EN MONTAGNAIS, MIT-SHA-SHOW-—-EN ANGLAIS, FOX
De tous les animaux qui peuplent la forêt, il est le plus original. ‘Tantôt ilest fin comme l’ambre tantôt
ilest bête comme un parvenu. Il a tous les vices
comme il a tous les poils.
Le renard ! Ce nom réveille en moi mille souvenirs de joyeuseiés et de misères !
La Faune canadienne en compte quatre espèces.
Le renard bleu (vulpes lagopus—Sched.)
Le renard argenté (vulpes argentatus—Cuv.)
Le renard croisé (vulpes Decussatus—(reoff,)
Le renard fauve (vulpes fulvus.—Desm.)
L'Zsatis, fort improprement appelé resard bleu, se sépare nettement des trois autres espèces par sa taille et par son albinisme momentané
Les renards fauves, croisés, noirs et argentés ne se distinguent les uns des autres que par une différence de pelage.
Ce dernier et unique caractère est-il assez impor tant pour justifier trois espèces distinctes ? Que l’on me pardonne cette velléité de révolte. Elle est bien timide et je m'incline devant l'infaillibilité de la science. Je m'efforcerai de croire que ces espèces ne sont pas des variétés. Mais, variétés ou espèces,
Al existe entre les individus qui les composent des
liaisons qui semblent inavouables. Deux fois il m'a été permis de voir des familles de renards. La pre-
ris
mière fois, l'une des portées appartenait à une femelle de croisé et se composait de cinq renardeaux, dont l’un était argenté, un autre Zowb/e croisé, et les trois autres fauves. La seconde fois, la portée devait le jour à une femelle de renard fauve. Elle contenait trois renardeaux du poil de la mère et un jeune renard noir.
Monsieur A. Thé, de la rivière S.. M..., à chassé sur l’île du Carrouzel une famille de renard se composant d'un renard fauve et de quatre petits, dont l’un était double croisé. Le même chasseur a vu une autre portée de cinq renardeaux fauves et d'un renardeuu noir issus d’une mère appartenant à l'espèce croisée. M. L. T..., autrefois de la rivière Mistassini, a possédé une renarde rouge qui a mis bas quatre petits ; deux étaient fauves, un était croisé et le quatrième or argenté.
Je pourrais citer encore une multitude d'exemples de ce mélange de poils variés dans les familles de renards. On doit remarquer, cependant, que le bleu ne se rencontre pas dans cette promiscuité de pelages. Voilà certainement une exclusion bien favora ble à l'idée que Jj'at toujours conçue de la rigidité de principes des individus ornés de cette couleur et un argument de plus en faveur de leur classification en une espèce distincte.
Certains naturalistes voient dans le renard bleu et le renard blanc un seul et même animal qu'ils désignent sous le nom d’Zsafis. Il n’en est point ainsi. Le renard bleu des chasseurs--le vy/pes incogni
ne femel- Lux, dont les trois devait le contenait un jeune
M... a e renard tre petits, hasseur à fauves et partenant la rivière qui a mis un était
‘exemples imilles de que le bleu : de pelan favora igidité de leur et un ication en
rd bleu et u'ils désiint ainsi.
S 2HCOQNT
CHASSEUR DE PELLETERIE 33 tus doctorum —- et Visatis (vw/pes Lagopus-sched), sont deux animaux entiérement différents. Le premier est le plus grand des renards et son pelage ne change jamais en aucune saison. L'[satis est le plus petit des renards et le seul dont la fourrure devienne d'un blanc pur en hiver. Enfin, le renard blanc est assez commun, lorsque le renard bleu est, au contraire, d’une extrême rareté. On se rendra compte de ce dernier fait en jetant les yeux sur la statistique qui suit: (1)
En quatorze années il a été livré à M. Mackenzie, facteur du poste d'Ungawa, cinq milles peaux de renards se décomposant ainsi :
Nenards DANS A nt à
Renards argentés et croisés... 655 NendtOs TOURES resté sauererreissston : 200 Renards noirs... si iitisenante Sr atres . 30 Renards bleus... meneur ste, À (2) 5000
Quoiqu'il en soit, les chasseurs admettent l’isatis et le renard bleu comme types séparés et divisent en
(1) Note de l’auteur,—Je dois cette statistique à Monsieur Scott commis du poste de la Cie d'Hudson à Mingan.
(2) Note de l’auteur.— Monsieur Merriam dans son ouvrage sur les mammifères des Adirondacks ne fait qu'une seule espèce des renards rouges, croisés, argentés et noirs.
De plus, d’après Monsieur Comeau de Godbout, qui a fourni à Monsieur Merriam des squelettes de renards variés, il existerait des différences anatomiques très sensibles entre les renards blancs et bleus, qu’il sépare en espèce tout à fait distincte,
six ou sept variétés les trois espèces adoptées par la science
[ls prennent ou croient prendre /e renard fauve, le renard croisé, le renard double croisé, le renard croisé argenté. le renard argenté, le renard noir argenté, de renard noir.
Encore une fois, ces espèces sont-elles des variétés, ces variétés sont-elles le simple jeu d'une Nature folhichonne s'amusant à bigarrer le système pileux de nos roublards Sylvestres ? Je ne sais ; mais il est un fait déplorable qui reste acquis, c’est la légèreté cou pable des mœurs du renard, mœurs qu'il partage, hélas ! avec tous les habitants des bois. Je ne m'arrêterai pas sur un sujet qui me dégouterait des bêtes, mon dégoût pour l'humanité me suffit.
Le renard américain—j'entends celui du Labrador —qui n’a ni foi, ni loi, n’a également, ni feu, ni lieu.
Contrairement à son cousin germain d'Europe, qui naît, vit et meurt dans des terriers attitrés, il est cos: mopolite et vagabonde du nord au sud et de l'est à l’ouest toute sa vie. Ses demeures sont des demeu res d'occasion. Il lui arrive, cependant, quelquefois de se fixer ; il devient Zabitant / Mais, ce retour à des habitudes en apparence plus régulières n’est qu’un calcul de sa perversité naturelle.
Lorsqu'il s'établit, c'est toujours à proximité d’une habitation ou d’une ferme bien pourvue de volailles variés et de lapins innocents.
Incontinent à faire pleurer une Messaline, il est encore gourmand comme feu Lucullus.
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rd fauve, Le renard A noir T-
es variétés, ne Nature e pileux de us il est un gèreté COU:
nl partage, Je ne m'’arit des bêtes,
ju Labrador feu, ni lieu.
Europe, qui :5, il est COSt de l'est des demet , quelquefois
ce retour à gulières n’est
ximité d'une . de volailles
saline, il est
[ pousse la gourmandise jusqu'à la prévoyance ; etil veut que les jouissances d'hier soient celles d'aujourd'hui. Ilne se lasse pas de tuer, il est vrai, mais il se lasse de manger. Alors il cache sa victime er la laisse faisander. Il a compris bien avant Brillat-Savarin toutes les saveurs délicates d'un gibier attendu et mangé à point
Vagabond, voleur, incontinent, meurtrier et gourmaud ! Ilest peint. Ayant tant de vices, il devrait avoir beaucoup d'esprit et en avoir toujours. Il n'en est pas amsi. [l est quelquefois d’une inconcevable stupidité. C’est une chose étrange que de voir cet animal si fin à l'ordinaire, si défiant, doué d'un od rat s1 développé qu'il évente l’homme le moins parfumé d’une lieue, se jeter plus sottement qu'une belette dans le piége le plus négligement tendu, se faire disloquer les vertèbres dans l’attrape la plus mal con truite, se prendre même dans un simple collet com me le plus vulgaire des lèvres.
D'où viennent des contrastes si frappants ?
Les chasseurs estiment et je le crois avec eux, qu'il en est du renard comme 1 en est de nous. Il est inutile d’allier la vue d’un faucon à la perpicacité d'un mari, pour s'apercevoir qu'il existe des hommes moins bien partagés les uns que les autres et que le fardeau de l'intelligence ne pèse pas également sur tous. Cette loi d'inégalité s'applique à tous les animaux en général, mais elle devient plus saîsissante chez le renard dont la réputation de finesse semble
si bien établie, [lest, il n'en faut pas douter, des renards stupides, il en est d'autres d'une finesse achevée, Entre ces deux extrèmes 11 y a place pour toutes les nuances.
Ces différences pseudo-intellectuelles très tran: chées.—j'ai mis pseudo-intellectuelles par prudence. Je désire ne pas ètre brûlé vif et je me garderai bien de chercher à établir les points de contact que les qua.ités instinctives des animaux peuvent avoir avec l'intelhgence humaine--(r)donnent à la chasse du renard une saveur toute particulière. Vous éprouvez souvent une peine infinie à vous emparer d'un repard ; parfois même il vous est impossible d'y parvenir ; d'autrefois, au contraire, 1l semble que l'animal ait perdu jusqu'à l’instinct de conservation le plus élémentaire et qu'il se jette à plaisir dans vos zentures. Ces alt:rnatives sont pleines d'attrait.
L'intelligence humaine prend une grande part à ces sortes de luttes, elle s'y développe, elle s’y excite
Note de l’auteur :
(1) Cependant j'oserai dire avec Buchner que la vie intellectuelle det animaux est plus èlevée, plus compliquée qu’on ne l'a cru où exprimé jusqu'ici, et que Pon désign: fort mal pat le mot inséin t des phénômènes qu sont incontestablement d'un ordre plus élevé. Je sais bien que Cuvier a dit : que l’homme avant seul la faculté de conn: Lfcre vait seul la possibilité de revenir sur ce qu'il avait appris. Mais, Cuvier, hélas! ne fut jamais chasseur, Quelles 11m reuses et profondes modifica tions n'eut-il pas apportées à son jugement s’il avait eu le bonheur d’étre au service de Ta baie d'Hudson pendant quelques années.
Qui peut dire, combien la scienc: eut gagné à ce contact de l'intelligence du plus grand des zoologistes avec l’instinct des animaux à fourrure
, des acheir tou-
tranlence.
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tellec- ’on ne par le t d’un omme ité de ne fut )Jdifica e bonelques
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et lorsque battue, humiliée et conspuée, elle se voit contrainte de faire un retour sur elle-même, elle se console de ses défaits en se souvenant, après tout, de quelle immense hauteur l'intelligence de l'homme domine l'instinct des animaux,
Les renards américains se déplacent beaucoup. Obéissent-ils, comme tant d'animaux à des lois régulières d’émigration ? je ne le crois pas, mais il est un fait admis par tous les trappeurs, c'est leur abondance extrême sur la côte nord et nord est du golfe Saint- Laurent et d: l'Atlantique en de certaiues années privilégiées. [1 y a 25 ou 30 ans, ils se répandirent en tel nombre sur les bords du golfe et du détroit de Belle Ile, qu’une seule personne put en prendre, pendant la saison de chasse, 20 ou 25 dans un seul et même piège.
Quelles furent les causes de cet exode singulier qui fait encore rêver tous les chasseurs de la région ? Je l'ignore. L'hiver fut sensiblement, paraît-il, le même que l'hiver précédent. Les perdrix (tétras et géninottes) et les lièvres, comestibles recherchés des renards, ne furent ni plus abondants, ni plus rares que d'habitude sur les territoires de chasse. A quel besoin, à quelle fantaisie, à quelle crainte obéissatentils ? Il est difficile, on ie voit, de donner une explication plausible d’nn fait que j'eusse aimé à révoquer en doute sil ne m'avait été affirmé par un grand nombre de témoins, s’'ignorant les uns les autres et peu portés au mensonge.
L'émigration en troupes nombreuses n'entre pas
dans les mœurs de cet animal, cependant il existe une relation entre la quantité de neige tombée dans les différentes zônes de l'intérieur et les périgrinations du renard. Comme toutes la pe//eterie, d’aiileurs, sauf peut-être l’isatis, 1l cherche à fuir les trop grandes agglomérations de neige.
C’est ainsi que, lorsque cette dernière est moins épaisse sur le littoral qu’à l'intérieur, 1l gagne le littoral et que, dans le cas contraire, il reste à l’intérieur. L'hiver 1886-87 fournit un exemple à l'appui de cette loi. Près de la mer, la neige tomba en telle abondance qu’elle s'élevait à 10 et même 12 pieds audessus du sol, lorsqu'en s’avançant dans l'intérieur on la trouvait diminuant très rapidement, de telle sorte, qu'à cent ou cent cinquante milles de la côte, a peine atteignait-elle deux ou trois pieds. Cette année, les chasseurs du littoral perdirent leur temps, ceux de l'inrérieur, au contraire, firent une chasse des plus fructueuses.
Les renards se chassent au fusil, au piège de fer, à la “trappe ” ou ‘‘ attrape,” au poison... Pour les chasser au fusil, il faut être très patient, très prudent et tireur médiocre. Encore, ne réussit-on bien qu'’avec les écervelés de lespèce.
En hiver, lorsque la neige est molle, la tâche devient moins compliquée. Un jarret d'acier fondu, une paire de raquettes solides et l'habitude de s’en servir suffisent, lorsqu'on a la chance de tomber sur une piste toute récente. ]//animal, gêné par la neige dans laquelle il enfonce à chaque pas, ralentit son
iste ans Inaaiitrop
OIns littoleur.
Jette bon- S aurieur telle côte, Cette emps, hasse
e fer, ur les udent qu'a-
> de- Dndu,
s'en 2r sur neige [ son
train, peu à peu, et vous permet, au bout de quelques heures, de le voir par corps et de le tirer à bonne portée. Cette manière de le chasser est sans contredit l’une des plus agréables et la mieux faite pour séduire un spr'tsman, mais elle 1 écessite l'emploi du plomb qui perfore et abîme la fourrure, ce qui la fait répudier par les chasseurs de professions dont elle diminue sensiblement les profits, surtout, quand
il s'agit des variétés argentées et noires,
La chasse au piége s'exécute 10 dans les chemins 2, à l'appât.
Pour opérer de la première manière, on cherche les chemins battus par les renards, ce qu' se trouve assez facilement sur les territoires qu'ils fréquentent, l’on creuse alors avec la hache de chasse et sans que les mains touchent à la terre un trou circulaire d'une profondeur telle que les lèvres des mâchoires du piège tendu restent un peu au-dessous de l’orifice du trou. On place le piège dans cette excavation en le saisissant avec des gants qui ne servent qu’à cet usage et l’on doit bien se garder de mettre les genoux à terre pendant toute la durée de cette opération et de celle qui va sulvre.
On recouvre i piège avec de la mousse identique à celle du -hemin, bien que prise plus loin. Cette mousse doit être placée en assez grande quantité pour cacheï complètement le piègt, ":is avec assez de discrétion pour ne pas nuire au bon fonctionnement des ressorts et ne pas entraver la jonction des machoires. Une fo's cela fait, on place en avant et
en arrière du trou, à une distance d'environ trois pouces, deux petites branches de la plante ou de l'arbuste dominant aux alentours ; ceci afin de forcer le renard à poser la patte plus franchement sur Île piège, lorsqu'il franchit le léger obstacle qu'on lui a ménagé. Il va sans dire que cette série d'opérations s'exécute avec les gants dont j'at parlé plus haut, qui, aprés qu’on a fini de s’en servir, prennent place dans le sac aux pièges, sac qui n’a lui-même d'autre usagants et quelque-
ge que de contenir ces dermiers, les £ fois les appâts destinés à l'animal. Ce sac et son contenu ne doivent jamais passer le seuil d’une porte. Il faut l'accrocher à un arbre, n’y toucher qu'avec précaution et le moins souvent possible. Avant de tendre le piège, 1l est essentiel de le la-er dans une lessive faible. [1 faut l'y laver également toutes les fois qu'il s'est pris un renard ou qu’une cause quelconque l’a fait se détendre. Le piége que l’on emploie le plus généralement est un peu plus petit que le piége à castor No 4.
Si l’on veut réussir dans cette chasse, rien ne doit être négligé pour dissimuler la présence du piége, et on ne saurait prendre trop de précautions pour laisser aux chemins leur apparence habituelle. La moindre émanation, le moindre changement, je ne saurais trop le répéter, frapperaient l’odorat ou les yeux du renard et le ferait passer en deça ou au-delà des tentures.
La chasse à l’appât se fait en automne et en hiver. En automne le piége est placé comme dans les
1 trois ou de forcer sur le l'on lui rations ut, qui, é‘dans e usauelqueet son porte.
u’avec
is une ites les > quelon emtit que
1e doit ége, et ir lais- Mmoinsaurais ux du
es ten-
hiver, ns les
chemins, mais, l'on abandonne ces chemins en partie et l’on fait surtout choix, pour tendre, des buttes découvertes, des plaines appelées savanes et des pointes rocheuses avancées. Après avoir caché le piége, on sème tout autour, jusqu'à quelque distance, de nombreux morceaux de la grosseur du pouce environ de chair de lièvre, d'intestins de perdrix...etc. [on préconise surtout comme appât irrésistible pour Île renard, la ôte puante, que les savants et les empaiileurs désignent sous les noms latins moins éloquents de AZephitis américana--de Mephitica-de Vi verra mephrtis, etc.
Le renard, quelle que soit sa couleur, subit un entraînement désordonné pour le cadavre odorant de cet animal. Sa gourmandise ne résiste plus et il semble qu'elle oblitère son ‘ instinct” au point de le rendre sourd à tous les appels de la prudence.
En hiver, l’excavation qui doit recevoir le piége se creuse dans la neige, et c’est avec de la neige tamisée à travers le bout de la raquette, que l’on efface et recouvre tous les vestiges qui peuvent décéler la présence de l’homme et sa tenture. Toutes les précautions, qui sont d’usages en automne, doivent se prendre en hiver. Les saisons les plus favorables à la chasse du renard sont le printemps et l'automne.
I n'est pas inutile d'indiquer quels sont les soins à prendre,une fois la chasse terminée. Aussitôt qu'ils ont fini de servtr, les pièges doivent être lavés à la lessive, puis, s'il est possible, plongés dans un
lac ou dans une mare d’eau douce où ils resteront jusqu'a la saison de chasse suivante. L'heure venue ils seront tirès de l’eau à bout de chaîne, et toujours à bout de chaîne, mis dans un sac lavé, savonné avec soin et qui, désormais, n'aura plus d’autre usage. Une fois cela fait, l’on fixera le tout à un arbre, feuillu par exemple, soit par une branch:, soit par un croc de fer. Il est bien entendu toujours, que ces différentes manipulations s'exécutent au mon de gants destinés à cet usage spécial. Les chau:< + 24 qui servent en automne, c’est à dire, tant que la re n’est pas assez épaisse pour exiger l’emploi de la raquette, doivent être graissées cinq ou six jours avant de s’en servir. La matière la plus employée dans ce cas est l'huile de loup-marin, le renard n'étant pas insensible aux débris de phoque que la mer jette quelquefois au plain.
Pour s'emparer du renard, on se sert aussi de l’attrape (fig 2. 3. 4.) ; mais elle demande une habitude et une habileté de ma'n peu communes, et jamais elle ne peut égaler en efficacité le piége de fer. En général, ainsi que le collet, elle ne prend que ceux des animaux de cette espèce qui sont fatigués de l'existence ou que la nature a doué du seul /nsténct, et qui, n'ayant rien appris de leurs parents ou de l'expérience, sont restés absolument idiots, ce qui est rare, l'homme seul atteignant sur ce point délicat comme sur beaucoup d’autres la suprême perfection.
f'aurai l'occasion de décrire plus loln, en parlant du loup-cervier et de la martre, les attrapes qui ser-
resteront ire venue toujours savonné s d’autre tout à un iche, soit toujours, utent au ial, Les dire, tant iger l’em-
cinq ou e la plus 1p-marin, de pho-
si de l’athabitude et Jamais fer. En que ceux igués de instinct, sou de e qui est t délicat rfection.
parlant qui ser-
vent ordinairement aux chasseurs pour capturer les fourrures. ‘Toutes se ressemblent. Elles ne différent que par leurs dimensions.
On empoisonne aussi le renard, mais je réprouve ce procédé, qui peut devenir très dangereux pour le chasseur et qui offre plusieurs autres inconvénients, parmi lesquels je citerai la perte complète de lanimal chassé, lorsque, pour une cause où pour une autre, la subtance toxique employée n'e pu produire son effet immédiatement. Quoiqu'il en soit je transcris ici tout au long ce que M. H. P. de Loncey dit de l’'empoisonnement du renard dans son livre de l'Art de detruire les animanz malfaisants ou nuisibles. Les procédés qu'il indique me paraissant mieux compris que ceux qui sont adoptés par nos chasseurs qui n’emploient, du reste, le poison que bien rarement.
Les écrivains spéciaux qui ont écrit sur la matière s'accordent à dire que l’empoisonnement réussit encore mieux pour le renards que pour les loups, et qu'employé en temps de neige, c’est le moyen le plus destructif.
“ La strychnine, comme pour le loup, est le meilleur poison ; 1l suffit d'en mettre une toute petite pin-
(1) Note de l’auteur.—Il ne peut être ici question que des chiens d'Europe. Nos chiens de la cote, si précieux à plus d’un titre” se nourrissant presque exclusivement des débris de gibier d’eau et de poissons jetés au plain par la mer, seruient
les premières et les plus sûres victimes de l'application d’un pareil procédé,
cée dans chaque appât pour tuer ie renard presque sur place. Il ne faut pas en mettre trop, car elle exciterait immédiatement des vomissements chez l’animal qui s’en débarrasserait. Dix centigrammes suffisent. On en met dans des souris, que les chiens ne mangent guère d'habitude, dans des petits poissons crus, dont le renard est très friand, dans la tête d’un canard, la plupart des chiens ayant en houreur les émanatio"s des o‘seaux aquatiques, tous refusant d'en manger, (1) ou dans des poires séchées au four, que le renard aime beaucoup aussi.”
‘On: ouve dans les livres de chasse beaucoup de recettes pour attirer et empoisonner les renards ; M. Moyne, ‘e Eine, dit avoir purgé un grand canton dé bois qui en était infesté, de la manière suivante :
‘ Après avoir fait fondre, gros comme une noix, de graisse de cochon, vous y mêlez une pareille quantité de strychnine, que vous pétrissez bien avec cette graisse, sur une assiette, en employant une spatule de bois. Coupez des morceaux de papier de soie d’un pouce carré, roulez dans chacun, gros comme trois grains de blé, de la susdite pommade. Vous ferez fondre ensuite 200 grammes de graisse de mouton dans un vase verni de neuf, à laquelle vous ajouterez 100 grammes de miel liquide et quelques gouttes d'essence d’anis. Laissez un peu refroidir et trempez deux ou trois fois les boulettes jusqu'à ce qu’elles soient recouvertes et glacées, sans les toucher des doigts, ni avec du fer. Déposez-les ensuite dans un verre ou vas: propre, vous les y pren-
ammes chiens S poisla tête 101reur efusant u four,
aretlle | avec t une papier gros made.
sse de vous ques roidir ISQU'à S les s enpren-
drez avec une spatule de bois pour les déposer sur le passage des renards.
‘ Celui qui les place ferait bien de se chausser de sabots. On frotte la semelle avec de l'essence d’anis qui attire les renards. Pour ne pas prodiguer vos appâts et vous assurer la réussite, placez le premier jour, au lieu de boulette, de petits morceaux de pain grillé, trempé dans le second ingrédient S'ils sont mangés, remplacez-les le lendemain par des boulettes qui ne doivent pas être mises sur vos pas mêmes, mais surles côtés, à une distance raisonnable Îles unes des autres, et vous êtes sûr de réussir.”
Voici un autre procédé, qui a bten des analogies avec celui que nous venons de décrire, et que nous trouvons dans l'Aeclimatation, journal des éleveurs :
“ De tous les moyens employés pour détruire les renards, blaireaux fouines et autres dévastateurs de varennes, les appâts empoisonnés sont considérés
comme les plus pratiques, parce qu'ils est plus facile de relever chaque matin 1 s proies qui n'ont pas été dévorées la nuit, pour éviter tout accident, que de détendre des piéges, longs à remettre en place le soir, tandis qu'il suffit de laisser tomber l’appât ;
puis, parce que ces animaux, ausssi fins que défiants, se méfient considérablement des piéges. Ils éventent même parfois le poison; mais si la nuit a été mauvaise, ils y reviennent et poussés par la faim, ils mettent la dent au morceau qui sera leur dernier repas.
Les insuccès qu'on a constatés dans l'emploi des
appâts empoisonnés viennent sqrtout de leur mode de préparation et du soin apporté dans leur placement.”
Moelange pour trainee le renard.
500 grammes de graisse de porc mâle.
15 —— de fenu grec pulvérisé.
15 —— de camphre pulvénisé.
15 —— d'huile d’'anis.
15 —— d'iris de Florence.
125 ——— debon miel.
Preparation.
‘Faire fondre la graisse de porc dans un pot de terre neuve et verni, y ajouter deux oignons blancs coupés en morceaux ; après cuisson les retirer. Mettre alors les autres ingrédients, l'huile d’anis exceptée. Remuer jusqu'à ce que le mélange prenne un peu de consistance, puis verser l'huile d’anis.
M. de Loncey ignore les vertus de la drogue et moi aussi du reste. ‘Tous les chasseurs en ont une infaillible, dont ils gardent le secret avec un soin jaloux et qu'ils n’emploient, j'ai cru m’en apercevoir, que le plus rarement possible et lorsqu'ils ont perdu tout espoir de se saisir du renard par des moyens moins mystérieux. En général la drogue a pour base le whisky dans lequel on dissout selon le cas et les animaux, les substances les plus disparates. L'expérience m'a confirmé bien des fois qu’un piége placé avec soin, intelligemment garanti de tout attouchement pouvant lui communiquer l’odeur humaine,
ART PSE
ne un
ue et
une in ja- ‘Voir, )Jerdu )yens pour as et L’ex- )iége ttouaine,
offrait autant, et plus de gages de succès qu: le piége le plus drogué. J'ai pu même assez facilement faire admettre cette vérité à des chasseurs de profession, en leur faisant convenablement employer le whisky, qui doit être la base de toute drogue irrésistible.
Le renard est très abondant sur la côte nord. Il se perpétue, grâce à sa finesse, car aucune loi ne le protège. Tout le monde en tout temps peut lui courir sus et le mettre à malemort. Nos législateurs l'ont sans doute considéré comme un animal redoutable ou nuisible. Nuisible sur la côte du Labrador est un comble énuivalent au poison délétère de l'ancienne loi. Ce comble, qu'on me passe encore un fois le mot, n’est pas de moi et je le regrette ponr l'illustration de ma race. Quelques chasseurs usant de ce que j'appelerai un oubli de Z’instinct legis/atif, s'emparent des renard à l’époque des amours, les élèvent ainsi que leur portée jusqu'au milieu de lhiver et les tuent aussitôt que le poil est de saison. Cette opération toujours profitable pour le chasseur lorsqu'elle est mené à bonne fin,—(car il est rare qu’une portée ne contienne pas un ou deux renardeaux de prix)--offre entre autres inconvénients celui de ruiner les territoires de chasse, et bientôt, la fourrure de grand luxe, comme celle qui provient du renard argenté et du renard noir, aura entièrement Gis-
paru.
La peau du renard se lève en incisant autour des
lèvres ou entre les cuisses. Elle se place sur un moule avec serre (fig. 7 et 8) le poil en dedans.
Sauf pour le castor et pour l'ours, la manière d'étendre une peau est toujours la même et nous aurons occasion d’v revenir en parlant des martres, des visons, des pékans, etc.
La peau du renard donne la plus précieuse des pelleteries. Pour la variété noire et pour la variété argentée, elle atteint un prix quelquefois très élevé. J'ai vu vendre il v a quelques dix ans, une peau de renard noir K120. Ces prix ont beaucoup diminué. Le tableau ci dessous donne le minimum et le maximum dés prix accordés sur la côte nord aux peaux de renards de toutes couleurs pendant les dix dernières années, c’est-à-dire de 1878 à 1888.
Renards Minimum Maximum Jaune $r.20 $2.50 Rouge 1.50 3-00 Croisé 4.00 8.00 Double croisé 6.00 14.00 Argenté 28.00 35-00 Noir argenté 35-00 48 00 Noir 55:00 120.00 Blanc 2.50 3-50
Le renard bleu est très rare, cependant son prix atteint à peine celui du renard double croisé.
J'ai négligé de dépeindre les beauté; physiques du renard, mais j'ai jugé qu'il était inutile de reproduire des traits si connus. Qui donc les ignore? Cependant comme l'absence de ce portrait pourrait étre considérée par mes lecteurs comme une regrettable
re d’'éaurons
les vi-
e des ariété élevé, iu de ninué, ma xIpeaux
der-
um
lacune, je le remplace avantageusement par la description byzantine, mais toute scientifique qui suit : ‘canines séparées des molaires et les trois premières de celles-ci séparées entre elles : pupilles allongées verticalement ; queue longue et touffue : museau pointu. Les renards exhalent une odeur fétide ” J'en finirai avec le renard en vous disant que la femelle est bonne mère, qu'elle met bas jusquà sept et huit petits et les élève tendrement, pendant que le père probable, polygame dénaturé, cherche loin de sa famille de nouveaux plaisir et de nouvelles proies