PREMIER ETAGE
les murs ont 2“ 65 d’épaisseur, renferme deux salles voûtées d'ogives. Elle commandait un retour d’angle de 1 enceinte défendue par trois tours rondes et deux tours carrées jusqu a la porte de Jouy. Cette porte, flanquée de deux tours en éperon, du XIIP siècle, est en partie ruinée, mais ses salles intérieures, reliées par un couloir souterrain, présentaient la même disposition que celles de la porte Saint-Jean. A côté de la porte de Jouy, près du puits salé, on visite la grande salle basse de l’hôpital du Saint-Esprit, dont les voûtes d arêtes en blocage du XIIIe siècle sont soutenues par vingt piliers carrés disposés sur deux rangs.
En continuant à longer le mur d’enceinte, on rencontre une tour ronde, une tour en éperon voûtée d’arêtes, une tour carrée, puis la porte au Pain, qui fut forcée par les Anglais le 2 octobre 1432, et la curieuse tour hexagone, dite tour Faneron. A ce point, l’enceinte se divise en deux branches : l’une, flanquée de trois tours, descend par le Trou-au-Chat vers la rivière du Durtein, dont elle commandait le pont ; l’autre part de la poterne Faneron et rejoint la massive construction du Bourg-Neuf. Elle se dirigeait ensuite vers le Palais des Comtes.
Le Donjon.
Relié par des murs en ruines et par la porte Hodois à la tour de Luxembourg, qui fait partie de l’enceinte, le donjon, ou tour de César, fut bâti vers le milieu du XIIe siècle. Après la prise de Provins par les Anglais, sa base fut entourée d’une terrasse destinée à recevoir des bouches à feu. Cette tour octogone est flanquée de quatre tourelles qui s’arrêtaient au niveau du chemin de ronde extérieur, mais dont la partie haute a été
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reconstruite en porte à faux sur un arc-boutant. Au rezde-chaussée, où l’on descendait du premier étage, une salle voûtée en coupole renferme l’escalier qui donnait accès au puits. Au premier étage, où la coupole porte
sur des arcs de décharge, quatre poternes communiquaient avec la chemise au moyen de ponts volants. A l’étage supérieur, un chemin de ronde voûté en berceau se trouve sous le crénelage. Ce donjon, dont le
plan est très original, était couronne par des hourds en bois, dont les grands liens s’appuyaient sur un reliait ménagé au-dessus du chemin de ronde extérieur.
Palais des Comtes.
Transformé en collège, le palais des Comtes de Champagne fut rebâti au XIII* siècle, à l’exception de la chapelle. Le bâtiment central a été reconstruit, mais 1 aile du nord en ruines conserve encore des baies géminées avec leurs colonnettes et leurs archivoltes tréiléesquise détachent sur un linteau. Dans l’aile méridionale, défigurée par des lucarnes modernes, il laul signaler des fenêtres trilobées, une grande salle ornée d arcatures gothiques et un tuyau de cheminée du XIIIe siècle, dont le couronnement a été refait.
Sous la chapelle, il laul visiter la plus ancienne salle souterraine de Provins, qui peut remonter à la lin du XIe siècle. Sa voûte en berceau est construite 'en grossier blocage, et son chevet plat est précédé d un doubleau en plein cintre. Au sud, les fenêtres, très ébrasées, sont bouchées. La chapelle supérieure, dont la nel est coupée par des cloisons modernes, se termine par un chœur carré qui remonte au milieu du XII' siècle, comme 1 indiquent les nervures de sa voûte d’ogives ornée d’une arête entre deux boudins. Sous les fenêtres latérales en plein cintre, comme celles du chevet, on voit des arcatures de la même lorme à claveaux nus. Une charte de 117<S fait mention de cette chapelle.
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Église de Saint-Quiriace.
Cette collégiale, qui s’élève sur l'emplacement d'une église romane mentionnée dans les chartes du XIe siècle, tombait en ruines quand Henri le Libéral, comte de Champagne, fit commencer les travaux de reconstruction vers 1160. Il accorda de nombreux privilèges aux chanoines en 1161 et en 1176. En 1238. le chapitre envoya des quêteurs dans les diocèses de Sens et de Keims pour réunir les fonds nécessaires à l’achèvement du transept.
Le plan de l’église comprend une nef de deux travées, un large transept et un chœur très profond entouré d’un grand déambulatoire qui communique avec les trois chapelles du chevet plat. La nef du XIIIe siècle est voûtée d’ogives, et les arcades en tiers-point de ses deux travées retombent sur une colonne intermédiaire, comme à Voulton. Le triforium, dont les arcs trilobés sont surmontés d’un quatre-feuilles, se continue dans les croisillons ; mais, dans la première travée, cette galerie a été remaniée au XVIe siècle.
La tour centrale, qui devait remonter au XIIIe siècle, s’écroula sur la voûte d’ogives de la croisée, le 17 août 1662, pendant un incendie. Elle fut remplacée par un dôme, reconstruit à l’époque moderne, qui repose sur des pendentifs ornés des figures en stuc des quatre Évangélistes. Les croisillons du XIIIe siècle, voûtés d’ogives, sont encadrés par de grands doubleaux en tiers-point. Au nord, le mur du fond, tapissé d’arcatures superposées, présente une grande rose bouchée au-dessus du triforium. Au sud, les deux grandes baies géminées, avec leur remplage rayonnant
Plan de Saint-Quiriace
et leur rosace à huit lobes, portent l’empreinte du style du XIVe siècle.
Les trois travées droites du chœur sont recouvertes de huit branches d’ogives dont le tore aminci est flanqué de deux baguettes, comme à Voulton. Toute cette partie de l’église lut bâtie dans la seconde moitié du XIIe siècle, ainsi que le chevet. L’influence romane se fait encore sentir sur la décoration des deux doubleaux ornés de boudins et de bâtons brisés qui encadrent la première voûte du sanctuaire.
T. es grandes arcades en tiers-point de la partie droite retombent sur quatre piles et sur quatre colonnes isolées. Dans 1 hémicycle, où huit nervures rayonnent autour d’une clef centrale, les arcs des travées s'appuient sur six grosses colonnes et sur des chapiteaux ornes de feuillages. La tribune supérieure, aujourd’hui bouchée, est ajourée par des haies en plein cintre dont les deux tores retombent sur des colonnettes engagées. Les fenêtres hautes, encadrées par un boudin continu, sont divisées par deux arcs secondaires dans la partie droite du chœur: leur archivolte est cintrée.
Le déambulatoire, voûté d’ogives à double boudin avec arête intermédiaire, est flanqué au sud d’une sacristie el d’une salle capitulaire de la même époque. Ses deux voûtes d’angle, dont l’unique nervure vient buter sur la clef d’un doubleau, méritent d’attirer l’attention. Au XIVe siècle, une petite chapelle, qui renferme de remarquables boiseries incrustées du XVIIe siècle, fut bâtie contre la dernière travée du nord. Les arcatures en tiers-point placées sous les fenêtres ne sont pas antérieures au XIIIe siècle. Au sud, de curieuses têtes servent d’amortissement au bandeau torique qui passe sous l’appui des baies.
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Les trois chapelles carrées du chevet, dont les croisées d’ogives se font remarquer par l’épaisseur de leurs boudins, sont éclairées chacune par une baie en plein cintre. Les deux caveaux creusés sous les deux chapelles d'angle ont été réunis par un large couloir à l’époque moderne, mais cette crypte rectangulaire n’olîre aucun intérêt archéologique.
Au dehors, il faut signaler le Christ du XIIIe siècle, encastré dans le tympan du portail occidental bâti au XVIe siècle et la porte du XIIe siècle du croisillon nord : son archivolte en tiers-point garnie de deux boudins, de bâtons brisés et de feuilles d'acanthes, retombe sur six colonnettes. Le portail du croisillon sud, œuvre du XIIIe siècle, se distingue par l'élégant trilobé de son tympan et ses chapiteaux ornés de chimères. Les arcs-boutants du chœur, qui s’appuient sur une demi-colonne, ont été restaurés et les fenêtres du chevet sont encadrées par un cordon d'étoiles.
Maisons anciennes.
Au nord du donjon, la seule maison romane de la ville haute présente une baie inférieure en plein cintre, encadrée par des étoiles et des grandes fenêtres de la même forme, dont les moulures toriques retombent sur des colonnettes. Il faut attribuer cette habitation à la seconde moitié du XIIe siècle. Au nord de Saint- Quiriace, on visite une maison du commencement du XIIIe siècle. La salle principale, recouverte d'une charpente en berceau, est éclairée par quatre baies géminées dont les archivoltes à moulure torique s’arrondissent sur un linteau soutenu par une colonnette centrale.
OC CONGRES DK TIIOYES ET OH PROVINS
La ville haute renferme un certain nombre de maisons de la seconde moitié du XI1IP siècle : leurs fenêtres, divisées par un trumeau ou par une colonnette, sont encadrées par un arc brisé. Près de la place du Chatel, ornée d’une croix dont la base en pierre remonte au XIVe siècle et d’une armature en fer forgé, (jui recouvre un puits du moyen Age. on voit un débris du portail roman de l’église de Saint-Thibault. La finesse des marques de tâcherons, l’ornementation des chapiteaux elle profil des bases, permettent d’attribuer les colonnettes de cette porte à une époque avancée du XIIe siècle.
Le vieux château roman, appelé aussi hôtel de la Buffette. renferme deux salles superposées dont les voûtes d’ogives retombent sur une pile centrale flanquée de quatre colonnes. Dans la cave, les nervures ont le profil carré et dans la salle supérieure, elles présentent une arête entre deux tores. Il faut signaler sur deux chapiteaux Adam et Kve dans le Paradis et Moïse devant le buisson ardent. Les nombreuses caves de la ville haute mériteraient également la visite des archéologues. Voûtées d'ogives, elles remontent pour la plupart au XIIIe siècle. Au-dessous, un réseau de souterrains aboutit à un centre de rayonnement.
La Grange aux dîmes.
C’est une construction du XIIIe siècle qui servait de halle ou de marché couvert et qui fut transformée en grange aux dîmes vers le commencement du XVe siècle. Ses fenêtres hautes sont divisées par d'élégantes colonnettes qui portent un linteau sculpté. La cave, où l'on descend par un large escalier, est voûtée par des
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ogives à profil carré qui retombent sur six colonnes. Les feuillages des chapiteaux et les tailloirs octogones sont d un excellent style. Une porte en plein cintre donne accès dans la salle du rez-de-chaussée qui contient le musée lapidaire en formation. Les colonnes et. les nervures de ses voûtes sont identiques à celles de la cave, mais la salle du premier, étage est surmontée d’une simple charpente.