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desséchant et deviennent très-durs : ce sont des terrains froids , difficiles à cultiver. | LE 8
L’argile, mélangée de calcaire , prend le nom de marne. Gette substance a des propriétés intermédiaires entre celles de ses composants; comme elle se délite aisément, les terrains qu’elle forme sont plus meubles que les argiles et moins secs que les calcaires purs.
D’après ce qui vient d’être dit sur les qualités. des sols de désagrégation, on voit que chacun d’eux a des propriétés diverses, mais qu'aucun n’a une orande fertilité ; c’est qu'en effet tous ces sols, formés du petit nombre d'éléments qui constituent les roches sous-jacentes , sont, où trop compactes, ou trop légers , ou trop froids, ou trop secs. Pour qu'ils arrivent à former des terrains vraiment fertiles, 1l faut que tous ces éléments soient mélangés de manière que leurs défauts se neutralisent ; il faut, en outre, qu'ils renferment une certaine quantité d'humus.
L'humus est cette matière noirâtre, terreuse, qu'on trouve dans le tronc des arbres morts, sous les souches des vieilles bruyères, partout où les” feuilles, les bois et les matières organiques se sont décomposés lentement; sa consistance est très-spongieuse. Le carbone, qui domine dans la composition de l’humus , avant déjà fait partie de corps organisés,
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est très-poreux et par conséquent très-pénétrable à Pair et à l’eau, dont il absorbe de grandes quantités.
La présence de l’humus dans un sol lui donne toutes les qualités qui produisent la fertilité, car il ameublit les terres trop compactes, réchaufle celles qui sont trop froides, et conserve la fraicheur à celles qui se dessèchent trop facilement.
Les alluvions, formées de matières minérales entrainées par les eaux el réduites à l’état de limons, dans lesquels on retrouve intimément incorporés le calcaire, la silice, l'argile et l’humus, sont des terrains de première qualité.
On peut dire, d’une manière générale, que la ferüilité d’un sol est d'autant plus grande qu’il est composé de plus d'éléments divers.
Les bouleversements qu'ont subis les couches supérieures du globe, les modifications qu’elles ont éprouvées par l'effet des eaux, ont produit d'innombrables mélanges entre les matières qui composent les roches. Aussi la variété des sols est-elle très-grande. Il n’y a, pour ainsi dire, pas deux terrains qui soient identiquement composés des mêmes éléments ; mais pour faciliter l'étude de leurs propriétés, on désigne, comme nous l'avons fait, les sols de désagrégation par le nom de la roche qui y domine. Ainsi, on dit les terrains granitiques, crayeux , argileux,
siliceux ; quant aux sols composés, ils prennent le
nom dela substance dominante, nom auquel on joint celui des roches qui entrent dans le mélange. Ainsi, on a des sols argïlo-calcaires ou calcaire-argileux, argilo-siliceux, etc.
En indiquant ensuite la proportion d’humus qui est mélangée aux matières minérales, on obtient une définition des sols qui suffit pour indiquer à peu près leurs qualités.
Les- substances minérales qui entreht dans la composition des sols de désagrégation, se r'enouvellent constamment par leflet de la désagrégation des roches sous-jacentes; la constitution chimique de ces sols est donc à peu près fixe en ce qui con: cerne ses éléments minéraux , mais 1l n’en est pas de même pour ses éléments organiques. L’humus se décompose sous l’action de la lumière, de la chaleur et de l'humidité : il subit une combustion lente et se transforme en acide carbonique , qui se répand dans l’atmosphère. Les sols les plus riches en humus peuvent done s’appauvrir avec le temps et devenir infertiles lorsqu'ils sont réduits à leurs composants minéraux. Nous voyons souvent ce résultat se produire lorsqu'on cultive des terres légères, calcaires ou siliceuses, peu profondes , dans lesquelles il se trouve de grandes quantités d’humus provenant d'anciens bois détruits ou de vieilles bruvères. Les labours répétés ramèenent l'humus à la surface et ameublissent
LE SOL. Jo le sol ; Pair le pénètre dans tous les sens, le soleil et la pluie font le reste; au bout de peu d’années tout Phumus a disparu. Ces terrains, qui avaient au début une couleur sombre, due à la présence des débris
. organiques, prennent peu à peu la teinte de la roche dominante , ils perdent bientôt leur fertilité si de fortes fumures ne viennent pas remplacer l’humus détruit,
Cet effet, assez lent lorsqu'il se produit sur des terres en plaine, s'accélère considérablement pour les terrains en pente. Là les eaux pluviales en-
, trainent, au fur et à mesure de leur formation, tous les composés minéraux solubles, toutes les partictiles fines, organiques ou autres. Elles ne laissent en place que des matières inertes, et transportent au lom, sous forme de sable et de limon, tout ce qui constitue la richesse du sol.
Les vallées traversées par les grands fleuves sont ordinairement formées de dépôts de cette nature. À raison de leur fertilité, ces vallées ont été cultivées les premières. C’est seulement lorsque la population s’est accrue de manière à ne pouvoir subsister sur cet espace trop restreint qu'on a commencé à mettre en culture les plateaux plus élevés et les versants des montagnes.
Les forêts qui couvraient toute la terre, à l’excephon des hautes montagnes, où les grands végé-
taux ne peuvent croître, ont été successivement détruites par l’homme et remplacées par des terres, des prés, et des vignes partout où ces cultures ont été praticables. Mais on ne s’en est pas tenu là, et bien souvent l’on a détruit des forêts dans des contrées où 1l y aurait eu tout avantage à les conserver. Ainsi dans les montagnes on a arraché les bois pour étendre les pâturages , et au lieu de bois qui venait très-bien , on a obtenu des herbages d’abord assez abondants, mais qui sont devenus si maigres par la suite , que les moutons peuvent à peine s’y nourrir. Ces terrains arrivent peu à peu à un état de complète dénudation ; les eaux y creusent de profonds ravins et entraînent dans les vallées , sous forme de sables et de galets, le$ débris arrachés aux flancs des montagnes déboisées. Ces désastreuses opérations n'ont pas été faites dans les montagnes seulement ; il est bien des plaines où le terrain peu propre à la culture a été imprudemment défriché. Là encore on a remplacé de belles forêts par de mauvaises terres, dont le produit couvre à peine les frais de culture. |
L'action que le terrain exerce sur la végétation n’est pas seulement due à la nature chimique des éléments qui le forment, elle dépend beaucoup de l’état de division de ces éléments et de leur âptitude à àabsorber l’eau. Le sol qui sert de support aux
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végétaux peut être aussi considéré comme le réservoir dans lequel les racines vont puiser l’eau nécessaire à leur existence. Les infiltrations des courants souterrains , les pluies alimentent ce réservoir où l’eau se trouve maintenue en couches très-minces mouillant chaque parcelle de terre,
Pour qu’un sol soit propre à la culture des grands végétaux, il faut donc qu’il ait une consistance assez solide ; car les racines doivent s’y implanter et s’y fixer de manière à assurer la stabilité du végétal.
Il faut, en outre, qu'il soit perméable à l'air, et qu’il conserve toujours une certaine quantité d’humidité. Ces conditions sont remplies toutes les fois qu’un sol meuble, d’une certaine épaisseur, mélangé d’humus, repose sur des sables, des pierrailles, ou même sur des roches fissurées, car alors la couche superficielle laisse pénétrer l’eau jusqu'aux racines qui s'implantent dans les fissures du sous-sol. Mais si le sous-sol, au lieu d’être pénétrable, est argileux ou formé de masses compactes, l’eau retenue par ces couches impénétrables empêche les racimes-de remplir leurs fonctions ; elles pourrissent, et le végétal meurt.
Les terrains très-légers, comme les sables siliceux, se laissent traverser par l’eau avec une grande facilité ; ils s’échauffent et se refroidissent promptement. Leur surface se dessèche si vite que les ra-
cines des jeunes plants sont brûülées avant d’avoir pu atteindre les couches plus profondes où il reste un peu d'humidité, |
D'après ce qui précède, on comprend que la fertiité d’un terrain dépend non-seulement de sa composition, mais encore de sa situation et de la quantité d’eau qu'il renferme. Ainsi, tel terrain calcaire ([ui,. sur un coteau exposé au soleil, sera de trèsmédiocre qualité, pourra devenir bon dans la vallée où 11 sera arrosé par des eaux d'infiltration. | . Un terrain infertile, quand il est souvent recouvert par des eaux stagnantes, deviendra excellent quand des travaux de desséchement en auront fait écouler les eaux surabondantes. Un sol de trèsbonne qualité, mais formant une couche de peu d'épaisseur sur des roches compactes, pourra être tout à fait impropre à ia culture forestière, sil est exposé au midi, parce qu'il se desséchera trop profondément ; exposé au nord, ou rafraichi par des eaux d'infiltration , ce même sol deviendra très-bon.
La fertilité dépend donc d’un grand nombre de causes dont la détermination scientifique serait fort compliquée , si l’on voulait établir un classement exact de la valeur relative des divers sols. Il n’est heureusement pas besom de recherches aussi complexes pour apprécier à peu près la qualité d’un
TE SO. 39 terrain donné. La couleur, laspect du sol, sa profondeur, et surtout l’apparence des végétaux qui y croissent, fournissent à cet égard des indications assez sûres pour dispenser les forestiers des analyses chimiques que les agriculteurs sont obligés de faire quand ils veulent se rendre bien compte de Paptitude de certains sols à des cultures nouvelles,
EMVSIOEOGIE.