PARLE TS
s’activer qu'au bout d’un certain nombre d’an- SES:
Dans les sols fertiles on peut prolonger la durée des révolutions, parce que les brins de taillis y prennent une orande hauteur. On rapprochera au contraire les coupes dans les forêts dont le sol est maigre et peu profond, parce qu’au bout de peu d’années la croissance des taillis situés dans de pareils terrains <e ralentit sensiblement.
Enfin, la durée de la révolution dépend encore de la nature des produits que la forêt est destinée à fournir.
On coupe les taillis jeunes quand les bourrées, le menu fagotage, sont d’un débit avantageux, quand on trouve à utiliser les brins à la confection de cercles, de rouettes, d'articles de vannerie, marchandises qui, lorsqu'elles ont un débouché facile, donnent aux jeunes bois une valeur supérieure à celle qu’ils acquerraient en prenant plus d’accroissement.
On retardera au contraire l'exploitation des taillis qui doivent produire des bois de feu, des perches, de la menue charpente. |
Les révolutions généralement adoptées sont pour les essences dures, telles que : chêne, charme, hétre etc., celles de 25 à 40 ans, lorsque les bois sont situés dans de bons sols. On ne dépasse pas la limite de 40 ans, mais on réduit la révolution à 20 ans,
106 SYLVICULTURE, et même au-dessous lorsque le sol est de qualité médiocre.
Les révolutions de 15 à 25 ans sont préférées pour les aunes, bouleaux, trembles et les taillis mélanœés d’érables, de frênes et de fruitiers, tels que sorbiers, merisier: , pommiers.
Enfin on exploite à 8, 10 et 15 ans les taillis de châtaigniers spécialement traités pour la confection des échalas et des cercles, ceux où dominent les saules, les coudriers, cornouillers et-autres mortsbois à croissance rapide.
Les révolutions des taillis simples sont ordinairement courtes; elles ne dépassent guère 20 ans. En général, on n’applique ce mode de traitement qu'aux forêts dont le sol médiocre est peuplé d’essences inférieures, et où les arbres de réserve ne sont pas susceptibles d'acquérir de belles dimensions.
Cependant on exploite aussi en taillis simple le chêne, le châtaignier, le micocoulier croissant dans de bons sols, quand lécorce des jeunes taillis de chêne, les cercles fabriqués avec le châtaignier, les fourches et les manches de fouets confectionnés avec les brins de micocoulier ont un prix élevé qui rendent ce mode d’exploitation préférable à tout autre. Mais le propriétaire qui ne s’adonne pas à ces productions spéciales, devra maintenir des réserves dans ses bois, toutes les fois que le sol sera assez profond
DAILLIS, 107 pour qu'elles puissent prospérer jusqu’à l’âge où elles . donneront des semences,
Quand on est fixé sur la durée de la révolution et, par conséquent, sur le nombre des coupes, il ne reste plus qu’à les asseoir sur le terrain et à marquer leurs limites par des signes fixes, C’est ce qui cons-. titue l'aménagement proprement dit.
Cette opération exige l'intervention d’un arpenteur, qui lève le plan du bois, en mesure la surface et le partage en coupes d’égale contenance. Chaque coupe est ensuite assise et délimitée soit par des bornes, soit par des fossés d’angle.
Il n’y a pas à faire chaque année l’arpentage de la coupe à exploiter dans les bois ainsi aménagés, puisque la contenance de toutes les coupes a été calculée en une seule fois. |
Les propriétaires qui ne veulent pas faire d’un seul coup les frais d’un aménagement complet, peuvent arriver à régler en plusieurs années l’exploitation de bois peu étendus d’une manière suffisamment exacte, en adoptant la marche suivante : ils prendront sur les plans cadastraux un calque du bois à aménager : ils diviseront la surface totale par le nombre d’années de la révolution pour obtenir la contenance de fa coupe annuelle, puis ils marqueront approximativement, sur le plan extrait du cadastre, la place que doit occuper chacune des coupes, en com-
108 SYLVICULTURE.
mençant par les bois les plus âgés. Si la conformation du terrain le permet, ils traceront sur ce plan une laie sommaire pouvant servir de voie de vidange sur laquelle s’appuieront toutes les coupes.
Quand ce croquis de la marche de l'exploitation est fait, il ne reste plus qu'à le suivre fidèlement. Chaque année, lors de l’arpentage, on asseoira la coupe dans l’ordre qui lui est assigné. Après lexploitation on fera ouvrir des fossés-bornes, et au bout de la révolution on aura une série de coupes bien assises et dont la contenance sera à peu près égale.
Supposons, pour fixer les idées au moyen dun exemple, que le cadastre ait donné le pourtour du bois dessiné dans la figure ci-jointe, et qu'il lui assigne une contenance de 120 hectares. Si nous voulons aménager ce bois en taillis à la révolution de 20 ans, chaque coupe devra avoir pour contenance la 20e partie de 120 hectares, soit 6 hectares. Il s’agit d’asseoir sur le terrain ces 20 coupes. Nous supposons que le bois à aménager occupe les deux versants d’une vallée dont le fond est parcouru par un sentier tortueux, mais susceptible d’être transformé en voie de vidange, partout praticable aux voitures chargées. Nous tracerons sur le plan une laie sommière suivant à peu près la direction du sentier, puis nous calculerons la contenance de chacune des parties du bois situées à l’Est et à l'Ouest de
TAILLIS. 109 Du ROFEL
cette ligne. Supposons que la première ait 6 la seconde 561,90; en divisant ces chiffres par celui
DF4 ?2 ol re
Com munal 7 c
Bois
Fig. 45.
ontenance de la coupe annuelle,
10,51 see — 9,48. Ce qui
qui représente la ©
nous avons
nous indique qu'il y à à J’Est la contenance de 10 cou-
110 SYLVICULTUR E.
pes plus 0,51 de la contenance d’une coupe, et à l'Ouest 9 coupes 0,48. Ce qui revient à peu de chose près à 11 coupes d’un côté et 9 de l’autre. Divisant donc 63,10 par 11, nous aurons la contenance des coupes à asseoir à l'Est de la ligne, et 56,90 divisé par 9, nous donne la contenance des coupes du versant à l'Ouest. Il ne nous restera plus qu’à asseoir: chaque année la coupe à exploiter d’après le croquis pour arriver à un aménagement réglé.
Le point capital dans l'aménagement est d’avoir un bon système de vidange; des produits aussi encombrants que les bois n’ont de valeur qu’autant que les moyens de transport sont économiques. Îl faut donc avant tout organiser le plan d'exploitation de telle sorte que chaque coupe ait une Die facile sur un chemin praticable.
Les arpenteurs sacrifient souvent cet intérêt de premier ordre , pour avoir des coupes de forme régulière et des lignes sommières bien droites: Leurs plans sont très-clairset aménagement paraît simple, Mais quand on va sur le terrain, on voit que ces belles lignes droites escaladent les montagnes et sont impraticables aux voitures. Les propriétaires qui ne veulent pas sillonner leur bois de percées inutiles , prendront , autant que possible, pour laies sommières les chemins de vidange; et si ces chemins ne peuvent servir de laies sommières, à raison de la configuration
A TAILLIS. 111 du terrain, les lignes de division qu'on établira ne devront avoir que la largeur nécessaire pour les bien fixer. Il est en effet inutile d'ouvrir sur 4 ou 5 mètres de largeur des lignes qu n'ont d'autre utilité que de séparer les coupes. Les lignes de division des coupes ont ordinairement 1 mètre de larseur. Après chaque exploitation on relève les bornes, l’on cure à vif les sauts de chèvre qui servent à déterminer d’une manière immuable la direction des lignes, et l'aménagement par ces soins est indéfiniment conservé:
Exploitation. — La durée des souches et la vigueur des cepées dépendent en grande partie de la manière dont l’abatage est opéré.
Les bourgeons qui produisent les rejets se forment sur le pourtour de la souche, entre l’écorce et le bois ; si l'écorce est détachée, ils ne peuvent venir. Il faut donc avoir som de ne pas soulever l'écorce de la souche ; pour cela l’abatage doit être fait avec des instruments bien tranchants et l’entaille dirigée de bas en haut, car la coupe oblique de haut en bas fait éclater le bois et déchire l'écorce. Quelque som que prenne le bücheron, il se produit toujours des éclats et des déchirures ; pour y remédier, il faut parer la section en retaillant la souche des bords au milieu de manière à lui donner une forme bombée.
La coupe devra être franche et nette pour que
112 SYLVICULTURE. ñ l’eau ne pénètre pas dans les cavités que présenterait une surface creuse et inégale. Les brins les plus faibles seront coupés à la serpe et de bas en haut, en flûte, les vieux étocs seront ravalés aussi bas que possible. |
Le séjour de l’eau sur les souches est la principale cause de leur dépérissement. L’abatage mettant à nu les tissus intérieurs du tronc, les expose à des influences contre lesquelles ïls ne sont pas prémunis. La zone de bois parfait qui entoure le canal médullaire n’avant plus qu’une faible vitalité, est d’abord attaquée par la pourriture résultant de l'introduction
des eaux qui pénètrent dans les tissus par la section.
On voit alors la souche se creuser au centre , la pourriture s'étendre peu à peu à toutes les couches de vieux bois, gagner les racmes et finir par amener la mort de la souche, malgré la surexcitation de vitalité qu'imprime aux couches externes lactive croissance des rejets.
On ne doit pas craindre de couper rez-terre, si ce n'est dans les sols bas et humides.
Les souches qui paraissaient à fleur de terre au moment de l’abatage, se trouvent, après quelque temps, élevées de plusieurs centimètres au-dessus du sol, qui se tasse et se dénude lorsqu'il est exposé aux influences du soleil, de la gelée et des vents.
Les rejets qui viennent sur des étoes coupés trop
TAILLIS. 113 haut ne prennent pas de pied et n’ont par la suite aucune solidité. Ceux qui poussent au niveau du sol s'écartent peu à peu, il se développe à leur base des racines qui se relient directement à leurStiges; ils acquièrent ainsi une existence propre et deviennent presque indépendants de la souche mère, qui peut disparaître sans entraîner leur perte. La vie des jets qui.ont cru sur des étocs élevés est au contraire tou- | jours subordonnée à celle de la souche. Il y a donc tout avantage à adopter un mode d’abatage qui assure une durée presque indéfinie aux taillis. Maloré ses avantages, la coupe rez-terre ne peut être pratiquée partout. Dans les bois mouilleux, où l’eau couvre le pied des arbres au printemps, les souches ne produiraient pas dé rejets, et seraient exposées à périr si leur section se trouvait au-dessous du niveau de l’eau. Dans les sols ainsi exposés aux inondations, il - faut donc conserver les souches plus hautes que dans les terrains secs.
Les chênes verts où ÿeuses des climats méridio: aux, qui croissent ordinairement sur des collines calcaires très-arides, demandent à être exploités entre deux terres; il en est de même des essences qui drageonnent facilement.
Les hêtres, au contraire, paraissent donner plus aisément des rejets, lorsque l’on tranche dans le
jeune bois; cette essence repousse difficilement de
souche dans certaines régions de la France, et lorsqu’on la traite en taillis, il faut avoir égard aux habitudes locales, sous peine de compromettre la régénération.®— La conservation des brins traïnants qui entretiennent le mouvement de Ja végétation parait favoriser la production des rejets; il est certain que dans certaines contrées, le Morvan par exemple, des souches de hêtres âgées de plusieurs siècles conservent encore toute leur vitalité, grâce à un mode d'exploitation qui consiste à ne Jamais les dépouiller complétement des rejets, et à toujours couper au-dessus du nœud de l'exploitation précédente. Il est convenable d’ajouter que ce mode, plus propre à créer des haies et des bordures de champs que de véritables taillis, produit des souches énormes, s’élevant à chaque exploitation et qui finissent par prendre l'apparence de masses rocailleuses sur lesquelles sont implantés des rejets vigoureux qnoique d’âges très-divers. | L’abatage se fait ordinairement après la chute des feuilles et avant la saison où la séve se met en mouvement. L'époque la plus favorable est la fin de Phiver, car les souches n’ont pas à redouter alors les selées, qui les font gercer et qui détruisent l’adhérence de l’écorce. Il va un moyen très-efficace et très-simple de préserver les souches de cette cause de destruction, c’est de les recouvrir de feuilles mor-
TAILLIS. 115 tes et de terre aussitôt après l’abatage. — Il faut éviter d'exploiter par les fortes gelées, les bücherons profiteront des moments de grands froids pour faconner les bois abattus. F
IL est important de ne pas retarder l'exploitation Jusqu'à l’époque où la séve est en mouvement. Si cependant les bois sont destinés à être écorcés, 1l est indispensable d'attendre le moment de la séve: c'est une des conditions de ce mode d'exploitation ; mais alors on devra obliger les exploitants à abattre les bois au fur et à mesure de l’écorçage, ou mieux encore à nécorcer que des bois abattus. Dans certaines contrées, les brins écorcés sur pied ne sont abattus qu’à Pautomne qui suit l’écorçage, c’est une méthode des plus vicieuses. Malgré l’enlèvement de l’écorce sur la tige et les grosses branches, les bour-seons des rameaux se développent, les feuilles s’étalent; mais la séve qu’elles élaborent ne peut se fransformer en cambium, puisque l’enlèvement de l'écorce à fait disparaitre le liber, elle se perd donc par évaporation. Les racines, ne recevant pas de séve descendänte, ne peuvent s’allonger, les matières nutritives qu’elles contenaient s’épuisent, et la souche perd ainsi toute sa puissance reproductive.
Dans les bois soumis au régime forestier, labatage doit être terminé le 15 avril et le façonnage des ramiers le 4e juin suivant; ces limites ne de-
116 SYLVICULTURE.
vraient jamais être dépassées, on les réduira même autant que possible dans les pays où la végétation est précoce. |
Le façonnage et le transport à travers + coupe, lorsque les rejets apparaissent, occasionnent la perte de beaucoup d’entre eux. Ces jeunes brins sort tendres et cassants; le passage des ouvriers, le transport des ramiers en détruisent une grande quantité. Les retards apportés au faconnage ont des conséquences plus graves quon ne le croit généralement. La perte ne se borne pas à une année de croissance, car les rejets ainsi détruits ne sont souvent pas rem placés. L’herbe qui envahit les coupes après l’exploitation étouffe souvent les rejets qui n’ont pas un certain développement à la première feuille.
La vidange s’effectue pendant l’été et l'automne de l’année de l'exploitation; dans les bois soumis au régime forestier, elle doit être terminée au 15 avril de l’année suivante. Les facilités plus grandes que. les propriétairés accordent sont très-nuisibles au bon état des taillis.
= Le transpoït des bois se fera autant qué possible par les temps secs ou les fortes gelées, ce sont les moments les plus favorables pour les voituriers, ce sont aussi ceux où les chemins ont le moins à souffrir du passage des voitures.
Dans les pays où les traineaux peuvent être em-