TUMEURS SANGUINES, OU THROMBUS DE LA VULVE ET DU VAGIN
et le danger de la transmission de la maladie aux organes adjacents rendent nécessaire une émission sanguine locale. La manière fa pins convenable de la pratiquer est à l'aide de six à huit sangsues appliquées sur la surface interne des grandes lèvres; ce n'est que lorsque les circonstances dans lesquelles Se trouve la malade ne permettent pas cette application, la meilleure de toutes, que l'on fera les émissions sanguines au périnée ou à la surface interne des cuisses. La grande sensibilité des parois vaginales ne permet pas d'introduire un spéculum et de poser les sangsues dans le vagin même. A part les émissions sanguines, des injections, des bains tièdes entiers ou partiels, des fomentations émollientes sur l'hypogastre, rendront de bons services contre les douleurs; les constrictions convulsives du vagin céderont promptemenl à un lavement à l'opium ou à la belladone, dont on combattra l'action constipante en administrant plusieurs jours de suite un léger purgatif. Dès que la sensibilité du vagin aura diminué, que la température se sera abaissée, que l'état de sécheresse de la muqueuse, qui manque rarement les premiers jours, aura fait place à une sécrétion puriforme, on passera aux injections intra-vaginales d'une solution un peu concentrée de nitrate d'argent. Si la leucorrhée ne cédait pas, on aurait recours aux divers moyens que nous avons indiqués, en parlant du traitement du catarrhe chronique. Quant au régime à observer, nous ajouterons qu'un repos absolu, tant moral que physique, et l'abstinence de toute boisson et de toute nourriture excitante, sont des conditions indispensables à la guérison.
» Les inflammations secondaires demandent avant tout l'éloignement des causes qui les ont produites. On ne pourra, par exemple, espérer aucun bon résultat du traitement tant qu'on n'aura pas extirpé le polype ulcéré, enlevé le pessaire qui irrite le vagin, ou guéri la fistule. Tant que les causes subsistent, le médecin en sera réduit aux soins de propreté, consistant en bains de siège et injections d'eau tiède, de décoctions de camomille, de thé vert, de solutions de chlorure de chaux, etc. Ces dernières sont surtout utiles lorsque l'écoulement est sanieux et fétide. Lorsque la vaginite membraneuse se déclare pendant le cours des maladies générales que nous avons énumérées, elle n'est plus que d'une importance secondaire et disparaît ordinairement d'elle-même avec l'affection qui l'a causée; on aura soin seulement de maintenir le vagin dans la plus grande propreté. Souvent cependant il reste une leucorrhée chronique que l'on traitera d'après les règles que nous avons données plus haut. »]
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