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V.,11 BlSUOTHF-fA ,o°-W

GUIDE DU LIBRAIRE-ANTIQ.UAIRE

notice par M. Louvet, et d'une préface par Victor Hugo. — Paris, Ladvocat, 1830, i vol. gr. in-8° de XXIV et 222 pp., plus un feuillet non chifi. pour la table; les tit. et f.-tit. non compris.

Édition originale. — Sur le titre, un fleuron représentant une urne cinéraire couverte d'une draperie et surmontée de palmes et de couronnes. — A la fin de la plupart des pièces de vers dont se compose le volume se trouve une gracieuse petite vignette sur bois en rapport avec le sujet.

L'auteur de ces poésies jeunes, fraîches et pleines d'abandon, mourut à vingt-deux ans ! Une balle de pistolet l'arrêta brusquement au milieu de ses rêves. 11 fut tué en duel le 30 novembre 1829, par Mira, directeur du théâtre des Variétés, fils de Mira, dit Brunet, le célèbre acteur. Un malencontreux jeu de mot amena ce duel. S'étant vu refuser ses entrées aux Variétés, Dovalle écrivit dans le Lutin un article assez vif se terminant ainsi : « Mira peut être sévère, mais il ne sera jamais Mira beau. »

Depuis, remarque Jules Janin, rien ne réussit à Mira. Il passait dans la rue, et bien que le combat eût été loyal, à peine si ses amis lui tendaient la main. Il avait une place, il la perdit ; une fortune, il perdit sa fortune, et il ne fit plus que de mener ui^e vie errante et vagabonde. Enfin il mourut obscur et oublié.

Dovalle, dit-on, une fois sur le terrain, pendant les apprêts du combat, poussé par un pressentiment fatal, se retire à l'écart et crayonne une pièce de vers comme un dernier adieu à tout ce qu'il aimait. Il la mit en son portefeuille, et plaça le portefeuille sur son cœur. Elle fut retrouvée sur lui, et voici le couplet final de cette pièce.

vraiment touchante, avec la trace de la balle :

Brillant d'u iiheur ineffable, Pour moi co ençait l'avenir, Et ma jeunesse était semblable A la fleur qui vient de s'ouvrir.

C'est la dernière du Recueil.

Le portefeuille de Dovalle percé par la balle contenant la susdite pièce de vers est conservé dans la bibliothèque pubUque de Saumur.

Les poésies de Dovalle, alors éparses dans différentes publications périodiques, et celles restées à l'état de manuscrit, furent recueillies par les soins de MM. Cartillier, Desnoyers et Vaillant, et publiées sous le titre ci-dessus.

C'est là toute la fortune littéraire de ce charmant poète, tombé avant l'heure, qui se promettait pourtant a un avenir de fleurs, de rosée et de soleil. »

En 1868, l'éditeur Charpentier a donné une nouvelle édition in- 16, de ces poésies, au prix de trois fr., et quoiqu'elle contînt des pièces inédites, elle n'eut aucun succès.

L'édition originale est aujourd'hui fort rare, et se vend de 30 à 40 fr. Les exemplaires brochés, avec couverture imprimée, sont surtout recherchés.

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