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LES ROUERIES DE TRIALPH, notre contemporain

avant son suicide, par M. Lassailly, — Paris, Sylvestre, 1833, i voL in-8° de XXXII pages pour le titre, le faux titre et la préface; et de 338 pages de texte. — Seule et unique édition.

Ce livre est curieux avec son épigraphe en pyramide : Ah!, Eh! eh?, Hi! hi! hi!, Hul hu! hu! hu! « profession de foi par l'auteur » ! Selon Jules Janin, Lassailly, de son vivant, passait déjà pour un homme dont les fonctions cérébrales étaient mal équilibrées. Mais l'on sait combien le temps a revisé les jugements du « prince de la critique ». Pour nous, Charles Lassailly semble avoir parfaitement conscience de son être physique, moral et social dans cette fantastique production. Nous croyons que la forme et le fond, style et idées, sont voulus; qu'il a eu là l'intention de flageller les tendances malsaines de son époque Httéraire; de se moquer de la nouvelle école qui, sous le nom de romantisme, envahissait de ses exagérations toutes les branches de l'art. Du reste, il paraît le dire luimême dans son étonnante préface : « J'ai nom Trialph, et Trialph vient de Trieilph qui, enlangue danoise, signifie Gâchis. »

C'est-à-dire le bric-à-brac du moyen âge : cuirasses, gantelets, dagues de Tolède, le rutilant et le flamboyant mis en toute sauce à propos de tout et même à propos de rien. Les Roueries off'rent une étude puissante du cœur humain. Lassailly raconte ce qu'il a senti, ce qu'il a souff"ert. Il se peint lui-même. La diction en est rapide, violente, emportée. Charles Lassailly avait été secrétaire de Balzac, de Villemain et de plusieurs autres littérateurs en renom, qui n'ont pas craint d'insérer dans leurs ouvrages quelques élucubrations du i jeune fou ». Il mourut i en 1843, %^ de 31 ans, ne laissairt

pour tout bngage que des ariicles de journaux oubliés et cette œuvre méconnue. Dans les ventes publiques, les Roueries de TriaJph atteignent de grands prix. On en a vu vendre jnsqu'à 300 ou 350 francs. Le prix ordinaire est de 100 à i$o francs environ.

99. — HISTOIRE DE L'EM- PEREUR, racontée dans une grange par un vieux soldat, et recueillie par M. de Balzac. Vignettes par Lorentz ; gravures par MM. Breviére et Novion. — Paris, J.-J. Duhochet cl C'«, /. Het:^el et Paulin, Auhert et O^, 1842, I vol. petit in- 16.

Joli petit volume, bien illustré. Récit intéressant, écrit avec une verve martiale et qui reproduit le langage pittotoresque du soldat paysan.

Les vignettes de Lorentz sont tirées dans le texte. La couverture, ordinairement tirée à l'encre bleue, est ornée de la même vignette que sur le titre (Napoléon à cheval, se détachant en noir sur un soleil rayonnant).

Cette petite plaquette est recherchée.

Elle est cotée au prix de 15 francs au Catalogue Rouquette (1882).

100. — VOLUPTÉ. (Par Sainte- Beuve). — Paris, Rendiiel 18^4, 2 vol.

in-8, l'un de 335 p. ; l'autre de 291, titres et faux titres compris.

Ce livre étrange, qui parut d'abord sous le voile de l'anonyme, eut, à l'époque de son apparition, plus de retentissement que de succès réel.

Aujourd'hui, il est mieux apprécié. Le temps a fait justice des critiques plus ou moins passionnées du moment.

Parmi tous les reproches dont l'auteur était l'objet, on lui faisait surtout celui

d'avoir été puissamment secondé dans cette œuvre par l'abbé Lacordaire. A cet égard, voici ce qui s'est passé. C'est Sainte-Beuve qui parle : « ... Ayant à « conduire mon personnage au sémi- « naire, je m'adressai à l'abbé Lacor- « daire, pour qu'il voulût bien me Œ donner des renseignements... Le len- « demain, je reçus de lui une longue « lettre. C'était un compte rendu exact a et minutieux de tous les exercices du « séminaire, et ce compte rendu était « relevé de traits d'imagination comme « sa plume en faisait jaillir inévitabletc ment devant elle. Je n'eus donc pour « ce chapitre de Volupté qu'à reprendre « les paroles mêmes de l'abbé Lacor- « daire et à les faire entrer dans le « tissu de mon récit... » Voilà tout le mystère. On le voit, de là à une collaboration complète, la différence est grande. D'ailleurs, la génération présente semble revenir sur cette production que la génération passée a peu connue et peu goûtée. Dans les ventes, lorsqu'il s'en présente un exemplaire de la première édition, il se vend de 40 à 50 francs. — Ajoutons que les nouveaux éditeurs du Dictionnaire des Anonymes donnent par erreur à l'édition originale de Volupté la date de 1855.

lOi. — OLLIVIER, poème (en prose), par Cazotte. Paris, Bleuet jeune, de l'imprimerie de Pierre Didot l'aîné, 1798, 2 vol. in-i8.

Charmant ouvrage illustré de 12 fîg.

par Lefèvre, gravées par Godefroy. Les exemplaires ordinaires valent environ 50 francs; ceux sur papier vélin ou sur grand papier vélin, avec les figures avant la lettre et les eaux-fortes, valent de 700 à 800 francs.

Un bel exemplaire sur papier vélin, avec la suite des figures et 7 eaux-fortes, fut adjugé 3 50 fr. (Vente L*** fév. 1882).

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Il existe deux exemplaires imprimés sur VÉLIN, avec les figures avant la lettre et les eaux-fortes également tirées sur VÉLIN. L'un de ces exemplaires se trouvait dans la bibliothèque de Renouard et fut vendu 65 fr. en 1853. Il vaudrait isoo fr. aujourd'hui.

Ce poème héroï-comique, oublié et remis à la mode par les amateurs de livres illustrés, ne laissa pas d'être apprécié comme il le méritait dès son apparition. Piron écrivit alors à l'auteur une lettre de félicitations, dont voici le principal passage :

« J'ai voulu, avant de vous parler du charmant Ollivier, le lire et le relire : il m'a fallu du temps ; et ce n'a pas été sans peine, à cause de mes mauvais yeux; mais ce n'en a pas moins été avec un plaisir dont me sevroient, depuis longues années, les fades et plates productions des Inares (ignares), sans nombre, de la cour du Parnasse moderne.

Enfin donc, grâce à vous, monsieur, je ne mourrai pas sans avoir un peu respiré l'air natal; et sans avoir vu un ouvrage d'esprit de ce temps, d'un style serré, pur, vif, clair, et net; et dans lequel pétillent (ce qui, depuis les Lettres Persanes, ne se trouve plus) le bon sarcasme, l'invention, le merveilleux, le naturel, le nouveau, le nerf et la gaîté. Vous voilà un virtuose dijonois, en droit de prétendre à tout, excepté, s'il vous plaît, à la place d'Académie, vacante par la mort de Marivaux... »... Piron.

102. — LES PETITS MAR- CHANDS DE PARIS ET LEURS CRIS. Suite de 100 planches coloriées, par Carie Vernet. — Lith. de F. Delpech, (vers 181 5), in-4°, avec légende explicative à chaque pi.

Titre factice fait pour représenter l'ensemble de cette amusante série de

types populaires, pris sur le vif par la pointe féconde et facile de l'auteur de la Bataille de Marengo.

Recueil difficile à trouver. — Acquis 570 franc, à la vente D*** (mars 1882).

103. — LA SILHOUETTE, journal des caricatures des beauxarts, mœurs, etc., 52 livraisons avec 104 planches in-4°.

Titre fait pour la collection de la première année avec la date de 1830.

Mais le journal commença à paraître le 23 juin 1829, avec le sous-titre :

Alhmn lithographique, beaux-arts, dessins, mœurs, théâtres, caricatures, et finit le 2 janvier 183 1. Il forme 4 voL avec titre particulier et pagination spéciale pour chacun d'eux.

Premier essai d'un journal de caricatures par Emile de Girardin, Balzac et de Varaigne; dessins par Henry Monnier et Gavarni. — Très rare au complet. A l'exemplaire que possède la Bibliothèque nationale, il manque toutes les lithographies et un grand nombre de pages. Exemplaire complet vendu 1205 francs en livraisons à la vente Pochet-Deroche (mars 1882).

104. — LA CARICATURE MORALE, RELIGIEUSE, LITTÉ- RAIRE ET SCÉNIQUE. 10 vol.

in-4°, composés de 251 numéros et de 524 caricatures lith. noires et coloriées. — Commence le 4 nov.

1830 et s'arrête au 27 août 1835.

— Rédact. en chef, A. Audibert.

De toutes les publications satiriques modernes, la Caricature est sans aucun doute la plus intéressante à consulter au point de vue des luttes politiques

pendant les premières années du gouvernement de Juillet. C'est, en effet, l'histoire de ce temps, écrite au crayon. Fondé et dirigé par Charles Philipon, ce journal fit une guerre implacable au roi citoyen. Il eut un succès prodigieux tant en France qu'à l'étranger. Jamais l'esprit gaulois ne s'était épanoui avec plus de verve et de gaieté. Le talent des artistes, interprètes des aspirations populaires, y contribua énormément. Ces artistes, dont la plupart eurent depuis une célébrité européenne, étaient :

Bellangé, Grandville, Dévéria, Decamps , Rafïet, Gavarni, Philipon, Daumier, Traviès , Charlet , Henri Monnier , Adam; puis d'autres moins connus :

Debon, Pigal, Lami, Menut, Forest, David, De Rudder, Desperet, Deberle, Numa, Bouquet, Rogelin, Bassaget, Honoré, Morisseau, Julien, Fontalard, Watier, Benjamin Roubaud.

Quant à la partie littéraire, Balzac, qui commençait alors à se faire jour, en fut d'abord chargé. Il signa plusieurs articles sous divers noms. Louis Desnoyers lui succéda sous le pseudonyme de Derville. A sa suite venaient :

Bergeron, Altaroche, Laurencin, Bastide, Albert Cler, etc.

Après quatre ans et dix mois de tou rire, la Caricature succomba sous les coups des lois de septembre, malgré cet article de la Charte-Vérité : « La censure ne pourra jamais être rétablie. » Les exemplaires complets de cette publication se trouvent très difficilement.

Celui de la Bibliothèque nationale renferme à la fin du X^ vol. : i" un feuillet contenant au recto des croquades faites à l'audience de la cour d'assises du 14 nov. 1854, qui représentent Louis-Philippe sous quatre aspects différents de ressemblance avec la poire; au verso. Supplément à la Caricature.

2° 24 caricatures, grandes lithographies en noir, de la Lithographie mensuelle. Un exemplaire bien complet avec

les couvertures et le supplément vaut de 1000 à 1200 francs.

Vendu en bon état et non rogné 1205 francs, vente X*** (mars 1882), et 600 francs exemplaire en médiocre état, vente Paul de St- Victor (avril 1882).

105. — MUSÉE DE LA CARI- CATURE, ou Recueil des Caricatures les plus remarquables, publiées en France, depuis le xiv^ siècle jusqu'à nos jours, pour servir de complémenfà toutes les collections de mémoires, calquées et gravées à l'eau-forte sur les épreuves originales du temps, par E. Jaime, avec un texte historique et descriptif. — Paris, Delloye, 1838, 2 vol.

in-4°.

Cette rare et curieuse publication, quoique portant le millésime de 1838, a été publiée de 1834 à 1835. Elle avait été annoncée en 50 cahiers d'une feuille in-40 à 2 col. accomp. de 3 pi. chacune, et devait former 3 vol. Il a paru réellement 89 cahiers, compris en deux tomes, dont le premier en contient 49, avec 118 pi., et le second, 40, avec 117 pL; en tout 89 cahiers et 235 pi. Selon la teneur de l'annonce, il devrait y avoir 267 pi. Cette différence provient de ce qu'il se trouve des cahiers n'ayant que 2 pi. et même une seule. Toutes ces planches ont été calquées sur les épreuves originales du temps, d'après les manuscrits et gravures de la Bibliothèque nationale, du cabinet de Leber, le célèbre bibliophile dont la riche collection fut léguée par lui à la Bibliothèque publique de la ville de Rouen, et de divers autres cabinets d'amateurs. Le texte a été rédigé par l'élite des littérateurs de l'époque : Charles Nodier, Jules Janin,

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Léon Gozlan, Pliilaicte Chasles, Léon Halévj', Paulin Paris, Capo de Feuillide, Louis Reybaud, Michel Masson, Rolle, Brazier, eic, etc.

Vendu 300 francs en mars 1882.

106. — MES HEURES PER- DUES, poésies. Par Félix Arvers. — Paris, Foiirnier, 1833, i vol. in-8° de 2 ff. (titre et faux titre), et de 352 pages de texte y compris la table.

Recueil de poésies dont l'auteur eut son heure de célébrité, quoique oublié aujourd'hui.

Ces poésies ne sont pas précédées, comme le dit la Littérature française contemporaine, 1. 1, de MM. Louandre et Bourquelot, mais bien suivies sous la même pagination de : la Mort de François /er, drame en trois actes en vers, dédié à E. Roger de Beauvoir; et de : Plus de peur que de mal, comédie en un acte et en vers.

Ce qui les précède, c'est une préface en vers d'un grand style, montrant chez l'auteur des qualités littéraires peu communes. Toute la génération de l'époque a encore sur les lèvres son fameux sonnet. Mais qui connaît Arvers maintenant? Théodore de Banville, dans la préface de l'édition qu'il a donnée des œuvres de ce poète, se tait sur sa personne. Il est mort, dit-on, en 1850, c'est tout. On ignore le nom de son pays et la date de sa naissance. Qu'était-il? d'où est-il venu? que devint-il? Trois points d'interrogation auxquels nul ne peut répondre, du moins quant à présent. Son livre seul l'a maintenu au-dessus de l'oubli; et ce livre est rare, très rare. Les pièces dont il est composé sont toutes empreintes d'un véritable souffle poétique. On peut s'en convaincre par celle

qui vient en tête de son recueil, immédiatement après la préface que nous venons de citer, intitulée : Le Poète, et dont voici la première strophe :

Qui peut empêcher l'hirondelle, Quand vient la saison des frimas, D'aller chercher à titre d'aile D'autres cieux et d'autres climats?

Qui peut, lorsque l'heure est venue.

Empêcher au sein de la nue Le jour éteint de s'arrêter Sur les derniers monts qu'il colore ? L'amant d'aimer, la fleur d'éclore, Et le poète de chanter ."•

Une autre pièce bien originale et bien précieuse surtout en ce qu'elle paraît être une sorte d'autobiographie, est celle qui termine la série des mor- • ceaux de poésie, et qui a pour titre La Vie. En voici quelques vers que nous croyons relatifs à l'auteur, et qui serviront peut-être à relever une erreur de Jules Janin qui le fait mourir à l'âge de vingt-cinq ans :

Amis, accueillez-moi, j'arrive dans la vie. Dépensons l'existence au gré de notre envie : Vivre, c'est être libre, et pouvoir à loisir Abandonner son âme à l'attrait du plaisir; C'est chanter, s'enivrer des cieux, des bois, de

[l'onde,] Ou, parmi les tilleuls, suivre une vierge

[blonde!] — Cest bien là le discours d'un enfant.

[Écoutez :] Vous avez de l'esprit. — Trop bon. — Et

[méritez] Qu'un ami plus mûr vienne, en cette circon-

[stance,] D'un utile conseil, vous prêter l'assistance...

On conçoit facilement ce que cet ami va prêcher au jeune homme que le démon de la poésie emporte vers les campagnes ensoleillées de l'imagination. En effet, il lui donne des conseils très pratiques.

Et le poète résigné se dit, plus loin :

Cet homme avait raison au fait: j'ai dû me taire. Je me croyais poète et me voici notaire.

J'ai suivi ses conseils, et j'ai, sans m'eftrayer Subi le lourd fardeau, d'une charge à payer. Je dois être content : c'est un très bel office ; C'est magnifique, à part même le bénéfice.

Puis suit une description ironique des avantages de la situation. Cependant son âme ressent encore les caresses de la muse ; de vagues harmonies viennent résonner autour de son front. Alors dans un effort suprême il se raidit et s'écrie :

Mais j'ai trente-deux ans accomplis ; à mon âge Il faut songer pourtant à se mettre en ménage ; 11 faut faire une fin, tôt ou tard...

Ce petit poème de io8 vers, remarquable à plus d'un titre, semble être le testament littéraire d'Arvers; serait-ce trop avancer de dire qu'il parle de luimême, qu'il se montre tel qu'il est depuis qu'il a tourné le dos aux muses, dans ce vers gonflé de désillusions ?

Je me croyais poète et me voici notaire !

Il n'en faut pas douter, le poète fatigué de la lutte, se retire de la fournaise parisienne et va s'enfouir dans quelque obscur chef-lieu de canton, pour devenir fonctionnaire public ! Peut-être en ce moment n'est-il plus. Mais ses Heures perdues nous restent : elles ne seront pas perdues pour tout le monde.

Les vrais amateurs, ceux qui tout en recherchant la forme extérieure apprécient surtout le fond, seront heureux de les feuilleter dans les instants de loisir.

Ce volume, devenu très rare, atteint des prix élevés. A la vente N*** (avril 1881), un exemplaire très rogné fut adjugé pour 38 francs; mais un exemplaire broché vaudrait certainement 100 à 150 francs.

Une réimpression de ce recueil de poésies a été publiée en 1878, chez le libraire Cinqualbre, à Paris, en i vol.

in-i2, avec une préface de Théodore de Banville.

Outre les deux pièces de théâtre signalées dans son volume, Arvers en a fait d'autres, seul ou en collaboration. Nous en donnons ici la liste complète parce que cette liste n'existe nulle part :

Avec Bayard et P. Fouchcj- : En attendant, coméd.-vaud. en deux actes.

Paris, impr. Mevrel, 1836, in-80 à 2 col. — La même en longues hgnes.

Paris, Marchant, 1837, in-80. — Deux Maîtresses, vaud. en un acte. Paris, Barba, 1836, in-80. — Avec Scribe :

Les Dames patronnesses, ou A quelque chose malheur est bon. Proverbe mêlé de couplets en un acte. Paris, Marchant, 1837, in-80. — Avec Davrecour : Les Parents de la fille, coméd. en un acte. Paris, Marcliant, 1838, in-80. — Rose et Blanche, vaud. en un acte. Paris, Marchant, 1837, in-80. — Course (la) au Clocher, coméd. en trois actes et en vers. Paris, Barba, 1839, in-80. — Avec Patd Faucher : Delphine ou Heureux après moi, dram.-vaud. en deux actes. Paris, Miflie^, 1840, in-80, — Avec Davrecour : Vieilles amours (les), vaud. en un âcte. Paris, Henriot, 1841, in-80. — Second Mari (le), coméd. en trois actes et en vers. Paris, Henriot, 1841, in-80. — Deux César (les), coméd.vaud. en un acte. Paris, Henriot, 1845, in-80. — Avec Davrecour : Lord Spleen, vaud. en un acte. Paris, 1849, ii'i-So.

106.- SATYRES NOUVELLES, (par de Sénecé). — A Paris, chez Pierre Auhouyn, libraire de Mg''^ les Enfans de France, Pierre Emcry , Charles Clou%ier et Jacques Filleri, M. DC. XCV, Plaquette in-12 de 2 feuillets préliminaires contenant le titre et une pièce de vers de deux pages, intitulée : V Imprimeur au lec-

leur; 66 pages et un feuillet pour le privilège.

Edition originale des singulières satires de Antoine Bauderon, sieur de Sénecé. Elle renterme seulement trois pièces : les Travaux d'Apollon, poème satirique, — les Auteurs, satire, — et le Nouvelliste, satire.

Cette plaquette est rare et d'ailleurs peu connue. Le voile de l'anonyme a peut-être nui à sa publicité. Mais les vrais bibliophiles la connaissent et la recherchent. Elle est très bien imprimée et sur le titre se trouve, en guise de fleuron, un joU monogramme bien gravé, formé des lettres A, E, C, qui sont les initiales des noms des trois premiers hbraires, associés pour publier cette édition et différents autres ouvrages.

L'exemplaire de la vente du comte de Béhague (mars 1880), relié en maroquin par Hardy, fut vendu 80 francs, et le superbe exemplaire reHé par Duru, de la vente d'un amateur anglais (Lord Gosford) en mai 1882, fut adjugé 75 francs.

107. — COLLOCIUE FAMI- LIER DV VRAY, PVDIC ET SYN- CERE AMOVR, concilié entre deux amans, traduict du latin en françoys & augmenté de plusieurs authoritez & spirituelz propos. Nouuellemet imprimé. Amplié oultre la première édition. 1544. En T imprimerie de Denys Janot, imprimeur du Roy en langue françoyse, & libraire juré de r Université de Paris. (A la fin :) Cy fine ce présent Hure, intitulé, Colloque de pudic Amour, faict & traduict par maistre Jaques du Clerc, aduocat es sièges royaulx de Compiengne, et nouuellement imprimé à Paris par Denys

Janot, imprimeur du Roy en langue françoyse. i vol. petit in-i6, de 15 feuillets prél. non chiffrés, dont un blanc, CL feuillets chiffrés en romains, et à la fin 2 feuillets non chiffrés, contenant deux dixains aux lecteurs et la marque de l'imprimeur.

Ce petit ouvrage, curieux et fort rare, contient des dialogues d'une étonnante naïveté sur l'Amour et le Mariage, entre un jeune garçon du nom de Pamphile et une jeune fille nommée Marie. Ces dialogues, si naïfs qu'ils paraissent dans la forme, renferment des réflexions très sensées et quelquefois très pratiques, exprimées tantôt par l'homme tantôt par la femme. Mais le style en est toujours bizarre et singulier. En voici un échantillon :

« Marie Mais quelle délectation consiste en mariage ?

« Pamphile. Quelle délectation? Est-il chose plus délectable, suave et plaisante soubz le throsne impérial, que d'avoir entier fornissement , pleine jouyssance, et vraye fruition de l'amour mutuel des parties, conjonction de corps, communaulté de biens, vie pudique, fidélité des coeurs aux prospères et adverses fortunes, soûlas, confort, et ayde, éducation d'enfans, institution d'iceulx ? Et finablement avoir et obtenir telle partie, à laquelle par doulces et suaves paroUes, la conception de ton cœur communiqueras, toutes tes cures et sollicitudes remettras, ta douleur et ton secret revelleras : tant aymeras, que en icelle une partie de ta vie et ton propre salut coUoqueras.

« Marie. Ouy, mais desduictz aussi les tourmens et molestes lesquelz s'ensuyvent après telle joye et délectation ;

car l'extrcmitc de lyesse voluntiers ce sont pleurs et souspirs.

« Pamphile. Quelz tourmens?

« Marie. C'est que la dame ne pourroit engendrer sans grand'misere et molestation : car est escript qu'en grant douleur la femme enfantera.

Pamphile. Tantost telle douleur en joye est convertie.

a Marie. Comment?

« Pamphile. Car en voyant le fruict qu'elle a porté n'a souvenance du travail qu'elle endure.

« Marie. Voyla merveilles. »

Une édition plus ancienne de ce petit volume aurait paru en 1540, selon La Croix du Maine. Si ce n'est pas une erreur, cette édition serait devenue introuvable.

Celle que nous décrivons ici, qui est elle-même rarissime, est bien imprimée, en caractères ronds, et renferme quelques petites vignettes sur bois en tête de certains chapitres. Les 15 feuillets préliminaires annoncés ci-dessus contiennent le titre, une longue épître dédicatoire « à très puissant, très noble et très illustre prince Charles duc d'Orléans, y> le Prologue du translateur, un quatrain de l'auteur aux lecteurs et la table des chapitres. (Le 15e de ces feuillets est blanc). La marque de Denys Janot (qui se trouve au recto du dernier feuillet non chiffré du volume, dont le verso est blanc) consiste en un vase rempli de chardons, avec les deux devises suivantes, placées parallèlement et verticalement de chaque côté : Patere aiit absiine, et Nul ne s'y jrotte.

Un exemplaire de cette édition, relié en maroquin par Trautz-Bauzonnet, n'atteignit que le prix de 3 5 francs , à la vente G. K*** (avril 1882).

108. — LE COURRIER BUR- LESQUE DE LA GUERRE DE PARIS, envoyé à Monseigneur le prince de Condé, pour divertir son Altesse durant sa prison. Ensemble tout ce qui se passa jusqu'au retour de Leurs Majestez. — ■ Imprimé à Anvers, et se vend à Paris, au Palais.

M. DC. L., I voL petit in-12 de 4 feuillets prélim. et 123 pages.

On attribue généralement au sieur de Saint-Jullien ce poème satirique et burlesque, parfois assez mordant, qui est une sorte de récit rimé, dans le genre des Gazettes de Loret, de Robinet et de leurs successeurs. Il en existe un autre du même genre et qui est sans doute de la même main, que l'on y a quelquefois réuni et qui est fort rare, intitulé seulement le Courrier burlesque. Ce dernier porte aussi la date de 1650.

Un exemplaire des deux ouvrages réunis figurait à la vente Renard, en mars 1881, et fut vendu 49 fr. L'exemplaire du Courrier burlesque de la ville de Paris, qui se trouvait chez Solar, fut adjugé 21 fr. en 1860; et celui de la vente X*** (mai 1882), très bien relié par Trautz-Bauzonnet, atteignit le prix de 115 francs. Cette petite gazette est toute relative à différents épisodes de la Fronde. Elle est imprimée en caractères italiques , avec de petites notes marginales, en lettres rondes, placées en quelques endroits et donnant l'explication d'un nom, d'un fait ou d'un passage.

Les 4 feuillets préliminaires comprennent le titre, la dédicace « A Monsieur le marquis dAllvye », signée A. B. C. D. E., et un Aduis tres-salutaire au Lecteur. Le verso de la dernière page 123 est en blanc.

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