TUMEURS SANGUINES, OU THKOMBUS DE T,A VULVE ET DU VAGIN
les accoucheurs; enfin les efforts violents d'expulsion dans la dernière partie du travail.
Fréquence. — Cette affection est certainement très rare. Deneux n'en avait recueilli que quatre exemples dans une pratique de quarante années; M. Hervez de Chégoin n'en a vu qu'un seul cas en vingt ans. M. Velpeau, au contraire, en possède trente exemples qui lui sont propres, et il dit en avoir observé six exemples dans le cours d'une seule année. M. Blot (1) pense qu'il existe, dans l'appréciation de la fréquence, des causes d'erreur, d'abord parce que l'on peut méconnaître des tumeurs de petit volume, et ensuite parce que l'on peu^ confondre le thrombus avec une autre affection, comme la gangrène de la vulve. Enfin M. Vauclin (2) distingue la fréquence relativement au siège, et la fréquence relativement à {'époque d'apparition : sous le premier rapport, les tumeurs sanguines sont plus fréquentes à la vulve que dans le vagin ; sous le second, elles sont plus communes pendant l'accouchement et après la délivrance que pendant la grossesse.
Caractères anatomiques. — Le thrombus se manifeste plus fréquemment à la vulve que dans le vagin, et aussi souvent à gauche qu'à droite, bien qu'en ait dit Boër. Il se produit quelquefois, mais rarement, dans les petites lèvres. Son siège le plus habituel est à la partie postérieure et interne des grandes lèvres, et la tumeur fait saillie du côté de leur partie glabre. L'infiltration sanguine n'est pas toujours limitée, car on l'a vue gagner toutes les parties delà vulve, le pourtour de l'anus, le pénil, la paroi antérieure de l'abdomen.
Dans l'intérieur du vagin, la tumeur est plus circonscrite ; elle en occupe les parties latérales de préférence, plus rarement la paroi postérieure, presque jamais la paroi antérieure.
Il n'est pas rare de voir une tumeur occuper à la fois le vagin et la vulve.
Enfin on a trouvé quelquefois la lèvre antérieure du col utérin infiltrée de sang à la suite des accouchements laborieux, et l'on a rapproché cette lésion de celle qui nous occupe maintenant.
Ou n'a peut-être jamais eu l'occasion d'examiner anatomiquement un thrombus récent, de sorte que l'on ignore et l'état des tissus et celui des vaisseaux ; mais la la palpation supplée en partie à ce défaut d'observation. Il est évident que quelquefois le sang est seulement infiltré dans les mailles du tissu celluiarre, et que d'autres fois il est épanché à l'état liquide ; dans ce dernier cas autour de la partie fluctuante, il y a toujours une zone 'd'infiltration. Enfin on sait que le sang, d'abord liquide, se concrète et rend la tumeur solide, à moins qu'une inflammation suppurative né la transforme en abcès sanguin.
Signes et symptômes. — Le thrombus qui survient en dehors de l'accouchement est rarement volumineux; celui des femmes en couches est ordinairement considérable et peut acquérir les dimensions de la tète d'un enfant nouveau-né. La tumeur est le plus ordinairement circonscrite et se présente sous la forme d'une «bosselure glohulei.se, sphéroïdalc ou elliptique, d'une teinte noirâtre, comme charbonnée (Velpeau). Cependant l'épanchement peut être diffus, et alors il n'y a plus qu'une tuméfaction pâteuse étendue plus ou moins loin et quelquefois incolore.
(1) Des tumeurs de la vulve el du vagin, thèse de concours pour l'agrégation. Paris 1853
(2) Des tumeurs sanguines de la vulve el du vagin, thèse. Paris, 1858
« Ordinairement indolente, dit M Vehiean h i„ma, , ,
est généralement molle, vaguement flu S m ^ U ^
sa région interne notamment. Le cô lé fêm oral ou on 1 CU,minan*' «<* assez dense, assez résistant pour y r^£^^£ la pressant entre les doigts comme pour l'étrangler nom- S ? v, cousue bientôt qu'elle est indépendante ^ùeZ I ^ t sîn Z que les parties molles seu.es lui ont donné naissance, c ' est-à dire qu 0^! ! 'fait aisément mouvoir avec la grande lèvre tout entière sur e cont ou r du détroit l£ neur. Quand, avec les caractères que je viens indiquer, la tuu eu r ' ^ d év " oppée rapidement dans l'espace de quelques heures, V exemple il e st cliff ï e" de ne pas en sa.su- immédiatement le diagnostic. IJu abcès, un kys toute autre tumeur se développe d'une façon toute différente, et se montre ou I Z formes anatomiques telles que la confusion en est véritablement impossible »
La douleur est quelquefois très vive, surtout, quand la tumeur avoisine lé périnée; quelquefois elle est nulle. 1
Il est facile de comprendre les troubles que la tumeur occasionne par son volume dans les parties voisines ; ainsi elle gène les fonctions du rectum, de la vessie ele selon son siège. Elle peut aussi s'opposer à l'écoulement des lochies et mème'à' 1 accouchement.
La tumeur n'a pas toujours une couleur bleue ou livide, et cela en raison de sa profondeur.
Marche, durée. — Cette affection ne s'accompagne de fièvre que par suite d'une complication inflammatoire. Elle tend à Ja résolution spontanée, comme tous les épanchements sanguins dans l'épaisseur des tissus, et la résorption est d'autant plus rapide que la tumeur est moins volumineuse. Cependant M. Velpeau fait remarquer que la partie solide du sang peut rester, se transformer et donner lieu à des tumeurs persistantes, dont la nature est difficile à reconnaître plus tard, si l'on ignore qu'il y a eu un thrombus. Au contraire, la tumeur peut devenir le point de départ d'un kyste séreux.
Complications et terminaisons. — Il nous suffira de signaler : Yhéinorrhagie par rupture des parois, la rétention d'urine ou des matières fécales, les obstacles à l'accouchement, Ja rétention du délivre ou celle des lochies, les convulsions, Y inflammation du péritoine (Vaudin). Enfin la conversion de la tumeur en abcès sanguin, la gangrène et la formation de fistules recto-vaginales sont encore tout à la fois des complications et des modes de terminaison.
Diagnostic. — Les caractères de la tumeur, les circonstances dans lesquelles elle est survenue, la rapidité du début, rendent le diagnostic tellement facile, qu'il serait inutile d'y insister. Cependant le thrombus qui survient chez ies femmes non enceintes peut n'être observé par le médecin que longtemps après son début, et quand la douleur, la gêne que produisent la tumeur ou quelque complication forcent la malade à parler d'un mal qu'elle aurait voulu dissimuler. On ne saurait hésiter que pour les tumeurs variqueuses, les phlegmons, les hernies vaginales, des tumeurs de la vulve ou des parois du vagin, et la gangrène de la vulve.
Prunostic. — En général, le thrombus de la vulve est grave chez In femme en couche. Deneux a noté vingt-deux cas de mort sur soixante-deux cas réunis par lui. M. Blot dit que sur dix-neuf femmes cinq moururent.