‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 174 sur 344 · PELLAGRE · texte numérisé non relu

PELLAGRE

On a déjà dit quel intérêt nouveau la pellagre a pris pour nous dans ces dernières années. En Italie et en Espagne, on l'observait déjà depuis un siècle, que nous n'en avions encore aucune connaissance bien positive. On a vu, dans l'ouvrage de Ramazzini (1), une première indication de cette affection, sous le nom de mal del padrone; mais c'est en réalité à Gaspard Casai, médecin des Asturies, dont les recherches furent signalées au monde médical par Thiéry (2), qu'on doit rapporter l'honneur de l'avoir distinguée et fait nettement connaître. Plus tard, en Italie, Frapolli (3) en fit une étude particulière, et fixa sur elle l'attention des médecins! Aussi, dès ce moment commencèrent à paraître de nombreux écrits, parmi lesquels il faut mettre en première ligne ceux de Slrambio {h). Malgré ces recherches, on peut dire que nous* n'avions encore en France , sur la pellagre, que des données assez vagues, lorsque parurent les observations intéressantes de M. Brierre

(1) Maladies des artisans, trad. par Fourcroy. Paris, 1777

(2) Rec. périod. de mcd. et de chir. Paris, 1755, t. îl n \v) — OW»-„ w„ m m * ■ en Espagne. Paris, 1791, t. II, p. 109. P' d° mGcL failc

(3) Animad. in morb. vulgo pellagr. mcd., 1771.

(4) De pellagr. observ. med., 1790.

de Boismont (1), bientôt suivies de celles de M. Th. Roussel (2), qui, ayant découvert à l'hôpital Saint Louis un cas de pellagre, en signala l'existence, et, dès ce moment, étudia la maladie avec ardeur. Dans les provinces méridionales de la France de nouveaux renseignements furent pris, et l'on sut que, depuis un assez grand nombre d'années, cernai y était connu; enfin, M. Baillarger (3) nous a fait connaître ses recherches, et d'autres cas semblables à celui que M. Roussel avait observé d'abord furent reconnus et observés dans les hôpitaux de Paris.

[Depuis les dernières recherches sur l'étiologie et le traitement de la pellagre, cette maladie a fait de nombreuses victimes dans les pays où la culture du maïs est continuée, malgré des conditions climatériques défavorables à la maturité complète du grain. Dans le but de combattre ce fléau, de nombreux médecins ont entrepris des recherches thérapeutiques contre la pellagre, et démontré une fois de plus sa relation intime avec le verdet du maïs. Parmi ces médecins, M. le docteur Costallat a tenu le premier rang, et publié à ce sujet des recherches sur l'étiologie et la prophylaxie de la pellagre (U). Des travaux de ce médecin il résulte les faits suivants, qui pour l'avenir ont force de loi :

« Les médecins des Hautes-Pyrénées ont tort de ne pas attribuer la pellagre à l'usage du maïs.

» Il ne faut pas, avec ces praticiens, attribuer la prétendue guérison des symptômes et des affections qui résultent de la pellagre à l'usage des eaux sulfureuses.

» Il n'y a pas, il n'a jamais existé de pellagre sans maïs.

» La pellagre disparaîtra, quand toute la farine de maïs sera préparée par le procédé usité en Bourgogne.

» En dépit des prétentions formulées par un médecin aliéniste, il ne faut pas croire à ces prétendus cas de pellagre endémique dans les asiles d'aliénés. Jamais celte assimilation n'a montré plus évidemment la confusion entre des espèces morbides différentes.

» Enfin la pellagre est certainement un empoisonnement lent parle verdet. »

Ces conclusions des travaux de M. Costallat, soumises au comité consultatif d'hygiène publique, ont été complètement adoptées par M. le professeur Ambroise Tardieu (5), rapporteur de la commission nommée à cet effet.

M. le rapporteur insista notamment sur la nécessité de porter à la connaissance des populations malades, et spécialement des vallées de I'Adour, de l'Arros et de l'Eche (Hautes-Pyrénées), les procédés très simples employés pour le passage au four, suivant le procédé bourguignon.

Voici donc en quoi il consiste :

Dans les départements de l'est de la France, aussitôt la récolte de maïs rentrée, on donne aux animaux ce qu'il y a de plus mal venu, on met de côté les plus

(1) De la pellagre et de la folio pellagreuse. Paris, I S54.

(2) De la pellagre. Paris, 1845, in-8. — Bulletin de CAcad. demed. t. XII, P» »»« „

(3) De la paralysie pellagreuse {Mémoires de l'Académie de medeetne. Pans, 1848, t. xiu,

(4) lïtiologie el prophylaxie de la pellagre, Paris, 1860 {Annales d'hygiène publique el de médecine légale, 2' série, t XIII, p. 5 et suiv.).

(',) Rapport sur les communications de M. le docteur Costallal, relances a la pellagre, lail au comité consultatif d'hygiène, par M. le docteur A. Tardicu, 1860 {Annales d hygtène publique, 2e série, t. XIII, p. 44 cl suiv.).

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