‹ Guide du chasseur de pelleterieChapitre 11 sur 40 · I04 GUIDE UU · texte numérisé non relu

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vée des vivres et rapportant dans leur gueule, pressées sur leur poitrine, avec leur pattes de devant, les branches d'arbres qu'ils mettent en réserve pour se nourrir pendant la rude saison d'hiver.

La chasse au fusil est celle qui permet d'agir avec le plus de rapidité. Il est encore bien d'autres façons de s'emparer de ce mammifère nageur-rongeur, que monsieur Boitard — Dieu me pardonne, si j'orthogra" phie mal le nom de cet observateur du Jardin des plantes — a pris pour un niais !

On peut démolir sa cabane, la mettre à sec en brisant les digues qui maintiennent le niveau des eaux ; on peut se saisir de lui, en l'acculant peu à \)en contre sa demeure ; en l'emprisonnant dans un cercle formé de piquets que l'on rapproche chaque jour de plus en plus ; on peut tendre des filets dans lesquels il se jette quelque fois à la façon des loupsmarins d'esprit, etc., mais tous ces moyens, peu usités d'ailleurs, sont indignes des vrais chasseurs, des véritables disciples de Saint Hubert, et je ne les indique que pour mémoire.

Le castor se dépouille à la manière de Fours.

II s'incise sur le ventre. Les pattes ne se fendent pas, et la queue doit s'enlever — elle est excellente, convenablement rissolée au beurre. — La peau s'étend sur un cadre et rarement aux moyens de serres. Ce cadre se compose d'un cercle fait en bois de bouleau ou d'épinette noire, et d'un diamètre assez grand pour être largement concentrique à la peau qu'il doit soutenir. On fixe celle-ci au moyen de fil à saumon,

qui, passant dans de petites incisions pratiquées sur le pourtour de la dépouille, vient entourer chaque fois, le cercle préparé pour l'opération.

Plus la ficelle est raidie avec soin, plus la ))eau, en séchant, acquiert de qualité. Quelques chasseurs, pour donner à la pelleterie la teinte aimée des acheteurs, la saupoudrent de sel du côté opposé au poil et la laissent dans cet état une demi-heure ou une heure, puis ils l'étendent. Cet artifice donne d'excellents résultats, surtout pour les peaux qui doivent sécher sur les moules.

Le prix du castor est variable. 11 se vend à la livre. En 1886, il s'est vendu de $4 à 4.50. Mais ce cours est trop élevé et ne peut se maintenir bien longtemps. Le prix moyen ordinaire varie entre $3 et $3.50 la livre pour les peaux de saison.

La chasse du castor est l'une des plus fructueuses et l'une des plus goûtées par les montagnais, qui trouvent en elle non-seulement une source de bénéfices, mais encore, un aliment qu'ils affectionnent.

Je crois que le parcour.=: géographique du castor n'est pas très étendu et qu'il va, chaque jour, se restreignant de plus en plus.

Dans les territoires de chasse du nord du Saint- Laurent et du golfe, c'est-à-dire, dans le vaste espace qui est borné, à l'ouest, par le Sagueuay et la rivière Rupert ; au nord et au nord-est, par la baie d'Hudson, le détroit d'Hudson et l'océan ; au sud, par le fleuve Saint-Laurent et le golfe du même nom, cet animal ne se rencontre que bien rarement à la hau-

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teur du 55m.; parallèle. Mais je n'avance qu'en tremblant Ciitte dernière assertion, qui, n'étant encore basée que sur des observations personnelles, ne m'offre pas de garanties suffisantes.

Au dessous du ssme degré de latidude, on le rencontre assez souvent, et, quoiqu'il ait déjà bien diminué, à cause de la guerre d'extermination que lui font les sauvages, qui le considèrent comme une proie spécialement désirable, on peut, dans une saison de chasse, trouver assez facilement plusieurs cabanes de castor.

Malheureusement, les territoires où il se réfugie rendent toute protection illusoire, et bientôt, il ne restera plus de cet intelligent et sympathique animal, que les études de monsieur Boitard, les chapeaux faits de son po'l, dont nous a parlé monsieur Larousse, et le souvenir de ses vertus.

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\'IS()i\ OU SAUTKRKAr

MONT AGXAlS^^l'-bil-G AST. — A^di-AUj— MI N K

Le vison ou sautereau (iitustela vison), qu'il neùut pas confondre avec le mitik ou vison blanc {miistelii Introcephala,) des fourreurs, est un petit animal très connu, quia eu son heure de célébrité et qui, malgré 1.1 beauté di si fo ir.-u.-j, est retDmbi dans la plus humble médiocrité. Il est très commun sur tous les cours d'eau, où il fait une chasse sans merci au poisson dont il est très friand. Il mange d'ailleurs de tout et semble plus glouton que gourmet. Il est d'apparence vive et fine, quoique sa défiance, peu développée, rende sa capture assez facile. Il n'est pas de voleur de puissonplus vaillant que lui.

Je me rappelle que, pendant la durée d'une seule nuit, un unique vison parviiit à me dérober une cinquantaine de truites d'assez, bonne taille que j'avais eu l'imprudence de laisser au frais sur le seuil de mon camp. Je le tuai comme il enlevait la dernière, mais il me fut impossible, malgré la persévérance de mes recherches, de trouver l'endroit où il avait caché toutes les autres.

Après ce récit, il est inutile de dire, je pense, qu'il mord avec enthousiasme au poisson et que cet appât doit être le plus fréquemment employé. Ses mœurs sont afsez relâchées ; cependant, j'ai lieu de croire qu'il est quelquefois monogame. Il répand une odeur très forte qui approche beaucoup de celle qu'e.xhalc

l'huile d'aspit, aussi est-ce avec cette dernière que l'on parfume le piège ou l'attrape qui lui est destiné.

Ses fumées participent de celles de la loutre. Elles sont plus dures et moins volumineuses. Il habite les interstices des roches accumulées sur les bords des lacs, des rivières ou des ruisseaux, et sa présence y est souvent décelée par les exhalaisons caractéristiques qu'il répand.

On le tue au fusil, mais il se prend surtout au piège No 2 placé dans des cabanes érigées près des cours d'eau ou dans des attrapes à marchette appropriées à sa taille, (fig 3.)

La femelle est bonne mère et met bas 4 ou 6 petits qu'elle protège et élève avec soin.

On incise le vison comme la martre et l'on met sur moule — (fig 7 et S.)

J'ai vu sa dépouille, qui valait autrefois 3 et 4 dollars, tomber ces dernières années au prix vraiment dérisoire de 25 à 50 cents.

La loi de chasse le protège au même titre que le castor, la loutre, la martre et le pékan, quoique sa fourrure soit parfaitement de saison dès le 15 octobre, dans le Saguenay, et un peu plus tôt sur la côte nord du golfe.

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