LUPUS. — TRAITEMENT
observe. Quant à la durée, elle est généralement très longue ; il faut ordinairement des années pour que la maladie se borne, et l'on voit des sujets chez lesquels elle persiste toujours. On n'a pas à craindre la terminaison par la mort.
S VI. — Diagnostic, pronostic.
Cette affection ne saurait être confondue avec une tumeur cancéreuse qui se manifeste presque toujours chez des sujets âgés, qui est dure, douloureuse, qui, lorsqu'elle s'ulcère, donne lieu à un suintement ténu, acre, sanieux, et dont l'ulcération est profonde et grisâtre.
Les tubercules syphilitiques sont plus volumineux, arrondis, cuivrés, ne fournissant pas d'exfoliation, et lorsqu'ils s'ulcèrent, ce qui est plus rare que dans le lupus, ils présentent une ulcération arrondie, grisâtre, et à bords taillés à pic. Quant à la distinction qu'on a établie entre cette affection et Vacne rosacea, ainsi que Véléphantiasis des Grecs, elle n'a pas une très grande importance, et il suffit de rapprocher les descriptions de ces maladies pour en saisir immédiatement les grandes différences.
Pronostic. - Le lupus est une maladie ordinairement très rebelle; elle produit des destructions souvent très considérables; c'est donc une affection qu'on doit considérer comme grave. Cependant elle ne menace pas l'existence. Une hypertrophie très considérable est un signe fâcheux. La mollesse, la coloration bleuâtre des cicatrices, la persistance de quelques tubercules dans leur voisinage, doivent
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§ VII. — Traitement.
LV. Tm fment int°rne- - Si ,CS SUJ'ets Présentent traces de scrofules on doit leur administrer les médicaments propres à combattre cet état (1 )
Les malades doivent suivre tous les préceptes d'une bonne hygiène et pendant le traitement, se tenir à l'abri des influences atmosphériques P
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de Fouler aux pluies asiatiques, etc., sans en obtenir de grands avales Un seul traitement interne mérite une mention particnhère, c'est ce qu ion-
cltZ T da',S lGSt,UeIs Ce m°yen avait ^œré soit une gué son
W Voy. art. Scuofules, t, I, p. 377.
M. Teirlinck (1) a obtenu également une guérison chez un malade en donnant l'huile à la dose énorme d'une à deux livres par jour. La maladie se compliquait d'un état scrofuleux.
Le deuto-iodure de mercure, administré tous les jours à la dose de 20 à 25 milligrammes, et élevé successivement jusqu'à celle d'un centigramme, est, de tous les remèdes donnés à l'intérieur, celui qui a eu les résultats les plus avantageux entre les mains de M. Rayer. Au bout d'un ou deux mois, il faut laisser reposer pendant quelque temps les malades, et reprendre ensuite la première dose.
2° Traitement local. — Le traitement local consiste presque exclusivement dans l'emploi des caustiques. Une règle générale qu'il faut d'abord établir, c'est que les caustiques ne doivent être appliqués que sur des points limités ; on attaque ainsi successivement, par portions, toute l'étendue du mal.
Les caustiques liquides, tels que Vacide sulfurique, le nitrate acide de mercure, sont appliqués à l'aide d'un petit pinceau.
M. Cazenave (2) conseille également comme topique Y huile animale de Dippel, lorsque le lupus attaque les muqueuses extérieures, lorsque les ulcérations ont pénétré dans la bouche, les fosses nasales; les caustiques les plus énergiques sont alors contre-indiqués.
Cautérisation avec le chlorure d'or. — M. le docteur Malichecq (3) nous a fait connaître un licitement particulier employé avec beaucoup de succès par M. Potton à l'hospice de l'Antiquaille, à Lyon, et dans lequel la cautérisation h l'aide du chlorure d'or en solution entre comme moyen principal. Le traitement est dirigé de la manière suivante :
« 1° Une tisane amère ou dépurative; 2° l'huile de foie de morue à l'intérieur, h la dose de trois ou quatre cuillerées à bouche par jour; 3° la cautérisation avec le chlorure d'or en solution, répétée à peu près tous les huit jours.
» Voici la composition de cette préparation aurifère :
Or laminé j ââ 1 partie I Acide <*lorhydrique 3 Parties"
Acide nitrique j
„ On obtient un liquide d'une couleur jaune bien prononcée. Pour bien conserver cette préparation, il faut qu'elle soit renfermée dans un petit flacon bouché à l'émeri, à l'abri du contact de l'air.
.. Voici les règles à observer dans l'emploi de ce caustique, et les phénomènes
qui suivent son application.
,, On se sert d'un très petit pinceau, ou d'un peu de charpie portée h 1 extrémité d'une pince; on l'imbibe dans la dissolution aurifère.
On cautérise toute la surface malade en la badigeonnant ; cependant lorsque le mal est trop étendu, il vaut mieux n'en toucher qu'une portion seulement ; aucun pansement n'est nécessaire, on laisse la partie exposée h l'air libre.
» Il faut que les croûtes ne soient enlevées ni par le malade m par le médecin,
(1) Bull. gén. de thérap., 13 février 1852.
(2) Ann. des maladies de la peau, janvier 1852. .„•„,,„„„/ h,i Iudus ( Bull.
(3) Efficacité du chlorure d'or employé comme caustique dans le hwtcnmit du lupus [m* gén. de thérap., t. XXXIV, mai 1850).