‹ Guide du chasseur de pelleterieChapitre 13 sur 40 · BETE PUANTE · texte numérisé non relu

BETE PUANTE

(Viverm ileiieilis-Gmeliss) — (Skuiik- Anglais) La moutettc, dont j'ai oublié le nom en montagnais, est très justement nommée bête-puante par les chasseurs Canadiens. Il n'est pas, en effet, un être au monMe susceptible de laisser échapper une odeur plus odieusement nauséabonde que celle que ré|iand cet animal. L'acide sulfhydrique n'en peut donner que la plus faible idée. Les trappeurs en redoutent à tel piîint la senteur, ainsi qu'il le disent, qu'ils ne le chassent jamais et le couvrent de malédictions, lorsque par hasard, il se prend dans l'un de leurs pièges ou dans l'une de leurs attrapes.

La moufette abonde sur notre côte, dans nos bois, sous nos granges, sous nos chafïauds, partout enfin. Elle semble vivre en famille. J'en ai rencontré jusqu'à sept dans le même terrier. Elle se nourrit surtout de fruits et quelquefois de viande morte. On l'accuse, cependant, d'étrangler les volailles, mais je crois que ce fait, que je ne conteste pas, se présente assez rarement. Ses fumées sont presque identiques à celles du pékan. .Ses mœurs sont détestables.

Tout l'été, elle vagabonde dans les bois, s'abritant de temps à autre dans les troncs d'arbres creux où elle séjourne quelques jours, puis, à la fin de l'automne, elle se cantonne dans une localité choisie et, pendant toute la saison, s'y réfugie dans des terriers où dans des excavations naturelles dont elle s'éloi-

l'HASSKUR IlK 1>K1.I.KTKRIE II5

yne 1res peu pendant toute la durée de la saison h-oide.

\,.i nioutelte est une bête peu farouche, assez faillie, n'ayant qu'un iniique moyen de défense, u' ais ce moyen est le plus redoutable des moyens. Elle le trouve dans un liquide inavouable ([ue certains viscères placés en 'arrière de l'anus lui permettent de projeter à deux ou trois verges de distance.

Malheur à l'animal qu'atteint ce projectile d'un genre nouveau. Il devient fou. J'ai vu des chiens trop téméraires rendus entièrement idiots pendant plusieurs jours et des chasseurs revenir à leur campement nus comme des mollusques, plutôt que de conserver sur eux, un instant de plus, des vêtements devenus asphyxiants.

Lorsqu'elles donné dans un piège et qu'elle vit encore, il faut bien se garder de l'approcher de trop l)rès, si l'on ne veut subir le martyr par infection.

Dans cette circonstance si délicate, si l'on tient à conserver l'animal et à le tuer sans se faire arroser, il faut se munir d'une gaule aussi longue que possible, en garnir l'extrémité d'un nœud coulant et s'efforcer de le passer autour du cou de la bête, ce qui est assez facile. Une fois cette opération préliminaire menée à bonne fin, on donne un coup brusque, ainsi que le font les pêcheurs à la ligne qui /errent un gros poisson et l'on étrangle la moufette avant qu'elle n'ait eu le temps de manifester son mécontentement, en produisant son liquide parfumé.

On procède de même lorsqu'elle est jirise dans

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une attrape et que la chute de la tombe ne l'a pas tuée sur le coup. Rien ne vaudrait, il me semble, pour la chasse du Skunk, le piége français à grandes mâchoires d'acier qui saississent le gibier par le cou, mais il est trop cofiteux pour être employé par les trappeurs canadiens.

La moufette américaine a la taille piesque égale à celle d'un chat domestique. Sa fourrure est d'un noir assez luisant. De chaque côté de son museau paît une ligne blanche et étroite qui, après avoir contourné les yeux, s'élargit sur les côtes et se prolonge jusqu'à la naissance de la queue, où les deux branches se réunissent. La queue est à peu près de la même longueur que le corps ; elle est garnie de poils longs et soyeux qui, lorsque l'animal la redresse— ce qui ne lui arrive que trop souvent, hélas ! forment une sorte de panache (manuel du pelletier page 74).

La bête puante est polygame. Ses portées varient entre S et 7 petits. Sa fourrure qui est assez jolie a eu son heure de vogue autrefois, sous forme de boas de Skunk.

Elle s'écorche comme la martre et se sèche sur moule fig. 7 Sa fourrure se vend de $1 à $2.25.

T'ai déjà dit plus haut que sa chair était considérée par les chasseurs comme l'appât le plus propre à séduire l'ours, le pékan et surtout le renard.

CHASSEUR DF, PELI.ETERIK

BELETTE ROZELETou HERMINE

Aiiglais-\Vea-el — Montagnais-Slui Kusclieîch-Putoiius herminea-Linnée.

Nous possédons dans nos bois le roselet et l'hermine que nos chasseurs appellent fort improprement la belette. Te ne me rappelle pas avoir jamais rencontré celle-ci sur nos territoires de chasse, et j'incline à croire qu'elle n'y existe pas. Quoi qu'il en soit, l'hermine, malgré son abondance, n'est pas chassée. Tous les chasseurs la dédaignent, tant le prix qu'ils obtiennent pour sa dépouille est peu élevée.

Il est assez étrange que cette fourrure, qui semble estimée en Europe et en Asie, soit tenue en pareil mépris sur la côte du Labrador.

( )n ne tend pas à la belette ; ainsi que la bêle puante, ainsi que l'écureuil, elle se prend dans les jjiéges et dans les attrapes qui ne lui sont pas destinés.

Je crois inutile de décrire l'hermine que tout le monde connaît.

Elle s'écorche et se sèche comme la martre dont elle a, d'ailleurs, les mœurs et les habitudes peu louables.

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ÉCUREUILS POLATOUCHE

Anglais-Squirrel — Montagnais-Ne-ku-te-ash

Nous trouvons sur nos territoires de chasse trois espèces d'écureuils proprement dits et deux genres (Tamia et polatouche).

Les 3 espèces d'écureuils sont :'

Ecureuil voyageur — Sciurus Carolinensis ( Linnée.

Ecureuil noir — Sciurus Niger (Linnée).

Ecureuil de la Baie d'Hudson — Sciurus Hudsonicus (Penn).

Les deux genres sont :

Le suisse et le polatouche (Ecureuil volant).

Tous ces animaux ont de nombreux représentants dans nos bois, mais nul ne s'en occupe, si ce n'est pour les couvrir de malédictions, lorsqu'ils font décliquer les pièges et choir les attrapes, au grand détriment des chasseurs qui perdent ainsi pour plusieurs jours, quelquefois, la possibilité de capturer des animaux plus précieux.

Nul chasseur ne s'aviserait de faire une chasse spéciale à l'écureuil, quoique sa chair soit appréciée comme appât pour les martres.

Il est inutile de décrire les traits de l'écureuil ordinaire.

Le polatouche ou écureuil volant à les membres réunis par une membrane qui le soutient dans l'air, lorsqu'il bondit d'arbre en arbre. Le suisse (Tamia quadrivitatta) est fauve rayé de quatre bandes blan-

CHASSKIIR DK PELI.ETKRI F, lîQ

clu-s. 11 ne grimpe pas sur les arbres ce qui le distingue de tous les autres écureuils.

Ces petits mammifères rongeurs sont pleins de ])révoyances. Ils réunissent pour l'hiver de nombreuses provisions végétales et, plus l'hiver doit être long, plus l'amas qu'ils accumulent est considérable.

lis sont de mœurs pures. Peu farouches, mais il'une irritabilité sans limite. La vue d'un chasseur s'il a un chien surtout, les exaspèrent.

Leur fourrure, souvent très jolie, dans nos régions n'a aucune valeur.

Ils s'écorchent et se sèchent comme les rats musqués.

Peut-ître eussé-je dû dire quelques mots de la marmotte ifu Canada ou siffleiir, (arctomyx empêtra (iml) mais les chasseurs en font si peu de cas et sa fourrure est tenue en tel mépris, que j'ai cru devoir la passer sous silence.

Pour nous, trappeurs du Labrador canadien, la pelleterie s'arrête au rat musqué, dont nous ne recherchons d'ailleurs la dépouille, qu'à défaut de fourrures plus précieuses.

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