ECZÉMA. — TRAITEMENT
degré d'inflammation. Dans le cas contraire, on prescrit les bains sulfureux artificiels (60 à 125 grammes de sulfure de potasse, 6 à 8 grammes acide chlorhydrique pour ufi grand bain), ou mieux encore ies bains d'Enghien, de Baréges, de Cauterets, etc.
Les bains de vapeur sont aussi administrés dans un certain nombre de cas. M. Cazenave les conseille quand l'eczéma est sec et squameux; il les administre à la température de 30° à 32° R. ; leur durée est d'un quart d'heure; mais cet auteur préfère encore les douches de vapeur dirigées sur la partie malade. Les bains alcalins qu'on fait en ajoutant à l'eau de la baignoire 100 à 125 grammes de carbonate de polasse, ont été aussi utiles dans un bon nombre des cas rapportés par les auteurs.
Les lotions alcalines sont recommandées pour calmer les démangeaisons.
Le docteur Thompson (1) conseille de laveries parties avec la solution suivante :
'if Acide cyanhydrique 4 gram. | Émulsion d'amandes amères 240 gram.
On a aussi vanté les lotions avec Veau de son vinaigrée, Veau de Goulard,\e sulfate d'alumine; M. Compagnon) (2) a recommandé les lotions de sublimé; M. Bertrand (3) a conseillé celles de sulfure de potasse.
Enfin, suivant Biett et M. Cazenave, la solution suivante aurait une très grande utilité dans les mêmes circonstances :
V Borax 2 à 8 gram. | Eau commune 600 gram.
Dissolvez. Pour lotions, trois ou quatre fois par jour.
Dans le but de changer le mode de vitalité de la peau, on a conseillé l'application d'un vésicatoire sur la partie mC-me occupée par l'éruption. C'est dans le même but qu'on a employé la cautérisation avec le nitrate d'argent, l'acide chlorhydrique, etc. En général, la cautérisation est dangereuse ; M. Cazenave la rejette comme base de traitement.
Nous rapprocherons de ces moyens les pommades dont plusieurs médecins font peut-être un usage excessif. Les plus communément employées sont celles dans lesquelles l'axonge se trouve unie au camphre (0,25 à 1 gramme pour 35 grammes) ; à ['oxyde de zinc (5 a 8 décigrammes pour 30 grammes) ; au ca'.omel (de 1 à2 et 5 grammes pour 50 grammes) ; an protoindure de mercure (de 5 décigram. à 2 grammes pour 30 grammes) ; au goudron (de 2 à k grammes), etc., etc.
M. Mialhe nous a donné la formule de la pommade suivante :
"¥ Axonge récente 40 gram. I Extrait d'opium 1 gram.
Turbilh nilreux 2 graru.
Dissolvez l'extrait d'opium dans quelques gouttes d'eau; ajoutez le turbith, puis l'axonge et broyez le tout dans un mortier de porcelaine, jusqu'à ce que le ifi<4angô soit parfuilement Homogène. Cette pommade s'emploie en onctions légères, matin et soir.
: I) Voy. Copland, loc. cil.
(2) Gazette médicale, 1831.
(3) Recueil périodique de la Société de médecine, t. XLVIII.
M. Trousseau (1) emploie les bains de sublimé à la dose de 15 grammes, dans l'eczéma impétigineux des enfants.
« Quant aux moyens locaux à employer contre l'eczéma chronique , s'ils sont, dit M. Cazenave, moins limités que dans la forme aiguë, ils doivent cependant être conseillés avec la plus grande sobriété. Il faut avant tout, et même dans les cas les plus rebelles , éviter les topiques irritants. S'il y a sécrétion abondante , je fais mettre, le jour, sur les parties malades, un linge fin recouvert de taffetas gommé; le soir, je fais saupoudrer avec de l'amidon... En général, il ne faut pas employer de pommades ; mais il faut principalement bannir du nombre des topiques, dans le traitement de l'eczéma, les sulfureux, que l'on a cependant vantés comme une panacée. » Ajoutons néanmoins que nous avons vu souvent réussir, dans ces cas, les onctions avec la pommade au goudron ou Y huile de cade, sans oublier de mentionner ici un fait extrêmement remarquable que M. Cossy a observé dans le service de M. Louis, et dont il a rendu compte (2).
Un homme malade depuis un grand nombre d'années, et ayant tout le corps couvert d'une couche épaisse de squames , fut guéri par le brossage à l'aide d'une brosse très dure mouillée avec un liquide dont celui qui dirigeait le traitement ne voulut pas faire connaître la composition. Le brossage était fait si rudement, que, dans les premiers temps surtout, la peau était couverte de sang , et que dans le cours du traitement, cpii dura plusieurs mois, on usa une brosse jusqu'au bois, et une autre à moitié. Le malade fut parfaitement guéri de son eczéma, qui lui rendait la vie insupportable, et qui avait résisté à un très grand nombre de moyens de traitement, dont plusieurs avaient été mis en usage à l'hôpital Saint-Louis pendant très longtemps. Le liquide employé paraissait alcoolique.
Un résultat semblable ayant été obtenu par M. le docteur Tiry (3) à l'aide de moyens qui nous sont connus, mentionnons-le ici.
Il s'agissait d'un eczéma chronique occupant toute la surface du corps, durant depuis deux mois, ayant produit de nombreuses croûtes, ainsi que l'épaississement du derme, donnant lieu à un suintement abondant, à une vive démangeaison, à la. rétraction permanente des muscles, à des accidents généraux très graves. La guérison fut obtenue en six semaines par le traitement suivant :
A l'extérieur, bains de carbonate de potasse et bains d'amidon alternant tous les deux jours. Tous les jours, frictions prolongées avec l'onguent suivant :
% Suie de bois 30 gram. | Axonge .... - 120 gram.
Ajoutez :
Huile de jusquiame noire. . . i gram. | Huile d'amandes douces. ... 4 gram. Mêlez.
Compression graduée des membres au moyen de bandes roulées et amidonnées, et soutenues par des cartons dans les points où il y a beaucoup de muscles.
(1) Bulletin général de thérapeutique, février 1S47.
(2) Archives de médecine. . .
(3) Presse médicale belge, et Jour», des connais", méd -chu:, janvier ibaU.