D. RE
lottes, tous deux réservoirs de la rivière au Canard, comté de Saguenay.
Je n’ai pu, aidé de mes deux engagés, habiles chasseurs cependant, parvenir à m'emparer de sa personne.
Dés le jour de notre arrivée, nous lui avions ravi son épouse, à laquelle je tenais beaucoup à le réunir. Je dus partir sans le prendre, emportant avec moi la plus haute opinion de son intelligence, les dépouilles de sa moitié, et la conviction de mon ineptie.
Dans cette aventure, je constatais une fois de plus la supériorité de la bête sur l’homme. La douleur atrophie nos facultés ; elle semble au contraire exalter les siennes. Qu'il vous arrive de tuer la femme d'un de vos amis. Pendant quinze jours et plus vous le rendrez, peut-être, incapable de continuer son métier d'épicier, de maire ou même de ministre. Voyez mon castor dans le même cas : au lieu de hurler sa douleur à tous les arbres de la forêt, de faire croître les eaux du lac, en versant des torrents de larmes, de ne plus être bon à rien en un mot, il me berne, me roule et me conspue pendant huit grands jours. Quelle leçon !
Une tenture excellente pour le castor est l’attrape passagère,—figure 4.
Cette attrape se compose essentiellement de quatre poteaux, P P P P, liés à leur sommet, deux à deux, et maintenus à l’'écartement nécessaire par une pièce de bois (6) d’un diamètre égal à celui de la tombe (1) — cette pièce (6) est représentée moins
inard,
abiles de sa
IS ravi réunir.
moi la ouilles
le plus louleur re exalfemme 18 vous son mé- Voyez urler sa croître mes, de ne, me jours.
’attrape
de quadeux à par une ui de la e moins
grosse que la fombe (1) afin de laisser voir le jeu de la /anguette (3)— ; d'une fombe (r)que vous chargez à votre gré ; d'une confre-tombe (2) destinée à recevoir le choc de la pièce (1); de deux fees (5 5) fixées par deux poteaux (P P) par leur extrémité supérieure et enfoncés en terre par l'extrémité inférieure—‘* ces deux fiches doivent être dans la réalité plus rapprochées des poteaux que ne l'indique la figure.
D'une contre-languette (4) s'appuyant à la partie inférieure des fiches et maintenue contre ces dernières par la pression exercée par la /angnette (3). Cette pièce est taillée en forme d'S très allongée. Une corde plus ou moins forte, suivant le poids que l’on veut appuyer sur la tombe, passe par la pointe supérieure de la languette et vient entourer la tombe, qui, soilicitant assez vivement la languette, la contraint à maintenir par son seul effort la contre-languette (4)
appliquée sur les fiches (5 5).
On comprend facilement, si cette disposition a été
prise d’une manière intelligente, qu’un animal venant, soit d’un côté, soit de l’autre, dans les deux directions indiquées par les flèches,fera baisser par son poids la contre-languette, lorsqu'il passera dessus ; cette dernière, n'étant maintenue que par l'extrémité inférieure de la languette, laissera échapper celle-ci, qui, basculant rapidement, rendra à la tombe......toute liberté de choir sur le dos de la bête.
L’attrape passagère peut servir à capturer tous les animaux du bois, et l’on conçoit que la distance, entre la tombe et la contre-languette, doit varier avec la taille de ceux-ci.