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tant pas conclure de ces faits, comme on s'est hâté de le faire, que la saignée n'a aucune utilité; la durée de la maladie ayant été diminuée, quelque faible que soit cette diminution, on doit en tenir compte. Aussi M. Louis n'a-l-il pas dit qu'on dût regarder la saignée comme inutile, mais seulement que son utilité a des bornes étroites. Cependant un bon nombre d'autres auteurs recommandables ont attribué aux saignées, et surtout aux saignées multipliées, un assez grand danger ; nous citerons parmi eux MM. Chomel et Blache, Andral, Bauquin (1), etc. Nous ne croyons pas que l'exactitude de cette dernière manière de voir soit mise hors de doute.
M. Bouillauda appliqué à l'érysipèle sa formule des saignées eou/i sur coup; est-elle plus efficace dans cette affection que les autres modes de traitement?
Quelques auteurs regardent l'application des Sangsues dans un point plus ou moins rapproché du siège du mal comme un moyen plus efficace que la saignée générale. Rien ne démontre qu'il en soit ainsi ; dans quelques cas observés par M. Louis, l'érysipèle traité par les sangsues a eu une durée plus longue, ce qui ne veut pas dire, sans doute, que les sangsues soient nuisibles, mais seulement qu'il n'est pas probable qu'elles aient une efficacité notable. Broussais, regardant l'érysipèle comme ayant son point de départ dans une irritation de l'estomac, conseillait les sangsues à l'épigastre ; ces idées ne peuvent plus avoir cours aujourd'hui.
Parmi les autres moyens qu'il reste à passer eu revue, il en est qu'on administre à l'intérieur, et d'autres qu'on applique à l'extérieur.
1° Médication interne. —Parfois on voit survenir dans le cours de l'érysipèle une adynamie profonde. En pareil cas, plusieurs auteurs, parmi lesquels il faut citer Chomel et M. Blache (2), recommandent de suspendre les saignées cl de recourir aux toniques. Cette conduite paraît sage; mais sur ce point, comme sur tous ceux qui restent à examiner, nous ne possédons pas de recherches bien faites, et surtout qui tiennent compte de la durée de la maladie. D'autres auteurs, tels que Selle, Cullen, Stoll, ont employé les toniques (quinquina, vin, etc.) dans presque tous les cas d'érysipèle; mais que peut-on conclure- de faits incomplets ou de simples assertions ?
Vomitifs.— Une des médications le plus fréquemment recommandées par les médecins et par les chirurgiens, est l'emploi des vomitifs. Desault (?>) , Aulenrieth, le docteur Fischer (h), etc., préconisent ce moyen. On a expliqué l'efficacité des vomitifs par l'état bilieux dans lequel se trouvent les malades, et même on a décrit une variété de l'érysipèle sous le nom d'érysipèle bilieux. 11 est impossible de dire quel est le degré d'utilité des vomitifs, car on n'a pas pré enté en leur faveur le résultat d'une analyse satisfaisante des faits. Leur action parait si différente suivant qu'on les applique au début ou à la fin de la maladie, qu'on aurait dû tenir grand compte de celle circonstance, et c'est ce qu'on n'a pas l'ail. Il est à désirer que celte lacune soit comblée. Le tartre slibié à dose modérée ou en tarage est le vomitif le plus ordinairement prescrit.
Purgatifs. — Les mêmes réflexions s'appliquent à l'emploi des purgatifs, quel que
(1) Ann. mcd.-chir., 1827.
(2) Diet. de méd., art. ÉRYS1PÊLE.
(3) OEwres chirurgicales, t. II.
(4) Rust's Magasine, t. XV II .
soit celui qu'on administre; il est, par conséquent, inutile d'insister sur ce point L npivm a été prescrit par Reil (1) à la dose de 2 à 3 centigrammes toutes les
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cl canon a-t-elle sur la durée el sur l'issue de la maladie? C'est ce qu'il est imnos sible de dire. 1 "
M. Velpeau (2) dit s'être bien trouvé de pilules composées d'opium, de nitrate de potasse et de camphre, dans les cas où les symptômes généraux étaient graves et où la maladie avait la forme ataxique.
Nous nous bornerons à mentionner quelques autres moyens employés à l'intérieur, tels que V huile de térébenthine, employée par le docteur Harry-Gox (3) la poudre de colchique d'automne (/,), V acétate d'ammoniaque (Autenrieth) là digitale (5). "
MM. Hamilton et Charles Bell (6) disent avoir employé depuis vingt-cinq ans et avec un succès constant, un remède puissant pour combattre l'érysipèle dans toutes les variétés qu'il revêt, idiopathique, symptomatique, traumatique : c'est le chlorhydrate de fer sous forme d'alcoo/ature (alcoolé de fer chloruré) qu'on pré pare en mélangeant une partie d'oxyde rouge de fer, k d'acide chlorhydrique et 6 d'alcool. La dose est de 15 à 20 gouttes toutes les deux heures; on peut l'augmenter toutes les fois que la phlogose est tenace, étendue et produit beaucoup de sécrétion. Ces médecins citent de nombreuses observations d'érysipèle dont la guérison a été plus ou moins rapide, mais toujours certaine.
Ce médicament, qui leur a été très utile chez les enfants nouveau-nés, se donne à la dose de 2 gouttes toutes les deux heures dans un peu d'eau sucrée. Il est évident qu'ils auraient dû tenir plus de compte qu'ils ne l'ont fait de la durée de la maladie.
Erijsipèledes nouveau-nés. —Belladone. —M. le docteur Yvaren (7) , d'Avignon, a rapporté un cas dans lequel un érysipèle fort grave, survenu chez un enfant de neuf jours, et compliqué d'endurcissement du tissu cellulaire sous-jacenl, s'est terminé par la guérison, après avoir parcouru presque toute l'étendue du corps. La médication, qui a paru avoir de bons effets, est la suivante :
% Teint, alcool, de belladone. 1 goutte. | Eau sucrée 100 gram.
A prendre par cuillerées d'heure en heure. ^
Le septième jour, la close fut portée à deux gouttes de teinture.
Nous citons ce fait pour qu'on puisse expérimenter de nouveau le traitement, « ar, isolé, il n'a qu'une valeur restreinte.
2° Médication externe. —La médication externe est beaucoup plus riche que la médication interne, mais les opinions sont encore plus divisées sur l'efficacité des moyens qui la constituent.
(1) Fieberlehre, t. II.
(2) Lancette française, 1831.
(3) The Londonmed. Hep., 1825.
(4) Bullock, Journ. des connais*, méd.-chir., janvier 1835.
(5) Kopp, Ueobacld im Gcbiete, etc. Frankf., 1821.
(6) Monlhly Journal, juin 1851, et Union médicale, 5 juillet 18.M.
(7) Revue méd.-chir., mai 18*8.
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Scarifications, piqûres. —Nous signalerons d'abord les scarifications sur la partie affectée. Proposées par Hutchinson (1), elles ont été blâmées par d'autres, et surtout par J. Frank, qui craint qu'elles ne produisent la gangrène. Stoll scarifiait le cuir chevelu dans les cas d'érysipèle de cette partie. Nous avons vu que souvent la suppuration s'établit dans cette variété d'érysipèle, qu'on peut considérer alors comme un érysipèle phlegmoneux, et par conséquent il faut renvoyer nos réflexions sur ce point au moment où nous parlerons de l'érysipèle phlegmoneux.
Des piqûres superficielles pratiquées au nombre de vingt, trente, et même plus de cent, sont regardées comme très utiles par quelques médecins (Lassis, Bright, etc.). Après les avoir faites, on les lave avec de l'eau tiède pour faciliter l'écoulement du sang, et l'on renouvelle cette petite opération deux ou trois fois en vingt-quatre heures. Nous manquons des éléments nécessaires pour apprécier l'utilité ou les inconvénients de ces moyens.
Topiques. — Le nombre des topiques employés contre l'érysipèle est très considérable. On a recommandé les fomentations émollientes, les cataplasmes de farine de graine de lin, de fécule de pomme de terre, les lotions calmantes; l'applicalion de f urine sèche de froment, de seigle; les onctions avec l'axonge (F. Barthez, Martin-Solon); les onctions mercurielles (méthode mercurielle) ; les compresses trempées dans l'eau froide; les lotions d'alcool camphré étendu d'eau; le camphre recouvert de compresses humides ; Veau blanche et d'autres astringents, etc.
Nous avons réuni à dessein ces médications dans ce passage, parce que la même réflexion s'applique à toutes : on n'a pas mis hors de doute, par une analyse de faits rigoureuse, leur degré d'efficacité. Et n'est-on pas autorisé à regarder comme peu fondés les éloges qu'on donne à ces moyens, lorsqu'on voit les plus opposés cire également vantés, lorsqu'on voit des médecins proclamer comme très efficaces les émollients, tandis que d'autres préconisent les réfrigérants? Nous ne pouvons nous empêcher de le répéter ici, l'influence du médicament sur la durée de la maladie est la principale mesure de son action. Si l'on n'a pas convenablement recherché cette influence, on ne peut avoir que des présomptions, et les présomptions sont plus insuffisantes en lliérapeutique qu'en toute autre matière.
Vous dirons seulement quelques mots sur trois ou quatre des moyens ci-dessus énumérés. L'emploi des compresses froides et des astringents (Reuss, Gouzée, SVilkinson) a quelques faits qui paraissent parler en sa faveur; mais ces faits sont sujets a contestation, et beaucoup de médecins pensent qu'il y a un grand danger | traiter ainsi l'érysipèle, parce qu'on peut déplacer l'inflammation et la porter sur un organe important : sur les méninges, par exemple, dans l'érysipèle de la face et du cuir chevelu. Il faut reconnaître que ces craintes sont le résultat d'idées purement théoriques, et que si, dans quelques cas, il y a eu des accidents graves, l ien ne prouve que ce soit au moyen employé qu'il faille les attribuer.
L application du camphre a été recommandée par M. Gaina et par M. Malg'Ugne (2). Il résulte des (ails rapportés par ce dernier observateur que cette méthode n'a pas d'inconvénients réels; mais, par les motifs indiqués plus haut, on n'en peut pas conclure qu'elle ait de grands avantages.
(1) Med.-chir. Transactions. London, 181 i, t. V, p. 278.
(2) Gazelle médicale, I83'>.
Vau.kix, v ('.lit. — v. 2S
Erysipcle des nouveau-nés. — M. Trousseau (4) a employé contre l'érysipèie des nouveau-nés et des enfants à la mamelle le topique suivant :
% Ëther GO gram. | Camphre 33 gram.
Étendez cette solution à l'aide d'un petit pinceau de charpie sur toute la surface érysipélateuse.
C'est à l'observation ultérieure à nous apprendre l'efficacité réelle de ce moyen.
Onguent mercuriel. — L'emploi de Y 'onguent mercuriel, en frictions ou en onctions sur la surface malade, a été beaucoup plus préconisé encore : est-il mieux démontré qu'il a une action avantageuse ? Personne n'a plus insisté sur son efficacité que M. Ricord (2); mais si l'on examine avec quelque attention ce qu'il a écrit à ce sujet, on voit qu'on ne peut arriver à aucune conclusion inattaquable. Citer des faits dans lesquels on voit des érysipèles promptement guéris, ce n'est rien; tous les jours nous voyons la même chose presque sans aucun traitement. Il faut donc, de toute nécessité, employer les moyens de démonstration mis en usage par M. Louis, ce que M. Ricord, pas plus que les autres auteurs qui ont écrit sur ce point de thérapeutique, n'a pas songé à faire. Ce dernier attribue les insuccès à ce qu'on a employé de l'onguent mercuriel rance, à ce qu'on n'a pas persévéré dans le traitement. Ce que nous venons de dire nous dispense de discuter ces assertions. Ces réflexions prennent, plus d'importance encore si l'on considère que, suivant M. F. Bailliez (3), il suffit de faire des onctions avec un corps gras pour produire de bons effets. Du reste, M. Ricord recommande exclusivement les onctions faites de manière à recouvrir et à déborder même la surface érysipélateuse.
Il faut rapprocher de cette pratique l'usage des lotions mercurielles proposées par le docteur Schott. Il les pratique ainsi qu'il suit :
y Eau 60 gram. | Deutochlorure de mercure. 0,05 gram.
Dissolvez. Pour une ou deux lotions dans les vingt-quatre heures.
Collodion — Dans un cas observé dans le service de M. Briquet, on a appliqué sur la surface d'un érysipèle occupant l'abdomen et survenu dans les circonstances les plus fâcheuses, une couche de collodion sur toute la surface érysipélateuse. L'érvsipèle a été immédiatement arrêté dans sa marche. M. Aran a cite a la Société médicale des hôpitaux des cm semblables. M. Grisolle (4) a vu un érysinèle commençant arrêté du jour au lendemain de la même manière, et nous avons nous-même observé un cas où le collodion a procuré un soulagement immédiat, et dans lequel l'érysipèle, qui semblait encore en voie d'augmentation, a cessé de faire des progrès. Guersant (5) a obtenu chez un malade mi bon résultat, en unissant le collodion à l'huile de ricin qui le rend plus souple, plus élastique et plus facile à se détacher par la simple application d'un cataplasme émolhent.
(1) lUiIlcUngén. dethérap., février 1848.
g Tt^S&ytL à Vaines corm im, de m*», de m*. , * Car.
et de phann. militaires, Pans, 1831, t. XWHI). fi) IluVolin rfAn. dethérap., 15 avril 1850.
./oui », des connaiss. méd.-chir., 18 mars 1852.