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dreux de castor. Dans les cours d’eau, il faut choisir un petit rapide, en rétrécir la largeur au moyen d’un barrage ouvert en son milieu et provoquer ainsi la formation d’une petits chûte ; cela fait, on place le piège au pied de cette chûte dans le bouillonnement de l’eau. Cette disposition, on le conçoit, offre deux
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avantages : il cache le piége sous l’écume et force l'animal à passer à l'endroit même où ce piège est posé. On doit avoir le soin d'engager dans l’organeau de la chaîne un long et fort bâton, que l’on alourdit et que l’on abandonne auprès du piège, en lui donnant, autant que possible, l'apparence d’un débris de bois entraîné, naturellement jusque-là, par les eaux. Les chasseurs canadiens, contrairement à ce que font ceux d'Europe, quiappâtent avec une écrevisse où un poisson très frais, ne mettent rien sur le piège pour attirer l'animal.
La loutre s’introduit très souvent dans les cabanes abandonnées par les castors. Dans ce cas, un piège bien placé à l'entrée réussit à la prendre quelquefois Mais le moyen le plus chanceux, ainsi que le disent les chasseurs, c’est l’attrape passagère, qui s’édifñe dans les portages. (fig. 4).
J'ai dit que, parmi les modes de chasse employés en Europe pour capturer les loutres, il y en a deux ou trois qui paraissent inconnus de nos trappeurs. Ces procédés dont je puis garantir l’efficacité, pour en avoir fait usage bien des fois avec succès, sont les suivants :
En premier lieu, l'emploi du #ramail, sorte de rêts à grandes mailles que l’on tend en travers du ruisseau ou de la rivière fréquentée par la loutre que l'on convoîte. En second lieu, la pierre blanche, pour attirer la loutre près de l'affût que l’on a choisi ou du piège que l’on a tendu. Le tramail, que l’on établit perpendiculairement au courant, force l’animal
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CHASSEUR DE PELLETERIE 85 que l’on fait poursuivre par un € hien, à revenir sur l'eau pour franchir la partie du rêts qui en. affleure la surface, et pendant qu'ilse. livre à cette manœuvre, qui le découvre complètement, Je chasseur, posté à l’une des extrémités du filet, peut le tuer d un cou de fusil, Mais ce moyer., très bon en lui-même, demande certains apprêts, l’a djonction d'un b on chien et le transport d'un rêts qui, sans être lourd, deviendrait cependant une cause d'embarras de plus dans les portages ; je comprends done qu'il ne soit pas adopté par nos trappeurs. or.
Mais la pierre blanche ! Comment sé fait-il qu’ils
en ignorent les vertus ? Il est indiscutable que, si vous placez une pierre blanche, bien blanche, sur les bords d’un lac ou d’une rivière fréquentés par Îles loutres, vous constaterez après deux ou trois jours, par les pistes et par les fumées, que ces animaux viennent toutes les nuits méditer près de cet objet de leur prédilection, et cela à l'exclusion de tous les endroits qu'ils affectionnaient avant l'apparition de la pierre blanche. Il est, j'en conviens, assez malhonnête de profiter d’une faiblesse aussi innocente et aussi légitime pour mettre à mort une créature, dans l’uñique but de s'emparer de sa peau, et sous le vain prétexte que cette dernière vaut huit où dix dollars ; mais, c’est affaire de conscience et chacun agira en raison de la quantité de scrupules dont 1l aura su se débarrasser. Ce fait est certain. Mille chasseurs et plus l’ont constaté comme moi : et voici le moyen de l’exploiter :
On choisit une pierre plate, assez épaisse cependant et d'une largeur de 12 à 15 pouces. On la blanchit avec du lait de chaux ou autrement, si elle n’est déjà blanche, puis on la place à trois ou quatre mètres du bord de l'eau. A vingt ou vingt-cinq pas de cette pierre l’on se construit un affût, s’il n’existe déjà un buisson ou une touffe d'arbustes à proximité. Aussitôt que l'on a la certitude que l'animal commence ses méditations, ce qui a lieu au bout de deux ou trois jours et généralement avant minuit, on s’embusque, le soir peu après le coucher du soleil, et l'on attend sans fumer et sans bouger que la loutre se présente, ce qui ne tarde jamais bien longtemps. Il est alors nécessaire de tirer très juste et à l'endroit le plus vulnérable, car, pour peu que la loutre blessée puisse regagner l'eau, vous ne la reverrez plus, elle mourra au fond du lac ou de la rivière sans reparaître et sans qu'il vous soit possible de vous douter du point précicis où elle aura rendu le dernier soupir.
On peut aussi se servir d'un ou de plusieurs pièges
No 4 placés près de la pierre bianche, mais, dissimutés avec tout le soin imaginable. L'on doit se défier d’une loutre prise ou blessée, car dans cette situation peu enviable elle devient féroce et se défend et mord avec une énergie à peine croyable.
Sans pouvoir l'affirmer, je crois que la loutre n’a guère de mœurs, mais la femelle, dont les portées sont de deux ou de quatre, aime ses petits tendre ment et les élève avec soin. Sa chair manque de suavité. Pour mon compte je la trouve détestable.
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Je ne connais chez les animaux de cette espèce aucun cas d’albinisme. On lève la peau-en l'incisant en dedans des cuisses et en passant par l'anus, puis l’on saet sur le moule adopté pour toutes les pelleteries de prix, fig. 7 et 8.
La queue se fend et se maintient ouverte au moyen de petits morceaux de bois pointus engagés dans la peau et placés transversalement.
La loutre est très nuisible, aussi nuisible que le renard, l’ours, le loup-cervier et le carcajou, néanmoins la loi de chasse canadienne la protège, fort inefficacement, grâce à Dieu, du rer avril au rer novembre.
La loutre comme, toutes les bêtes à fourrure dont l'existence est aquatique, peut se prendre en bonne
condition du 25 septembre au 10 juin. Elle est classé par la science dans les mammifères carnaseiers digitigrades et connue des savants sous le nom de lutra canadensis.