extérieurs chez les végétaux, et tombent dans le domaine de l’urganographie et non de l'anatomiet et en second lieu, k ce que les oiganes qui constituent ces appareils sont de si |>etite dimension que, comme les tissus proprement dits., ils ne peuvent être étudiés qu’k l’aide du microscope. 11 y a plus, les organes eux-mêmes constituent en partie ce que l’on nomme, chez les végétaux, les tissus: en effet, on ne saurait refuser le iiom d'organt's aux vaisseaux des végétaux; on donne cependant à l’ensemble de ces vaisseaux le nom de tissu va.sculaire , et cela en raison seulement de l’excessive petitesse de leur diamètre.
,Du reste, il existe d’importantes différences dans les tissus et dans les organes des animaux et des végétaux, et par conséquent aussi dans leurs fonctions.
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ET DES TKAV.UX DOTAVlyi ES. 25
Chez les végétaux, l’appawM de rinnervalion n'existe pas, nu du moins ii’a euoDre pu être constaté.
L'ap|>areU de la digestion n’existe pas noti plus, ou du moins il n’existe pas de cavité digestive comparable a Ttstomac et aux intestinsdesanimaux. Mais, comme chez lesaiiimaux, il existe une fonction d’assinjilation qui s’exerce dans toutes les parties du végétal, et des fonctions de sécrétion et d'exhalation.
Les appareils végétaux qui présentent la plus grande analogie avec appareils animaux sont ceux de la rt'production, de la respiration et de la circulation ; mais, tandis que , chez les animaux supérie.urs, les systèmes respiratoires et circulatoires sont de grande dimension, au moins dans leurs principaux organes, ils sont entièrement) chez les végétaux, du domaine ded’obsenalion microscopique.
L’exct'ssive ténuité des organes de quelqut's uns de ces appareils, des organes vasculaires en particulier, rend leur préparation et leur examen susceptibles de donner lieu à beamroup d’erreurs d’obsenation.
Ce sont ces erreurs possibles qui ont jeté de la défaveur sur la pnVislon, et par conséquent l'utilité de l’anatomie végétale. C’est ainsi que, si l’on dissê({ue en déchirant le tissu cellulaire ambiant, on s’expose à rompre les vaisseaux eux-mêmes, et à interrompre leurcontinuité; etque, si l’on étudie au moyen de tram;hes minces, pour peu que la tranche soit oblique ii la direction du vaisseau, on en |>erd également la continuité, et l’on peut prendre pour l’une de .ses extrémités naturelles le point terminal qui résulte d’une section. Or, si l'on étudie des questions relatives à la marche Pt à la direction des vaisseaux, on conçoit qu'une erreur d’observation de ce genre, si facile lorsqu’on agit sur des dimensions microscopiques, peut avoir les résultats les plus fâcheux, en donnant à l’olKicnateur le plus consciencieux l’occasion tPune interpir'Tation fondée sur une ol)scrvalion erronée.
Du reste, l’anatomie végétale parait avoir chez les végétaux une importance pluK'»l relative qu’absolue. En effet, cette importance ne s»'rait absolue que si elle résidait dans la pn'sence et la .situation de certains éléments orgaiii(|uesap|)artenant invariablement il des organes ou ii des appareils déterminés, et devant st'rvir par
1»K.S KH DKS
coiisi*(|H(ïiil de moyen intailliltic pour reeoniiaitre la nature de ees orpiies, lorsqu’ils affeeleul des Iqrmes ou des posilious exeepliouuelle.s. Mais il est liien peu d’élémenis organiques dont üi prAseuee soit ainsi déterminée et Jm^alist-e : e’est ainsi qu'aprés avoir regai-dé pendant longtemi)s les traehées comme appartenant excimjivement aux feuilles et aux tiges, ondes a retrouvées dans les racines des monocotyléUones ; d’ailleurs, la classe des vaisseaux mixtes, que l’on est oblige d'admettre, retire à la classification des vaisseaux une partie de son importance. Quant an tissu fibreux, il peut se rencontrer partout; et quant au tissu cellulaire, il est tellement polymorphe dan$ tes diverses partias d'un même organe, et des formes intermédiaires nuancent si complètement ses formes les plus éloignées, que l’on ne saurait en tirer de const'siuences absolues au imint de vue de la distinction des organes composés ou appareils végétaux.
Un autre ordre d’organes simples, les vaisseaux laticiféres, sont restés jusqu’ici d’une observation tellement incertaiile, que, tandis que plusieurs organographes leur reconnaissent , comme aux autres vaisseaux, des parois propres, et en figurent les contours, d’autres assurent qu’ils ne consistent qu’en des sortes de méats intercellulaires.
Tant de causes d’erreurs et de sujets de diftiiniltés ne doivent pas ce|iendant éloigner les okservaltmrs <le l’étude de l’anatomie végétale ; cos difficultés sont, au contraire, à ce qu’il me semble, un attrait de plus pouf les hommes vraiment laborieux. Mais ce. doit être en même temps, pendant l(mgtemps encore, la cause d’une extrême. réserve sur le degré de certitude relatif aux résultats obtenus et aux applications i\ faire de ces résultats.
> xm. ' :
Oe l’organographie végétale.
üii désigne par Ot7/rtno(/m/)/n« toule.s. les éludés qui ont pour objet les oiganes cbez les végétaux. I ,’étiide des formes que chaque
t;i DKS TUAV.UX llOTA.MyiKS.
ort;aiie |»t‘ul ifvtHir dans les divers ftroupes de vi^élaiix a reçu plus irartieulièrement le nom (\<' Mor})h<ilo;iie; l’élude du développement d’un organe pendant toutes les phases sneeessives qu’il pareourt’, depuis son apparition jusqu’à son ilaf parfait, ehez une même plante, ou simultanément ehez plusieurs, que l’on compare entre elles, a reçu le nom d'Onjanogénie, Organogmésle ou Phijlugi'iiésie. Enfin l’étude des fonctions que remplissent ces mêhiés organes constitue la Physiologie.
La morphologie et l’organogénie se prêtent un mutuél secours et ne sauraient être complètement étudiées l’une sans l’autre; toutes deux doivent être éclairées par des recherches anatomi(|iies. ■■
C’est grâce à la mori)hologie que l’organographie, qui ne consistait autrefois qu’en des études superlhnelles et sans liaison entre elles, cbnstitüe aujourd’hui une science précise et vraimetit philosophique. ' C’est aussi grâce au princi|)e sur lequel sont bast'esles études organogéniques, et qui consiste à étudier successivement le rnèine organe à toutes les périodes de son existence , qu’un grand nombre de questions obscures ont pu être éclairées, et que les plus compliquées' tendent à se simplifier chaque jour.
L’histoire des déviations accidentelles des formes dans les divers organeâ constitue la Tératologie végétale. Il est peu d’études plus instructives et plus remplies d’intérêt. L’examen des anomalies ou monstruosités facilite singulièrement l’inlelligence de la structure des organes à leur état normal; car la nature nous révèle elle-même , par ces sortes d’oublis et d’indiscnHions accidentelles, la solution de problèmes compliqués qu’elle semblait avoir mis tous ses soins à dis,simuler. Du reste, quelque dé.sordre qu’il parais.se régner dans certaines déformations ou anomalies, on y retrouve en général les mêmes lois qui président aux orgaiiisjitions et aux dis|)ositions normales. Cela est si vrai, qu’un grand nombre d’a'nomalies ont des analogues dans la structure normale de plantes, d’un tv|>c différent, plus ou moins éloignées dans la série végétale. ' •
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l>es applications pratiques de l'étude des plantes.
Chez un même groupe naturel de végétaux , les principes chimi(|ues renfermés dans les divers organes sont fréquemment les mêmes, ou du moins présentent une grande analogie de nature. C’est ainsi que 1e i>érisi)erme de toutes les Graminées, et les cotylédons de toutes les Légumineuses, renferment une fécule abondante; que toutes les parties herbacées de la plante, chez les .Malvacées, renferment un suc mucilagineux, et chez les Solanées un princijK? plus ou moins narcotique.
La connaissance des familles et des genres peut donc, jusqu’à un certain point, faire présumer, à pr/or/, la nqture des propriétés des plantes que ces groupes renferment , et permettre par conséquent, souvent avec avantage, de sul)stituer à l’emploi d’une espi'ce rare, l’emploi d’une autre espèce analogue plus abondante ou d’un rapport plus avantageux; mais ces .substitutions doivent, s’il .s’agit de plantes médicamenteuses, n’ètre faites qu’avet; les plus grandes précautions et la plus extrême prudence, car il arrive frétpiemment qu’un même groupe qui l•enferme des plantes inoffensives et même alimentaires présente aussi des plantes douées de propriétés énergiques et tri's vénéneuses : telle est, |Kir exemple, la famille desOmbellifères.
Les applications de la science botani(iue ii la culture peuvent rt'sulter, d’une part, de la connaissance des genres et des t*spêces qui, en faisant saisir les analogies et les dissemblances entre elles, IH'émet de choisir avec discernement celles qui, dans des circonstances données, promettent le rapport Iç plu.s avantageux, et aussi celles qui j)cuvent être substituées à d’autres, ou être utilement introduites davvs la culture. Ces applications peuvent rt-suUer, d’autre part, des connaissances orgauographiques et physiologi(|ues <]ui permettent de raisonner les procédés de culture, et par conséquent de les améliorer et d’en essayer de nouveaux.
Les étud(‘s (le physiologie végétale ont encore un puissant intérêt comme moyen d’éclairer certaines (piestioiis ol)scures de
KT 1>KS TUAVALX HUTAMyl KS.
la physiologie animale; l'étude de ei-s questions , .fort diflicile dans les deux eas , est néanmoins phis abordable chez les végétaux que chez les animajtix, et de puissantes analogies læuvent |)ermettre de conclure, dans eertaines limites, du résultat o!)lenu chez l’une, à l'cxplicatiou des phéiioracnes jus<jue-là inexpliqués chez l’autre.
Moaograpbics de S*aaiilles et de Genres.
la monographie d'une famille, et surtout la monograpiiied'nn genre, |)ermet à l'auteur de prendre ses coudées franches pour l’esiKice qu’il lui convient de donner aux descriptions; il doit même, dans l’intérêt de la science, pn^nter l’exposition de tous les faits qui se rattachent au sujet qu’il s’est donné la tâche d’approfondir. Mais, par cela même que le travail est susceptible des dévelop|>emenls les plus considérables, il doit être essentiellement méthodique, afin que chaque détail pnisse,sans perte de temps, y être trouvé parle lecteur.
Le nionographe doit se proposer deux buts distincts dans son travail : faire connaître exactement la structure des organes, les phénomènes de physiologie végétale et les détails de mœurs chez les plantes dont il expose l’histoire ; et, en second Heu, délimiter rigoureusement les espèces et les genres, et les classer dans l’ordre le plus naturel.
La première partie de ce programme ne, saurait être complètement exécutée que pour les plantes que l’auteur a pu étudier vivantes ; quant à celles qu’il n’a pu examiner que dans les herbiers, on conçoit que leur étude reste souvent plus ou moins incomplète, faute de renseignements ou de matériaux suffisants.
Pour qu’elles soient vraiment utiles, les descriptions contenues dans une monographie doivent être méthodiques; toutes les descriptions des t‘S|KH'csd’unmêmegeni‘e, sinon d’une même famille, dttiveni être en <|iielqiie sorte jeltVs dans iiii meme moule, afin
DKS ÉÏI DKS
qu’elles puissent èti-e comparées rigoureusément entre elles, et que <:etfe comparaison mette en évidence h's similitudes et les dissemblances. La cJarté qui «‘.suite tle l’adoption de cette forme méthodique en compense- laj'gemenl la sévérité.
Au contraire, les descriptions non comparatives enti’C elles (qui affectent la forme de (ns.serlalions , et dans h'sqiielles railleur, donnant carrière au style pittoresque, insiste chez l’une sur iiù poiiitqu’il néglige de traiter chez l’autre, selon qu’il se trouve entraîné par son sujet, ou même par les caprices delà rédaction) sont presf|ue toujours incomplètes et souvent obscures; efic's laissent le lecteur dans l’incerlitude et l’indécision , et il ne tarde pas à renoncer à fa recherche dè problèmes qui lùi paraissent insolubles, attribuant a la nature du sujet, ou à son propre manc|ue ’d’ex|)érience, lesdifOcultés qui iieuventétreen réalité tout entières dans rinsuf(l^nc‘e ou l’obscurité de la description.