‹ Guide du chasseur de pelleterieChapitre 5 sur 40 · EN MONTAGN'AIS, MIT-SH A-SHO\V — EN ANGLAIS, KOX · texte numérisé non relu

EN MONTAGN'AIS, MIT-SH A-SHO\V — EN ANGLAIS, KOX

De tous les animaux qui peuplent la forêt, il est le plus original. Tantôt il est fin comme l'ambre tantôt il est bête comme un parvenu. Il a tous les vices comme il a tous les poils.

Le renard ! Ce nom réveille en moi mille souvenirs de joyeusetés et de misères I

La Faune canadienne en compte quatre espèces. Le renard bleu (vulpes lagopus — Sched.) Le renard argenté (vulpes argentatus — Cuv.) Le renard croisé (vulpes Decussatus — (Jeoff,) Le renard fauve (vulpes fulvus. — Desm.) Yj' Isatis, fort improprement appelé renard bleu, se sépare nettement des trois autres espèces par sa taille et par son albinisme momentané

Les renards /rt//s'«, croisés, noirs et argentés ne se distinguent les uns des autres que par une différence de pelage.

Ce dernier et unique caractère est-il assez impor tant pour justifier trois espèces distinctes ? Que l'on me pardonne cette velléité de révolte. Elle est bien timide et je m'incline devant l'infaillibilité de la science. Je m'efforcerai de croire que ces espèces ne sont pas des variétés. Mais, variétés ou espèces, il existe entre les individus qui les composent des liaisons qui semblent inavouables. Deux fois il m'a été permis de voir des familles de renards. La pre-

miére fois, l'une des portées appartenait à une femelle de croisé et se composait de cinq renardeaux, dont l'un était argenté, un autre double croisé, et les trois autres fauves. La seconde fois, la portée devait le jour à une femelle de renard fauve. Elle contenait trois renardeaux du ijoil de la mère et un jeune renard noir.

Monsieur A. Thé..., de la rivière S... M..., a chassé sur l'île du Carrouzel une famille de renard se composant d'un renard fauve et de quatre petits, dont l'un était double croisé. Le même chasseur a vu une autre portée de cinq renardeaux fauves et d'un renardeau noir issus d'une mère appartenant à Vespèce croisée. M. L. T..., autrefois de la rivière Mistassini, a possédé une renarde rouge qui a mis bas quatre petits ; deux étaient fauves, un était croisé et le quatrième noir argenté.

Je pourrais citer encore une multitude d'exemples de ce mélange de poils variés dans les familles de renards. On doit remarquer, cependant, que le bleu ne se rencontre pas dans cette promiscuité de pelages. Voilà certainement une exclusion bien favora ble à l'idée que j'ai toujours conçue de la rigidité de principes des individus ornés de cette couleur et un argument de plus en faveur de leur classification en une espèce distincte.

Certains naturalistes voient dans le renard bleu et le renard blanc un seul et même animal qu'ils désignent sous le nom à' Isatis. Il n'en est point ainsi. Le renard bleu des chasseurs — le vulfes incogni

ius doctoium — et l'Isatis [vu/pes Lagopits-sclied), sont deux animaux entièrement différents. Le premier est le plus grand des renards et son pelage ne change jamais en aucune saison. L'Isatis est le plus petit des renards et le seul dont la fourrure devienne d'un blanc pur en hiver. Enfin, le renard blanc est assez commun, lorsque le renard bleu est, au contraire, d'une extrême rareté. On se rendra compte de ce dernier fait en jetant les yeux sur la statistique ([ui suit : ( t)

En quatorze années il a été livré à M. Mackenzie, facteur du poste d'LIngawa, cinq milles peaux de renards se décomposant ainsi :

Renards blancs 4000

Renards argentés et croisés 655

Renards rouges 300

Renards noirs 30

Renards bleus 15

Quoiqu'il en soit, les chasseurs admettent l'isatis et le renard bleu comme types séparés et divisent en

( I ) Note de l'auteur. — Je dois celte statistique s Monsieur Scott commis du poste de la Cie d'Hudson à Mingan.

(2) Note de l'auteur. — Monsieur Meniam dans son ouvrage sur les mammifères des Adirondacks ne fait t^u'une seule espèce des renards rouges, croisés, argentés et noirs.

De plus, d'après Monsieur Comeau de Godbout, qui a fourni à Monsieur Merriam des squelettes de renards variés, il existerait des diiïérences anatomiques très sensibles entre les renards blancs et bleus, qu'il sépare en espèce tout à fait distincte.

3}^. :n;i iTCtUlPJîiOUiri.i.--.:/!! i

iiix, «u,7sçpt yariiétés , les trois ; espèces adoptées par la.

-, fils prennent qu qroient, prendre./?^ nen^r.ii fauve, U.r&nand crQisi,, h renard double, croisé. Je , reimrd, ci:()ifé. aKgeiité., /je renard argenté, le rei\(irti noir fm-, gmté,, le,. renard iiair^ ; ,:..,■, ,. ,.i ■ , :,

.;Eiicoie une fois, ces espèces sont, elles des. variétés, Ges;;Variétè;i sont-elles le simple jeu d'une :Nature foiichonne s'arausant, à bigarrer :1e, système piteux de. nos roublards Sylvestres ? Je ne sais ; mais il est un fajit, dèpteiiablê,' qui .reste; acquis, c'.est, la légèreté: coupable, des, ■t^œursi.dif renard, mceiir3:qu|il. partage; hélas ! avec tous les habitants des bois. Je ne tti'ari rèterai pas sur un sujet qui me dégputçifttit.^ÇS.t^fttes, mon j^égoût pour l'hurnanitê; me suffit^,;,. ,.■,,,. •■.>|

L^e. renard américain — j'entends celui d4il.abra^or — qui n'a ni foi, ni loi, n'a également, ni feu, , ni Ijpu.

Cpntrairement à son cousin germain d.'E.urppe,, qui naît, vit et meurt dans des terriers attitrés, il est cosmopolite et vagabonde du nord au sud et de llest à l'ç^uest tp-Ute sa vfe. ,. Ses, demeures sont des demçuij'es .(i'.occafîion. .11 lui arrive, .cependant, quelquefois de se fixer; il devient habitant ! Mais, ce retour à des I bàbitudes en apparence' plus régulières n'est qu'un calctil dé sa' perversité naturelle. '■/L'prsqij'il s'établit, c'est toujours à proximité d'ulie habitation ou d'une ferme bien pourvue de volailles 'Vsiiriës et dé lapins innocents. ,'; .,,•,•;/

,(,,. incontinent à faire pieurer une Mes8aiin«v '«*■ est encore goiiTm a nd comme feri LuCuIlus; '"''■''■ '^ '"'"'''

CHASSEUH DE £ELiETF.RIE :i.S

. il pousse. la gourmandise jusqu'à; la prévoyance,; etilveut . que, les, jouissances d'bier .sqie-nt. celles, d'aujourd'hui. Il ne se lasse pas, de tuer, il est vrai, mais il se lasse de manger. Alors il cache sa victime i€i lai:laLSse faisander. Il a compris bien avant J^rillat-Savarin toutes les saveurs délicates d'un gibier attendu et.mangé à point

.Vagabond,, voleurvÏJicontinenl, meurtrier et gourmand 1 II. est, peint, Ayant tant de vices, il devrait avoir beaucoup d'esprit et en avoir toujours. . Il n'en est pas ainsi. / Il .est quelquefois d'une inconcevable, stupidité. C'est une chose étrange que de voir cet animal si fin à l'ordinaire, si défiant, doué d'un o.djrat si développé qu'il évente l'homme le moins parfumé d'une lieue, se jeter plus. sottement qu'une belette dans le piège le plus négligement tendu,, se faire disloquer les vertèbres dans l'attrape la plus mal contruite, se prendre même dans un simple coUet comme.le. plus vulgaire des.. lièvres.

D'où viennent' des contrastes si frappants?

Les chasseurs estiment et je le crois avec eux, qu'il en est du renard comme ii en est de nous. 11 est inutile d'al'lier la vue d'un faucon à la perpicacité d^un mari, pour s'apercevoir qu'il existe des hommes moins bien partagés les uns que lés autres et que le fardeau de l'intelligence ne pèse pas égaiément sur tous.- Cette loi d'inégalité s'applique a tous les anim'aUx en' général, rnaîs elle devient plus saisissante fihez le reiiard dont la réputation de finesse semble

si bien établie. Il est, il n'en faut pas douter, des renards stupides, il en est d'autres d'une finesse achevée. Entre ces deux extrêmes il y a place pour toutes les nuances.

Ces différences ' pseudo-iatellectuelles très tranchées.— j'ai mis pseudo-intellectuelles par prudence. Je désire ne pas être brûlé vif et je me garderai bien de. chercher à établir les points de contact que les qua.ités instinctives dts animaux peuvent avoir avec l'intelligence humaine — (i)donnent à la chasse du renard une saveur toute particulière. Vous éprouvez souvent une peine infinie à vous emparer d'un renard ; paifois même il vous est impossible d'y parvenir ; d'autrefois, au contraire, il semble que l'animal ait perdu jusqu'à l'instinct de conservation le plus élémentaire et qu'il se jette à plaisir dans vos tentures. Ces alternatives sont pleines d'attrait.

L'intelligence humaine prend une grande part à ces sortes de luttes, elle s'y développe, elle s'y excite

Note de l'auteur :

(i) Cependant j'oserai dire avec Biichner q'ie la vïe intellectuelle det animaux est plu.s élevée, pUn compliquée qu'on ne l'a cru ou exprimé jusqu'ici, et que l'on design; fort mal par le mot 2'nj//'«</ des phénomènes qui sont incontestablement d'un ordre plus élevé. Je sais bien que Cuvier a dit : que l'homme ayant seul la faculté de connaître avait seul la possibilité de revenir sur ce qu'il avait appris. Mais, Cuvier, hélas ! ne fat jamais chasseur. Quelles nombreuses et profondes modifications n'eut-il pas apportées à son jugement s'il avait eu le bonheur d'être au service de la baie d'Hudsoii pendant quelques années.

(^ui peut due, combien la science eut gagné à ce contact de l'intelligence cUi plus grand des zoologistes avec l'instinct de» animaux à fourrure

et lorsque battue, humiliée et conspuée, elle se voit contrainte de faire un retour sur elle-même, elle se console de ses défaits en se souvenant, après tout, de quelle immense hauteur l'intelligence de l'honmie domine l'instinct des animaux.

Les renards américains se déplacent beaucoup. Obéissent-ils, comme tant d'ar.imaux à des lois régulières d'émigration ? je ne le crois pas, mais il est un fait admis par tous les trappeurs, c'est leur abondance extrême sur la côte nord et nord est du golfe Saint- Laurent et di l'Atlantique en de certaiues années privilégiées. Il y a 25 ou 30 ans, ils se répandirent en tel nombre sur les bords du golfe et du détroit de Belle Ile, qu'une seule personne put en prendre, pendant la saison de chasse, 20 ou 25 dans un seul et même piège.

Quelles furent les causes de cet exode singulier qui fait encore rêver tous les chasseurs de la région ? Je l'ignore. L'hiver fut sensiblement, paraît-il, le même que l'hiver précédent. 'Lt's, perdrix (tétras et géninottes) et les lièvres, comestibles recherchés des renards, ne furent ni plus abondants, ni plus rares que d'habitude sur les territoires de chasse. A quel besoin, à quelle fantaisie, à quelle crainte obéissaientils ? Il est difficile, on le voit, de donner une explication plausible d'nn fait que j'eusse aimé à révoquer en doute s'il ne m'avait été affirmé par un grand nombre de témoins, s'ignorant les uns les autres et peu portés au mensonge.

L'émigration en troupes nombreuses n'entre pas

3S GinDE^rou'

dans les mœurs de cet animal, cependant •ili -existe une relation enti^è la quantité'de' neige' tombée dans les différentes zones de l'intérieur 'et les fïérigrina' tioïï'sdii re'nard. Gomiite totites h. J>i'//eien'à, :<é'a.\l^ leurs, sauf peut-être l'isatis; il «herche à fuin tes'trojj grandes agglomérations de' Beige."" .' ■■- - !

C'est ainsi que, lorsque cette dernière 'est moi'AS épaisse 'sur' le littoral qu'à l'intérieur, il gagne le littoirai et que, dans le cas cou traite, il resteà l'intérie'url r/hiver 1886-8;^ foiirnit un exemple à l'appuiid^Cîtte loi.' Près delà mei', la neige tomba en telle abonL dancè qu'elle s'élevait à 10 et même 12 piedsaur d'esSus du sol, lorsqu'eri s'avançant dan^' l'intëTieHr oiï ;la trouvait diminuant très rapidement,, dé ièUè sorte, qu'à cent ou cent cinquante rriilles de la' èôté', à peine atteignait-elle deux ou trois pieds.i ^ét*e année, les chasseurs' du littoral perdirent ■îeul-ite^i'ps, céu'X dé l'inrérieur, au contraire, firent une chasse deS' 'plus fructueuses. ' -, , ■ - 1

' Li^é fenards se cha'ssent aài fusil, an 1 piège; de' fer, à la "trappe "■ ou' '''attrape, "au pdisoè ;;\.'.." Pour les chasser âu fdsil, ilfaut être très patient, très pbadent et' tireur médiocre.' Encore, he réussit-oil'b'ien'qu'a'^ ■v'éC les écervelés' de l'espèce. ■■'-' ^'iM'i' ^ .fi. ,--.1 '"En hiver, lorsque l'a neige est mollej'ld' tâcHè 'dé-' Vient moins compliquée. Un 'jarret d'acieh! fondu; Il né paire de raque'ttes solides 'et' l'habitude 'de''s'en feervir sUltisent, lorsqu'on a la chance ■ dé tdmbei'-BU'r une piste toute récente. L'animal, gSné' par la neige dans laquelle il enfonce à chaque 'pas', 'Ralentit' .^on

CHASSEUH DEIPELLETERIE '^•9

train, pe^i à,i><»,,et;fyiQus permet, ou nboilt -de! -quelques heures, ideile/voii-.^an.cc^r/^ et de leitterà.boqne portée, Cette raamijèr* delechasser eât sans.Corttredit l'une des plus agréables et la mieiix faite pout séduire un sportsman, mais elle nécessite; l'eTOpigi du i)lomb qui perfore et abîme la fourrure, ce qui la fait répudier par les chasseurs: de professions dojU elle dimimie sensiblement les profits, :surtoaiti quand il s'agit de$. variétés, argentées etnoireSiM r.u )!,.• '>1 I^ chasse au piège s'exécute Jdiidan&leslchepnù)?

i2o à l'appât. ■■ , i . --II,:'!! : Iji'lq:- ,:-j! 'ici

Pour opérer de la première manière, on: cherche les chemins battus par ksienards,: ce- .qui isentrôuvie assez facilement sur les Lerritoiresc qu'ils fréquentent, l'on creUse alors avec la' hache de chasse:çt sant qufc les mains toucheht à la tefré un trc-ù circulaire d'une profondeur telle que lés lèvres, des, mâchoires, du piège tendu restent uni peu au-dessous ' de Torifiçe du trou.. On : place le piège dans Cette e.xoàyation.ten le saisissant avec des gants qui lié servent qu'à; cet usage et l'on doit bien se garder de. mettre^îés^ genoux à terre pendant toute. la: 'durée de çétfe'opéitation et de celle qui va suivre.! .li; tj Jij.iiii,;.: -m ri.)

On récouvre le piège avec.de la 'mousse; identique à celle du chemin, bien, que iprise pîus .toin.i;! Cette mousse doit être placée, en .assez grande quantité pour Cacher complèteiihent le piège; mais: avec assez de discrétion pour ne pas nuire au bon fonctionwêmeut des ressorts .et ne pas enbravet'i la jonotion ides mâchoires.: lUne fois cela fait, oip ptocei:*» B-vantét

en arriére du trou, à une distance d'environ trois pouces, deux petites branches de la plante ou de l'arbuUe dominant aux alentours ; ceci afin de forcer le renard à poser la patte plus franchement sur le piège, lorsqu'il franchit le léger obstacle qu'on lui a ménagé. Il va sans dire que cette série d'opérations s'exécute avec les gants dont j'ai parlé plus haut, qui, après qu'on a fini de s'en servir, prennent place dans le sac aux pièges, sac qui n'a lui-même d'autre usage que de contenir ces derniers, les gants et quelquefois les appâts destinés à l'animal. Ce sac et son contenu ne doivent jamais passer le seuil d'une porte. Il faut l'accrocher à un arbre, n'y toucher qu'avec précaution et le moins souvent possible. Avant de tendre le piège, il est essentiel de le la/er dans une lessive faible. Il faut l'y laver également toutes les fois qu'il s'est pris un renard ou qu'une cause quelconque l'a fait se détendre. Le piège que l'on emploie le plus généralement est un peu plus petit que le piège à castor No 4.

Si l'on veut réussir dans cette chasse, rien ne doit être négligé pour dissimuler la présence du piège, et on ne saurait prendre trop de précautions pour laisser aux chemins leur apparence habituelle. La moindre émanation, le moindre changement, je ne saurais trop le répéter, frapperaient l'odorat ou les yeux du renard et le ferait passer en deçà ou au-delà des tentures.

Lâchasse à ïa//ât se fait en automne et en hiver. En automne le piège est placé comme dans les

chemins, mais, l'on abandonne ces chemins en partie et l'on fait surtout choix, pour tendre, des buttes découvertes, des plaines appelées savanes et des pointes rocheuses avancées. Après avoir caché le piège, on sème tout autour, jusqu'à quelque distance, de nombreux morceaux de la grosseur du pouce environ de chair de lièvre, d'intestins de perdrix. . .etc. L'on jMéconise suriout comme appât irrésistible pour le renard, la bête puante, que les savants et les empailleurs désignent sous les noms latins moins éloquents tic Mephitis américmia — à.t Mephitica-àt Vi verra iiuphitis, etc.

Le renard, quelle que soit sa couleur, subit un entraînement désordonné pour le cadavre odorant de cet animal. Sa gourmandise ne résiste plus et il semble qu'elle oblitère son " instinct " au point de le rendre sourd à tous les appels de la prudence.

En hiver, l'excavation qui doit recevoir le piège se creuse dans la neige, et c'est avec de la neige tamisée à travers le bout de la raquette, que l'on efface et recouvre tous les vestiges qui peuvent déceler la présence de l'homme et sa tenture. Toutes les précautions, qui sont d'usages en automne, doivent se prendre en hiver. Les saisons les plus favorables à la chasse du renard sont le printemps et l'automne.

Il n'est pas inutile d indiquer quels sont les soins à prendre, une fois la chasse terminée. Aussitôt qu'ils ont fini de servtr, les pièges doivent être lavés à la lessive, puis, s'il est possible, plongés dans un

laci3iU; (Jansi une, mare, d'eaui (;iouGe, où ,ils; ;re&lieront ju$qu'a la saison de chasse suivante. , 'L'heure venue ilsiseront tirés de l'eau à bqut deichaîne.et toujours àrjaout de chaîne, mis dans un saclavéj .savonné aVec ■ soin : et , qui, désormai;S, n'aura plus d'autre usage*] ■ Une,! fois i cela Taiti l'on fixera le tout à un libre, feuillu par expmple, •soit: par une branche, soit p&ii(iuiji crpc: de ,f«r.if ,il; est bien, entendu toujours» que ces différentes manipulations s'exécutent au moyen de gants, destinés à cet usage spécial. Les chaussures' qui servent en automne, c'est à dire, tant ([ue la neige n'est pas assez épaisse pour e>iger l'^nv ploi de la raquette, .doivent être graissées cinq; ou six jours avant de s'euiservir.;, La matière la plus employiée dans ce cas. est l'huile de loup-marin, k. r.eoard n'étant pas insensible aux débris de. iphor que que la n'^er jette quelquefois: au piain. i..- .1 -.i . :Pqur s'empareridii renard, on se sert aussi de l'attrape (fig È<. 3., 4.); mais elle demande une habitude letiuttei habileté de: ma'n peu communes, et jamais elle ;ne peut .égaler eii efficacité le piège de fer. En .géaéral, ainsi que le .collet, elle ne prend que ceux des animaux :de. cette i espèce q|ui sont fatigués de l'esistenceou que la nature a doué du $eul :/«.t/'<«rf> et qiiiy. nlayant ' rien, appris de leurs paieitts ou de l'expérience, sont restés absolumeiit idiots, ce: .qui est rare, l'homme seiul [atteignant: sut:, ce point délicat comme' sur beaucoup d'autres, la suprême .peirfection, ■ Ji'aurai l'occasion de-décrire, plus loinjren. parlant du loup-fcervier, et dôla martre, îles .attJjapesiqui ser-

CHASSEUR t/E ^^LtÈTERIE '4^

vent ordinaÏTèment' aux 'chasfefelirs' po'Ut' ''ca.ptûi'êt Tèâ fourrures. Toutes se ressenlMerit.- Elles ne differéHl' que par leurs dimensions. > n.. •,.:::,/■!,

On emjioisonné aussi le rendi-d, m2ii§ je"iiépr6liVê ce procédé, qui peut devenir très dàngére'ux'Jiôtif'l'é chasseur et qui offre plusieurs autres inconvénieiiti', parhii lesquels je citerai la perte complète de 'l'aïi'imal chassé, lorsque, pour line CtiiiSe Oit pbtif 'klii'é âutr*",' la subtance toxiqile employée n'a pd prddiiiré sbil effet immédiatement. Quoiqti'il' en sôit jeti'ân^'cris ici tout au long ce que M. li.'P. de'Lbncèy^dît de l'empoisonnement du renard dans son livré de VÀrt de détruire les animanz malfdis(infs\ou riulsihlù. Les procédés qu'il indique mé paraissant "rtileiix compris que ceux' qui sont adoptéiî par nos Châsséui'à (]ui n'emploient, du reste, le potscyrt' quë '■ bieW 'rarement. ' !• .1 .. . ,(, , , : )■; -.Ij

L'es écrivains spéciaux qui ont écrit iur la hiktiéHé s'aëcordent a dire que Tempoisônrié'ment réussit ''èftcoiemieux poiir le renards qhie pour' lés 'ldii{iè',-'^t qu'employé en temps dé neigé, C'est lé inittyë'n lé ph^ désti'tictitV , ' *' '■im;( .-.uh -j.iia!.,.

■"La'strychnine, comme po'ur'îë Foilj!)',' 'e*;t' lè Wëifléilrpoîso'ri"r il suffit d'èni taiéttré'tiHé'tbuté'pfefitfel'tJift'-

-''V'!"':- •' — ' - ' ' '--'•' i- ■ -■'■ ii'>-: : ■- i '- .;-)i].M. ,\\\ Note de l'auleur. — Il ne peut être ici quesUon q^^„dp^ çhiçns d'Europe, , Nos chiens, de la cote, si précieux à plps d'iin litre' se nourrissant presq^ue e.\clusiveincnt des débris de gibier d'eau et de jjoissons jetés au plain par la mer, sertiient lés premières et le4 plue sûres victimet dé ('ajj'pKca'ti'orî 3'ih pareil procédé. ■ mu -n 1-.7 nu .-iiiJ. t.Jnn-

cée dans chaque appât pour tuer le renard presque sur place. Il ne faut pas en mettre trop, car elle exciterait immédiatement des vomissements chez l'animal qui s'en débarrasserait. Dix centigrammes suffisent. On en met d ms des souris, que les chiens ne mangent guère d'habitude, dans des petits poissons crus, dont le renard est très friand, dms la tête d'un canard, la plupart des chiens ayant en hojreur les émanatics des o'seaux aquatiques, tous refusant d'en manger, (i) ou dans des poires séchées au four, que le renard aime beaucoup aussi."

" On trouve dans les livres de chasse beaucoup de recettes pour attirer et empoisonner les renards ; M. Moyne, de Baume, dit avoir purgé un grand canton dé bois qui en était infesté, de la manière suivante :

" Après avoir fait fondre, gros comme une noi.x. de graisse de cochon, vous y mêlez une pareille quantité de strychnine, que vous pétrissez bien avec cette g'aisse, sur une assiette, en employant une spatule de bois. Coupez des morceaux de papier de soie d'un pouce carré, roulez dans chacuu, gros comme trois grains de blé, de la susdite pommade. Vous ferez fondre ensuite 200 grammes dégraisse de mouton dans un vase verni de neuf, à laquelle vous ajouterez loc grammes de miel liquide et quelques gouttes d'essence d'anis. Laissez un peu refroidir et trempez deux ou trois fois les boulettes jusqu'à ce qu'elles soient recouvertes et glacées, sins les toucher des doigts, ni avec du fer. Déposez-les ensuite dans un verre ou vasî propre, vous les y pren-

(irez avec une spatule de bois pour les déposer sur le passage des renards.

" Celui qui les place ferait bien de se chausser de sabots. On frotte la semelle avec de l'essence d'anis qui attire les renards. Pour ne pas prodiguer vos appâts et vous assurer la réussite, placez le premier jour, au lieu de boulette, de petits morceaux de pain grillé, trempé dans le second ingrédient S'ils sont mangés, remplacez-les le lendemain par des boulettes qui ne doivent pas être mises sur vos pas mêmes, mais sur les côtés, à une distance raisonnable les unes des autres, et vous êtes sûr de réussir."

Voici un autre procédé, qui a bten des analogies avec celui que nous venons de décrire, et que nous trouvons dans YAeclimaiation, journal des éleveurs :

" De tous les moyens employés pour détruire les renard.s, blaireaux fouines et autres dévastateurs de garennes, les appâts empoisonnés sont considérés comme les plus pratiques, parce qu'ils est plus facile de relever chaque matin 1 s proies qui n'ont pas été dévorées la nuit, pour éviter tout accident, que de détendre des pièges, longs à remettre en place le soir, tandis qu'il suffit de laisser tomber l'appât; l)uis, parce que ces animaux, ausssi fins que défiants, se méfient considérablement des pièges. Ils éventent même parfois le poison; mais si la nuit a été mauvaise, ils y reviennent et poussés par la faim, ils mettent la dent au morceau qui sera leur dernier relias. •

Les insuccès qu'on a constatés dans l'emploi des

a^P3,Js,eçnp,oisonn9s viennent sqrtout de leur mode de préparation et du soin apporté dans leur place-

.. ; Me'an^^c pour tyainee le renard.

■ ■■ • 30o:gTammes de graisse' de porc mâle. i.Kfi.Œg ..'- — ^ de fenu grec pulvérisé.

-^ de camphre pulvérisé.

Mur^. î^bj'. -li

— d'huile d'anis.'

/->it9i;r5! • "i^

— d'iris de Florence.

,.„(rî.-2,5

— de bon miel.

Préparation.

,,.'',Çajje fondrp Ja ;graisse de porc dans un pot de terre neuve et verni, y ajouter deux oignons blai>çs coupées en morceau.\; après cuisson les retirer. Mettr,e alors, les autres iogrédients, l'huile d'anis e^cept,ç,e. Remuçr jusqu'à ce que le mélange prenne un peUide consistance, puis verser l'huile d'anis.

-M. de Lonçey ignore les vertus de la drogue et jnpi aussi du reste. Tous les chasseurs en ont une ijUfaillible,, dont, ils gardent Iç secrpt avec un soin jaloux et qu'ils n'emploient, j'ai cru m'en apercevoir, qi^e le plus rarement possible et lorsqu'ils ont perdu tp.ut, espoir de se saisir du renard par des moyens i]iqi,ns mystérieux. En général |a drogue a pour bp,se le whisky dans lequel on dissout selon le cas et l^s animaux, les substances les plus disparates. L'expérietice m'a confirmé bien des fois qu'uii, piège placé avec soin, intelligenfiment garanti de tout attouçl^ement pouvant lui communiquer l'odeur humaine,

CHASSEUR DHlpELLETERIE '4f

oflVait autant, et phis-dcgagës de^ succès xïii'alêi'pitge le plus drogué. ■ J'ai pli même às'sezfecilement' Faire admettre cette vérité à des chasseurs' de profession; en leur faisant convenablement eîn ployer le whisky, qui doit être la base de toute dtogue irrésistibile*. '

I:e renard est très abondant sur la bote nord.>- il se perpétue, grâce à sa finesse, car auciitie loi ne le l>rotége. Tout le monde en tout temps peut ki ooilrir sus et le mettre àmalemort. Nos légrslateufs l'ont sans doute considéré comme' tjn- animal redoutable ou nuisible. Nuisible stir la côtC' du- îiabrador -est un comè/e éqiûyaleMiupo/so/i délétère de l'ancienne loi. Ce (-(^OT^/i?, qu'or! 'më' liasse encore trni 'fois 'te mot, n'est ipas de moiret Je.kiregrette ponr il'illustïation dje mji race. Quelquesi-jchasseurs usant. ;de! ce que j'appelerai un oubli, de V instinct hgisl(ttif, s'emparent des renard à.ljépoque des amourss îles 'élèvent ainsi que leur portée jusqu'au iniilieu-de'Vhiver et, ;les tuent aussitôt que le poil est titu Mieon. Cette opération toujours, prqfitable pour ,1e, cUasaeur lorsqu'elle est mené à bonne fin, — (car il e&t./are qu'une portée ne contienne pas un ou deux renardeaux de prix)— offre entre autres inconvénients celui de runier les territoire:s de chasse, et bientôt, la.foijrrure de gc£indJiL\e,, comme celle. qui iprovient. du, renard a.rgenté et du renard noir, aura .entièreme^it.. disiparu. . , . ,,. „,,;,,, ,, .,,j,,,.,, ,, ,i,. ,, ,,,,,

La peau du renard se lèye'eti inci^atit autour d^s lèvres ou entre les cuisses. Elle se place , sur un moule fvec serre (fig. 7 et s) le poîl en dedans.

Sauf pour le castor et pour l'ours, la manière d'étendre une peau est toujours la même et nous aurons occasion d'v revenir en parlant des martres, des visons, des pékans, etc.

La peau du renard donne la plus précieuse des pelleteries. Pour la variété noire et pour la variété argentée, elle atteint un prix quelquefois très élevé. J'ai vu vendre il y a quelques dix ans, une peau de renard noir f 120. Ces prix ont beaucoup diminué. Le tableau ci- dessous donne le minimum et le maximum dts prix accordés sur la côte nord aux peaux de renards de toutes couleurs pendant les dix dernières années, c'est-à-dire de 1878 .i 1888. Renards Minimum iMaximuni

Jaune $1.20 $2.50

Rouge 1.50 3.00

Croisé 4.00 8.00

Double croisé 6.00 14.00

Argenté 28.00 35-oo

Noir argenté 35-oo 48 00

Noir 5S-°° 120.00

Blanc 2.50 3.50

Le renard bleu est très raro, cependant son prix atteint à peine celui du renard double croisé.

J'ai négligé de dépeindre les beautéi physiques du renard, mais j'ai jugé qu'il était inutile de reproduire des traits si connus. Qui donc les ignore? Cependant comme l'absence de ce portrait pourrait être considérée i)ar mes lecteurs comme une regrettable

lacune, je le remplace avantageusement par la description byzantine, mais toute scientifique qui suit : '■ canines séparées des molaires et les trois premières de celles-ci séparées entre elles ; pupilles allongées verticalement ; queue longue et touffue ; museau pointu. Les renards exhalent une odeur fétide." J'en finirai avec le renard en vous disant que la femelle est bonne mère, qu'elle met bas jusquà sept et huit petits et les élève tendrement, pendant que le père probable, polygame dénaturé, cherche loin de sa famille de nouveaux plaisir et de nouvelles proies]

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