L'EAU
Composition. — Hydrogène, — Sources, rivières et fleuves. — Pluie. — Neige. — Glaciers, — Eaux douces, salines et minérales. — Ammoniaque et acide azotique. Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle on considé-
rait l’eau comme un corps simple, un élément. C’est
Lavoisier qui prouva, en 1789, que l’eau résulte de
la combinaison de l’orygène et de l'hydrogène. De
nombreuses expériences ont démontré que la combinaison d’un litre d'oxygène avec deux litres d'hydrogène produit un litre de vapeur d’eau.
Nous avons déjà parlé de l’oxygène, à propos de la composition de l'air et de lacide carbonique; nous n’ajouterons rien aux notions sommaires que nous avons données sur ce gaz.
L'hydrogène est un corps gazeux d’une extrême légèreté, puisqu'il pèse environ quatorze fois et demie moins que l’air. Sa densité est de 0,069, en prenant pour unité celle de l'air.
L'hydrogène brûle dans l’air avec une flamme pâle. Le résultat de la combustion qui n’est autre chose que la combinaison de l'hydrogène avec l’oxyzène de l’air, est de la vapeur d’eau. L’hydrogène
L'EAU. DA entre dans la composition d’un grand nombre de substances végétales. Les huiles, les résines, la cire sont formées d'hydrogène combiné avec du charbon. |
L'eau est la substance la plus abondamment ré- ‘pandue à la surface du globe. À Pétat liquide, elle remplit les mers qui occupent près des trois quarts de cette surface, elle forme sur les continents les réservoirs et les courants qui sont les lacs, les rivières et les fleuves. Ces courants ramènent constamment vers la mer les eaux vaporisées qui s’en échappent pour venir se déverser,. sous forme de pluie, sur les continents.
Les sources sont les points d’affleurement des courants d’eau qui circulent dans le sol. Elles sont produites par l’infiltration des eaux pluviales à travers les couches superficielles de la terre. Ces sources, qui donnent naissance aux ruisseaux, et par suite aux rivières, aux lacs et aux fleuves, sont alimentées par les pluies et les neiges, c’est-à-dire par le produit de la condensation de la vapeur d’eau que contient l’atmosphère.
Le phénomène de la formation de la pluie est des plus simples. On sait que l’air tend à s'élever, quand il s’échauffe, parce qu’il se dilate et devient ainsi plus léger. Nous avons vu plus haut que l’atmosphère contient toujours de la vapeur d’eau.
Lorsqu'un courant d’air chaud, comme celui qu’aménent les vents du Sud et de l'Ouest, arrive sur le continent, il se produit dans sa masse un mouvement de bas en haut dirigé vers les régions élevées de l’atmosphère. La pression des couches supérieures sur celles qui avoisinent le sol est diminuée : le baromètre baisse ; l’air se dilate, il ne peut plus conserver à l’état de vapeur l’eau qu’il contient ; cette vapeur, arrivant dans les couches supérieures toujours froides, s’y condense sous forme de nuages qui se résolvent bientôt en pluie. |
On voit alors se produire un effet analogue à celui qu'on peut observer tous les jours au passage d’un tram de chemin de fer. La vapeur s’échappant de la machine s’élève avec rapidité dans l’atmosphère, à sa sortie elle est transparente, mais à quelques mètres au-dessus du tuyau d'échappement elle commence à se refroidir et se condense en formant une longue trainée nuageuse. Ce nuage se dissipe souvent dans l’air, mais par les temps froids il s’en échappe une pluie fine dont on voit très-bien les traces sur la voie. | |
Comme les hautes régions de l’atmosphèere sont toujours froides, les masses de vapeur tiède entrainées par les vents chauds y sont bientôt condensées. Si le refroidissement est très-vif, la vapeur est immédiatement transformée en neige; s'il est moins
L'EAU. 23 considérable, la condensation produit des gouttelettes d’eau, c’est-à-dire de la pluie.
Les vents du Nord et de l'Est se dirigeant vers les régions plus chaudes donnent lieu à des phénomènes tout contraires. Comme l’air qu’ils poussent est froid et partant plus dense que celui des contrées traversées, son pouvoir dissolvant de la vapeur d’eau est plus considérable, 1l ne tend pas à s'élever. La pression exercée sur les couches inférieures augmente : le baromètre monte. La vapeur d’eau est entraînée, il ne se forme pas de nuages, et le soleil garde alors tout son éclat. On dit alors qu'il fait beau temps.
L'eau se présente à l’état solide sous forme de olace ou de neige. Cette dernière substance, qui se produit par le refroidissement subit de la vapeur d’eau contenue dans l'air, est formée de très-petites aiguilles de glace agglomérées. Dans les régions polaires, où le froid est très-intense, la surface des mers est presque toujours couverte de glaçons immenses produits par la congélation des eaux. Ces slacons se soudent entre eux et forment une barrière que l’on nomme banquise.
La-neise qui tombe en grande abondance sur les hautes montagnes y forme des amas que la chaleur de l'été est insuffisante à faire fondre. Ce sont les neiges éternelles.
Lorsque les neiges des versants élevés sont entrainées, soit par leur poids, soit par le vent, dans les couloirs , elles s'y accumulent et forment les glaciers. En été, le soleil agissant sur la surface de ces neiges amoncelées et pressées, en réduit une partie en eau qui pénètre à travers Le masse, se congèle en agglutmant les petits cristaux, et finit par leur donner la consistance de la glacecompacte. Toute la neige fondue n'est cependant pas transformée en glace. Une partie traverse les interstices du glacier, et forme à sa base les cours d’eau qui sont l’origine de la plupart des grands fleuves.
D’après ce qui précède, on voit que c’est {la va peur contenue dans l’atmosphère qui alimente nos sources et, par suite, tous nos cours d’eau.
Le globe terrestre peut être considéré comme un vaste alambic dans lequel le soleil joue le rôle de foyer et les mers celui de chaudière. Le refroidisse= ment s'opère dans les hautes régions de l’atmosphère, et les produits de la condensation reviennent dans les mers en suivant les pentes des continents.
. Les eaux de la mer sont salées, celles des sources sont douces. En se vaporisant, l’eau subit une véritable distillation. Les sels qu'elle renferme restent dans les mers et la condensation des vapeurs donne une eau parfaitement pure. Mais cette eau, en traversant l'atmosphère, dissout une certaine quantité
SUAUX 29 d'air, d'acide carbonique et de quelques autres gaz; elle entraine les poussières ; aussi, quand elle arrive en pluie ou en neige à la surface du sol, n'est-elle pas absolument pure.
L'eau des sources et des fleuves est moins pure que celle des pluies, car elle renferme toutes les substances solubles contenues dans les terrains qu'elle a traversés; quand ces substances sont en très-faible proportion, l’eau est dite douce ou potable, et peut être employée aux usages domestiques ; s1 la proportion des matières salines dissoutes devient assez grande pour donner à l’eau un goût spécial et des propriétés imdustrielles ou médicinales , elle rentre dans la catégorie des eaux salines où minérales,
L’eau est le grand dissolvant de la nature. C’est un des éléments imdispensables à la vie de tous les corps organisés. Elle entre dans la composition de toutes les parties des végétaux, Cest l’eau qui dis= sout et charrie dans leurs tissus les matières destis ñées à les faire croître, C’est par l’eau que les sels renfermés dans le sol pénètrent Jusque dans les organes internes de toutes les plantes, où on les retrouve sous forme de cendres.
Les eaux pluviales, les seules dont l’action s'exerce Sur les végétaux forestiers, renferment toutes des oaz qu'elles ont absorbés au contact de l'atmosphère,
Ces gaz sont: un air contenant plus d'oxygène que l'air atmosphérique, une petite quantité d’acide carbonique et quelques traces des substances qui résultent de la combinaison de l’azote de l’air avec l'oxygène et l’eau. Ces substances, nommées acide azotique et ammoniaque, sont en très-faible proportion dans l’atmosphère, puisqu'elles ne représentent que 2 cent millionièmes de son poids. Elles paraissent cependant exercer une action très-sensible
sur la végétation. L'air oxygéné et l’acide carbonique:
en dissolution dans l’eau , favorisent aussi les réactions et les combinaisons chimiques qui s’opèrent dans le sol et dans l’intérieur des plantes, leur présence est très-favorable à la croissance des végétaux. On constate l’utilité de l’aération des eaux, en comparant les résultats obtenus par les arrosages faits avec l’eau de puits, qui ne renferme presque pas d'air, et ceux qu'on fait avec des eaux pluviales, toujours bien aérées.
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LE SOL