‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 160 sur 344 · ÉLÉPHANTIASIS DES GRECS. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ÉLÉPHANTIASIS DES GRECS. — TRAITEMENT

où l'on trouve encore une induration tuberculeuse, blanchâtre, résistant sous le scalpel. La peau qui les recouvre est amincie, comme rélractée.

Quelquefois la coloration anormale a en partie disparu, les tubercules sont effacés, l'hypertrophie est presque détruite.

« Après plusieurs jours de macération, dit M. Cazenave (1) , la peau d'un éléphantiasique présente : 1° l'épidémie épaissi; 2° au-dessous, une couche éminemment vasculaire, comme érectile ; 3° une troisième couche dure, épaisse, solide, bronzée, offrant plusieurs vacuoles occupées par des grumeaux d'un blanc jaunâtre ou incolore, et au-dessous d'elle un tissu cellulaire graisseux, épaissi. »

Dans les organes, on trouve diverses altérations qui ne paraissent pas appartenir à l'éléphantiasis; ce sont des complications plus ou moins graves qui, h plus souvent, ont entraîné la mort : telles sont les ulcérations intestinales, les tubercules pulmonaires, etc. On trouvera, à propos des lésions anatomiques, des détails très intéressants dans l'ouvrage de MM. Danielsseu et Boeck, qui ont donne aussi des planches très exactes (2).

S VII. — Diagnostic, pronostic.

Diagnostic. — L'éléphantiasis des Grecs, avec ses caractères si spéciaux, sa marche, son siège, ne sera jamais confondu avec aucune autre affection. Véléphardiasis des Arabes, qui est un gonflement plus ou moins informe d'une partie du corps, constitue une maladie à laquelle la peau senibe étrangère au début, au moins dans la plupart des cas. Il suffira de se rappeler les disques squameux, à bords élevés, à centre sain, de la lèpre vulgaire, pour éviter toute confusion avec la maladie tuberculeuse à laquelle les Grecs ont donné le nom A' été pliant iasis.

Pronostic. — Il est toujours grave ; la maladie a une marche envahissante, quoique lente, et tend le plus souvent vers une terminaison fatale. Ce n est guère qu'en la combattant au début qu'on peut, comme l'ont observé Biett et M. Cazenave, espérer d'en arrêter les progrès, et surtout lorsqu'elle a un siège borné, le visage par exemple.

S VIII. — Trai tement.

L'impuissance de la thérapeutique contre l'éléphantiasis des Grecs est un fait trop avère, dans la majorité des cas, pour que nous voyions quelque avantage à mettre sous les yeux du praticien lafouledc médicaments employés pour le combattre. Il es trouvera dans les auteurs qui se sontplus particulièrement occupés des maladies «es pays chauds et froids, tels que Koblnson, Adams, Ainsiey.Heihken, Danielssen et Boeck, etc. Du reste, la plupart des moyens sont infructueux, soit à cause de état trop avancé du mal, soit parce qu'à une certaine période la muqueuse digesuvo, malade elle-même, empêche l'administration de substances un peu actives

»1 I on assistait au début du mal, on pourrait, selon beaucoup d'auteurs, exciter es parties malades avec des Uniment* irritants, des lotions excitantes; l'application de vésuamtôs sur les points malades, recommandée par S. llobinson, a rap-

(1) Dkl. deméd.,nrl. Éléphantiasis.

pelé entre les mains de Biett la sensibilité sur des surfaces où elle paraissait éteinte.

Les frictions résolutives, avecl' hydriodate de potasse (k gram. pour 30 gram. d'axonge) , jointes aux douches de vapeur, pendant lesquelles on a soin de malaxer les tubercules, ont été préconisées pour la résolution des tumeurs.

La cautérisation avec le fer rouge a été employée avantageusement par Biett dans plusieurs cas graves ; Larrey l'a également pratiquée avec succès.

Les sudorifiques, les cantharides, et surtout les préparations arsenicales, ont été beaucoup vantés. Biett et M. Cazenave sont parvenus, à l'aide de ces derniers moyens, et notamment des pilules asiatiques, à arrêter plus d'une fois les progrès du mal. MM. Danielssen et Boeck ont obtenu quelques bons résultats de l'iode, surtout dans la forme qu'ils nomment anesthésique.

Selon la plupart des auteurs, les préparations mercurielles, à l'intérieur ou à l'extérieur n'ont pas les avantages que quelques-uns leur ont accordés. M. Cazenave n'en a jamais vu d'heureux résultats.

Le traitement des complications el l'observation rigoureuse de tous les préceptes de l'hygiène complètent ce que nous avions à dire sur la thérapeutique d'une maladie pour laquelle l'art a, jusqu'à présent, épuisé sans succès la plupart de ses efforts. L'efficacité de Y hydrothérapie dans cette grave affection serait à étudier.

ARTICLE II

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