‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 122 sur 344 · ÉRYSIPÈLE. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

ÉRYSIPÈLE. — DIAGNOSTIC

Avec les auteurs modernes, nous pensons qu'on ne peut pas admettre Vérysipèle intermittent. Ceci nous conduit à dire quelques mots des récidives. On voit des individus très sujets à l'érysipèle ; or, chez eux, c'est presque constamment dans le même point «pie se produit la maladie, et principalement à la face. Ilestremarquable que, clans ces cas, l'érysipèle se présente ordinairement avec un caractère de bénignité marqué.

La durée de l'érysipèle varie beaucoup suivant les diverses espèces et suivant l'état clans lequel se trouve le sujet. L'érysipèle de la face, comme cela résulte des relevés de M. Louis, parcourt ses périodes dans un septénaire environ , lorsqu'il survient chez un individu d'ailleurs sain. L'érysipèle des autres parties du corps est généralement plus long, parce qu'il parcourt de plus grandes surfaces. L'érysipèle ambulant se prolonge assez longtemps. Quant h l'érysipèle phlegmoneux, il y a, outre la période d'inflammation, celle de suppuration, qui peut se prolonger plusieurs semaines , et celle de cicatrisation , souvent fort longue.

Il n'est pas plus possible de déterminer d'une manière générale le mode de terminaison de l'érysipèle. Il varie suivant les cas et suivant la constitution médicale. Si l'érysipèle est simple, s'il survient hors de l'influence épidémique, s'il se manifeste chez un homme qui n'est ni clans le cours ni clans la convalescence d'une autre maladie, il se termine ordinairement par la guérison. Cela s'applique principalement à l'érysipèle de la face. Dans les conditions opposées, et surtout s'il s'agit ciel erysipèle phlegmoneux d'une assez grande étendue, la maladie se termine fréquemment par la mort. Les enfants et les individus très avancés en âge doivent être mis au même rang que les individus dont la constitution est affaiblie par une maladie; leur état de débilité rend, en effet, chez eux, l'érysipèle, quel qu'il soit, fréquemment mortel.

Les lésions anatomiques qui appartiennent en propre à l'érysipèle ont été suffisamment indiquées dans 'la description des symptômes, et quant à celles qui sont dues à des complications, elles sont très variables et ne présentent rien de spécial.

§ V. — Diagnostic, pronostic.

Nous ne pensons pas qu'il faille entrer dans de grands détails sur le diagnostic de l'érysipèle. On s'est trop préoccupé de la possibilité des erreurs de diagnostic lorsqu'on a cherché à différencier cette maladie de l'urticaire, de la rougeole, de la scarlatine. La description de ces affections a fait voir combien les signes sont diflernils.

Il n'en est pas tout à fait de même de l'érythème} que quelques auteurs ont regardé, à tort, comme un premier degré de l'érysipèle, ou plutôt comme une espèce liés simple d'érysipôle. L'absence de gonflement appréciable de la peau, et principalement des papilles; la dissémination des plaques érythémateuses, Ieur prompte disparition, l'absence de la lièvre, dans beaucoup de cas, suffisent pour établir le diagnostic.

Quant à Vérysipèle phlegmoneux, il se distingue, ainsi que l'a très bien fait remarquer M. Velpeau, de là phlébite et de V inflammation des ruisseaux lymjpha-.

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tiques, en ce qu'il ne suit pas le trajet de ces vaisseaux sous forme de lignes ou de rubans, et que la suppuration envahit de grandes surfaces.

Pronostic. —Le pronostic de l'érysipèle présente des considérations importantes, et sous ce point de vue encore il faut distinguer les cas. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, lorsque l'érysipèle est simple et qu'il survient chez un sujet jeune et sain, le pronostic est favorable, à moins de circonstances particulières. L'érysipèle phleginoneux offre beaucoup de gravité, et cette gravité se mesure à son étendue, à l'existence de la résorption purulente, à l'abondance de la suppuration. L'érysipèle ambulant présente aussi d'assez grands dangers.

Si l'érysipèle survient chez un sujet déjà malade ou convalescent d'une maladie grave, le danger est grand. M. Louis (I), qui a étudié avec soin cette question, a vu un nombre considérable de malades succomber dans ces conditions, bien que l'érysipèle fût simple. Ri, Hervieux (2), s'étant occupé de la même question, est arrivé aux mêmes résultats. Toutefois il ne faut pas croire qu'en pareil cas l'érysipèle détermine toujours la mort par lui-même. Les auteurs que nous venons de citeront, en effet, remarqué que les malades succombaient lorsque l'érysipèle était déjà arrivé à la desquamation depuis plusieurs jours. On peut admettre, avec M. Hervieux, que, dans ces circonstances, l'en sipèle est plutôt l'indice d'un étal grave qu'une affection mortelle par elle-même ; mais on peut penser aussi que l'érysipèle a contribué à hâter la mort, car nous voyous certaines maladies, la variole par exemple, causer la mort des malades, alors même que la lésion locale a perdu toute son intensité ou a cessé. Quoi qu'il en soit, il est certain que l'érysipèle survenant chez un individu affecté d'une autre maladie a une gravité incomparablement plus grande que dans des conditions opposées. Nous avons vu plus haut qu'il était, toutes choses égales d'ailleurs, notablement plus grave chez les jeunes enfants et chez les vieillards.

§ VI. — Traitement.

Traitement de l'érysipèle simple. — Un assez grand nombre de moyens ont été proposés contre l'érysipèle. Un des principaux est la saignée. 11 est peu de médecins qui se dispensent de pratiquer des émissions sanguines, et la plupart ont plus de confiance clans la saignée générale que dans la saignée locale.

Si d'abord nous examinons la saignée employée avec modération, nous trouvons un travail important de M. Louis (3), qui résout la question difficile de l'efficacité de cette saignée dans l'érysipèle. M. Louis, ayant examiné avec tout le soin qu'il a coutume d'apporter dans ses recherches l'action de la saignée dans trente-trois cas d'érysipèle de la face, a trouvé qu'elle es! beaucoup plus faible qu'on ne le croit communément; la durée de la maladie n'a été, en effet, diminuée que de trois quarts de jour. Si l'on a pu penser quelquefois que l'action de ce moyen est beaucoup plus grande, c'est qu'on l'a appliqué à une époque voisine du déclin de la maladie, et lorsqu'une amélioration évidente allait se manifester. Il ne faut pour-

(1) Recherches analomicjues, pathologiques et. thérapeutiques sur la fièvre typhoïde. Paria 1841,2 vol. in-8.

(2) De l'érysipèle dans la convalescence ou la période ultime des maladies graves (Arch. gén. deméd., décembre 1847).

(3) Hech. sur les effets de la saignée dans quelques maladies inflammatoires. Paris, 1835. in-8.

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