XXV
De l’utilité du microseope.
Lon$'tem|).s on contesta l’iitinté des microscopes; on insistait sur ce |K)int, que de fréquentes erreurs d’observation sont presque inévitables, et que d’ailleurs on peut trouver dansle champ du microscope, l’imagination aidant, tout ce qu’on veut y voir.
Cejiendant le microscope, en se perfectionnant, ne tarda pas à se populariser: et, lorsque cet instrument étant combiné à la chambre claire, il fut permis d’en calquer les images grossies; lorsque plus fard, enfin, au moyen des i>rocédés photographiques, il fut possible de recueillir et de conserver l’image elle-même , au doute et à la méfiance succéda une admiration sans réserve.
Que l’on ne croie pas néanmoins qu’il suffise de posséder un bon microscope pour se trouver immédiatement en mesure de faire de bonnes observations; autant vaudrait se croire musicien j)arce qn’on possible de bons instruments de musique. Ce n’est que par une longue habitude que l’on parvient, non senlement à manœuvrer habilement l’instrument et ii profiter de toutes les re.s.sources qu’il peut offrir, mais .surtout k éviter les erreurs d’observation qui pourraient résulter d’un examen superficiel ou" incomplet. Si, par exemple, on projette verticalement une lumière éclatante sur un objet transparent, toutes les parties en relief disparaissent et tous les détails s’effacent. Les reliefs ne deviennent visibles que lorsqu’ils sont mis en évidence par leurs ombres, et il faut, pour obtenir ce résultat, projeter obliquement la lumière. C’est ainsi encore qu’une ombre |x>rtée sur une surface plane ou même sur un corps lenticulaire ou sphérique peut être prise pour une dépression , ou bien un point lumineux être pris pour une ouverture ou une solution de continuité; ce n’est qu’en fai.sant successivement passer l’objet par tous les degrés d’éclairage, et en l’examinant sous tous scîr aspects et à divers grossissements, que l’on évitera de tomber dans ces fâcheuses méprises.
Le microscope est un des instruments d’optique qui peuvent
ET DES TDAVACX BOTANIQUES. /j9
procurer le plus de iouissances , même aux personnes les moins versées dans l’étude des' sciences naturelles ; pour le botaniste', c’est un meubre .ateolument indispensable. — Si l’on étudie les plantes phanérogames ou même les Mousses et les Fougères, au point de vue de l’examen des caractères des genres et des espèces, une bonne loupe, mais mieux encore un bon microscope simple ou loupe montée , peut sufBre ; mais si l’on veut étudier la structure et les caractères des Algues et des Champignons , ou faire des observations d’anatomie végétale , il faut de tonte nécessité posséder un microscope composé.
Lorsqu’il s’agit de se procurer des Instruments de cette nature, on doit sans hésiter tâcher d’avoir ce qui existe de plus parfait ; mieux vaudrait renoncer à en posséder que d’en aeqnérir de médiocres; alors, en effet, le travail le plus assidu ne saurait aboutir qu’à des résultats erronés, et dont l’inexactitude pourrait être démontrée en quelques instants par quiconque emploierait un meilleur instrument (!}.
Des niioroseopet simples.
Il est commode pour les promenades d’avoir une loupe de poche dite tri-loupe. Cet instrument se compose de trois loupes de différents diamètres, et donnant par consé-quent des grossis-
(I) On consultera avec fruit, pour le maniement du microscoi>e, les ouvrages suivants-: — Dcj.vrdim, Nouveau manuel complet de l’observateur au mieroseope, t vol. tn-12, avec atlas renfermant des Hgiires d'objets microscopiques. 1843. — Chevalier (Charles). Des microscopes et de leur usage, in-8; avec atlas. 1839. — Mandl, Traité pratique du microscope, el de son emploi dans l’étude des corps organisés ; suivi de Recherches sur l'organisation des animaux infusoires, par U.-C.-C. EilREKBRitu, 1 vol. in-6, avec planches. 1839.
D'eicellcnts microscopes sont Iabri<|nê8 par M. G. Oberhaeuscr, place Danpbine, 10; M. Ch. Chevalier, galerie de Valois, 163; M. G. Froment, rue Meuilmontant, 3, et M. Natcliet, rue Sei^iente, 16.
DES KTUMS
s^ments différents , variant depuis k diamètres jus(|u'à 10 diamètres environ ; en eombinant les trois loupes ou <leux d'entre elles de manière que les centres des lentilles soient exactement superposés, on obtient un grossissement encore plus considérable (1). — Une autre loupe simple , également portative , et qui donne un assez fort grossissement, est la loupe cylindrique dite microscope Stanhope. —, Enfin, on peut employer comme loupes à main, les doublets les plus puissants, un manche horizontal étant fixé à leur monture.
Pour se servir de la loupe simple, on doit placer la lentille k (|uel(iues lignes seulement de distance de l’œil , et l’objet que l’on veut examiner, sous la lentille, k un pouce de distance environ; on éloigne ou l’on rapproche légèrement cet objet jusqu’k ce qu’on ait trouvé le point où on le voit le mieux, étant placé de telle sorte que la lumière frajjpe sur la face de l’objet que l’on examine, s’il est o|)aque , ou le traverse, s’il est transparent.
Pour l’étude, dans le cabinet, des objets d’un certain diamètre et en général des corps opaques , le microscojK* sim|)le ou loupe montée doit être en permanence. Cet instrument se compose d’une série de loupes de force différente, enchâssées chacune dans une monture circulaire de cuivre ; l’une de ces loupes st^ place sur un anneau qui termine une tige horizontale fixée k une lige verticale que l’on visse sur la boîte destinée k renfermer l’instrument, et mieux sur un pied lourd de |)lomb revêtu de cuivre. — La tige verticale porte , au-dessous de la tige horizontale, une tablette percée au centre ou un anneau de.stiné à recevoir le porte-objet de verre sur lequel on place l’objet à observer; celte tablette est munie en dessous de diaphragmes, c’est-k-dire, d’une plaque pcrcr^e d’ouvertures circulaires de différents diamètres que l’on peut k volonté placer sous le porteobjet (le manière (si l’on éclaire l’objet par transparence) k jiermetlre à la lumière d’arriver en dessous par une ouverture plus ou moins étroite, la lumière devant, en général, arriver sur l’objet par une ouverture d’autant plus petite que l’objet lui-même
(l) Ces loupes sont du prix de 6 k 16 francs.
KT DES TRAVAUX BOTAXIQIES. 51
est moins volumineux et est étudié 5^ un plus fort grossissement.
— Enfin la tige verticale porte , au-dessous de la tablette jKirteol^et, un miroir circulaire mobile destiné à éclairer l’objet en dessous, à travers ie porte-objet de verre, en dirigeant sur lui un faisceau de lumière; -
I.a loupe simple ne renversant pas l'image de l’objet, ainsi que le font les microscopes composés, on a avec cet instrument l’avantage de pouvoir disséquer Sans difficulté l’objet sous la lentille, ce qui est fort difficile quand la gauche de l’objet parait à droite et le haut en bas; mais on doit éviter de se servir de cet instrument plusieurs heures consécutives, sous peine de se fatiguer la vue.
On trouve, dans le commerce, des microscopes simples à bas prix et dont on |>eut à la rigueur se servir ; mais le microscope simple de M. Ch. Chevalier (1) est infiniment préférable. Les lentilles de cet instrument, dites doublets, qui se composent de deux verres ptans-convexes unis par leur face plane, ont sur les loupes ordinaires une grande supériorité.
Chez cet instrument, des mouvements sont habilement ménagés dans tous les sens pour rapprocher ou éloigner l’objet de la lentille, avancer et reculer' la lentille, et la porter k droite et k gauche au-dessus de tous les points du porte-objet.
M. Georges Oberhaeuser a construit un microscope composé ,
Ht microscope pancratique , dans lequel l’image renversée de l’objet se trouve redressée, et qui, par conséquent, permet, comme la loupe montée, de, disséquer aisément, tout en offrant des grossissements plus considérables. Avec les mêmes jeux de lentilles, cet instrument présente des grossissements de 1 k 150 dia- . mètres, par des écartements divers de l’objectif et de l’oculaire; il offre en outre le précieux avantage de moins fatiguer la vue (2).
Mon ami, M. le docteur E. Cosson , a fait construire pour sou • usage une loupe montée, très avantageuse pour l’étude des plantes phanérogames. Cet appareil présente une certaine analogie avec les loupes dont se servent les horlogers ; mais il offre plus de solidité , et peut se prêter k des combinaisons plus variées. Il se
(1) Pri*, 100 francs. — (a) Prii, -J50 francs.
DES ËTLOËS
compose d’un piwl de plomb revêtu de cuivre, pesant, bien que pca volumineux. Ce pied, en forme de disque, donne insertion supérieurement à une tige de cuivre munie d'une articulation à sa base et k sa partie moyenne ; articulations qui permettent de donner k la tige tous les degrés d’obliquité désirables. On maintient la tige dans la direction oü on l’a placée, au moyen de vis de pression qui serrent les articulations. Le bras supérieur de la tige se termine par un manchon dans lequel entre k frottement le manche d’un anneau sur lequel on peut poser des loupes d’un large diamètre et k grossissement peu considérable. Cet appareil est susceptible d’être placé facilement au-dessus d’une plante d’herbier. On peut ainsi examiner les diverses parties d’un échantillon sans qu’il ait été nécessaire d’en détacher des fragments, ce qui est important lorsqu’il s’agit d’échantillons précieux par leur rareté et dont l’intégrité doit être resjwctée. La loupe ainsi supportée laisse la liberté des deux mains, et |)ermet par conséquent le maniement de l’échantillon et tous les travaux de dissection. — Le large anneau destiné k recevoir les grandes loupes peut à volonté être remplacé par un anneau plus petit, destiné k recevoir des lentilles de Wollaston ou les meilleurs et les plus forts doublets (que l’on peut se procurer isolément)^ Cet appareil, très simple et peu dispendieux, peut être complété par une table k dissection faite sur le modèle de celle des microscopes, mais indé- |)cndante de l’instrument et assez large pour que l’ou puisse y appuyer les deux mains; cette table, percée k son centre, est munie d’un miroir réflecteur et de diaphragmes (l).— Enfin, k la lou{)e ou au doublet, on peut, si l’on veut, substituer un corps de. microscope; de cette manière, le porte-loupe est transformé en un microscope composé, commode et peu volumineux.
(I) Cet iiislrutnent est exécuté par M. Natchet ( me Serpente, lo), connu par la perfection de ses lentilles achromatiqnes , et par plusieurs pcrfecUonnements ingénieux dans la construction des microscopes.
£T DES TRAVAUX BOTAMUIES.
Dcf microseopes composas.
Un microscope se compose essentiellement d'un tube qui , à son extrémité supérieure, reçoit un système de lentilles que l'on nomme oculaire et au-dessus duquel on place l'œil , et è son extrémité inferieure reçoit un système de lentilles que l'on nomme objectif, et qui est dirigé vers l'objet que l'on examine. Comme dans la loupe montée, une tablette munie de diaphragmes est destinée à recevoir le porte-objet, et un miroir est dis|)osé |H)ur diriger de bas en haut sur i'oltjet un faisceau de lumière.
Quant il la forme de l'instrument , elle varie selon les combinaisons imaginées par chaque constructeur, et il serait beaucoup trop long de décrire même les principales.
Celui que J'emploie , et qui est adopté par un grand nombre d’oliservateurs distingués , est celui de M. Georges Oberhaeuser. Ce microscope , parfaitement achromatique et dont l'éclairage est fort beau, présente des grossissements de U diamètres k 6U0 diamètres, et même au delà; la base de cet instrument, en forme de tambour et fort lourde, donne plus de fixité et de solidité à l'appareil. Le corps du microscope, y compris la platine destinée à recevoir le porte-objet, tourne sur un pivot', le miroir restant §xé sur le pied, de telle sorte que, sans déranger l'objet et sans le perdre de vue, on peut, tout en maintenant le même éclairage, présenter successivement au côté échii^é^Qutes les parties que l'on doit observer.
I>a position courbée que l'on garde ordinairement pour observer au microscope devient promptement très fatigante, et c’est pour obvier k cet inconvénient que M. Amici a imaginé son microscope horizontal. M. Charles Chevalier a perfectionné cet instrument en le rendant susceptible de. recevoir toutes les directions. — Je puis indiquer, du reste, un moyen bien simple de se servir sans fatigue dea microscopes k tube vertical : j’ai auprès de ma table de travail une petite table basse sur laquelle jo place mon microscope, de telle sorte que son oculaire soit élevé exac-
DES ÉTUDES
t(tmcnt au niveau de l’œil, sans qu’il me soit nécessaire de me tenir debout et courbé , le papier sur lequel j’écris ou je dessine restant placé sur ma table ordinaire et tout près de l’instrument.
L’opticien, en vous livrant son microscope, vous enseignera la manière de vous en servir; mais ce n’est que par un assez long usage que vous saurez utiliser toutes les ressources que peut présenter l’instrument ci que vous l’emploierez avec habileté.
Les obser^-ations au microscope doivent se faire dans une chambre éclairée d’une seule fenêtre prenant directement jour sur une certaine étendue du ciel. Le voisinage de maisons élevées et de grands arbres qui cachent le ciel «ou projettent des reflets colorés, non seulement est toujours nuisible, mais peut rendre l’observation toutéfait impossible; si, par conséquent, vous habitez un appartement dans une rue dont les maisons situées en face dominent vos fenêtres, établissez votre cabinet d’observation dans une mansarde. — Les rayons du soleil sont loin d’être nécessaires; on ne doit s’en servir que rarement; la lumière blanche est la plus avantageuse pour l’observation et celle qui fatigue* le moins la vue. Les heures de la matinée, du milieu du jour, lorsque le ciel est sans nuage, sont les {dus favorables; la lumière d’une lampe peut, jusqu’à un certain point, remplacer la lumière du jour; maison fera bien, pour ménager sa vue, d’éviter d’y avoir recours: le résultat obtenu est d’ailleurs moins satisfaisant. — Pour les objets de très petites dimensions, on augmente l'intensité de l’éclairage par l’emploi de diaphragmes à ouverture étroite; on diminue l'éclairage en employant un diaphragme à ouverture large ou même en le supprimant, en variant l’inclinaison du miroir, en plaçant l’objet sur un |)orteobjet en verre coloré d’une teinte plus ou moins fonçée , ou enfin en plaçant devant l’instrument un écran de carton noir présentant une ouverture par laquelle la lumière arrive sur le miroir, et devant laquelle ouverture on peut fixer, avec de la cire molle , un verre coloré.
Pour éclairer en dessus les objets o|>aques, on se sert d’une large loupe fixée |)ar une tige sur un pied solide , et au moyen de laquelle on dirige un cô{ie de lupilère sur la face supérieure
ET DES TRAVAUX BOT,AXIQUES
de l’objet; si cet objet est blanc, on doit le placer sur un porte-objet de verre noir, et, s'il est noir, snr nn porte-objet d’ivoire, ou mieux, compost* d’un disque de verre sous lequel on a collé du papier blanc d’un grain très lin. Pour ol>sener un même, objet complètement et pour que l’observation présente un plus haut degré de certitude , on doit examiner cet objet non seulement avec une série de grossissements allant du plus faible au plus fort , mais on doit aussi l’étudier avec tous les degrés de lumière pos.sible et en ménageant insensiblement les transitions de la lumière k l’ombre ; il va sans dire que l’on doit présenter l’objet à l’observation .sous toutes ses faces.
Si l’objet doit être disséqué afin que les parties en soient Isolées, on fait la dissection k un faible grossissement sous la loiqu* montée ou .sous le mierpseope pancratique, puis on transporte sous la lentille du microscope l’objet dont On a fait la dissection. — Jamais on ne doit placer l’objet d’un très |)ctit volume que l’on veut étudier, soit sous la loupe montée, soit^soits le microscope, sans l’avoir préalablement détaché avec un s<«lpel ou des ciseaux fins des parties environnantes, et l’avoir complètement isolé.
Les objets doivent prescpie toujours être placés dans une goutte d’eau pure, soit pour en faire la dis.section , soit pour les soumettre à l’observation ; sans cette précaution , les tissus mous se déforijient, ils deviennent en quelques instants méconnaissables , et leur aspect peut donner lieu k de graves erreurs. — Néanmoins les objets opaques chargés de [Wils, certaines graines velues , par exemple, doivent être étudiés hors de l’eau , et après avoir été complètement prives d'humidité, afin que les poils en s’étalant deviennent visibles.
Dans la plupart des miCrosc.oi)es, ce n’est pas le porte-objet qui s'éloigne ou se rapproche de l’objectif, c’est l’objextif que l’on éloigne, ou que l’on rapproche de l’objet ; en général, on fait pour cela glis.ser à frottement, dans un tube-gaine, le tube du niicroscoiK', en l’éloignant ou le rapprochant jus(ju’k ce qu’on aperçoive l’objet ; quant aux très jwtits mouvements qui restent k faire pour obtenir exactement la distance la plus convenable, on les opère au moyen d’une vis de rajipcl. — On change k volonté l’oculaire et l’objectif qui se vissent aux deux extrémités
UES ETUDES
du tube; ou sera prévenu par l’opticien des oculaires qui peuvent être associés à chaque objectif. — 11 est dangereux, pour certains instruments, de dévisser les pièces qui composent un même objectif, car si l’on en intervertit l’ordre, ou si l’on ajoute à l’un, une pièce appartenant k l’autre, on ne saura probablement pas rétablir l’ordre sans le secours de l’opticien ; on devra par conséquent éviter soigneusement, eu dévissant un objectif de l’extrémité du tube, d’en laisser une partie après le tube en ne dévissant pas au point convenable : pour éviter cet inconvénient, il est utile de faire graver un double numéro d’ordre sur les diverses pièces de chaque objectif, l’un de ces numéros étant celui de l’objectif lui-même, l’autre étant différent pour chaque pièce du même objectif.
Je dois faire remarquer que, dans le microscope, c’est l’objectif qui grossit réellement l’image; l’oculaire amplifie l’image grossie sans la détailler davantage ni lui donner plus de précision ; il y a donc peu d’avantage à augmenter le grossissement au moyen de forts oculaires. On n’obtient de cette manière qu’une image dilatée analogue à celle qui est produite par le microscope solaire, image qui , malgré ses dimensions immenses, montre souvent l’objet d’une manière moins nette qu’on ne le voit à un grossissement peu considérable. .
Pour les études des objets les plus petits, un grossissement de 300 à fiOO diamètres est tout k fait suffisant; il n’est jamais utile d’aller au delà de 600 diamètres. L’image des grossissements supérieurs est tellement obscure, qu’elle cesse d’être utile, et peut même être une cause d’erreur.
Evitez surtout, k moins que ce ne soit comme objet de fantaisie et non d’étude, d’acheter d’anciens microscopes (1); les meilleui-s de ceux qui étaient construits il y a un petit nombre d’années seuil) Le prix d'un bon microscope à plusieurs grossissements et muni des accc.ssoires indispensables, mais à monture légère, s'élève à 160 ou 200 fr. — Le prix d'un microscope très complet peut monter beaucoup plus liant , mais on ne peut l'indiquer même approximativement, car il dépend , en grande partie, des objets Accessoires qu'on ajoute à l'instrument lui-mcino, et (pii sont plus ou moins néeesstircs, selon le genre d’études auxquelles on Tciit-se livrer. Ces divers objets iicnvent d’ailleurs' être aciietés isolément, au fur et à mesure du besoin (pie l'on peut en avoir,
ET DES TDAVAUX BÜTAMQLES.
lemeat, sont inférieurs à ceux que l'on obtient aujourd'hui; quant à ceux qui sont très anciens, on doit, à plus forte raison, n'en faire aucun usage.
9ca inatruments de disaection et autrea objeta aeccasoirca du laîeroseopr»
Gardez-voils de croire que les outils de dissection qui , en général , accompagnent les microscopes, soient des instruments bons à quelque chose; empressez-vous de retirer de votre Imite ces aiguilles flexibles et ces mauvais scalpels , et de l(*s remplacer par de bons outils à monture solide et à fins tranchants. Le temps n'est plus oü l'on dissi'“quait à l'aide d'un canif et d'une aiguille a coudre plus ou moins mal emmanchée. Rendez-vous chez un habile fabricant d'instruments de chirurgie (1); vous y choisirez r
Une paire de ci.seaux k branches longues, k lames courtes mais effilées;
Un scalpel k lame triangulaire, dit couteau à cataracte;
Deux autres scalpt'ls dont l'un k double tranchant : les lames doivent être petites cl de première qualité ;
Deux aiguilles emmanchées comme les scalpels , l'une de ces aiguilles droite, l’autre k pointé un peu courbée: ces aiguilles doivent être très robustes dans leur partie inférieure, et aller insensiblement en s’atténuant vers la pointe; Il faut qu’elles soient assez fortes potir ne pouvoir fléchir;
Deux aiguilles-scalpels : ce sont des aiguilles robustes comme les précédentes, mais dont l’extrémité se termine en une petite lame triangulaire tranchante et effilée , k dos droit ;
Un rasoir de bonne trempe ;
(I) Chartière, rue de rÉcote-de-Médecine ; LOer, {dace de l'Écoie-da- Uédeciue, etc.
bi Mis ÉTl'DES
EqHii une petite pince k dissection d'acier, k mors fins et allongés;
Je renferme tous ces instruments dans une boite de iK»che de gainerie, k compartiments; cette, boite n’a que 15 centimètres de longueur, 6 de largeur et 3 d’épaisseur. — Ayez un morceau de peau fine et souple jmur essuyer vos scalpels.
Procurez-vous de la moeilede sureau pour essuyer en les frottant légèrement les verres de votre microscope, sur lesquels vous éviterez de poser les doigts et que vous ne frotterez jamais avec un linge, pour ne pas les rayer. — Ou se sert de cire molle pour fi.versur le porte-objet 1rs objets d’un certain volume que l’on veut étudier dans diversc's positions. — Ayez enfin une petite tablette de liège fin, assez épaisse* et encadrée d'un cercle de cuivre, pour placer les corps durs que vous voulez couper en ap- IHiyant de.ssus le scalpel ; sans cette précaution , le corps glissera sous la lame et sera lance au loin.
Les porte-objet sont des bandes et des disques de verre parfaitement transparents et d’une certaine épaisseur, il fauten avoir un certain nombre, plans sur les deux faces. On doit en outre posséder plusieurs porte-objet à cuvette de diverses dimensions. Ces cuvettes sont des cavités peu profondes creusées dans le verre : on peut y faire nager Jes objets dans une goutte d’eau et les y conserver indéfiniment, pourvu qu’en interrompant l’observation on ait sfjin de recouvrir la cuvette d’une lame de verre mince qui empêche toute évaporation. On doit avoir pour cet usage un certain nombre de verres dits à couvrir : ce sont de petits carrés de verre extrêmement minces et dont ia surface est de 15 millimètres carrés. Ces verres sont, en outre, très utiles pour nvouvrirles objets minces et transparents, les maintenir en place et éviter l’évaporation de l’eau pendant la durée de l’observation.
Parmi les autres' objets qu’il peut être utile d’avoir, je mentionnerai : le système d’éclairage de M. Dujardin.
Le compresseur n’est pas indispensable. Cet instrument se compose de deux disques de verre entre lesquels ou place l’objet que l’on comprime plus ou moins, au moyen d’un levier, pour l’aplatir ou le rendre plus transparent, ce qui peut aider k son étude, quand on l’a déjk examiné sans le comprimer. On obtient presque
ET DES TRAVAUX BOTANIQUES
aussi aisémcDt le même résulUtl.avec un simple verre k couvrir sur lequel on appuie légèrement avec rextrémité aplatie d’un manche de scalpel.
Le microtome est un instrument composé d’une lame courbe qui tourne horizontalement sur une platine présentant une cavité dans laquelle on fixe un corps ^ un fragment de tige, par exemple. Cette lame affleure légèrement la platine en parcourant son cercle, et enlève de l’objet une tranche d’une épaisseur microscopique. Ces tranches, infiniment minces, et qu’il est difficile de se procurer avec le secours d’un rasoir ordinaire , sont indispensables k obtenir pour l’étude des tissus. Les microtomes sont malheureusement fort rares k Paris; ils sont généralement construits en Angleterre.
11 est commode de posséder un certain nombre d’objets microscopiques préparés avec soin et conservés dans des porteobjet fl); ils servent de points de repère pour s’assurer, en commençant une observation, que le microscope est éclairé convenablement, et que l’on a atteint le point de la vision nette (2). ^
Su mioromètre.
Le micromètre est un instrument des plus précieux ; il sert k mesurer avec précision les dimensions réelles des objets soumis au microsco|>e. Le plus parfait et le plus commode des micromètres est celui qui consiste en une échelle micrométrique tracée sur verre avec une pointe de diamant.
Lebaillif parait être le premier qui ait fait de ces micromètres. MM. G. Oberhaeuser et Richer en ont fait ensuite de plus parfaits
(I) Ces objeU. empruiilés tant au règne végétal qu’au règne animal, sont préparés avec une rare perfection par M. Bourgogne, rue d'Arcole, 2 iis.
>i) On doit avoir soin de njainleiiir autant que possible le microscope et les^ objets accessoires 1 l’abri de la poussière, sous un giobe de verre: ou doit épousseter le* verfes à l’aide d’un pinceau propre et sec.
DES ÉTIDES
et à divisions plus fines : ils sont arrivas ti diviser le millinuMre en cinq cents parties. Enfin, aprt*s eux, M. G. Froment, au moyen d'une machine créée par lui (mise en jeu par l’électricité, et assez complète pour remplir ses fonctions délicates sans l’intervention de la main de l’opt'rateur) , est parvenu k atteindre un résultat plus parfait encore pour la régularité , la beauté des traits, et la finesse des divisions qu’il est arrivé à |)Ousser jusqu’au millième de millimètre (1). — L’échelle entière occupe si peu d’espace sur le verre, qu’on ne la découvre que difficilement à l’œil nu, et que si elle n’était pas entourée d’une ligne tracée plus fortement, il serait difficile de la placer sans tâtonnements sous le microscope. Le millimètre est divisé par des lignes longues en dixièmes de millimètre ; chacun de ces dixièmes est divisé par des lignes plus courtes en dix parties ou centièmes de millimètre. On se contente ordinairement de cette division ; ce|)cndant, ainsi que je l’ai dit, ces centièmes de millimètre peuvent être eux-mêmes divisés en dix parties ou millièmes de millimètre.
Deux de ces échelles micrométriques sont simultanément nécessaires pour mesurer les objets: l’une, dont les divisions sont grandes relativement à celles de l’autre, consLste, par exemple, en un demi-centimètre divisé eu cinquante partii*s ou dixièmes de millimètre; l’autre se compose d’un millimètre divisé en centièmes, en cinq-centièmes, ou même en millièmes de millimètre.
L’écheile micrométrique â larges divisions est placée dans l’oculaire du microscope; elle se dessine par conséciuent (un peu grossie par cet oculaire) sur l’objet que l’on soumet k l’observation , et qui est grossi par l’objectif combiné k l’oculaire. Supposons que cet objet soit un cheveu, et que son diamètre occu|)e, dans le champ du microscope, douze divisions de l’échelle de l’oculaire, en remplaçant le cheveu par le micromètre k divisions fines, celui qui donne des centièmes de millimètre, cette échelle se trouve grossie par le microsco|ic de la même quantité que l’était
(I) I.es macliines micrograpliùiues de M. G. Fromcnl ont une telle délicatesse de tracé, qu'elles gravent son nom dans un espace moindre qu'un dixiéme de millimêlre, non pas .seulement lisible, mais eu caractères calligrapbiqncs ayant des pleins et des déliés proportionnés. — Les ateliers de cet habile eonstrucleur d'iiisirumcnts de précision sont situés rue .Uénil* montaut, 3.
ET DES TRAVAUX BOTANIQUES
le rheveu lui-mème; or, si pour couvrir le mfme espace du cbamp, c’est-à-dire, douze de ses divisions, il faut sept divisions du micromètre, c’est-à-dire, sept centièmes de millimètre, il est vrai de dire que le diamètre du cheveu est lui-même de sept centièmes de millimètre.
L’échelle micrométrique placée dans l’oculaire n’est, ainsi qu’on vient de le voir, qu’un peint de repère qui permet de substituer à l’objet observé un certain nombre de divisions du micromètre.
Cette échelle de l’oculaire peut être remplacée par deux petites pointes qui apparaissent dans le champ du microscope, et que l'on fait marcher à la rencontre l’une de l’autre en tournant deux vis, jusqu’à ce qu’eHes soient en contact : — un objet étant soumis à l’observation microscopique, un cheveu, par exemple, on rapproche les deux pointes placées dans l’oculaire jusqu’à ce qu’elles paraissent en contact avec les deux bords opposés du cheveu , qu’on relire alors j et qu’on remplace comme précédemment par le micromètre.
On conçoit combien il est facile d’apprécier la grandeur relative d’un dessin qui représente grossi un objet dont le volume réel a été déterminé; il sufiit, pour cela, de poser sur le dessin un décimètre gradué, et. d'établir les proportions entre la taille connue de l’objetet la grandeur de son image.
Dans la plupart des microscopes, un même jeu de lentilles ne donne qu’un même grossissement; il suffit donc de mesurer ce grossissement une seule fois pour connaître le degré d’amplification des divers objets dont on grossit l’image au moyen de ce même jeu dt^entilles. •
Le procédé employé pour déterminer la puissance d’amplification d’un jeu de lentilles est des plus simples; il s’agit seulement de regarder en même temps, d’un œil , l’échelle micrométrique grossie parle microscope, et, de l’autre œil, un double décimètre gradué, placé' parallèlement à l’image. — Il est évident, par exemple, que si le millimètre grossi par l'instrument oa-upe sur le double décimètre l’espace d’un décimètre, le grossissement du jeu de lentilles est de cent fois le diamètre de l’objet. — Mais on conçoit que, selon que l’on rapproche ou qu’on éloigne de l’œil le double décimètre, ce double décimètre paraissant plus grand
DBS ÉTl-BRS
OU plus petit, U peut, pour un même objet groæi, donner les mesures les plus différentes. Il faut, pour cette évaluation , convenir d'une distance déterminée k maintenir entrie- l'œil et le double décimètre : soit, par exemple, que l'on place le double décimètre sur la platine ou table k dissection de l'instrument , c'est-k-dire, au même niveau qUe l'objet observé ; soit, et mieux encore (car la longueur du tube du microscope varie dans divers instruments pour un même grossissement), que l'on place le double déiûmètre k la distance de la vision nette pour les petits objets, celle, par exemple, k laquelle on place un livre pour le lire , distance qui , du reste , varie pour chaque observateur.
L'image |>araissant d’autant plus amplifiée qu’elle est reçue sur une surface plus éloignée de l’œil de l’observateur; le degré d'amplification est en réalité plus considérable pour les observateurs presbytes (k vue longue) que pour les oWrvateurs k vue plus courte , qui sont obligés , pour bien voir, de placer l’objet k une plus faible distance. Du reste, si les premiers voient l'image plus grande que les seconds, ces derniers ne la voient pas moins nettement.
Je dois ajouter que, comme caractère botanique, la dimension des objets est d’une valeur très secondaire relativement k l'importance de la forme ; car, entre les individus d'une même espèce microscopique, comme entre les individus des espèces de grande taille, et dans leurs divers organes, la taille varie souvent dans des limites as.sez étendues. Aussi l’observateur dott-il , pour être exact autant que possible , indiquer les chiffres extrêmes qui résultent de l'observation d’un grand nombre d’objAs de même nature, ou la moyenne de ces chiffres, et non la mesure d'un objet isolé. La précision de cette mesure , prise isolément , peut même induire en erreur relativement k la taille possible des autres objets de la même nature ou des autres individus de la même espèce. Quant aux fractions infiniment petites relativement au nombre lui-même, et qui semblent témoigner d'une grande exactitude dans l'observation, elles peuvent être négligées sans qu’il y ait k cela le moindre inconvénient.
ET DES TftAVAL'X. BOTAMQCES.
' Vu Cainera loe’da.
Le camemlucida, ou chambre claire, mérite un chapitre à part ; c’est un des plus précieux instruments qui puissent venir en aide au dessinateur. Il se compose essentiellement d’un prisme de verre k trois faces; ce prisme est soutenu horizontalement au moyen d’une tige que l’on fixe à la table de travail par une vis de pression, et qui, au moyen de coulisses et d’articulations, peut s’allonger ou se raccourcir k volonté, et prendre toutes les directions. Le meilleur caméra est celui de M. Charles Chevalier (1). Cet habile opticien a singulièrement perfectionné cet instrument.
Ayant fixé, au bord de la table de travail, la tige de votre caméra, vous élevez le prisme au-dessus de la table, au niveau auquel sont vos yeux lorsque vous dessinez , c’est-k-dire, k une hauteur telle que vous puissiez, de Ik, voir très bien la pointe de votre crayon , ce dont vous vous assurez en plaçant immédiatement sur la table et sous l’instrument votre feuille de papier et en y traçant des lignes. — Puis vous placez vis-k-vis du prisme, et k la même hauteur, l’objet que vous voulez dessiner. Ayez pour cet usagé un support composé d’une tige de cuivre fixée à un pied lourd, comme le sont les tiges des lampes portatives ; k cette tige verticale doit être adaptée une tige horizontale mobile, glissant à frottement sur la tige verticale, et terminée par un plateau sur lequel vous placez à la hauteur convenable l’objet que vous voulez dessiner, je pourrais dire calquer.
Tout étant ain.si disposé, et le prisme étant placé horizontalement, vous dirigez Celle de ses faces qui est déebuverte vi.s-k-vis de l’objet que vous vous projwscz de copier, cette face étant dirigée perpendiculairement au sol (la face supérieure du prisme se trouve horizontale et l’un des angles se présente k vous).
SI vous placez votre œil au-dessus et près de cet angle, vous voyez l’image de l’objet portée sur le papier que vous avez placé
(1) Le prix du eamera luciéa at eovlron de loo fran». •
DES ÉTl'DES
SOUS l’instrument. Prenant alors votre crayon et le posant sur le papier, vous avez l’agréable surprise d’en voir la pointe en même temps que l’image de l’objet, dont vous imuvez par conséquent suivre tous les contours comme vous le feriez en calquant une gravure. Je n’ai vu personne, se servant pour la première fois de cet instrument, ne pas être en extase en présence du «'•sultat obtenu, comme devant un prodige.
Vous éprouverez cependant d’abord une certaine difficulté k bien voir en même temps l’image iwrtée et la pointe de votre crayon , voyant alternatnenient l’une .sans l’autre : cela tient à l’intensité relative de l’éclairage de l’objet copié, et du papier sur lequel est portée l’image. U faut, pour bien voir, que l’objet soit le plus éclairé possible, et le i>apier le moins possible; vous aurez donc un écran en carton que vous placerez entre le côté d’où vient la lumière et votre papier, pour y porter de l’ombre, et vous chercherez le point le plus convenable entre l’excès d’ombre et l’excès de lumière. Ne vous attendez pas, du reste, à voir l’image et votre crayon avec le même éclat et la même netteté que vous voyez l’un sans l’autre: il ne faut pas vouloir trop bien voir, c’est-à-dire obtenir plus que l’instrument ne peut donner; contentez-vous de voir l’image dans un demi-jour, c’est tout ce qu’il faut pour en suivre aisément les contours. Quelquefois vous jwrdrez l’image de vue; cherchez alors, par de petits mouvemenis de tête, en avançant et en reculant, à retrouver le point d’où vous pouvez la voir.
L'ne autre difficulté, que vous aurez d’ailleurs complètement vaincue après quelques jours d'e,xercice , consiste à conduire le crayon; l’illusion de l’image est telle que l’on s’imagine dessiner sur l’objet lui-même, et qu’on i>erd la notion de la distance à laquelle se trouve le crayon ; de telle sorte que l’on hésite d’abord, , et que l’on appuie trop ou trop peu.
Ayez bien soin surtout de fixer solidement , d'une part , le prisme, et, d’autre part, l’objet que vous voulez dessiner; si l’un on l’autre .se dérange avant l’achèvement du dessin, il vous est impossible de le replacer exactement dans sa situation première, et vous vous trouvez dans la nécessité de recommencer. 11 va sans dire que vous placez l’objet dans la |M>sition qui vous con-
ET DES ïhAV.VlX BOTAMyiES. '65
vient, en regardant • l’image portée sur le papier ét non en regardant l’objet 6ur son support. • ' -
Quant au papier, n peut indifféremment être dérangé pendant le travail ; vous le replacez aisi*ment dans sa première situation, en plaçant les lignes tracées sur l’image correspondante.
Si vous voulez dessiner l’objet de sa grandeur naturelle, planv.le h une distance du prisme, égale à la distance qui sépare le prismedu papier qui reçoit l’image; si vous voulez gro.ssir l’image, rapprochez l’objet du prisme ; éloignez au contraire l’objet (toujours en ligne droite et en face du prisme) si vous voulez avoir l’image rapetissée. Enfin , si c’est un objet très peu volumineux et que vous désiriez en grossir assez fortement l’image, placez devant le prisme une loupe disposée à cet effet.
Vous pouvez jirendre pour premier sujet de vos études de dessin au cornera des groupes de Chamjiignons ; aucun autre modèle ne produit un plus agréable résultat.
Du Camera lucida appliqué au microseope.
Une combinaison vraiment merveilleuse est celle du caméra lucida et du microscope; cette alliance des deux instruments dépose sur le papier l’image amplifiée k un degré quelconque , et il ne vous reste qu’k en suivre les contours avec le crayon.
11 serait beaucoup trop long de décrire ici la forme et la structure des divers caméra lucida appliqués au microscope; celui qui s’applique k la louiie montée, et qui est ditwnVo/r i/c IVoUaston, a été perfectionné par M. Ch. Chevalier. Celui que il. Georges Oborhaeuser a imaginé pour être adapté k son microscope composé est d’un usage assez facile. On peut encorb appliquer aux microscopes composés le camera de M. Doyère.
Le camera lucida,' appliqué au microscope, augmente malheureusement l’ampliflcation de l’image, sans pour cela rendre l’image idus nette; au contraire* .elle perd de la lumière. Hu
reçtp, plus le papier sur lequel l'image se dépose est rapproché (lu prisme, moins l'image est amplifiée, et vice vertd, les rayons qui la constituent allant eu divergeant. On peut d'ailleurs talquer eu les réduisant, ces images trop fortement amplifiées, au moyen de l'instrument nommé pantographe.
Pour ronnaitreja, grandeur relative du dessin et de l'objet, on doit placer le verre où est tracée l'échelle micrométrique à la place de l'objet dont la figure est dessinée; l'image grossie de cette échelle se trouvant aloi-s portée par le caméra sur le calque de l'objet lui-même, et les -deux images se trouvant grossies dans la même proportion, il suffit d'appliquer sur le dej^in un décimètre gradué, pour voir ù quelle, division correspond un des centièmes de millimètre grossi. S'il correspond ù un millimètre, le diamètre de l'image est cent fois le diamètre réel de l'objet; s'il correspond à un centimètre, le diamètre de l'image est mille fois le diamètre réel de l'objet, etc.
L'objectif du microscope, qui avant le placement du caméra se trouvait au point exact pour la vision de l'objet, cesse d'être il la distance convenable de l'objet lorsqu'on retire l'oculaire pour le remplacer par le ramera (qui renferme un autre oculaire); c'est en tâtonnant et par l'habitude, qu'on retrouve le point convenable: on y est arrivé lorsque l'image apparaît nettement sur le papier qui a dù être placé, ainsi qu'il a déjà été dit , plus ou moins dans l'ombre au moyen d'un écran.