ÉLÉPHANTJASIS DES GRECS. — SYMPTÔMES
La jeunesse, le tempérament bilieux, paraissent des conditions favorables à son développement. Les hommes en sont bien plus souvent affectés que les femmes. Les travaux pénibles, les excès, l'habitation des lieux humides, les chagrins, etc., sont des causes qui peuvent avoir quelque influence, mais nous n'en connaissons pas le degré.
La contagion, admise par quelques anciens, est rejetée par la plupart des médecins, tels que Robinson, Ainsley, Adams, Biett, J)anielssen et Boeck. La question de Y hérédité ne saurait encore être résolue aujourd'hui. On ne croit plus à la nature syphilitique de l'éléphantiasis des Grecs.
§ III. — Symptômes.
Dans le plus grand nombre des cas, l'éléphantiasis n'est précédé d'aucun symptôme précurseur : ceux qu'a décrits S. Robinson (1), telle que la languenr, un découragement prononcé, etc. , et auxquels cet auteur attache une certaine importance, constituent sans doute des exceptions. Très souvent les individus jouissant encore d'une parfaite santé s'aperçoivent comme par hasard qu'ils ont à la peau des points jaunâtres et plus ou moins iusensibles. Biett et Cazenave ont vu plusieurs cas de ce genre.
A la surface cutanée apparaissent une ou plusieurs taches d'une teinte fauve, d'un aspect d'abord poli et luisant, plus tard terne et bronzé. Chez les nègres, elles sont fauves ou rougeàtres. Au début, elles s'accompagnent d'un léger gonflement comme œdémateux ; ce caractère est surtout sensible au visage.
Un des caractères les plus importants de ces taches, c'est leur insensibilité. Cette insensibilité, qui existe dans le plus grand nombre des cas, est, au début, un signe précieux pour le diagnostic. Dans quelques cas assez rares, la peau a acquis, au contraire, une sensibilité insolite; le moindre attouchement, même dans les points prives de taches, provoque alors une sensation douloureuse.
Lesuaches, dont le nombre est très variable, et dont l'éruption lente et progressive n est peut-être jamais accompagnée de mouvement fébrile, peuvent constituer toute la maladie pendant des mois, des années entières.
Après une plus ou moins grande durée de cet état stationnaire, on voit succéder aux taches des tubercules ou de petites tumeurs molles, rougeàtres ou livides, dont le v olume varie entre celui d'un pois et celui d'une noix et plus. Les tubercules qtu se développent sur tous les points où existent des taches peuvent n'en envahir qi. une partie, quelquefois même ils paraissent se développer sans avoir été précédés l i , , fomie eSt asSGZ irréSulière; ils sont mous et donnent un S !C / T PartiCS qU'lls 0CCUPeut- C'^t ainsi qu'au visage, dont ils f h « Parfois la totalité, ils produisent cette horrible déformation des traits
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A un degré plus avancé , les tubercules s'enflamment ; ils deviennent le siège d'ulcérations blafardes et de mauvaise nature. Un liquide sanieux se concrète à leur surface et forme des croûtes épaisses. Il est rare qu'à la chute de ces croûtes on trouve des cicatrices solides. La maladie poursuit sa marche destructive; elle envahit les tissus sous-jacents ; les os se ramollissent, se déforment, se contournent; des portions de membres se détachent et tombent ; et l'on a vu des malades survivre à de pareilles mutilations.
A une certaine période on voit successivement le tact s'émousser ou se pervertir, la voix s'éteindre, la vue et l'odorat s'affaiblir singulièrement. Les organes de la génération participent à cette torpeur morbide. Dans certains cas , au contraire, suivant quelques auteurs, il y a une très grande tendance au coït, une espèce de sotyriasis; mais ces cas sont exceptionnels, et, lorsque la maladie est avancée, l'abolition des facultés viriles est un symptôme constant.
D'un autre côté, les muqueuses sont le siège d'irritations diverses, surtout les muqueuses gastro-intestinales. Les tubercules dans le pharynx et le larynx, les ulcérations de la pituitaire, sont des phénomènes presque constants. Il est, ainsi que nous l'avons dit plus haut, une autre forme admise par MM. Danielssen et Boeck, c'est la forme anesthésique. Mais, comme les caractères de cette forme ne suffisent pas pour démontrer qu'il s'agisse absolument de la même affection, il en sera seulement fait mention.
§ IV. — Siège.
L'éléphantiasis peut occuper tous les points du corps ; rare sur le tronc, il se montre surtout au visage, où il envahit particulièrement le nez elles oreilles; puis viennent les membres , qu'il déforme ou qu'il détruit. Quand il est borné à un seul point, c'est ordinairement à la face qu'il a son siège.
§ V. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
L'éléphantiasis des Grecs a en général une marche lente. Quelquefois ne donnant lieu qu'à des taches ou à quelques tubercules, il disparaît au bout de peu de temps, surtout quand il se développe pour la première fois, mais c'est ordinairement pour reparaître de nouveau et plus grave.
La maladie peut se prolonger des mois, des années, indéfiniment, à l'étal de taches ou de tubercules. Souvent, malgré ses progrès, qui en fout une maladie affreuse et repoussante , elle peut avoir une durée bien peu en rapport avec sa gravité.
La guérison est une terminaison rare de l'éléphantiasis; elle ne survient guère que dans les cas où la maladie est peu étendue, et lorsque les sujets sont forts <| vigoureux. Le plus souvent, au bout d'un temps plus ou moins long, les malades finissent par succomber.
§ VI. — Iiésions anatomiques.
Elles varient selon l'ancienneté et l'intensité de la maladie. La peau est parsemée de tubercules ; les uns semblent s'Être développés dans le derme lui-même, les autres être le résultat de l'inflammation de quelques points tlu tissu sous-jacentj